CHAPITRE DEUXIÈME
Volume, reliefs du globe terrestre.
VOLUME ET FORME DE LA TERRE—Le diamètre de la terre est d'environ 7,920 milles. En comparant un rayon équatorial avec un rayon polaire, on trouve que ce dernier est à peu près de 13 milles plus court que le rayon équatorial. Il suit de là que la terre n’est pas une sphére réguliere, mais qu’elle est aplatie vers les pôles et renflée à l'équateur. Les plus hautes montagnes du globe n'affectent pas sensiblement cette orme générale de la terre.
Quelle est la cause de ce renflement équatorial ?— On l'attribue généralement à l’état primitivement liquide du globe, le renflement étant un effet de la torce centrifuge développée par la rotation de l’astre sur lui-même. Ce qui donne une plus grande force à cette opinion, c’est que les planètes qui, comme Jupiter, tournent plus vite que la terre, sont beaucoup plus aplaties ; parce que, dit on, elles ont été primitivement soumises à une force centrifuge plus grande.
Cependant, si on examine les choses de plus près, cette forme du globe ne prouve pas rigoureusement l'état primitivement liquide du globe. En effet, supposons le globe terrestre absolument sphérique et ne tournant pas sur lui-même. Les mers se distribueront régulièrement à sa surface et tout sera recouvert d’eau depuis les pôles jusqu'à l'équateur. Faisons ensuite tourner ce globe sur lui mème. Immédiatement los eaux s'accumulent à l'équateur et les pôles terrestres émergent sous forme de continents. Mais alors qu'ar-
tre de int un e que rt que e n’est aplatie hautes it cette
ral ?— vement t de la , l'astre eo force ime Juaucoup rimitirande.
18 près, ent l'éposons burnant “égulièeau deensuite nent les ‘restres s qu'ar-
rive-t il ?— Les agents atmosphériques attaquent immé. diatement ces terres polaires, les usent, les rongent de diverses manières, et leur débris sont transportés par les courants dans les mers équatoriales où ils se déposent en amas de plus en plus puissants. Peu à peu cette érosion des continents du nord ct du sud raccourcit le rayon polaire, augmente le rayon équa. torial, et la terre prend la forme d’un ellipsoïde de révolution,
D'ailleurs, ce renflement de notre terre est loin d’è. tre aussi régulier qu'on l'avait d’abord supposé. En plusieurs endroits il y a des dépressions, ailleurs des turgescences, qui nuisent à la régularité de la forme générale.
Donc cette forme spéciale de la terre ne peut pas rigoureusement être donnée comme une preuve de l'etat primitivement fluide du globe; mais elle n'’ajoute ni ne retranche rien aux preuves qui peuvent ètre tirées d’autres données géologiques.
GRANDEUR ET POSITION RELATIVE DES CONTINENTS ET DES OCÉANS.—L'étude des dimensions relatives des terres et des mers ainsi ue de la position particulière des continents conduit à do curieux résultats. En premier lieu, à la surface de notre sphère, il y a 8 parties d’eau pour 3 de terre. Au nord de l'équateur la surface des continents est trois fois plus grande qu’au sud ; et c’est dans la zone tempérée septentrionale, que se trouve le maximum des terres, leur sur. face totale égalant dans cette zone celle de la mer. Dans la zone torride la surface terrestre n'est que le tiers de la surface océanique, elle n’en est plus que le dixième dans la zone tempérée méridionale.
ll est encore remarquable de voir tous les contiaents groupés autour du pôle nord, et les océans couvrir une grande partie de l’hémisphère sud. Les grandes masses continentales se terminent toutes en pointe vers le sud. Elles forment comme deux groupes distincts. L’un occidental, constitué par les deux Amériques, l’autre oriental, formé par ces vastes surfaces où les géographes placent l’Europe, l’Asio, l’Afrique et l'Océanie. Cette dernière n’est probablement que les restes d’un continent qui s'enfonce peu à peu sous les eaux ct dont les sommets les plus élevés, grâce à leur hauteur, grâce aussi au travail des coraux polypicrs, dépassent encore la surface des mers.
Entre ces masses continentales existent des relations très frappantes. A part le fuit qu'elles se terminent toutes au sud par une pointe de terre de plus en plus étroite, nous nous contenterons de signaler la grande
analogie qui existe entre l'Amérique du sud et l’A- ce | frique. Séparés par l'Atlantique-sud, ces deux conti- tr nents sont à peu près symétriques géométriquement. se On dirait que l’un est l’image de l’autre; et de fuit, si on supposait à l'est de l'Amérique du sud, au mi- à | lieu de l'océan, un gigantesque miroir où l'œil pour- qu rait embrasser d'un coup l'image de toute l’Améri- cÔ que, cette image ressemblerait tout à fait au con- ce tinent Africain. Il n’y a pas jusqu'au fleuve des tou Amazones qui n'ait son symétrique dans le Congo, tan relevé dernièrement par M. Stanley. I Nous avons dit que les océans sont groupés vers lo ne sud, C'est de lu zone antarctique que partent ces à D
deux bras de mer gigantesques, dont l'un, l'océan
onticou- Les os en groudeux S suro, l'Abablece peu us éleail des ce des
Jations minont
ement.
de fuit, au mipour- Amériu conve des Congo,
vers le
Atlantique, séparo l'Amérique de l’Europe, et l'autre, l'océan Pacifique, l'Amérique de l'Asie. Quel que soit le volume absolu de ces deux masses aqueuses, il est beaucoup plus faible que le volume d'eau énorme accumulé autour du pôle sud.
Peut-on trouver une causo à ce défaut de symétrie dans la distribution des continents et des océans ? Evidemment, on ne peut rien affirmer d'absolument certain; voici cependant les opinions émises à ce sujet par certains géologues. Les uns croient qu'il n’est pas impossible que cette accumulation de l’eau au pôle sud, ne soit un résultat de l’oscillation de l’axe de la terre, oscillation connue en astronomie sous le nom de precession des Cquinoxes. D'autres disent que l'érosiou a été plus forte au pole sud qu'au pôle nord, sans toutefois expliquer cette différence. D'autres affirment que le centre de gravité de notre globe se trouve un peu au sud de son centre de figure. Et comme le centre de gravité est en méme temps le centre d’attraction, la masse des eaux est «ainsi transportée sensiblement vers le sud.
Relativement à la distribution des terres et des mers à la surface du globe, un autre fait assez curieux, c’est que si, en prenant pour centre un point placé sur les côtes anglaises de la Manche, on trace un grand cercle sur la sphère, ce cercle comprendra presque tous les continents du globe, l'autre hémisphère n’étant guère couvert que par l'océan.
HAUTEUR MOYENNE DES CONTINENTS.—De Iumbolt
croyait que la h‘uteur moyenne de tous les continents, à part l'Afrique et l'Australie, était d'environ 1000
CSST ER
LR
PE ee ee ES 2 qe mr NS
pieds. Cette atlirmation reste encore vraie même si on l’étend aux deux continents insuflisamment connus de De Humbolt. Or les océans ont une surface 8 fois plus grande que celle des continents. Si done on transportait dans l’océan toute la masse continentale qui dépasse le niveau de la mer, on n’élèverait le fond de l’océan que de 375 pied: en faudrait 40 fois autant pour combler les dépr. ,ons océaniques. Et si on faisait disparaitre toutes les inégalités à la surface de notre terre, l'océan renferme assez d’eau pour couvrir alors le globe d’une couche liquide épaisse de 8000 à 9000 pieds.
Les continents en particulier n’out pas tous mème hauteur moyenne. La hauteur moyenne d’un continent est celle qu'on obtiendrait en distribuant régulièrement sur toute sa surface les masses des montawnes ou des plateaux qui le sillonnent, Voici la hauteur des differents continents: Europe 670 pieds, A mérique du nord 740, Amériqu: sud 1132, Asie 1150, Afrique probablement 1600 & ustralie peut-être 500.
Ce ne sont pas tunt les montagnes qui contribuent à augmenter la hauteur moyenne des continents que les plateaux, immenses surfaces élevées, pouvant jusqu'à un certain point être considérées comme d’autres continents par rapport aux plaines basses qui les entourent. Si on distribuait sur la surface de l’Europe toute la masse des Alpes, on n’augmenterait la hauteur du continent que de 22 pieds. Les Pyrénées ne le hausseraient que de 6 pieds.
PROFONDEUR DES OCÉANS.—Les océans sont conte.
nus dans de vastes dépressions dont la profondeur varie de 1000 à 30,000 pieds. La profondeur moyenne
‘me Si onnus 8 fois ne on entale e fond 10 fois y, Et la suru pour isse de
y mème n contit régu- monta-
la hau-
tre 500.
ribuent
nts que ant jus- ’autres les en-
hauteur
de l'ogéan est évaluée à environ 15,000 pieds. Celle de l'Atlantique nord-est de 12,000 pieds ot celle du Pacifique nord de 16,200. La profondeur dans un même océan vario quelquefois beaucoup centre deux endroits peu éloignés. Ainsi, au nord des Bermudes il y à un abime de 25,500 pieds, là où la profondeur moyenne de l'Atlantique n’est que de 12,000, La profondeur de l’Océan entre la Grande Brotagne et s Mn est presque partout moindre que 600 pieds, tiens jus a cs rue la
, graphique dont la profondeur varie de 6000 à 15,000 pieds.
Pour nous former une idée exacte des dépressions océaniques, supposons un moment que toute l'eau disparaisse de la surface de la terre. Alors apparaissent d'immenses cavités, larges do milliers de milles creuses de 10,000, peut-être de 50,000 pieds. Les con. tinents sont tous des plateaux entourés par un grand bassin trèi irrégulier, En partant des points les plus bas, 1 faut gravir des hauteurs de 5 milles pour atteindre le bords d2s continents actuels. Une seconde ascension de 5 milles nous conduirait au sommet des plus hautes montagnes. Tous nos continents sont complètement inhabitables à cause du froid des hautes régions où ils se trouvent ainsi transportés. Maintenant que la muin de Dieu nivelle ces rugosités en jetant sur notre globe une vaste plaine liquide. Les hauteurs sont comme abaissées de plus 4 ges Les climats ercessifs disparaissent, la surface pi re ana grâce À sa tespératnre,
ges qui se forment de l'océan pour fournir l'humidité aux végétaux e° alimenter los