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ARTICLE I

Distribution de la chaleur à la surface de la terre.

La chaleur est un agent si puissant, qu'un simple changement dans les climats peut amener des modifications géologiques très étendues. Voilà pourquoi nous dirons un mot de la distribution actuelle de la chaleur à la surface de la terre.

Le refroidissement de l'atmosphère à la surface de notre globe,qui devrait se faire régulièrement de l'équateur aux pôles, est loin de présenter l'uniformité qu'on pourrait attendre. L’inégale distribution des masses continentales, les courants océaniques : voilà les prin-

cipales causes qui détruisent cette régularité. Le Courant du Golfe, à lui seul, verse tous les ans dans les mers arctiques autant de chaleur qu’une surface de 1,560,000 milles carrés, placée à l’équateur, en reçoit annuellement du soleil. Cette quantité de chaleur, changée en travail, produirait 77,479,650,000,000,000,000 pieds-livres par jour. C’est plus que ne peuvent faire tous les courants aériens qui soufllent de l’équateur vers les pôles. La chaleur transportée ainsi par ce courant, serait suflisante pour faire couler un fleuve de plomb fondu dont le débit égalerait celui du Mississipi. Les lignes isothermes sont donc très irrégulières, surtout dans l’hémisphère nord, où elles s’infléchissent vers le pôle en approchant des côtes occidentales des continents, pour revenir vers le sud sur les côtes orientales.

VARIATIONS DANS LES CLIMATS.—Le soleil, en rechaùffant plus ou moins les différentes parties du globe, est un des principaux facteurs de la température d’un pays. Les quatre saisons n’ont pas toutes la même longueur. Actuellement la moitié de l’année qui correspond à l’été pour l'hémisphère nord est de huit jours plus longue que l’autre. Mais, grâce à la précession des équinoxes, au déplacement du grand axe de l'orbite terrestre, cette Aifférence de longueur, maintenant en faveur de l'été de l'hémisphère nord, se trouve transportée à l'hiver tous les 10,500 ans. Les variations d’excentricité de l'orbite terrestre causent aussi des variations dans la ’ongueur des saisons. Nous donnons ces différents décails pour faire entendre qu'il n’est pas impossible que, grâce à l’accumulation de ces effets, faibles en eux-mêmes, durant une

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Les Changements qui pourraient arriver dans Ja distribution relative des Continents et des raient une influence Considérable sur leg différents pays, Si l’on SUPposait, par exemple, que le plateau qui réunit l'Islande à l'Angleterre, et qui À Profondeur sous les Caux, s'élevât d’une manière sensible, ce Mouvement aurait pour effet d'arrêter le Courant du Golfe dans sa marcho vers les mers polaires, Celles-ci ne recevant plus de Chaleur du déhors, deviendraient de plus en plus froi. 88. La quantité de glace AUSmenterait à leur sur. face, la barrière de banquises, qui limite la mer libre au nord, se déplacerait vors le sud, et il n’est pas im-

Possible que le climat de toute l'Europe Septentrionale fût notablement refroidi.

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phère est refroidie ; le ciel des tropiques habituellement limpide est chargé de nuages, résultat nécessaire du refroidissement général; le soleil ne peut plus éclairer et réchauffer de ses rayons les quelques iles placées sous l’équateur.

Dans ces conditions le climat des régions équatoriales ressemblerait à celui de notre latitude, ot le géologue d’alors s'étonnerait de trouver, parmi Îles débris transportés par les banquises, des restes d’animaux, arrachés à nos contrées, indiquant une vie très développée là où il n’y aurait plus alors que d'immenses champs glacés.

Enfin, si l’on trausportait au pôle sud le reste des continents tropicaux, le climat de la terre serait tellement refroidi que Lyell doute qu’elle fût encore habitable,

Les changements se feraient en sens inverses, si les oscillations de la surface terrestre avaient pour effet

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de faire surgir des continents à l'équateur ct de placer aux pôles des mers libres d’une grande étendue,

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