TYPHUS A RECHUTE
Le début est habituellement marqué par un frisson plus ou moins prolongé. Cependant ce frisson peut manquer, et la fièvre commence par la chaleur. La courbature avec douleur excessive dans les muscles du tronc et des membres; l'apathie ; Tinsomnie ; l'anorexie, quelquefois avec vomissements ; la diarrhée; la langue chargée; la soif constituent les principaux symptômes. Très-rarement on observe un peu de délire. Le mouvement fébrile est caractéristique; la chaleur, très-intense, augmente rapidement et atteint dès le 2° ou 38 jour sans oscillation, le chiffre de 40 et 41 et même 42 degrés. Elle se maintient avec des différences insignifiantes, pour descendre brusquement au-dessous de le normale au moment de la remission, le pouls est très-fréquent et d'autant plus faible que la maladie se prolonge; on n'observe ni taches rosées lenticulaires, ni pétéchies; quelquefois des sudamina ou de la miliaire. La rate est constamment augmentée de volume.
Gomme symptômes accessoires, il faut noter un certain degré de catarrhe bronchique, quelquefois de l'ictère et de l'albuminurie.
Le premier accès, après avoir duré de quatre à sept jours, se termine rapidement quelquefois, par une sueur, un herpès, une épistaxis ou un autre phénomène critique; exceptionnellement, la durée du premier accès peut se prolonger jusqu'au 10° jour.
Le pouls tombe ainsi que la chaleur, la tête se dégage, la langue se nettoie, l'appétit et les forces reviennent, et les malades se croient guéris.
Dans un quart des cas, la maladie est restée constituée par un seul accès, et les malades, déjà très-amaigris, sont lentement entrés en convalescence.
Le second accès arrive après une rémission de cinq à sept jours; une fois seulement, après treize jours. Cet accès débute tantôt par un frisson, tantôt sans frisson ; il représente exactement les mêmes symptômes que le premier, mais généralement moins intense et moins long.
Enfin, chez un petit nombre de malades, après une seconde rémission, on observe une troisième rechute encore plus faible et plus courte.
La convalescence est toujours longue et l'amaigrissement considérable.
Dans l'épidémie de Breslau, la mortalité a été très-faible, et les malades ont succombé à des complications de pneumonie ou de néphrite albumineuse aiguë. Dans d'autres épidémies on a observé des complications graves du côté du foie ; des parotides suppurées.
Anatomie pathologique. — En dehors des lésions propres aux complications, on n'observe guère que la congestion de la rate, le sang ne présente aucune lésion.
Etiologie. — Le typhus à rechute est contagieux, l'encombrement et les mauvaises conditions hygiéniques favorisent son développement; c'est, comme le typhus fever, une maladie de race et de localité. On l'observe fréquemment à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Archangel à Odessa ; on l'a retrouvé en Crimée ; une épidémie s'est manifestée au Caire, une autre à Breslau.
Le typhus à rechute s'observe dans les deux sexes et dans tous les âges, et devient moins fréquent après 45 ans.
Traitement. — Aconùum et Baptisia tinctoria sont les deux médicaments indiqués, le premier seulement pendant 24 heures, et le second pendant toute la durée du mouvement fébrile ; les basses dilutions seront ici préférables-.
Les complications demandent le traitement delà pneumonie, dé la néphrite, etc.