‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 67 sur 124 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

L’atmosphère.

L'action de l’atmosphère relativement à 1a formation des lits et à leur modification est double : chimique et mécanique. La première se manifeste surtout par la décomposition des roches exposées à l'air. Quelquefois on peut expliquer chimiquement ces décompositions, mais le plus souvent l’action désagrégeante de l’air reste un mystère. Il semble que les gaz qui agissent surtout pour provoquer ces décompositions soient l’acide carbonique et la vapeur d'eau. On sait, par exemple, que sous cette influence, plusieurs feldspaths se décomposent, les eaux enlèvent le silicate alcalin et le silicate d’alumine reste sous forme d'argile. L'oxygène agit aussi comme oxydant, particulièrement sur les bitumes et les carbures d'hydrogène en général.

La plupart des roches cèdent à l’action chimique de l’air ; elles changent de couleur, de tenacité. En anglais, on désignent ces changements par l’expression de weathering, qui n’a pas, que nous sachions, son équivalent en français.

L'action mécanique de l’air est peut-être plus importante. Les vents transportent beaucoup de sable, et lorsque, dans un pays sablonneux, ils soufflent longtemps dans la même direction, les roches sont polies par le frottement des particules siliceuses. Au Cap Cod, les vitres des fenêtres sont quelquefois

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“percées par le choc des grains de sable, ce qui montre l’action assez énergique de ces particules sableuses.

Duxrs.—Les dunes sont des collines de sable, qui se déplacent constamment sous l’impulsion du vent. Elles se forment de préférence sur les rivages à sable siliceux, et 1à où les vents de mer soufflent pendant longtemps. Sous l'influence de ces courants d’air, les sables s'accumulent en collines qui peu à peu s’avancent, comme des bancs de neige, vers l'intérieur des terres et finissent par envahir de vastes espaces. Les rivages de la Gascogne, en France, sont recouverts par des dunes qui, pendant longtemps, ont menacé sérieusement toute cette partie du pays. On est parvenu à les fixer à l’aide de semis et de plantations de pins. Sur les côtes du Rhode-Island, du New-Jersey, les mêmes dunes existent. En Canada, les dunes proprement dites sont très rares; cependant dans les champs sablonneux de Lanoraie et de Tadoussac, on peut voir, durant un été très sec, de petits monticules de sables, ressemblant à nos bancs de neige, et qri sont des commencements de dunes.

Mais le meilleur exemple se voit sur la rive nordest du lac St-Jean ; les dunes y atteignent une centaine de pieds de hauteur, et leur structure caractéristique est parfaite.

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