CHAPITRE PREMIER
La vie,
La vie a contribué et contribue encore pour une bonne part à la formation de plusieurs lits géologiques. Parmi ceux-ci nous citerons presque tous les calcaires, les lits de houille, plusieurs lits siliceux, la tourbe, etc. Nous commencerons par étudier l'origine de cette dernière.
ORIGINE -DES LITS DE TOURBE.—LAa tourbe est une accumulation de matières végétales à demi décom-
posées, dans les marais ou les terrains humides. A
nos latitudes, les tourbes ne se composent guère que de sphaignes, classe de mousses qui peuvent végéter indéfiniment ; car à mesure que la partie inférieure meurt et se décompose, la partie supérieure s’accroit sans cesse. Les débris des végétaux qui poussent dans les environs, les carcasses d’animaux morts, se mêlent à ces sphaignes et sont englobés dans le lit tourbeux.
Ces matières organiques subissent comme un commencement de distillation, qui en fait une matière brune, spongieuse, assez friable. La matière végétale y perd beaucoup de gaz; toutefois elle garde jusqu’à 25 p. 100 d'oxygène. Dans certains cas, la tourbe ressemble tout à fait à la houille. Les tourbières étaient préalablement des lacs qui se sont remplis peu à peu et changés en marais. En effet, on trouve presque toujours sous la tourbe un lit de
marne coquillière blanche.
Nous avons de vastes tourbières au Canada : nous en avons parlé en minéralogie.
La quantité de tourbe dans le seul Etat de Massachusets, est évaluée par M. J.-D. Dana à 15,000,000,000 de pieds cubes.
On a trouvé, dans une tourbière d'Irlande, un corps humain parfaitement conservé, qui était recouvert de 11 pieds de tourbe. La tourbe jouit donc de remarquables propriétés antiseptiques. Ceci est peut-être dû à la présence de l’acide ulmique ou d’une espèce de bitume, qui se produit toujours quand une matière organique se décompose en préstnce d’un excès d’eau.
Lirs D'ORGANISMES MICROSCOPIQUES.—Presque tou-
- jours les eaux douces ou salées renferment une foule À d’être vivants microscopiques. Quelques-uns secrètent une carapace calcaire, d’autres une carapace siliceuse. Parmi les organismes calcaires, se placent les Rhyzopodes et les Coccolites ; les premiers sont des animaux, les seconds, des plantes. Parmi les organismes siliceux se rangent les Diatomées, plantes et les Polycistines, animalcules. Ces deux dernières classes d'êtres constituent à peu près exclusivement les lits de Tripoli et de terre d’infusoires. Le silex est } souvent composé de diatomées ou de spicules tubuleuses d’éponges. Les rhizopodes constituent les lits de craie,.et, de nos jours, il y a, entre Terreneuve et l'Irlande, une surface appelée plateau télégraphique, qui est recouverte d’un lit de rhizopodes, dont l’épaisseur augmente tous les jours. C’est une véritable couche de craie en voie de formation. |
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Coraux.--Les coraux ne prennent ün grand déve: loppement que dans les mers tropicales et surtout dans les parties qui ne sont pas sillonnées par des courants froids. Ils vivent depuis une profondeur qui ne dépasse pas 100 pieds jusqu’au niveau de ia marée basse.
Ces coraux, n'étant souvent que des branches calcaires plus ou moins ramifiées, ne sauraient former à eux seuls des lits compacts. Mais sous l’action des vagues, ces rameaux pierreux se brisent, se réduisent en fragments qui viennent se loger dans lesinterstices des coraux non brisés. Là s'accumulent encore les coquillages de toute espèce, qui s'agglomèrent ensemble par l’action chimique de l’eau, et à la longue, forment un banc calcaire. Il sera pur, s’il est composé uniquement de débris de coraux ou de coquilles ; il sera impur, si des sables et des argiles sont en même temps charriés par l’eau et ajoutés aux débris calcaïires.—Ce lit ne pourra pas s’élever plus haut que le niveau de la marée basse, car les coraux ne sauraient vivre exposés hors de l’eau aux rayons d’un soleil tropical. Donc jamais les lits de coraux ne dépasseront l’épaisseur maximum de 100 pieds, à moins que le fond sur lequel ils reposent ne s'enfonce lentement. Si, dans ce dernier cas, la vitesse d’enfoncement égale celle de la formation du lit de corail, ce dernier pourra augmenter indéfiniment, tout en restant à la même hauteur par rapport à la surface de l’océan qui l’entoure.
Dans les périodes géologiques anciennes, on trouve des lits de coraux qui ont des milliers de milles de surperficie et plusieurs centaines de pieds d’épais-
GPA EN ne 2e.
seur. Il faut donc admettre qu’ils se sont formés dans des mers relativement chaudes et à eau limpide (ies coraux ne vivant pas dans l’eau boueuse), peu profondes et dont le fond s’enfonçait graduellement sous les eaux.
De nos jours, les coraux prennent un grand développement dans le Pacifique. Ils y entourent un grand nombre d'îles sous forme d’une ceinture de récifs, placée à une certaine distance du rivage,
Fig. 105. fig. 105. Le mou-
vement d’enfon-
cement qu’on attribue, non sans raison, aux terres
de cette partie du monde, fait peu à peu disparaître
| l’île elle-même, et
il ne reste plus
qu’une couronne
de récifs envelop-
pant une lagune | intérieure, fig.106. .
" Fig. 106. Ces îles ont reçu
le nom d’atolls.
Les lits de ca'caires ont donc une double origine: les organismes microscopiques et les coraux. Quel- Î ques-uns ont une origine chimique, comme le Tra: R Port: vertin; nous les étudierons plus loin en parlan: de Æ et lo: l’action chimique de l’eau. long:
Fig. 105 et 106.—Iles à coraux et atolls.
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1d déverent un ombre us forme inture de placée à aine disu rivage, Le moud’enfonux terres sparaître même, et este plus ouronne envelope lagune
efig.106.
ont reçu d’atolls.
origine:
. Quelle Trarlan: de
Atés. 2