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trésor parmi les reliques, et de là transporté à la bibliothèque en faveur des «gens de lettres. En 1269, le sacristain de S. Germain des Prés nomme dans «le catalogue des reliques confiées à sa garde le psautier de S. Germain. » Nous n’ajouterons rien à cette notice, si ce n'est que les lettres d'argent ont pris une teinte noirâtre et plombée comme dans la plupart des manuscrits où ce métal a été employé; mais la régularité des caractères supplée à lindécision des teintes de l'encre métallique, et la lecture de ce manuscrit ne présente guère d'autres difficultés que celles qui résultent de l'indistinction des mots.
IL. (PI. I, n° 2.) «Codex membranaceus, olim DD. de Noaïlles Franciæ «marescalli. Ibi continentur evangelia quatuor ad usum Caroli Calvi Francocrum regis et imperatoris : præmittuntur sancti Hieronymi prologus et Euse- «bit canones, cum ejusdem epistolà ad Carpianum fratrem; subjectum ver «capitulare evangeliorum per anni circulum recitandorum. Îs codex nono «sæculo exaratus videtur.» (Catal. de la Bibliothèque du Ror.) — Ce manuscrit, remarquable par l'élégance et la pureté des caractères, a près de huit pouces trois quarts de hauteur, sur un peu plus de six pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes et des lettres coloriées. La concordance des évangélistes est marquée en marge par des lettres abrégées ou conjointes. Une M onciale surmontée d'un T, qui souvent fait corps avec celle, sert ordinairement à indiquer les passages de S. Mathieu. Des caractères analogues désignent les trois autres évangélistes.
DHÉNPAAIE ns 3) ILE catalogue du Supplément latin ne désigne ce manus-
« pour probasli, verva pour verba, narravo pour nar- « rabo, vobes pour boves; le pour li :intellege pour «untellige, deluculo pour diluculo, delectum pour « dilectum, fortes pour Jortis, grales pour gralis ; « li pour le: sedis pour sedes, delisti pour delesli, «infilicitas pour infelicitas, omnis pour omnes, pin- «nas pour pennas; lo pour l'a : gressos pour gres- «sus, lalibolam pour lalibulum, laco pour lacu, utrocident pour trucident; Ya pour lo : cibus pour « cibos, salvus pour salvos , incula pour incola, sa- « cerdus poar sacerdos. L'écrivain n'emploie qu'un “u pour deux : manum pour manuum, equs pour «equus, iniqum pour iniquum. Il écrit par un seul «i les mots où il en faut deux : proiciamus , proi- «cientes, pour projiciamus, projicientes ; deiciant ,
« abiciet, subiciens, pour dejiciant , abjiciet, sub-
“Jiciens. On trouve dans ce psautier du milieu «du vr siècle : fili pour filü; inlumina, inrideant, « conlaudatio, gigans, apul ; conleruisli, pour con- «trivisti, et susum pour sursum. Trouve-t-on une «orthographe plus bizarre dans les diplômes des «vi et vi siècles ? Le P. Germon a pourtant osé « faire servir l'inconstance et la barbarie de lor- « thographe de ces temps-là au dessein qu'il avait «de rendre suspects ces monuments. Mais il s'est « déshonoré lui-même par les efforts qu'il a faits “ pour prouver que dans les manuscrits contem- « porains on observait une orthographe régulière « Cela n’a pas empêché le nouvel éditeur du P. « Daniel de renouveler une prétention si mal fon- « dée. » (Nouveau Trailé de Diplomatique, tome JT, page 163, note 1.
FAC-SIMILE. — NOTICES. 279 crit que par la note Evangelistarium. L'abbaye Saint-Germain des Prés possédait autrefois des évangiles dont les caractères, à en juger par les planches du Nouveau Traité de Diplomatique, étaient parfaitement semblables à ceux du volume qui existe aujourd’hui à la Bibliothèque du Roi. Nous avons reconnu toutefois que ce sont deux manuscrits différents; mais la conformité de l'écriture est tellement frappante qu'ils doivent avoir été copiés, non-seulement dans le même siècle et dans le même pays, mais probablement par le même écrivain. Les Bénédictins ont estimé le manuscrit de Saint-Germain du vi ou du 1x° siècle, c'est d'après leur autorité que nous assignons la même date aux évangiles que possède la Bibliothèque du Roi. On y trouve des vignettes d’un style barbare, et des lettres coloriées dans les endroits les plus importants. Les lettres initiales ordinaires sont en noir et entourées de points rouges. L'écrivain entourait également de points rouges les trous du parchemin. L’inspection du fac-sinule suffit pour prouver que ce manuscrit renferme des lettres de formes très-variées.
IV. (PL I, n° 4, 1° partie.) Le catalogue du Supplément latin ne désigne ce manuscrit que par le mot Vrgilius. Il renferme les œuvres de Virgile accompagnées d'une glose interlinéaire et marginale. Le texte et la glose sont de la même main, et présentent tous les caractères de l'écriture lombardique. Ce manuscrit paraît être du x° siècle. Il a un pied de hauteur sur huit pouces de largeur. Il serait difficile de trouver une écriture plus régulière et mieux conservée. C'est M. Champollion qui a bien voulu nous indiquer ce manuscrit remarquable.
V. (PL I, n° 4, 2° partie.) «Codex membranaceus, olim Tellerianus. Ibi «continentur : 1° Anonymi tractatus de arte grammaticà : desideratur ini- «tium; 2° Anonymi scholium de rythmis, etc... .; 3° Glossæ vocabulorum quo- <rundam latinorum. Is codex longobardicis characteribus sæculo, ut videtur, «octavo exaratus est. » ( Catal. de la Bibliothèque du Rorï.)—Quoique nous ayons emprunté fort peu de chose à ce manuscrit, cependant nous citerons ce qui en a été dit par les Bénédictins. Leur notice montrera que par un examen scrupuleux on arrive souvent à déterminer l’âge d'un manuscrit d’une manière positive. « La hauteur de ce manuscrit est de près de dix pouces et sa largeur «de sept. Le premier cahier manque. Les signatures sont en chiffres marqués «sur la première page de chaque cahier, ce qui se rencontre rarement dans «les anciens manuscrits. On trouve dans celui du Roi une table chronolo- «gique à douze colonnes. La 1° marque les années bissextiles; la 2° celles de
«l'incarnation ; la 3° l'indiction; la 4° les épactes; la 5° les concurrents; la «6° l'année du cycle lunaire; la 7° le commencement du carème; la 8° les «années communes et embolismiques; la 9° le quatorzième de la lune pas- «cale; la 10° les féries du quatorzième de la lune pascale; la 11° le dimanche «de Pâques; la 12° le jour de la lune auquel tombe ce dimanche. Cette table «fait l'année 787 bissextile. C'est l'année 788 selon l'Art de vérifier les dates. «La table, après avoir fait l'année 824 bissextile, met le bissexte en 827, puis «en 832. En 879 nulle épacte où l'Art de vérifier les dates marque 29. » (Nouveau Traité de Diplomatique, tome IT, page 76.) «Ce manuscrit renferme vers la «fin un petit écrit portant pour titre : Quotus sit annus ab incarnatione Domint, vavec plusieurs autres pièces concernant le comput. Il commence par l'an «DCCLXXVIIL. Les premiers cahiers paraissent un peu plus anciens que le « 38°, qui contient ce calcul. La même main continue sans aucun changement «jusqu’à DCCCXVI. Depuis DCCCXVIT inclusivement jusqu'en DCCCXXV, «aussi inclusivement, les I, Il, IL, IV, V ou VI derniers chiffres sont d'une «autre main. Ainsi ils ont été ajoutés après coup. D'où s'ensuit qu'on acheva
«d'écrire le manuscrit en 816.» {{bid. page 357.)
VI. (PI. 1, n° 4, 3° partie.) «S. Augustinus in Pentateuchum. IX sæculi. Ce manuscrit, d’une écriture irré-
«Figures. » (Catal. du fonds de S. Germain.) gulière, n'a fourni qu'un petit nombre d'additions à l'alphabet lombardique extrait du Virgile portant le n° 371 du Supplément latin.
VII. (Be I, n° À, 4° partie.) « Glossarium antiquissimum quod putatur An- «sileubi. 2 vol. in-folio maximo, VIII sæculi, litteris longobardicis. » (Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit a un pied neuf pouces de hauteur sur près de quatorze pouces de largeur. Les Bénédictins le placent au vim* ou au 1x° siècle. Nous serions porté à croire qu'il est plutôt du 1x°. En effet, l'écriture lombardique est souvent remplacée par une minuscule caroline dont la régularité ne saurait convenir au vin” siècle; et comme cette écriture occupe des feuillets entiers dans le corps de l'ouvrage, on ne peut supposer qu'ils ont été intercalés. Nous avons d’ailleurs remarqué, au moins dans un endroit, qu'un de ces feuillets est écrit d'un côté en lombardique et de l'autre en caroline; ce qui prouve que le travail de cette transcription immense avait été partagé entre deux écrivains, comme cela se pratiquait souvent pour les ouvrages de longue haleine. Il est inutile de dire que les lettres reproduites d'après ce manuscrit dans notre première planche sont empruntées à des feuillets d'écriture lombardique. On remarque dans ce manuscrit un grand
FAC-SIMILE. — NOTICES. 281 nombre de lettres grises, non-seulement pour les initiales des mots, mais encore pour des mots entiers auxquels l’auteur avait consacré dans son dictionnaire un article de quelque importance. Les Bénédictins font remarquer la substitution assez fréquente de l'e sans cédille à la diphthongue æ, etils en concluent avec raison qu’on a tort de signaler la suppression de cette diphthongue comme un caractère distinctif des écritures du xn° siècle et des siècles suivants. Voici ce qu'ils ajoutent dans une autre partie de leur ouvrage sur cet ancien dictionnaire : « D. Rivet ne dit rien autre chose de ce manuscrit sinon «que S. Isidore est le dernier auteur qu'on y trouve cité, et qu'il paraît plus «ancien que ceux dont il venait de parler, quoique tous du 1x° siècle, et même «de la fin du huitième. I fut donné en 1680 par M. Joli, chantre de la cathé- «drale de Paris, à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Une note postérieure «à sa donation porte que M. de Caseneuve, dans ses Origines, cite souvent «le glossaire d'Ansileubus, évêque goth, auteur peu connu. Sur les termes «armoiries, mouton, quai, les citations de ce Monsieur se rencontrent, dit-on, «dans le glossaire. D'où l’on conjecture que c'est son Ansileubus. Catel cite «aussi le glossaire d'Ansileubus ou d'Angileubus, qu'il avait copié sur un ma- «nuscrit de l'abbaye de Moissac. Mais les termes rapportés par cet auteur «prouvent que les manuscrits 12 et 13 de Saint-Germain en sont différents. «Quelques notes écrites dans le même glossaire, il y a plus de deux cents ans, «le donnent encore avec moins de fondement à Papias, puisque, suivant la «chronique d'Albéric, il florissait au milieu du xr° siècle. » (Nouveau Traité de Diplomatique, tome Il, pages 83 et 84.)
VIT. (PL I, n° 5.) « Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi conti- «nentur : 1° Paschasii Radberti, etc. ; 2° Idefonsi opusculum de azimo; 3° Ilde- « fonsi, episcopi Toletani, tractatus de perpetuà virginitate B. Mariæ Virginis : «præmittitur Gomesani presbyteri præfatio in eumdem tractatum; 4° Versi- «culi dicendi ante lectum episcopi : finis desideratur. Is codex sæculo nono excaratus videtur. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Le fac-simile a été extrait du manuscrit qui renferme les œuvres d'Ildefonse, c’est-à-dire de la seconde portion du volume portant le n° 2855. Ce manuscrit a sept pouces et demi de hauteur sur cinq pouces et demi de largeur. Le traité sur la sainte Vierge est écrit en caractères wisigothiques d'une admirable régularité. On y rencontre quelques lettres ornées. Les Bénédictins n’ont cité qu'un très-petit nombre de manuscrits wisigothiques, et leurs modèles ont été gravés presque tous d’après des fac-simile qu'ils avaient reçus d'Espagne. Cependant il était important de représenter un alphabet dont on pût garantir l'exactitude; c'est ce que nous
282 ÉLÉMENTS DE PALÉOGRAPHIE avons pu faire, grâce à l'obligeance de M. Guérard, qui a bien voulu nous indiquer ce curieux manuscrit.
IX. (PI. II, n° 1.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi continentur : «1° Aurelii Clementis Prudentü liber Cathemerinown; 2° Ejusdem apotheosis; «3° Ejusdem hamartigenia; 4° Ejusdem psychomachia; 5° Ejusdem ex libro CTEpt 6TEP&rey hymni quinque, primus martyribus Hemiterio et Chelidonio : «secundus B. Laurentio : tertius Eulaliæ virgini : quartus XVIIT martyribus «Cæsaraugustanis : quintus B. Vincentio; finis desideratur. Is codex sexto sæ- «culo videtur exaratus. » (Catal. de la Bibliothèque du Ror.}—L'estimation du catalogue imprimé de la Bibliothèque du Roi s'éloigne beaucoup du jugement porté par Mabiilon et adopté par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. «D. Mabillon juge ce précieux manuscrit au moins du 1° siècle, et par «conséquent du temps du poëte chrétien. Ce livre a un pied de hauteur et
«un demi-pouce de plus de largeur ".….. Il a 58 feuillets sous trois suites de
«signatures en chiffres, accompagnées de la lettre q. Il y en a d'abord six, «ensuite dix, enfin trois, plus six feuillets. Plusieurs feuilles manquent, etc. «Les signatures sont toujours au bas et au fond du manuscrit, comme dans «les plus anciens. C'est la variété des ouvrages qui les fait répéter. Car tout «est de la même main, si ce n'est trois feuillets à la fin en écriture onciale à «double trait, ronde et très-élégante ; le tout de vélin très-fin et souvent en- «dommagé par l'encre corrosive. Les titres des livres sont répétés au haut de
«chaque feuillet, si ce n'est ceux qui sont de la première suite des cahiers, «peut-être à cause que les pièces changent souvent. Les mauvaises lettres sont « corrigées ou effacées par un ou deux traits. Les mots expongés ont un point «sur chaque lettre. Quelquefois on ne laisse pas d'effacer ces lettres ou de les «barrer. Peu de fautes dans ce manuscrit, et encore viennent-elles des copistes. « L'orthographe est bonne. Nous n'appelons pas mauvaise orthographe b pour «p dans scripla, etc. Il ÿ a beaucoup de lettres liées, non-seulement à la fin, «mais encore dans le corps des poésies. On trouve même des Æ. Ces lettres «liées tendent souvent un peu à l'écriture onciale, mais non pas à la minus- «cule. Les lettres conjointes ne sont si fréquentes qu'à cause des vers qu'on «veut finir. On marque au haut de chaque pièce, en marge, de quelle sorte «de vers elle est composée, et pour cela on se sert d'écriture demi-onciale. «Enfin on voit en marge quelques S en forme de C. Il serait difficile de trou- «ver réunies autant de notes caractéristiques des plus anciens manuscrits. »
* IN paraît que les relieurs ont considérable- d'hui que onze pouces de hauteur sur neuf pouces
ment diminué ce manuscrit, qui n’a plus aujour- quatre lignes de largeur.
FAC-SIMILE. — NOTICES. 283 (Nouv. Traité de Diplomatique, tome III, pages 6o et 61.) Tout en adoptant l'opinion des auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, nous ne nous dissimulons pas qu'elle peut être controversée; mais comme le catalogue imprimé rajeunit en général les manuscrits sur l'âge desquels il peut exister quelques doutes, il ne faut pas s'étonner qu'il soit en dissentiment avec les Bénédictins sur l'appréciation d’un manuscrit qui remonte à un temps où les termes de comparaison deviennent si rares.
X. (PL. IT, n° 2.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le ütre de ce manuscrit, qui contient les œuvres de S. Cyprien. — Voici ce qu'en disent les Bénédictins : « Ce manuscrit a neuf pouces de haut et sept de large. «1 est composé de deux parties dont la première renferme les œuvres de S. Cy- «prien, et la seconde le psautier en grec eten latin; le tout, excepté quelques «titres, en onciale indistincte et à deux colonnes. D. de Montfaucon, dans une «notice écrite de sa main, estime la première partie d'environ le vu siècle, et «juge du vi‘ ou vu la seconde. Pour ne parler ici que du S. Cyprien, il nous « paraît être du 1v° ou v° siècle. Du moins en porte-t-il tous les caractères. Le « vélin en est extrêmement fin et d'une grande blancheur. Chaque page est «divisée en deux colonnes renfermées entre deux perpendiculaires. L'écriture «est très-indistincte. Les textes des livres saints sont marqués par des lignes «rentrantes en deçà des perpendiculaires. Dominus est ordinairement abrégé «par Dms, note de la plus haute antiquité. L'écriture a des déliés très-fins. «Ses lettres sont rondes, demi-détachées et demi-anguleuses. Les T ont pres- «que la forme de FT. Les M finales sont exprimées par 1 où t au bout de «la ligne. Le q veut dire que, et dmi est écrit pour dominr. Les titres et les ex- «plicit sont en lettres onciales rouges et noires alternativement. Les trois pre- «mières lignes des titres sont rouges et souvent plombées. Les cahiers portent «leur signature sur la dernière page, à un demi-pouce du fond, en lettres «onciales, sans aucun ornement. On ne trouve en lettres capitales que le nom «de Cecilu Cypriant dans les titres, encore quelquelois est-il en onciale mêlée de capitale, ou en pure onciale. Les Y sont sans points. Les F n'ont que comme deux points de traverse. Les T et les L sont presque comme des L. Nuls «points, sinon ceux qu'on a insérés après coup. Les moïtiés de mots d’une ligne
«sont généralement portées à l'autre. On ne remarque presque point de fautes « d'orthographe, ni d'abréviations, excepté quelques finales. Le mot Christ est «écrit XPI. En un mot, notre manuscrit de S.Cyprien n'en cède point aux évan- «giles de S. Eusèbe pour les caractères d’antiquité. » (Nouv. Traité. de Diplom. tome III, page 55.)
NPA ns") Codex membranaceus, olim Puteanus, et litteris uncia- «libus exaratus. Ibi continentur sancti Pauli epistolæ, ut et epistola ad «Hebræos. E regione adjuncta est interpretatio latina. Ex iüllo exemplari ctriginta quinque folia, nefario cujusdam scelere, aliquot abhinc annis avulsa «sunt, quæ comitis Oxoniensis Harleïi, suo in litteras amore celeberrimi, emunificentià in pristinas sedes redière. Huncce codicem doctissimus Bernar- «dus de Montfaucon, argumento è litterarum formà ducto, septimo sæculo «exaratum esse suspicatur. » (Catal. de la Bibl. du Roi.)—On lit en tête du manuscrit : «Ce volume, contenant trente-quatre feuillets arrachés ou coupés du « fameux et précieux manuscrit des épitres de S. Paul par l'apostat et le scélérat «Aymon, fut envoyé à M. l'abbé Bignon, au mois de... 1729, par milord «d'Oxford, seigneur anglois; il les avoit acheptés ou fait achepter du voleur « Haymon.» Les feuillets qui existent aujourd'hui portaient autrefois les numéros 146-150, 173 et 174, 178 et 179, 205 et 206, 332-338, 357 et 358, 384 et 385, 449-461. On les a depuis numérotés au crayon de 1 jusqu'à 34. Cette nouvelle pagination ne comprend pas l'ancien feuillet 149, au bas duquel on lit : « Feuillet renvoyé de Hollande par M. Stofell, mars 1720.» Voici ce que les Bénédictins disent de ce manuscrit : « Quoique D. Bernard de «Montfaucon ne l'ait mis qu’à la tête des manuscrits du vi siècle, il semble «qu'on peut, sans rien craindre, le placer au moins un siècle plus haut. Les «proportions et la netteté des caractères sont dignes des siècles les plus bril- «lants de l'empire. Le bon goût règne également dans le latin comme dans le «grec. Ces deux langues réunies annoncent un manuscrit fait en Occident, dans «des temps antérieurs au vi siècle, où la barbarie s'était déjà répandue de «toutes parts. Quand les esprits et les accents auraient été marqués de la pre- «mière main, ce ne serait pas une raison pour reculer si tard une écriture de «cette élégance. Mais ceux du manuscrit royal sont, non seulement d'une autre «main, mais elle paraît encore postérieure. C'est le sort de la plupart des ma- «nuscrits vraiment antiques. » (Nouv. Traité de Diplom. 1.1, p. 691 et 692). «Ce «manuscrit vient de l’ancien monastère de S. Irénée de Lyon. Scaliger, dans «une lettre de l'an 1601, écrite à Casaubon, se contente de lui donner une anctiquité vénérable. H parait du v° siècle ou vi au plus tard. Le texte, à deux «colonnes, est divisé par versets très-courts. Les premières lettres des alinéa «sortent de la perpendiculaire. Les mots ne sont point distingués, ni par des «espaces, ni par des points. On y voit des e pour des t et des { pour des d. Une «preuve de sa haute antiquité, c'est qu'on y met au nombre des livres canoni- «ques des ouvrages que l'église, dans la suite, n’a pas reconnus pour tels. C'est «ce qu'on voit à la page 168, dans la stichométrie dont.voici un extrait :
« Barnabae epist. ver. nacoz. (versus 850.) « Johannis revelatio 1cc. (1200.)
«Actus apostolorum unc. (2600.)
« Pastoris versi (versus ) Tu. (4000.) «Actus Pauli vers. mnrx. (3560.)
«Revelatio Petri aczxx. (270.)
« Ceux qui savent que le latin devint commun à Constantinople depuis que «Constantin y eut établi le siége de l'empire, et que le grec était en usage dans «les Gaules dès le temps de S. Irénée, doivent être embarrassés à décider si ces «deux exemplaires ont été écrits par des Grecs ou des Latins. M. Simon ne «balance pas à prononcer qu'ils n'ont pu être écrits par des Grecs. Les raisons «qu'il en donne ne sont rien moins que convaincantes. » (Ibid. tome III, pages 143 et 144.)— Les Bénédictins ajoutent, à la page 144 du même volume : « Les corrections grecques de différentes mains, et en caractères onciaux inusités «en Occident, avec la version latine, semblent prouver que ce manuscrit vient «de Grèce, et même qu'il y a été conservé au moins Jusqu'au 1x° siècle. » Les savants auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique avaient, comme on vient de le voir, énoncé dans leur premier volume une autre opinion sur l'origine de ce manuscrit; mais ils persistent à le classer parmi les monuments du v° ou du vi‘ siècle, malgré l'appréciation de D. Bernard de Montfaucon. Leur opinion se trouve exprimée de nouveau à la page 414 du III volume : « Ge manuscrit, «disent-ils, paraît de la fin du v°siècle. » S'ils n'avaient pas persisté dans leur sentiment d’une manière aussi positive, nous aurions dû nous borner à reproduire l'avis de D. Bernard de Montfaucon; mais après avoir soigneusement examiné ce précieux manuscrit, il nous a paru qu'en le reportant à la fin du v° siècle les Bénédictins n’en avaient pas exagéré l'antiquité. Leur sentiment se trouve encore confirmé par l'extrême finesse du vélin, qui est quelquefois, comme dans le S. Prudence, entièrement percé par l'action corrosive de l'encre. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur sur sept pouces et demi de
largeur.
XII. (PI. IT, n° 4.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le litre de ce manuscrit, qui contient les épigrammes de S. Prosper.— Voici ce qu'en disent les Bénédictins : «On trouve marqué sur ce manuscrit, qu'il est «de la Bibliothèque de Sédan, et plus bas : Ex dono Christophort J'astelli. Le nom « du lieu auquel ce manuscrit appartenait originairement a été gratté, en sorte «qu'il est très-difficile de le deviner. Nous croyons cependant y lire: Hic est
« liber Sancti Benedicti abbatis dicti Floriacensis monasterü. C'est sans doute un des livres pillés par les Calvinistes pendant les troubles de leur prétendue réforme. «Il n'a que neuf pouces de hauteur et sept de largeur. Il renferme 106 épi- «grammes de S. Prosper, une pièce en vers adressée à sa femme, et un ouvrage «en prose, à la fin duquel onlit : Explicit de seminatore verbi sermo pulcherrimus. «Ce sermon est de S. Augustin. Chaque épigramme de son disciple a deux «chiffres, tant dans la table que dans le corps du manuscrit. Le premier annonce «le nombre de l’épigramme, et le second, celui des vers qu'elle contient. Tous «les titres et lessommaires placés à la tête du livre, et appelés capitules, sonten «lettres capitales. Les deux dernières pièces n'y sont pas annoncées. On trouve «dans le S. Prosper du Roi, ammoneo pour admoneo, et autres expressions sem- «blables usitées dans les manuscrits des v° et vi‘ siècles. » (Nouv. Tr. de Dipl.