CHAPITRE PREMIER
Formes des minéraux et lois cristallographiques,
# Les corps, quels qu’ils soient, sont regardés comme # composés de parties très petites, distinctes les unes “ des autres et appelés molécules. Les dernières re- « cherches spectroscopiques de M. N. Lockyer sont 4 venus confirmer les opinions des physiciens qui 2 tendent à regarder les molécules comme n'étant elles- ® mêmes que des aggrégations de particules, qu’on € appelle atomes et qui seraient les éléments des corps. » On admet encore que les molécules matérielles, “pour une même substance, ont des formes inva- “riables. Et comme, en se groupant, elles n’obéissent © qu'aux lois de l'attraction moléculaire, il est naturel de croire que le groupement se fera souvent avec régu- # larité, surtout s’il est le résultat d'actions peu énergi- Sgiques,se continuant pendant longtemps. Rien de surprenant alors si nous trouvons d’abord des minéraux Uà structure capillaire comme l’Asbeste, le Gypse fi-
breux, qui nous montrent l’existence de files moléculaires, première phase du groupement des éléments des corps. Puis, dans le Mica, le Talc, nous trouverons des feuillets séparables les uns des autres et témoignant à leur tour, de l’existence de lames, résultat d’un groupement régulier des files moléculaires. Dans d’autres minéraux,comme le Sel-Gemme, ces files ou ces lames sembleront ne pas exister, mais la présence de certains plans de facile rupture, parfaitement réguliers, nous prouvera encore que le minéral a une structure intérieure régulière. Il en est ainsi pour tous les minéraux à quelques rares exceptions près. |
es considérations générales sur la structure élémentaire des minéraux nous font prévoir que très souvent ceux-ci devront avoir des formes extérieures régulières. C’est aussi ce qui a lieu, et ces formes ont reçu le nom de formes cristallines.
CRisTAUx.—Les cristaux sont des solides à forme géométrique régulière, susceptibles de détermination rigoureuse. L'étude de ces formes porte le nom de cristallographie. Ces polyèdres sont limités par des faces plus ou moins développées et par des angles dièdres, solides ou plans, invariables.
Le volume des cristaux varie à l'infini. On en trouve de toutes les dimensions depuis les cristaux microscopiques jusqu'aux énormes cristaux, pesant plus de 200 livres, que l’on a trouvés dans les gisements d’Apatite, près d'Ottawa.
AXxEs.—Pour faciliter l'étude de ces formes on suppose à leur intérieur l'existence de certaines lignes ayant chacune une position déterminée et appe-
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lées axes de cristallisation. Un axe est une ligne passant par le centre du cristal et autour de laquelle es fäces cristallines sont disposées avec symétrie. On le définit eucore quelquefois : toute ligne passant par le centre du cristal et aboutissant au milieu de deux faces opposées, de deux arêtes opposées où à deux pointements
Fig 1. Pig. 2
opposés. Les lignes ab, ed, ef, (fig. 1) sont des axes. Il en serait de même des directions mn, pr, st, qui
: joindraient deux pointements opposés.
Dans l’exemple que nous venons de citer, les axes sont tous égaux. Dans certains cas un de ces axes se
« distingue par des propriétés spéciales, tantôt par « une longueur différente des autres, tantôt par cer-
| taines propriétés optiques ; on l’appelle pour cela | axe principal.
Tel est dans la fig. 2, prisme droit à
# base carrée, l’axe ab qui joint le milieu des deux + bases opposées et qui peut être ou plus court ou
Fig. 1.—Cube avec axes cristallographiques.
Fig. 2.—Prisme carré droit, ab est l’axe principal.