‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Epoque éozoique ou archéenne.

L'époque archéenne comprend les terrains les plus anciens que l’on connaisse, ceux qui constituent le gneiss primitif des géologues européens. C’est sur eux que reposent les couches siluriennes et toute la série des sédiments supérieurs. Aussi doivent-ils exister en tous les endroits du globe quoiqu’ils ne soient pas visibles partout, ayant été recouverts par les formations plus récentes. Bien que ces roches soient très anciennes, on les regarde cependant comme étant réellement sédimentaires, et par conséquent, différentes de la croûte qui s’est formée lors de la première solidification du globe. Les roches archéennes ont été constituées par les débris de cette croûte primitive, et à leur tour, elles ont fourni les matériaux d'une foule de dépôts sédimentaires postérieurs.

DISTRIBUTION DES FORMATIONS ÉOZOÏQUES—En Amérique, les roches éozoïques affleurent à la surface du sol, sur un grand espace placé dans la partie septentrionale du continent, fig. 136. Cette aire éozoïque est comme une longue bande recourbée sur ellemême et enveloppant la baie d'Hudson. Généralement on lui donne la forme d’un V, à branches inégales, entre lesquelles serait cette baie; mais les dernières recherches du Dr. Bell, de la Commission géologique canadienne, laissent croire que la bran-

che ouest du V est recourbée et vient aboutir sur la côte occidentale de la baie d'Hudson.

On trot: ve encore cetwe formation exposée en dif érents endroits de l’Amérigue, sous forme d'’ilots englobés dans les formations plus récentes. Les monts Adirondacks, dans le New-York, forment

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l’un de ces ilots, qui est relié aux formations éozoti- Le ques canadiennes par une langue étroite, traversant sé le St-Laurent à la hauteur des Mille-Isles, Les ne montagnes des Cantons de l’est appartiennent à la te, même époque. Les roches laurentiennes canadiennes couvrent tout l’espace occupé par la chaîne des Je Laurentides. | Le

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En Lu-ope les mêmes terrains se rencontrent en Ecosse et surtout dans la Scandinavie, dont ils constituent les montagnes à eux seuls. On les voit aussi en France.et dans certaines parties de l’Allemagne, mais peu développés.

ETAGES ÉO0ZOÏQUES.—La Commission géologique du Canada, après avoir divisé les terrains éozoïques en deux étages, l'étage laurentien et l'étage huronien, a été conduite par l’étude plus complète de la stratigrapbie du laurentien, à le subdiviser en deux formations : le laurentien inférieur et le laurentien supérieur ou labradorien. Ces étages se distinguent l’un de l’autre par les roches qui les composent, les débris organiques qu’on y trouve, et leur stratification discordante.

| ROCHES DES TERRAINS ÉOZOIÏQUES.—-Le laurentien inférieur se compose de schistes cristallins, dont une forte partie sont des gneiss parfois granitoïdes ; il y a aussi des quartzites, des schistes amphiboliques ou micacés, des roches pyroxéniques et calcaires, métamorphiques. Ces dernières se trouvent groupées en trois grandes formations distinctes, de 1000 à 1500 pieds d'épaisseur chacune.

Le labradorien, qui repose en lambeaux discordants sur le laurenti:1 inférieur, est caractérisé par une.anorthosite, composée essentiellement d’un feldspath triclinique (souvent Labradorite) et de Pyroxène, Le labradorien se voit au Chateau-Richer, à St-Urbain, au Saguenay et au nord de Montréai.

Le huronien renferme surtout des quartzites, des schistes plus ou moïns chloriteux, épidotiques, dés

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serpentines et des diorites. Ces lits contiennent quelque fois des galets laurentiens.

MÉTAMORPHISME, PLISSEMENTS DES LITS ÉOZOÏQUES. —Ces lits ne sont nulle part horizontaux. Au contraire on les trouve bouleversés de toutes les manières possibles. La figure 137 fait voir le contraste

Fig. 137.

qu’il y a entre les terrains éozoïques et les terrains siluriens supérieurs dans la partie ouest de notre Province. La direction générale des plissements est à peu près nord et sud, mais des ondulations secondaires transversales ont été reconnues dans la région septentrionale de l’Ottawa, étudiés avec plus de soin que le reste, |

Ces lits ont été traversés par plusieurs roches éruptives, syénites, porphyres quartzifères et dolérites. Dans le seul laurentien inférieur, on distingue quatre époques d’épanchement, dont Ja quatrième a coincidé avec l’époque siurienne/

FESTES ORGANIQUES CARACTÉRISTIQUES.—"* Les calcaires du laurentien inférieur du Canada, disaient les membres de la Commission géologique en 1867, renferment des restes organiques, se rapportant

Fig. 137.—Contraste entre les terrains laurentiens et siluriens (Logan).

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principalement à un organisme étudié et décrit par le Dr Dawson, de Montréal, qui lui a donné le nom d’Eozoon Canadense.” C’est un rhizopode, ou foraminifère, de grande dimension, fig. 138, qui aurait recouvert les roches et sécrété une carapace calcaire, recouverte elle-même plus tard par une seconde expansion -de- sarcode, constituant un autre individu, sécrétant à son tour une seconde carapace calcaire, et ainsi de suite, de manière à constituer des amas très puissantsf L’eozoon abonde dans la troisième formation calcaire du laurentien inférieur. Son squelette calcaire se trouve injecté de différents silicates, qui ont remplacé la sarcode, tout en conservant parfaitement la structure intime de la matière animale. Le même eozoon (sp. bavaricum) a été trouvé dans les calcaires laurentiens de la Bavière.

Quoique la nature animale de l’eozoon ait été un sujet de vive discussion parmi les géologues, et qu'elle. reste encore douteuse pour quelques-uns surtout pour les géologues européens, l’autorité du Dr Carpenter, de Sir J.-W. Dawson et autres, est pour

Fig. 138.

Fig. 138.—Æozoon Canadense.

nous une garantie plus que suflisante, et nous regatdons l’eozoon commé l’aîné de toutes les espèces animales.

Le Huronien renferme de plus, des espèces parfaitement caractérisées comme Aspidella Terranovica et Arenicolites, fig. 139,

Fig. 139.

PRINCIPAUX MINÉRAUX UTILES DES TERRAINS ÉOZOÏ- QUEs.—Nous citerons en premier lieu le fer oxydulé et le fer oligiste, qui se rencontrent en puissantes masses stratifiées dans le laurentien inférieur. Ces

lits peuvent avoir 100 à 200 pieds d'épaisseur. Le L Graphite est assez abondant, surtout dans les calcai- inté: res, où il entre quelquefois pour une proportion de car i 2 à 3 par cent. Ajoutons le Mica, exploité en certains den

endroits, l’Apatite, dont les gisements u’Ottawa sont si puissants et si riches.

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Le laurentien supérieur renferme la plupart de ces 1

minéraux,eten plus, des masses énormes de fer titané, 0

quelquefois mélangé de Rutile, comme à St-Urbain. érk

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Le terrain huronien comprend des roches dioritiques “ qui abondent en minérais métalliques, parfois disséminés, mais le plus souvent répandus dans des filons, qui, dans une gangue de Quartz, renferment beaucoup de minérais de cuivre, et sont exploités avec grands bénéfices.” On y a trouvé du nickel, du cobalt, des masses considérables de fer oligiste. Les terrains miniers des Cantons de l’Est appartiennent au Huronien, M. le Dr. Bell, qui étudiait naguère la formation huronienne sur les rivages de la baie d'Hudson, lui trouvait le même caractère métallifère. La partie supérieure de tte formation est souvent uvpelée pré-cambrienne

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