‹ Elements de minéralogie et de géologie [microforme]Chapitre 75 sur 100 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

Volcans.

LEUR STRUCTURE, LES PRODUITS QU'ILS REJETTENT. —-Les volcans sont des montagnes dont le sommet est occupé par une immense ouverture en forme d’entonnoir, par laquelle s'échappent diverses matières gazeuses, liquides ou solides. L'activité des volcans est quelquefois continue, comme le Stromboli, mais lo plus souvent il y a des périodes d’éruption, séparécs par des époques de calme relatif. Cependant un vol-

Can, même g. 1214, ,

dans ces époques de c

älme, émet toujours centrale, des gaz et des Vapeurs, tant ‘qu'il: n'est Pas complète. ment éteint, erger los La di aus je dE, cile à dd. 4 dimension du atère ct que AueIOIS très grande, ché Ex cratèro du Mauna-Loa a 2} Milles de large, et be hits celui du Kilaua 3 Milles, Ce dernier est un immense Jence de lac de lave fondue dont la surface est de plusieurs | er us Centaines de pieds au-dessous des bords du cratère, | se faire à pente des cônes pe) un glo- 1 ‘abord à : il ent, ont ver mé- 14 rte que suce, ne peut Produire qu’ane di sirée Montagne à flancs très pou Inclinés, », g. Kilaua fig. ji obe ost 120, Au Contraire un Cône de SCorie ou de Cendres lé e laves, sera beaucoup Plus raide, », 9, le Cotopaxi. , | il phéno. L'origine des Volcans peut être déterminée par l’é. 14 rétrdhe tude de leur Structure, Quelquefois les couches de la '] Montagne ont été comme redressées, fig. 122, Mais ct Fig. 192 net est { enton- le plus souvent toute la masse volcanique est uniqueazeu- ment composée d'une suite de lits plus ou MOINS réns est Buliers, résultat de l'accumulation des matières liqui. ais lo des ou solides rejetées par les Volcans, fig, 123. Ce Jarécs

Sont des cônes de SCories, n vol-

Quant aux éjections volcaniques, elles sont gazeuses, liquides et solides. Les gaz sont surtout

Fig. 123.

de la vapeur d'eau en immense quantité, des gaz sulfureux, soit vapeur de soufre, soit acide sulfureux, de l'acide chlorhydrique et de l'acide carbonique, etc. La vapour d’eau prédomine d'une manière très marquée. JL est curieux que ces gaz sont ceux-là mêmes qui se formeraient par la réaction des eaux de la mer sur le calcaire impur chauffé à une haute température. La fumée et les flammes qu'on dit se produire durant les éruptions, ne sont que la vapeur d'eau et ies cendres volca: iques en susnension dans l'atmosphère et éclairées fortement par la lave fondue qui remplit le eraière. Il n’y a pas de flämme proprement dite dans les éruptions volcaniques,

Les matières liquides sont, surtout les larves, substances minérales fondues, qui s’échappent par les cratères volcaniques. Cette lave peut avoir deux états physiques différents, Elle peut être pâteuse, emprisonnant de nombreuses bulles de vapeur d'eau ct autres gaz, ce qui la rend poreuse et cellulaire une fois qu'elle est refroidie. Telle est la lave du Vésuve, Elle est aussi quelquefois très fluide, absolument comme du verre fondu, », 7, la lave du Kilaua,

sont gat surtout

s gaz sulsulfureux, 1ique, etc.

très mar- Jà mêmes de la mer tempéraproduire r d’eau ot s l’atmosbndue qui e propre-

| substans cratères ats phyprisonpt autres s qu'elle Elle est ime du

-qui ont pour effet de lancer en dehors du cratère, des

Considérée au point de vue de la composition chinique, la lave est essentiellement une pâte de Feldspath et d'Augite. Suivant que le premier ou le second de ces minéraux prédomine, la lave est acide ou basique. Les Trachytes, les Obsidiennes sont des exemples de laves acides : les Basaltes, lus Dolérites, des exemples de laves basiques.

Outre ces matières liquides et gazeuses, les volcans rejettent encore beaucoup de corps solides. Cela se voit surtout dans les volcans à lave pateuse, dont la la lave ne sort que péniblement à la suite d'explosions

quartiers de roches, des fragments de matière à demi fondue, et surtout une poussière minérale assez ténne, urrachée aux parois de la cheminée volcanique et désignée généralement sous le nom de cendre volcanique. Pompéi a été ensevelie sous une couche épaisse de cette cendre, lors de l'éruption du Vésuve, en l'an 79 de notre ère. A la même éruption, IHerculanum disparaissait sous une couche de lave. Cette éruption est encore restée célèbre parce qu'elle coûta l4 vie à Pline l’ancien, qui, s'étant approché trop près de la montagne, fut étouttfé par les vapeurs sulfareuses qui s'échappuient à flot du cratère.

Souvent la vapeur d'eau, qui sort du cratère en volume énorme pendant l'éruption, se condense et tombe en pluie torrentielle sur ies flancs de la montayne. Cette pluie délaye les cendres volcaniques, et la bouillie grise qui en résulte forme en se desséchant, une pierre poreuse qu'on appelle fuf volcanique. Les éruptions des volcans à lave pâteuse, comme le

RE PE ARS se — us - api LS" Are

Vésuve, s’annoncent longtemps d'avance, et sont souvent accompagnées de tremblements de terre. Celles des volcans à lave liquide le sont rarement. Ce sont des éruptions qu'on pourrait appeler silencieuses. Au Kilaua, il est arrivé plus d’une fois qu'on a été averti d’une éruption en voyant flamber les forêts du sommet de la montagne, incendiées par le passage du courant de lave, Dans les volcans très élevés, il est assez rare que la lave sorte par le sommet. Elle remplit peu à peu la cheminée volcanique. Une fois qu’elle a atteint un certain niveau, la pression hydrostatique exercée sur les parois de la cheminée est tellement forte que très souvent la montagne éclate, et le cratère se vide par une ouverture latérale. En 1852, un jet latéral se produisit ainsi sur ie Kilaua. Il avait plus de mille pieds de large, et s'élevait à 200 ou 300 pieds de hauteur. 11 durs trois jours. Ces ouvertures

latérales constituent comme de petits volcans parasites sur les flancs de Ia montagne ; on les désigne sous le nom de côxes adrentifs.

TBÉORIES DES VOLCANS.—On regardait autrefois les volcans comme les events, les soupapes de sûreté, par où s’échappait le trop plein du centre liquide. Ce que vous avons dit plus haut sur l’état probable de l’intérieur du globe, est suftisant pour faire voir le peu de consistance de cette théorie.

Plus tard,vint la théorie chimique, qui supposait au centre de la terre des substances oxydables, mais non oxydées, L'eau, en pénétrant jusqu’à elles, éprouvait une décomposition plus ou noins complète. De là, dégagemenc de gaz, développement de chaleur, et par suite tous les phénomènes volcaniques. L'existence

t sont soure. Celles , Ce sont euses. Au été averti s du somassage du vés, il est Elle rem- Une fois on hydros- > est tellelate, et le En 1852, , [l avait 00 ou 300 vertures ans para- : désigne

refois les reté, par Ce que le l’intépeu de

sait au ais non rouvait De là, et par istence

“side

de ces substances non oxydées à l'intérieur du sol, ’est pas prouvée, bien que cependant la découverte du fer natif dans certaines Dolérites du Groënland indique la présence de métaux à l’état métallique : l'intérieur du globe. L'absence de flammes dans les éruptions volcaniques, est une objection beaucoup plus sérieuse. L'eau par sa décomposition devrait donner de l'hydrogène qui produirait beaucoup de flammes à chaque éruption. ,

Parmi les théories les plus récentes, nous runs la théorie de John Lerschel, L'accamulation d'une masse considérable de sédiments au mème endroit, a pour effet de faire monter peu à peu, dans ces couches, la ligne de température invariable, Avec un dépôt de 40,000 pieds (et cette épaisseur se rencontre Là vent dans les formations weologir ues), les couches In: féricures seraient chauffées à 460° C. Grâce à la pré: sence de l'eau, cette température est plus que sufilisante pour produire la fusion aqueuse-ignée, et causer probablement l’éruption. Remarquons de plus que dans cette théorie, ce n’est pas l’eau qui descend pour etre soumise à la chaleur, c'est la chaleur qui monte et envahit peu à peu les sédiments humides.

Cette théorie a sans aucun doute une très grande valeur et explique parfaitement les éruptions QUE va cans à lave päteuse ou à demi fondue. Dans tous les cas il existe une relation qu'on ne peut nier entre Îles nhénomènes volcaniques et l’eau des océans. Les volcans sont toujours placés sur fe bord de la mer, les laves sont quelquefois imprégnées de chlorure de s0ätum; dans certaines éruptions de boue des volcans

ts "20 ()

de Java, des debris de poissons ont été lancés par le cratère.

Ajoutons encore que la force qui fait monter la lave dans la cheminée volcanique, est la force élastique de la vapeur d’eau, du moins pour les voleans à lave pâteuse. Il faut donc qu'il arrive à la racine du vol- Can une certaine quantité d'eau qui se réduit en vapeur surchauffée et ayant une énorme tension. Bien plus, cette eau peut se décomposer et amener des réactions chimiques d’une extrème violence, dont la chaleur contribue encore à fondre les roches de la montagwne.

La chaleur des volcans peut donc avoir une double origine: la chaleur primitive du globe qui existe ercore dans les couches profondes, et celle qui se développe par les réactions chimiques que nous venons d’énumérer, Ajoutons-en une troisième, les actions mécaniques, causées par le refroidissement du globe et la contraction générale qui en résulte. On admet généralement que le centre du globe se contracte plus vite que l'extérieur, il en résulte dans la croûte terrestre une tension très forte qui se manifeste par des pressions horizontales presque irrésistibles. D’après M. Msllet, l’écrasement des roches sous l'effet de ces pressions, développerait assez de chaleur pour expliquer les éruptions volcaniques.

ERUPTIONS IGNÉES NON VOLCANIQUES,.—On doit rapporter aux phénomènes volcaniques, ces masses, souvent considérables, rejetées sans éruption violente à travers les fissures du globe terrestre. Tels sont les dykes, et les nappes trappéennes ou basaltiques, qui se trouvent en différents endroits,

ncés par le

iter la lave lastique de ans à lave ine du volduit en vaion, Bien r des réacont la chade la mon-

une double existe er.ui se déve- US venons es actions t du globe On admet racte plus roûte tere par des D'après let de ces ur expli-

doit rap- “ses, SOUolente à sont les k, qui se

EN

Anricre IV.

Ph°nomènes volcaniques secondaires.

SOLFATARES ET FUMAROLLES.—Dans le voisinage den volcans, et quelquefois là où il n’y a pas de volcans, le sol laisse échapper des jets de vapeur d'i1 et de soufre, ainsi que quelques autres gaz. Ces endroits sont appelés solfatares. Le soufre se dépose en cristaux autour des ouvertures par où sort la vapeur et qu’on appelle fumarolles. L'alun, le plâtre se forment souvent dans les solfatares.

SOURCES THERMALES, GEYSERS.— Les sources thermales se rencontrent fréquemment. Leur température est loin d’être toujours la même. Les plus remarquables sont les sources jaillissantes appelées Geysers. Ces geysers ont des périodes de calme et d'éruption, se succédant à des intervalles merveilleusement réguliers. On prenait autrefois comme types de ces sources jaillissantes le Grand Geyser d'Islande, mais les plus beaux geysers du monde se trouvent dans Île National Park, vallée de la rivière Yellowstone, Wyoming.

Parmi ces geyscrs américains, les plus remarquables sont le “Géant,” qui lance une colonne d'eau de 6 pieds de diamètre à une hauteur de 200 pieds, l'éruption dure vingt minutes. La ‘“ KRuche,” dont le cratère a la forme d’une ruche d'abeille, lance une colonne d’eau de 3 pieds de diamètre à 219 pieds de hauteur. La ‘“ Géante,” colonne d'eau de 20 pieds de diamètre lancée à 60 pieds de hanteur, De cette masse liquide s'échappent cinq ou six jets qui montent à 250 pieds.

Page 1