‹ Éléments de minéralogie et de géologie;Chapitre 95 sur 113 · SL-?©II · texte numérisé non relu

SL-?©II

Fie. 102.

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vrai surtout des rivières qui coulent dans des plaines d'alluvions. La figure 103 nous montre une rivière, augmentant successivement les dimensions de ses méandres. Le chenal est d'abord droit.

Une différence de dureté dans une portion du rivage fait que l'eau y creuse une petite cavité qui dirige le courant obliquement sur la berge opposée. Celleci se creuse et peu à peu les méandres deviennent de plus en plus marqués, jusqu'à ce que deux d'entre eux «et b s'unissent l'un à l'autre,et la courbe e se trouve enlevée du courant. Telle est l'origine des lagunes en forme de croissants l qui existent le long de certaines rivières. Ces lagunes s'observent très bien dans la partie supérieure du cours de l'Etchemin, à Standon . Lorsqu'une rivière coule sur un sol pierreux, elle y creuse un lit plus étroit, mais tout aussi capricieux et qui atteint quelquefois une grande profondeur. De cette manière se forment les canons du Colorado et de quelques autres territoires des Etats-Unis. Les murs de ces gorges, taillés à pic, ont souvent plus de 3000 pieds de hauteur. Si, sur son parcours, la rivière rencontre un lit qui cède plus difficilement que les autres à l'érosion, il se formera là une chute.

Telle est la cause de la chute Montmorency, fig. 104 C, du Sault-à-la- Fig. 104.

Puce, de la chute Ste-Annc, toutes produitos par le contact immédiat des lits mous et friables de la Rivière Hudson H avec les lits granitiques du laurentien. De même à la chute Niagara, le lit supérieur, qui est calcaire, est plus dur que le lit inférieur et disparait moins vite sous l'action érosivede l'eau.

Un autre effet de cette action érosive est de changer la forme des montagnes et surtout de diminuer leur hauteur. On remarque en eftbt quo plus les montagnes sont anciennes, plus elles sont basses, plus elles sont arrondies, polies pour ainsi dire, par l'action des eaux atmosphériques.

Dans les montagnes dont l'existence remonto aux premières époques géologiques, on ne voit jamais ces pics abrupts qui s'élancent d'un seul jet à plusieurs milliers de pieds do hauteur. La ligne des sommets est plus douce, moins brisée. Tello est l'apparence générale des Laurentides, les aînées do toutes les montagnes du globe. Dans les chaînes plus récentes, comme les Montagnes Eocheuscs, les Andes, les Alpes, les Pyrénées, les contours sont beaucoup plus irréguliers, les sommets plus aigus. Ce ne sont plus des dômes, des ballons, mais bien de véritables aiguilles, sur les flancs desquelles les neiges et les glaciers exerceront leur action érosive jusqu'à ce qu'ils les aient sculptées et arrondies comme los montagnes les plus anciennes.

Effet des plissements et de la dureté relative

DES LITS SUR LES PHÉNOMÈNES D'ÉttOSION. — Il 08t évident que la disposition des lits géologiques, leur dureté plus ou moins grande doit avoir une influence sur les offets d'érosion par l'eau. Un lit mou, profondément

altéré par l'atmosphère, disparaîtra plus vite qu'un lit plus dur. Les figures 105, 106, 107, empruntées

Fig. 106.

Fig. 107.

à Lesley, font voir les effets de ces deux causes sur les phénomènes d'érosion. Les lits sans hachure sont supposés être plus durs que les autres. On remarquera que les synclinales résistent mieux que les anticlinales. Cela est dû à la dureté plus grande qu'elles acquièrent par suite de la compression à laquelle elles se trouvent soumises. C'est l'inverse pour les anticlinales; elles se fendillent, deviennent plus friables

Fig. 108.

par l'opération du plissement. C'est ce que montre d'une manière plus évidente encore la figure 108.

Transport par les eaux. — Les substances minérales enlevées par érosion sont transportées par les eaux. Les unes sont distribuées dans les plaines d'aïluvion que sillonnent les rivières, d'autres se rendent jusqu'à la mer. La force de transport d'un courant augmente très vite. Un courant de trois pouces par .seconde peut transporter de l'argile, un courant do G pouces, du sable fin, un courant de 8 pouces, du gros sable, un courant de 12 pouces, des pierres de la grosseur d'un œuf de poule. Le pouvoir de transport augmente donc beaucoup plus rapidement que la vitesse; un courant double d'un autre a une force 64 fois plus grande. Suivant donc que, dans une rivière, lo courant varie d'intensité, le fond se couvre de gravier, de sable ou d'argile.

Durant ce transport les pierres qui voj'iigent, en frottant les unes sur les autres ou sur le fond, s'usent, s'arrondissent. Elles tournoient avec les remous du courant et creusent dans le roc des trous arrondis, très réguliers, qu'on désigno sous lo nom de marmites des géants .

La quantité de matériaux transportés varie d'un tleuvo à l'autre. Annuellement le Mississippi transporte assez de substances terreuses pour faire un solide d'un mille carré de surface et de 241 pieds de hauteur.

Alluvions. — Une partie do ces matériaux so déponent dans les plaines, le long des rivières, et forment ce qu'on appelle des alluvions. Celles-ci sont composées de sables et d'argiles, stratifiés; elles sont souvent riches en débris organiques.

Deltas. — Les deltas sont de vastes surfaces d'alluvions placées à l'embouchure des fleuves, qui char-

rient beaucoup de matières solides. Le fleuve gagne la nier à travers cette plaine, en se partageant en une foule de branches.

La forme des deltas est généralement celle d'un triangle dont le .

sommet est dirigé du côté de la terre.

C'est de cette forme qu'est venu le nom de delta, par Fig 109.

allusion à la forme

de la quatrième lettre de l'alphabet grec. Le delta du Nil, fig. 109, est un exemple, pour ainsi dire, classique de cette forme triangulaire.

La surface des deltas varie. Celui du Nil a 100 milles de longueur et 200 milles de largeur : celui du Gange a 220 milles de long et 200 milles de large : celui du Mississipi a une surface de 13,200 milles carrés. Dans ce dernier, fig. 110, on voit très bien comment chacune des branches du fleuve s'avance sans cesse ..'ans la mer en se créant à mesure de nouveaux rivages, par le transport constant des alluvions.

Fig. no.

Les deltas, en effet, ne sont que L'accumulation à l'embouchure des fleuves, des détritus de toute espèce, que le courant charroyait et qui tombent sur le fond de la mer. là où le courant fluvial cesse d'exister.

Barres.— Si les rivières ou les fleuves se déchargent dans une mer où il y a marée, assez souvent le courant de marée empêche les deltas de se former. Ces rivières se terminent par des embouchures très larges, appelées estuaires, dans lesquelles la marée monte à une grande hauteur et cause un courant très puissant. Dans la baie de Fundy, le flot de marée atteint une hauteur de 90 pieds. Ces courants cessent là où le flot rencontre les eaux profondes de l'océan, et c'est là que se déposent les matières charriées par les rivières. Elles y forment des espèces de levées en forme de croissant, qu'on appelle barres, fig: 111.

Ces barres existent à l'embouchure de plusieurs rivières de la Gaspésio. On leur donne là le nom de barachois (barro-à-choir).

Eau de l'océan. — L'action mécanique des vagues est très puissante. On peut l'assimiler à celle d'une chute qui aurait même hauteur que les vagues. Aussi, sous leur choc répété, les rochers sont-ils brisés, réduits en poussière, surtout là où la mer est très agitée. On a remarqué que le niveau de la plus grande érosion est sensiblement mitoyen entre celui de la haute et celui de la basse mer. L'effet de cette érosion sur les côtes est de les régulariser. Peu à peu les caps tendent à disparaître et les rivages ne sont plus qu'une suite de baies arrondies et peu profondes. Voilà ce qui explique, jusqu'à un certain point, pourquoi la forme des rivages est si différente dans les pays méridionaux et dans les pays septentrionaux. Dans ces derniers, la glace qui les a recouverts pendant longtemps, durant les dernières périodes géologiques, tout en creusant des baies très profondes et irrégulières (fjords), a empêché l'action des vagues de s'exercer sur les rivages. Au sud, au contraire, l'absence du glacier continental a permis aux vagues de modifier plus complètement la forme des côtes. Cette différence est très marquée lorsqu'on compare les côtes de Terreneuve ou du Labrador avec celle de Cuba ou de la Colombie.

Les débris ainsi formés par l'action des vagues sont transportés ensuite par les courants, soit sur les rivages, soit au fond de l'océan, où ils peuvent à la longue former des lits d'une grande épaisseur.

Courants océaniques. — La disposition généi*ale et la direction de ces courants sont profondément modifiées par la situation relative des continents. Cependant

Fie. 112

le système de circulation est le même dans les mers des deux hémisphères. La figure 112 représente théoriquement la circulation dans chaque hémisphère ; E O est l'équateur, E l'est et O l'ouest. Deux ellipses immenses sont décrites par les courants équatoriaux et leurs dérivés. A l'équateur ces courants vont de l'est à l'ouest, ils vont de l'ouest a l'est dans les latitudes plus élevées. Une partie du courant équatorial est encore dérivée vers les pôles et constitue un véritable extra-courant. Elle en revient avec les eaux des mers polaires sous forme d'un courant froid qui longe de préférence les côtes orientales des continents. Ce système générai de circulation océanique se déplace dans son ensemble, de quelques degrés, vers le sud ou vers le nord, avec le changement des saisons. Lorsqu'un courant froid rencontre un courant chaud, il continue sa marche mais en gagnanl les profondeurs de l'océan, le courant chaud, étant plus léger, reste à la surface.

La carte des courants de l'Atlantique, fig. 113, servira d'application aux lois générales qui viennent d'être énoncées, H est le courant équatorial. Il se partage sur les cotes du IJrésil en deux parties. L'une se dirige vers le sud en longeant les côtes de l'Ame* rique du Sud. L'autre, la plus importante pour nous, entre dans le Golfe du Mexique, en suit les contours,

et vient en sortir par l'ouverture ménagée entre les iîea Bahanias et la Floride. A partir de ce moment, ce courant est connu sous le nom de Courant du Golfe, Gulf stream. Après avoir traversé l'océan obliquement, il se partage en deux sur les côtes de l'Europe :

Fig. 113.

une partie se dirige vers le sud pont- se joindre au courant E et compléter l'ellipse équatoriale ; le resto longe les côtes d'Irlande et d'Ecosse et pénètre dans los mers polaires pour en i*evenir sous forme de courants polaires P, F. Un de ces derniers, P, côtoie le nland, puis le Labrador, pénètre en partie dans

le Golfe St-Laurent et rencontre le Courant du Golfe à la hauteur des bancs de Terreneuve.

Ces courants, auxquels nous supposons sur la carte des limites bien définies, ne sont pas en réalité aussi faciles à déterminer. A part le Courant du Golfe dont les rivages liquides sont parfaitement reconnaissables, grâce à une différence marquée dans la couleur et la température de l'eau, les autres, et surtout les courants polaires, ont des limites très vagues.

Le centre S de l'ellipse équatoriale est occupé par la Mer des sargasses, qui doit son nom à la quantité énorme de plantes marines qui végètent en paix à la surface de ses eaux tranquilles.

On reconnait dans h Atlantique-sud une circulation analogue à celle de l'Atlantique-nord. Cependant le peu d'observations qui ont été faites dans ces parages ne permet pas de déterminer, avec autant d'exactitude, la direction des courants.

Dans le Pacifique, le KuroSi/ro, qui part du Japon pour aller frapper les côtes occidentales de l'Amérique du Nord, est tout à fait analogue au Courant du Golfe,

Article III.

Action de la glace.

Gelée. — On sait que l'eau augmente de volume au moment où elle gèle. Cette dilatation se fait avec une force extraordinaire. On conçoit donc que l'eau qui pénètre dans les fentes des roches, l'automne, soit, en gelant, une cause très puissante de désagrégation. Assez souvent cette force brisante de l'eau détache du flanc des montagnes des quartiers de rocher très considérables. Ces pierres ne tombent qu'au printemps,

alors que le dégel fait fondre la lame de glace qui les* soudait aux autres roches de la montagne. Les talus que l'on voit au bas des falaises n'ont pas d'autre origine.

Certaines pierres poreuses sont pénétrées par Veau. L'action brisante de la gelée les pulvérise littéralement, et lorsqu'un courant d'eau passe sur elles, elles tombent en poudre et disparaissent avec lui . Le même effet de la gelée se fait encore sentir sur les terres un peu dures, qui, d'elles-mêmes, seraient capables de résister à l'action érosive des pluies. La gelée les broie et elles sont ensuite transportées par les eaux superficielles, dans les rivières et finalement dans l'océan.

Glaciers. — Les glaciers sont de véritables fleuves de glace qui coulent sur le flanc des montagnes à neige éternelle. Sur les sommets de ces montagnes la neige s'accumule sans cesse et comme elle ne peut fondre à cette hauteur, la masse de neige augmenterait indéfiniment, s'il n'y avait pas une cause tendant à lui faire atteindre un niveau inférieur où elle peut entrer en fusion. Cette cause existe : c'est le poids de la glace joint à sa plasticité ; c'est elle qui donne naissance aux glaciers, à l'aide desquels la neige des sommets glisse et vient fondre dans les régions inférieures.

Origine et cause des glaciers. — Nous venons d'indiquer cette origine. La neige des sommets les plus élevés, entassée souvent sur une épaisseur de plusieurs centaines de pieds, se change à sa partie inférieure en une neige compacte, plastique, appelée névée. Cette névée est le commencement du glacier. C'est elle qui par une série do l'usions et de regélations successives,

^e changera en glace compacte et transparente. Quant à la cause qui produit cette névée, c'est à peu près uniquement le poids des couches supérieures de neige. La marche des glaciers tend donc à dépouiller les sommets de leur enveloppe neigeuse, mais les nuages apportent constamment de nouvelles quantités de neige qui alimentent indéfiniment le glacier. Aussi, dans les contrées où il y a peu d'humidité, les glaciers sont très peu développés. Dans les Montagnes Rocheuses, il ne manque pas de pics élevés qui n'ont pas de glaciers, uniquement parceqùe l'air qui les entoure est trop sec.

Marche. — Le courant du fleuve de glace peut s'assimiler complètement aux courants des fleuves ou des rivières ordinaires, sauf au point de vue de la rapidité ; il est l»eaucoup plus lent. La vitesse d'écoulement varie d'un glacier à l'autre, elle varie aussi avec la pente du lit du glacier et avec les diverses saisons de l'année ; c'est durant l'été qu'elle est la plus considérable. Elle ne dépasse pas en moyenne de 10 à 18 pouces par jour, c*est-à-dire, un mille en 18 ou 20 ans. Comme dans les rivières, la vitesse est plus grande au centre que sur les rivages, à la surface qu'au fond . C'est ce que MM. Agassiz, Forbes et Tyndall ont constaté directement par l'expérience. Si le glacier suit des méandres, la ligne de plus rapide déplacement est, comme dans les cours d'eau, plus sinueuse que le lit du glacier lui-même, fig. 114.

Crevasses. — La vitesse plus grande des parties centrales cause une traction sur

la glace des rivages, retardée dans sa marche par le frottement sur les rochers, et cette traction peut être suffisante pour fendre la glace des bords. Ces fentes ou crevasses se font toujours perpendiculairement à la force qui les produit, et par conséquent, obliquement par rapport aux rivages du glacier, fig. 115. Ce* crevasses, une fois produites, se redressent peu à peu, en même temps que d'autres se forment, et après un certain temps, la surface du fleuve solide est sillonnée en tous sens d'un véritable réseau de crevasses qui rendent très difficile la marche sur un glacier. Les crevasses Fig. 11». dont nous venons de parler sont dites latérales. Si sur le fond du glacier il y a une irrégularité assez notable, qui affecte toute la masse de la glace, cette protubérance causera elle aussi des crevasses qui seront parallèles à son arête principale. Telle est l'origine des crevasses longitudinales et transversale*. Enfin à l'extrémité inférieure du fleuve solide, le poids de la glace qui arrive sans cesse comprime les masses les plus basses, les écrasent, pour ainsi dire, et alors se forment ces crevasses terminales qui sillonnent en rayonnant toute la partie extrême du glacier.

Les glaciers ne s'arrêtent pas à la Limite des ncigee cternellos. Ils descendent souvent de 3000 à 400»i pieds plus bas. La Mer de glace se rend tout près du village de Chaumonix, et elle a sa source dans les gorges du Mont Blanc. Sous la glace coule toujours un torrent qui apparaît à l'extrémité inférieure du glacier. 11 est l'effet en grande partie, do la fusion

de la glace. Los eaux en sont rarement limpides. Elles sont le plus souvent blanchâtres, grâce aux substances terreuses qu'elles transportent, substances qui proviennent des roches charriées et broyées par le glacier.

Erosion et transport par les glaciers. — Ces masses de glace ont sur les roches sur lesquelles elles passent une action érosive très puissante. Elles les usent, adoucissent et polissent leur surface ; et si elles renferment elles-mêmes des fragments de rocher qu'elles entraînent avec elles, les roches du fond sont non seulement polies, mais couvertes de rainures ou de stries, ces rainures indiquant le sens de la marche du glacier. Souvent les lits rocheux, sur lesquels le flot de glace a coulé, sont arrondis en une suite de •dômes qui, vus de loin, rappellent, jusqu'à un certain point, des dos de moutons, et qu'on nomme pour cela roches moutonnées. On trouve ces rainures et ces roches moutonnées là où il n'y a plus l'ombre de glacier. Il y a dans le canton de Ware, le plus bel échantillon de roches moutonnées qu'on puisse voir. La hauteur de ces roches est d'à peu près 1500 pieds au-dessus du fleuve. La direction des rainures est nord et sud. Les roches striées sont des argilites ronge* et noires appartenant au silurien svjyéricur. Ce fait prouve l'existence de glaciers dans cette partie du a une époque plus ou moins reculée. La force érosive des glaciers est énorme, et c'est là sans contredit, dans les continents septentrionaux, une des causes qui a contribué autrefois le plus efficacement à modifier les reliefs terrestres. Les glaciers ont quelquefois des dimensions colossales. Au Spit/.berg»

un des glaciers côtiers ail milles de large sur une épaisseur de 100 à 400 pieds en dehors de l'eau ; le volume qui plonge dans l'eau est beaucoup plus considérable.

Moraines. — Les matériaux, arrachés par les glaciers à leurs rivages, s'accumulent sur les bords du courant et se disposent en un cordon plus ou moins volumineux, composé de roches, de terre, etc. C'est ce qu'on appelle une moraine latérale.

Dans le cas du confluent de deux ou de plusieurs glaciers, les moraines latérales qui viennent en contact s'unissent ensemble et forment une moraine médiane, fig. 116. Enfin tous ces débris, minéraux ou organiques, «ont entassés pêle-mêle à l'extrémité du courant et le recouvrent en partie : c'est la moraine frontale. Quelquesunes des masses transportées par les glaciers ont un volume énorme. On cite de ces pierres dont le volume équivaut à celui d'un édifice de 100 pieds de long, 50 de large et 40 de haut. On peut voir très souvent des moraines là où maintenant il n'y a plus de glacier, cependant les moraines bien caractérisées sont rares dans la Province de Québec.

Tout le sol arable que nous cultivons est très probablement le résultat de la trituration des roches par les glaces et les glaciers de la période géologique dite période glaciaire, alors qu'une immense couche de glace couvrait tout le Canada. La plupart decailloux perdus des champs viennent des Laurentidee et ont été transportés çà et là par les glaces.

Fig. 116.

elles des terreuses, glaciers.

Banquises. — Quand un glacier atteint le rivage de l'océan sans se fondre, il se sépare au contact de l'eau en immenses blocs, qui flottent et se dispersent en diverses directions, ce sont les banquises. La figure

117 montre comment le courant glaciaire, arrivé à l'océan, se casse en fragments plus ou moins volumineux, sous l'action de la poussée Fig. 117. de l'eau. Les banqui-

ses transportent avec millions de pieds cubes de substances restes des moraines qui recouvraient les Ces montagnes de glaces sont poussées par les courants océaniques et elles atteignent bientôt des latitudes inférieures. Là, elles fondent, laissant tomber sur le fond de l'océan les rocbes qu'elles transportaient. Le Grand Banc de Terreneuve est placé à peu près au confluent du Courant du Golfe et du courant froid polaire, qui longe les c«»tes du Labrador et transporte beaucoup de banquises. Ces dernières, rencontrant à la hauteur du Grand Banc, le Courant chaud du Golfe, se fondent, et on croit que c'est à cette cause qu'est précisément due l'existence d'un bas-fond, d'un banc, à cet endroit.

Résumé. — D'après ce que nous venons de voir, nous pouvons, relativement aux terrains de sédiment, dire qu'ils sont formés des débris de roches préexistantes, saut' le calcaire. Ajoutons même que, si ce dernier a été en grande partie le résultat de l'accumulation do débris organiques, ces êtres vivants ont trouvé le cal-

caire de leurs carapaces dans les eaux de l'océan, lesquelles l'avaient enlové par dissolution aux rocLes des rivages.

Les causes qui ont amené cette destruction des roches anciennes, ont été les eaux, la glace, la gelée, les plantes, les décompositions et combinaisons chimiques. Ces débris, après avoir été remaniés par les eaux, ont formé différents lits, absolument analogues à ceux qui se forment de nos jours.

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