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Etage Champlain. — Cette période a été caractérisée par une dépression des continents septentrionaux, assez considérable pour permettre le dépôt de fossiles marins à des endroits maintenant élevés de près de 1000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Le climat devint plus chaud que durant la période précédente : ce fut la cause de la fusion du glacier continental. Les eaux qui en résultèrent recouvrirent une grande partie du continent, remaniant les détritus rocheux distribués sans ordre par le courant glacial primitif, pour les déposer ensuite sous formes d'alluvions plus ou moins régulièrement stratifiées.
A ces eaux douces, nous devons ajouter l'océan, qui, grâce à l'affaissement de la surface continentale, envahit la terre ferme, remaniant lui aussi, les détritus de l'époque glaciaire, et laissant çà et là des amas de coquillages marins. Ces coquillages se trouvent en plusieurs endroits de notre province, particulièrementà Beauport, à Montréal, aux Trois-Pistoles, etc. Ils sont souvent à 400 ou 500 pieds au-dessus du niveau actuel du fieuve.
De ces faits on a droit de conclure qu'à l'époque l 'lmmplain, la province de Québec était en grande partie un immense bras de mer, faisant communiquer l'océan avec le lac Champlain, et peuplé de baleines, de marsouins et autres animaux marins dont on a trouvé les restes sur les bords du lac Champlain et en différents autres endroits. 11 est certain cependant, que la région apalachienne du Canada, non plus que la région laurentienne, n'a pas été recouverte par les eaux de l'époque Champlain. La preuve en est que ■ - matériaux des glaciers se rencontrent là 1res irré-
gulièremcnt distribués, sous forme do moraines, absolument dans l'état où le glacier, en fondant, a dû les laisser sur le sol.
Les lits de l'étage Ghamplain dans l'Amérique du Nord, contiennent les débris de plusieurs grands mammifères herbivores, éléphants, mastodontes, bœufs, cerfs, castors, avec peu de carnivores. En Europe les mêmes lits sont riches en os de carnivores, lions, ours, tigres. Dans l'Amérique du Sud, on y trouve des os d'édentés, megatherium, glvptodon, etc. En Australie, ce sont des fossiles de marsupiaux, à peu près semblables à ceux qui y vivent encore aujourd'hui. Tous ces mammifères avaient des dimensions colossales. L'époque Champlain est celle où cet embranchement du règne animal atteint son plus grand développement.
Etage récent ou des terrasses. — A la lin de l'époque Champlain, la surface continentale, régularisée par les eaux, commença à émerger lentement à la surface de l'océan qui la recouvrait. Alors les rivières apparurent dans les vallées et creusèrent peu à peu leurs lits actuels dans le sol meuble et stratifié, formé durant la période Champlain. Ces rivières, en atteignant des niveaux de plus en plus bas, formèrent de chaque côté de leurs lits des terrasses plus ou moins régulières. Ces terrasses se voient le long de tous les cours d'eau. Un endroit où elles sont tout particulièrement belles, c'est l'embouchure de la rivière Ste-Anne. Toute la paroisse de St-Joachim ne se compose d'ailleurs que de deux terrasses, l'une inférieure argileuse, l'autre, plus haute de 10 ou 15 pieds.
et à surface sablonneuse. Citons encore les terrasses si belles qui se trouvent autour de la montagne de Montréal. Il y en a là toute une série, superposées les unes aux autres, et du plus haut intérêt pour le idéologue à cause des fossiles qu'elles renferment. La même chose peut se dire des terrasses qui entourent Québec. A Beauport, elles sont particulièrement riches en fossiles.
Oscillations au continent américain durant l'époque quaternaire. — De tout ce que nous venons de voir, nous pouvons conclure que trois grandes oscillations se sont fait sentir durant le quaternaire, dans les pays septentrionaux. Un premier mouvement d'élévation, durant l'époque glaciaire, causait très probablement le refroidissement des climats qui amena la formation du glacier continental. Un second mouvement d'affaissement, durant lequel le glacier fondit et l'océan envahit une partie du continent: étage Champlain. Enfin, un troisième mouvement de soulèvement, c'est l'étape des terrasses.
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CHAPITKE SIXIÈME.
L'homme.
C'est après toute cette série de révolutions, alors <iue la terre, façonnée par la main du Créateur, modifiée par le concours des divers agents de la nature, et enrichie de tout ce qui était nécessaire à l'humanité, était devenue une demeure digne du roi de la création, que ce roi lui-même est sorti de la main de Dieu. L'homme a été créé directement par Dieu. Quand même l'Ecriture Sainte ne nous le dirait pas, la science suffirait pour l'affirmer hautement. Impossible d'expliquer autrement les belles facultés intellectuelles qui lui appartiennent. Il n'est pas, comme le veulent les transformistes, un des anneaux de cette série indéfinie de formes par lesquelles passent d'après eux, tou> les êtres vivants, obéissant à cette grande loi de perfectionnement qu'ils supposent régir toute la création animée. Cette théorie transformiste ne repose que >ur des hypothèses hasardées; car. s'il y a un fait certain en histoire naturelle, c'est la fixité complète des espèces vivantes. Et nous sommes en droit de rejeter toute théorie basée sur la variabilité de ces espèces, tant qu'on ne nous en aura pas donné un exemple évident. L'homme n'a donc aucun lien de parente avec le singe, Dieu merci ! Il n'est pas un singe perfectionné. Les crânes humains les plus anciens, sont. d'après les transformistes eux-mêmes, tout à l'ait différents des crânes simiens.
L'homme a été créé, non pas à l'état sauvage, maia dans un état de véritable civilisation. Si donc on trouve quelque part des traces qui indiquent l'état de barbarie de certaines peuplades préhistoriques, cellesci doivent être regardées comme des produits de la dégénérescence de l'espèce humaine et non pas comme des types de la condition primitive de l'homme.
Quant à l'antiquité de l'homme, il a dû être contemporain des grands mammifères quaternaires, car on trouve ses ossements mêlés dans les cavernes avec ceux des mammouths, des rhinocéros, des ours, etc. On a même découvert sur des morceaux d'ivoire, des desseins représentant des mastodontes quaternaires, animaux dont on ne trouve plus maintenant les ossements qu'à l'état fossile. Mais il n'y a aucun fait qui permette de croire un instant à l'existence de l'homme tertiaire.
D'ailleurs l'antiquité de l'homme est une question qui est du ressort de l'histoire proprement dite. Si •donc un jour les données de la Géologie contredisent des faits prouvés d'une manière certaine par les documents historiques, il faudra admettre que la Géologie se trompe: et cela d'autant plus facilement, que ses •données trop souvent, ou bien ne sont pas certaines, •ou bien sont susceptibles de diverses interprétations. La vérité est une. Du moment qu'elle se laisse voir, qu'elle apparaisse du côté des faits ou du côté du raisonnement philosophique, nous n'avons qu'à l'accepter, remerciant toujours le grand Dieu qui veut bien nous la manifester.
Des rapports de la Bible et de la Géologie, nous ne dirons qu'un mot. Dieu est l'auteur des faits géo-
logiques aussi bien que de la Bible. Ce sont deux livres merveilleux qui ne peuvent se contredire. Si quelques-uns de ceux qui essaient de les lire, les trouvent en désaccord, soyons sûrs qu'ils interprètent mal l'un ou l'autre de ces deux grands livres. Pour nous, respectons-les tous les deux. Etudions-les avec passion, si nous le voulons, mais en toute soumission aux décisions des autorités compétentes. Ils chantent, chacun à sa manière, la gloire de leur auteur commun, le Dieu de toute vérité.