PESTE
C'est elle qui a donné son nom à la classe des maladies que nous décrivons; elle est originaire d'Egypte et est caractérisée
par la tendance à la formation de gangrènes disséminées, connues sous le nom de bubons.
Elle présente trois formes : bénigne, commune et foudroyante,
I. Forme commune. — Une faiblesse extrême avec frissonnement, anxiété, crainte de la mort et vomissements bilieux indique le début de la maladie ; un mouvement fébrile intense avec chaleur brûlante s'établit définitivement ; l'agitation et l'anxiété augmentent; les malades sont pris de mbdelirium; des taches de purpura apparaissent aux membres inférieurs et précèdent de très-peu l'apparition des bubons, dont le siège classique est dans l'aine. Presque aussi fréquemment ils se localisent dans le creux axillaire ou au cou; plus rarement sous le jarret.
Quand la maladie doit se terminer par la mort, le mouvement fébrile augmente; le pouls devient plus petit et plus fréquent ; la faiblesse extrême , il y a des syncopes; les bubons se gangrènent; les malades tombent dans le coma et meurent rapidement, au plus tôt après vingt-quatre heures; souvent après trois ou quatre jours de maladie.
Quand la maladie se termine par la guérison, le mouvement
fébrile diminue, le sommeil reparaît et les bubons suppurent lentement. Les malades guérissent dans l'espace d'un à deux septénaires.
II. Forme bénigne. — Des cas très-nombreux de cette forme ont été cités dans presque toutes les épidémies.La variété la plus fréquente de la forme bénigne est caractérisée par la prédominance des phénomènes locaux : des pétéchies, des plaques gangreneuses de la peau, des anthrax, des bubons. Le mouvement fébrile ne prend une certaine intensité que pendant la suppuration des bubons. Cette variété se prolonge au delà d'un septénaire.
Dans une variété plus légère encore, les malades ne présentent ni symptômes généraux, ni bubons, maïs simplement quelques plaques gangreneuses à la peau. Dans ces cas la maladie ne dure que quelques jours.