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CHOLÉRA

C'est pour nous la plus importante de toutes les maladies pestilentielles, puisque c'est elle que nous sommes exposés à rencontrer le plus souvent. Cette maladie tire son nom de la ressemblance de ses symptômes avec ceux du choléra nostras, dont on l'a distingué, soit en lui donnant le nom du pays où elle se développe spontanément, choléra indien^ soit en la désignant par un de ses principaux symptômes, choléra noir.

Le choléra est donc une maladie pestilentielle, caractérisée par des évacuations d'un liquide blanchâtre, par haut et par bas ; par des crampes, mais principalement par une diminution plus ou moins considérable des phénomènes chimiques de la respiration ; d'où l'algidité, la lividité, la petitesse et l'absence

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du pouls. Le pays d'origine de cette maladie pestilentielle est la vallée du Gange.

Le choléra présente à étudier quatre formes : la forme commune, la forme bénigne ou cholérine, la forme atdxique, et la forme foudroyante, ou asphyxique d'emblée.

I.La Forme commune est caractérisée par la succession régulière de deux périodes, algidité et réaction ; c'est elle qui sert de type à la description de la maladie.

Prodromes. — De l'anorexie, un sentiment de faiblesse et d'inquiétude, la perte de l'éclat des yeux et du teint, mais surtout Wdiarrhée, constituent la période prodromique du choléra, période dont la durée s'étend de quelques heures à quelques jours. La diarrhée prémonitoire, à laquelle on a attaché une importance exagérée, est habituellement sans colique ; elle devient d'autant plus liquide et d'autant plus pâle que la maladie approche davantage du début du choléra; elle n'est pas constante ; de plus, c'est une illusion de croire qu'elle peut toujours être arrêtée.

Invasion. — Trois symptômes , presque simultanés dans leur apparition, caractérisent l'invasion du choléra : les vomissements, la diarrhée et les crampes. Les évacuations, d'abord alimentaires ou féculentes, puis bilieuses, deviennent séreuses, contenant de petits flocons d'albumine; elles sont alors riziformes; les crampes sont intenses, répétées, et siègent principalement sur les membres inférieurs.

La maladie marche très -rapidement : ici il ne faut plus compter par jours, mais par heures.

Quelques heures après l'invasion, la respiration s'accélère pour suppléer à l'insuffisance des phénomènes chimiques ; le froid se prononce, la face s'altère et présente déjà une teinte violacée ; le pouls faiblit et s'accélère ; la voix perd son timbre; la soif est énorme; les urines, d'abord albumineuses, se suppriment. Quelques heures encore et le malade est méconnaissable : l'amaigrissement est considérable ; la cyanose s'empare de la face et des extrémités; Palgidité se généralise; la face, la Jousset, ieôdit. 17

langue, l'haleine, sont glaciales ; l'aphonie e9t complète , le pouls absent. Cependant l'intelligence est intacte ; les forces musculaires sont encore conservées, et le malade peut s'asseoir pour satisfaire aux évacuations qui sont incessantes. La période algide atteint alors son maximum, et nous allons voir des symptômes bien différents se succéder, suivant que le malade doit guérir ou succomber.

Dans le premier cas, la période de réaction se développe. Les symptômes de la période algide disparaissent dans l'ordre inverse de leur apparition. Le pouls reparaît et devient plus fort d'heure en heure ; la cyanose et l'algidité diminuent ; la chaleur se rétablit; la bile apparaît dans les évacuations; les urines sont sécrétées de nouveau et contiennent beaucoup d'albumine; les crampes cessent et les malades ont une tendance au sommeil. Mais, dans le choléra asiatique, la réaction ne s'arrête pas comme dans le choléra nostras, à la disparition des symptômes dej'algidité. Ici, la réaction dépasse de beaucoup le but physiologique et constitue une période de la maladie, période qui a ses dangers et ses morts. Un mouvement fébrile intense; une céphalalgie atroce; la coloration écarlate des téguments; des inflammations gastro-intestinales violentes et prolongées ; des éruptions diverses à la peau , constituent les principaux traits de cette réaction.

Terminaison par la mort. — Elle peut avoir lieu dans la période algide, après une réaction incomplète , ou en pleine réaction.

Mort dans la période algide. — Gollapsus complet; sueurs froides ; évacuations involontaires, quelquefois brunâtres, sanguinolentes ; évacuations supprimées ; troubles de l'ouïe et de la vue; asphyxie progressive. Mort avec conservation de la connaissance.

Mort après une réaction inoomplète. — Tendance au coma pendant la chaleur ; puis retour de l'algidité et de l'asphyxie ; mort dans le coma et l'asphyxie.

Mox*t en pleine réaction. — Très-rare dans la forme comliiune* Cette terminaison se produit par la violence des inflammations consécutives.

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