‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 72 sur 124 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Contraction du globe terrestre,

SES EFFETS. — [opinion générale des géologues veut que la Terre ait été primitivement un globe fondu qui s’est solidifié peu à peu. Or, ce globe une fois solidifié, l'extérieur s’est refroidi plus vite que l’intérieur, à cause du rayonnement. La croûte extérieure, relativement froide, repose ainsi sur des parties très chaudes, qui, grâce à leur refroidissement, diminuent de volume. Cette contraction produit nécessairement, dans l’enveloppe terrestre, des pressions latérales extrêmement fortes, qui modifient profondément la disposition originelle des roches qui la composent. Voici les principaux effets de cette contraction du globz terrestre: soulèvements et affaissements, plissements, failles, joints, tremblements de terre, métamorphisme, formation de chaînes de montagnes, changements dans les climats par suite des soulèvements et affaissements, etc. De tous ces effets, nous n’étudierons que les tremblements de terre et les phénomènes qui ont rapport à l’origine des chaînes de montagnes.

ARTICLE I

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LEUR NATURE ET LEURS: WETS. Les tremblements de terre sont des vibrations du :0l, dont la cause est à l’intérieur du globe, et qui se font sentir s r de vastes étendues. On distingue parmi ces vib: ons

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Ces phénomènes sont sans contredit les plus effrayants que présente la nature, et, s'ils ne contribuent pas toujours à modifier considérablement les lits géo: logiques sur lesquels leur action se fait sentir, ils causent très souvent de véritables désastres, détruisant en un clin-d’œil des villes entières, ruinant de fond en comble des pays riches et prospères,.

Parmi leurs effets géologiques,—les seuls que nous considérerons ici,—nous devons citer les soulèvements ou affaissements qui se produisent sur une grande étendue de pays. En 1822, toute la côte ouest de l'Amérique du Sud s'élevait de 2 à 7 pieds. En 1835, la même côte s'élevait de 2 à 10 pieds. En 1819, après un fort tremblement de terre, une surface de 2000 milles carrés, placée à l'embouchure de l’Indus, s'enfonçait sous les eaux. Après le grand tremble: ment de terre de la Calabre, en 1733, le sol fut en certains endroits criblé de crevasses ; il se produisit des gouffres de 200 à 300 pieds de profondeur; de vastes fissures s’ouvrirent dont un des côtés s’enfonça plus ou moins ; c'était de véritables failles.

CAUSES DES TREMBLEMENTS DE TERRE.—Il serait imprudent d'attribuer ces terribles phénomènes à une seule cause. Il y a une relation évidente entre quelques tremblements de terre et les éruptions volcaniques, les éruptions des volcans à lave pâteuse surtout, sont toujours accompagnées de tremblements de terre; cependant on peut dire, sans crainte de ge

tromper, que plusieurs de ces phénomènes n’ont aucune relation avec les volcans. On a constaté, ces années dernières, qu’il y avait en moyenne 575 tremblemients de terre par année. Or, si l’on remarque que plusieurs ont échappé aux observations, vu qu'ils se sont produits sous l’océan ou dans des pays sauvages, on peut dire que la terre vibre toujours dans quelque portion de sa surface.

On sait encore que, grâce à la contraction de l’intérieur, cette surface s’enfonce en un endroit pour s'élever ailleurs. Or ces mouvements devraient être continus. Mais si la croûte est capable de résister un certain temps à cette force, elle le fera, jusqu’à ce qu'elle cède tout à coup, en se brisant ou en se broyant sur une grande étendue à la fois. Si nous ajoutons encore que ces cassures peuvent se faire dans des lits ayant des milliers de pieds d'épaisseur, nous aurons là une cause capable d'expliquer les

hénomènes des tremblements de terre. Il n’est pas impossible non plus que, deux couches voisines se refroidissant et se contractant inégalement glissent de temps en temps l’rne sur l’autre, ou encore se rompent en plusieurs endroits, causant chaque fois des secousses du sol, c’est-à-dire, des tremblements de terre.

ARTICLE II

Origine probable des différents types de chaînes de montagnes.

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Cause générale des chaînes de montagçnes.—Les chaînes de montagnes ont une autre origine. La cause générale qui les a formées est une pression latérale dans la croûte terrestre, pression résultant de la contraction de l’intérieur. Or cette tension étant universelle, la pression de la croûte sous-océanique devait s'exercer obliquement et en montant, sur les bords de la croûte continentale plus élevée, de manière à modifier, à plier, surtout les lits placés dans le voisinage des dépressions océaniques. Cette pression devait encore être, jusqu’à un certain point, en proportion avec la grandeur de la croûte sous-océanique voisine. On peut conclure de là que les chat: nes de montagnes devront se trouver surtout sur les bords des océans et avoir des dimensions on rapport avec la grandeur de ceux-ci. C’est ce que l’on constate d’ailleurs par l’observation directe.

Relation entre l'épaisseur des sédiments et la formation des chaînes de montagnes.—Un fait remarquable qui se rapporte à l’origine des chaînes de montagnes est le suivant. Là où devait se former une de ces chat-

nes, un enfoncement lent s’est d’abord produit, de :

manière à permettre l'accumulation d’une épaisseur très considérable de sédiments. Ces sédiments ont 40,000 ou 50,000 pieds dans les monts Appalaches. Les couches inférieures, se trouvant ramollies par la chaleur de plus en plus grande à laquelle elles étaient exposées, chaleur augmentée encore par la transformation de l’énergie mécanique en énergie calorifique, il est arrivé un moment, où, suivant la remarque du Dr T.-S. Hunt, les parties inférieures de cette gigantesque synclinale ont cédé sous Pinfluence de la pression latérale, et les sédiments supérieurs ainsi comprimés latéralement, ont été pliés, cassés de diverses manières et ont donné naissance à une chaîne de montagnes. Une chaîne de montagnes se formerait ainsi, sans que la partie de la croûte terrestre sur laquelle elle repose s’élevât dans son ensemble ; une pression latérale, en effet, quelque forte qu’elle soit, ne pourrait jamais soule-

r les parties inférieures d’une synclinale.

Modifications des reliefs des montagnes par l'érosion. —

Fig. 131.

Les plissements dus à la cause que nous venons

Fig. 131.—Modification des plissements montagneux par l’érosion (Le Conte).

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mensions fort variées. Mais la variété dans les reliefs d’une chaîne, a été encore augmentée par l'érosion qui a mo- | difié considérablement la forme des plissements, attaquant les anticlinales plus friables que les synclinales, et laissant ces dernières faire saillie à la surface générale, fig.

151. Cette érosion a quelquefois causé à elle seule de véritables mcnta-

Fig. 134,

Fig. 132.—Création de montagnes par l'érosion seule. Fig. 133, 134, 135. —Sections des principaux types des chaînes de montagnes.

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gnes, v. g., dans les endroits à lits horizontaux ou à peu près, fig. 132. Nous donnons ici quelques sections des principaux types de chaînes de montagnes. Il sera facile d’y voir le rôle joué par les ondulations des lits géologiques et l'érosion, fig. 133, 134 et 135. Remarquons que nous ne supposons pas que les plissements aient été complètement finis lorsque

Fig. 135.

l'érosion a commencé à les détruire. Au contraire, du moment qu’un commencement de courbure a soulevé légèrement les lits géologiques, les agents amosphériques les ont attaqués immédiatement et l'érosion s’est continuée à mesure que les lits se pliaient de plus en plus.

Structure des chaînes de montagnes.—Pour terminer nous dirons qu’une chaîne de montagnes est en réalité, un immense plateau recouvert et limité par des ondulations plus ou moins prononcées. Ces ondulations ont généralement leurs arêtes orientées dans le même sens que la montagne. Quelquefois aussi des ärêtes secondaires forment comme un réseau inextricable, où il est à peu près impossible de distingue: les grandes ondulations les unes des autres. Les Appalaches sont un bon exemple du premier type de chaînes de montagnes ; les Alpes et jusqu’à un certain point les Laurentides appartiennent au second.

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La pente moyenne des montagnes est toujours très douce. Pour n’en citer qu’un seul exemple, la pente moyenne du versant orientale des Montagnes Rocheuses ne dépasse pas généralement 20 pieds par mille, ce qui correspond à un angle de 12 minutes. Cette peate se continue sur une longueur de 600 milles Cu côté de l’est et de 400 à 500 milles à l’ouest, Les Montagnes Rocheuses qui atteignent un hauteur de 14,000 pieds, ne sont donc pas, comme on se l’imagine quelquefois une barrière étroite aui sépare l'Amérique orientale de l'Amérique occidentale, mais plutôt un léger gonflement de la surface, à peine sensible si on le compare au reste du continent américain.

Oscillations actuelles de la croûte terrestre.—Les mouvements de soulèvement et d’affaissement, qui se sont produits autrefois, se continuent encore de nos jours, maïs avec une très grande lenteur. On a constaté, par l’observation directe, que les rivages de la Suède et dela Finlande s’élèvent peu à peu audessus des eaux, avec une vitesse de 3 ou 4 pieds par siècle. A Pouzzoles, se voient encore les ruines d’un temple de Sérapis, bâti sur le bord de la Méditerranée. Ces ruines consistent principalement en un certain nombre de colonnes, debout sur leurs bases, mais privées de leur couronnement. Or il est certain que ce temple, depuis sa construction, a été enseveli en partie sous les eaux. En effet les colonnes ont été attaquées par des mollusques marins sur une longueur de plusieurs pieds. Un mouvement ascensionel s’est ensuite produit, qui a donné aux ruines la position qu’elles ont mainte-

tenant. Ce double mouvement a été tellement doux que les colonnes sont restées droites sur leurs bases et ont parfaitement gardé leur position d'équilibre.

Les côtes du Groënland s’abaissent. Les pécheurs moraves ont dû transporter leurs cabanes plus loin dans les terres ; des villages ont été complèten envahis et recouverts par les eaux. Le Dr.

dans son exploration de la baie d'Hudson, a cons. taté que les rivages de cette mer intérieure s’élèvent lentement au-dessus des eaux. Déjà le P. Petitot, à qui nous devons tant d'observations intéressantes sur l'Amérique arctique, avait remarqué des preuves évidentes du mouvement général qui élève peu à peu la surface de toute cette partie de notre continent. D’un autre côté, l'existence de troncs d'arbres profondément ensevelis sous les alluvions, le long des rivages orientaux des Etats-Unis peut être regardée comme une preuve que cette partie du continent s'enfonce lentement sous les eaux.

Tous ces faits montrent que la terre est loin d’être un globe absolument rigide. Elle cède aux forces internes qui tendent à modifier sa surface; et rien de surprenant si l’on trouve qu’à différentes époques de leur formation, les continents n'avaient pas la forme qu’ils ont maintenant.

La lenteur de ces oscillatiens nous fait encore comprendre que les forces en jeu, tout en étant püôur ainsi dire infinies en puissances, agissent avec une très grande lenteur. Les lits en général ont été pliés et non pas broyés, comme ils l’agraient été si ces forces eussent agi brusquement,

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