CHAPITRE II
FIÈVRE SYNOQUE
Cette fièvre est caractérisée par un mouvement fébrile continu, sans affection prédominante. La synoque a une durée de quatre à onze jours ; elle se termine par des crises et n'a ni prodrome ni convalescence.
La synoque débute par des frissons erratiques, accompagnés le plus souvent de nausées et de vomissements ; puis le mouvement fébrile s'établit; il s'accroît très-rapidement et est très-violent dès le premier jour; il augmente encore le deuxième et le troisième jour, époque à laquelle la maladie atteint sa période d'état.
La maladie est alors constituée par un mouvement fébrile intense, ayant un redoublement chaque soir et une rémission chaque matin ; le pouls est fort et fréquent ; la chaleur jamais sèche ; céphalalgie intense ; courbature ; rêvasseries la
nuit; la langue t est large, humide, recouverte d'un enduit blanc-jaunâtre, avec rougeur des bords ; le ventre est plat et indolent ; il y a de la constipation ; quelquefois cependant on observe un état contraire, diarrhée avec météorisme léger et gargouillement. La synoque revêt alors une ressemblance grossière avec la fièvre typhoïde; elle s'en distingue par le début brusque, par l'absence de stupeur et de prostration, par la diarrhée elle-même, qui n'est pas fétide ; par la différence de la marche de la température, qui ici, atteint son summum dès le premier jour. Les urines sont rouges et brûlantes.
On observe fréquemment pendant la période d'état l'éruption de taches bleues. Ce sont des taches arrondies de la grandeur d'une pièce de 50 centimes, d'une couleur bleue ardoisée pâle, ne faisant pas saillie sur la peau, ne disparaissant pas sous la pression. Plus ou moins nombreuses, ces taches siègent habituellement au bas du ventre et en haut des cuisses ; elles durent de six à sept jours, pâlissent peu à peu, et disparaissent sans présenter les teintes jaunâtres de l'ecchymose.
Vers la fin du premier septénaire, la synoque entre dans sa période de déclin; elle se termine de deux manières différentes : le mouvement fébrile décroît peu à peu et cesse tout à fait du septième au onzième jour, ou bien le mouvement fébrile cesse tout d'un coup, comme dans l'éphémère, et cette terminaison est accompagnée d'une évacuation critique : urine, sueur, herpès, mais très-fréquemment épistaxis.
Le tracé thermométrique est caractéristique, et peut à lui seul suffire au diagnostic différentiel de la synoque et de la fièvre typhoïde. Dès le premier ou le second soir, la chaleur atteintun chiffre très-élevé, 39,5 à 40, avec une rémission matutinale d'un degré à un degré et demi ; la chaleur persiste ainsi pour, se terminer brusquement, ou avec quelques ocillations du septième au neuvième jour. t
Comme dans l'éphémère, la convalescence manque ; l'appétit et les forces reviennent immédiatement.
Étiologie. — La synoque est une maladie non contagieuse, non épidémique, sévissant plus souvent dans la jeunesse, et