Les Bénédictins accompagnent des remarques
tome III, pages 5o et suivantes un fac-simile de ce manuscrit : « La seconde espèce d’onciale gallicane «élégante est à doubles traits, indistincte, et fait conjonction de lettres à la fin «des lignes. Telle la voit-on dans le S. Prosper de la Bibliothèque du Roi, ap- «partenant anciennement à celle de Fleury ou Saint-Benoît sur Loire. Dans les «six vers que nous donnons pour modèle, l'hexamètre est saillant, et le penta- «mètre rentrant, de la manière qu'on les écrit aujourd'hui. » {{bid. page 159.) Is font remarquer en outre « les lettres conjointes, FN avec le T et l'Æ; les «abréviations sem pour sanctum, et q pour que; le point quelquefois à la fin, «quoique fort rare; la barre horizontale pour ln; » enfin la diminution des lettres dans le dernier mot d’un vers. En résumé, ils fixent au commencement du vi° siècle l'âge de ce manuscrit.
XII. (PI. I, n° 5.) Quoique l'écriture de ce manuscrit soit parfaitement conservée, les marges du papyrus ont été endommagées par la vétusté. Mais le papyrus avait probablement la même dimension que le parchemin qui lui sert d'enveloppe, c'est-à-dire un pied de hauteur sur huit pouces un quart de largeur. Ce manuscrit vient d'être habilement restauré, et sera désormais préservé de toute altération. Les Bénédictins l'avaient jugé assez important pour en faire graver une page entière. Voy. la planche III du Nouveau Traité de Diplomatique, tome I, page 486. «Cette planche, disent-ils, est tirée d'un «manuscrit de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, manuscrit dont l'âge ne «saurait être reculé au delà du vi‘ siècle. Pour en garantir les cahiers, au- «tant de feuilles de parchemin les renferment. En ce genre, la France n'a rien «de plus précieux ni de mieux conservé. On jugera de la beauté des caractères «et de leur antiquité par les exemples que nous en publions. Nous en avons
“exprès laissé subsister les fautes; quoique les plus grossières, comme amittere «pour adnuttere, eussent été corrigées par une main postérieure. Les t pour les ve, les e pour les 1, lesn pour les /, dans les verbes composés, y sont ordinaires. «On y trouve l’a, l'æ et lemuni d’une cédille; mais le premier est plus fréquent cet l’e plus rare. Le point sur l'y estmarqué avec assez d’exactitude. » (Jbid. pages 487 et 488.) —Mabillon parle aussi de deux manuscrits de S. Augustin, dans lesquels on avait employé à la fois le parchemin et le papyrus. « Primum occurrit « Petavianæ bibliothecæ volumenin folio minori, varios sancti Augustini sermovnes complectens, novem quaternionibus constans : in quo integra etiam nunc «scriptura perdurat. Sic autem compactus est liber, ut papyraceis foliis mem- «branea intermista sint, ita ut primus quaternio intra bina folia membranea «contineat unum papyraceum : secundus quinque papyracea, tertius quatuor «intra duo folia itidem membranea : quartus septem papyracea geminis mem- « braneis inclusa : et sic pro portione de cæteris. Alterum est exemplar quod «quondam fuit ecclesiæ Narbonensis; nunc verd penes illustrissimam dominam «de Phimarcone asservatur. Continet hic codex quasdam Augustini epistolas, «tractatus item ac sermones nonnullos; constatque septem quinquennionibus, «à quibus ali avulsi ac distracti sunt. Quilibet quinquennio continet unum «folium membraneum , et quatuor papyraceos seu corticeos membraneo inclu- «sos; habentque singula folia in altum pollices sexdecim, in latum novem ‘«aut decem : omnia numero tria et sexaginta, quindecim videlicet membranea, « corticea vero quadraginta et octo. » (De re Diplomaticé, iber primus, cap. VIT, n° XI, pag. 35.) — En comparant le fac-sinule de Mabillon et celui des Bénédictins, on reconnaît que le manuscrit de la bibliothèque de M. Petau n'est probablement pas le même que celui qui appartenait, du temps des Bénédictins, à l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Dans le Saint-Augustin de M. Petau, le corps d'écriture est un peu plus fin, les lignes sont un peu plus longues et un peu plus écartées. Quant au manuscrit qui avait appartenu à l'église de Narbonne, et qui avait seize pouces de hauteur, on ne peut le confondre avec celui de Saint-Germain des Prés, qui parait n'avoir jamais eu plus d'un pied de haut. Il résulte de là qu'il était assez ordinaire d'employer simultanément le parchemin et le papyrus dans un même manuscrit.—En disant que l’âge de ce manuscrit ne saurait être reculé au dela du vi siècle, les Bénédictins semblent annoncer qu'il se rapproche plutôt du v° que du vi. Après avoir examiné cette écriture avec le plus grand soin, nous avons cru devoir nous écarter un peu de cette appréciation sans sortir toutefois des limites du vi° siècle.
XIV. (PI. I, n° 6.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement
| : le titre de ce manuscrit, qui renferme des lettres de S. Avit.—Les Bénédictins
accompagnent un fac-simile emprunté à ce manuscrit, des observations suivantes : « Remarquez l’e pour l'i et lo pour lu, comme dans les diplômes franco- «galliques. Si le P. Germon et ses partisans trouvent dans cette orthographe | «irrégulière de quoi rendre les chartes suspectes, c'est peut-être parce qu'ils | «n’ont jamais ouvert les manuscrits qui nous restent de la première race de | «nos rois. Dans l'original, les mots de la première ligne sont séparés par des «intervalles considérables, au lieu que la séparation des mots du texte est nulle l «ou fort peu sensible. On n’y aperçoit ni points ni virgules. » (Nouv. Tr. de Dipl. | tome IIT, page 423.) Plusieurs feuillets de ce manuscrit sont presque entié-
rement mutilés. Ce qu'il en reste aujourd'hui sera préservé de toute altération, | grâce au soin avec lequel on a restauré les débris de ce précieux monument. | Les feuillets devaient avoir au moins un pied de hauteur et autant de largeur.
En effet, l'écriture occupe un carré de dix pouces de côté. Les Bénédictins
pensent que ce manuscrit approche beaucoup du temps de S. Avit, mort en À (2)
25. Le sens de cette phrase n’est pas tellement précis que nous pensions F l F
ll nous écarter beaucoup de l'appréciation de ces savants auteurs en reculant ce manuscrit jusqu'à la fin du vr siècle.
XV. (PI. II en entier et PI. IV, n° 2,3 et 5.) « Fragmentum Apologetici | «Gregorii Nazianzeni pro tegumento assutum huic codici. Series Romanorum | «pontificum à $. Petro ad Vigilium, sub quo-hic codex scriptus est circa ann. one Concilium Parisiense de Castroduni episcopatu. » (Catal. du fonds de S. Germain.) — Ge précieux manuscrit est le plus ancien peut-être où l’on | rencontre, sinon une date certaine, du moins des éléments qui peuvent en tenir | lieu. Citons quelques observations présentées à cet égard par les auteurs du | Nouveau Traité de Diplomatique. « Cest la plus ancienne collection de canons | «qu'on connaisse. Elle nous vient de l'abbaye de Corbie. Ce précieux manuscrit | «est haut de dix pouces et demi et large de huit. Il est couvert de deux plan- «ches de cœur de chêne; mais on y a mis un dos de maroquin attaché avec | «des clous de cuivre. Cette réparation n’a pas un siècle, comme le prouve le «parchemin gothique moderne, et le papier même avec lequel les planches
«sont collées en dedans. À la tête est un cahier de l'Apologétique deS. Grégoire 1 «de Nazianze, qui peut être de la fin du 1x° siècle où du commencement du «suivant. Le second, qui est proprement le premier, commence par un cata- «logue de papes qui finit à Vigile, mortlan 555. Après Hormisda, la main et [A «l'encre changent; l’on se contente de marquer les années, sans faire mention «des mois ni des jours, et de plus, il y a un trait à la fin des jours de ce pape,
FAC-SIMILE. — NOTICES. 289 «qui marque que le catalogue est terminé. Tout ce manuscrit, selon la première «suite des signatures, est de la même main qu'on voit finir à Hormisda. D'où «l'on conclut que cette portion du manuscrit aura été écrite vers lan 524, peu «après la mort de ce pape. D. Mabillon veut que ce livre ait été écrit vers l'an « b4o. Les barbarismes et les solécismes n’y sont pas rares. Ce manuscrit passe « à des écritures de «différentes grandeurs et de diflérents genres : de la capitale «à l'onciale, de l’onciale à la demi-onciale, et de la demi-onciale à la minus- «cule, de la minuscule à la cursive, sans aucune règle. Il paraît qu'on écrivait «cette collection à mesure que l'on recouvrait les canons et les autres pièces «que l'on voulait y faire entrer. Aux feuillets 165 et 168 on trouve la date de «la 41° année du règne de nos seigneurs, c'est-à-dire de nos rois; ce quirépond à «l'an 573 indiction VI, comme le porte encore cette date. Les enfants de Clovis «firent la conquête de la Bourgogne en 532, ce qui donne la date de quarante «et une années, depuis cette conquête jusqu'au concile de Paris de 573. Mais «au lieu de XLT, il est plus naturel de lire XIT, ce qui cadre exactement avec «l’année du règne des enfants de Clotaire.» (Nouv. Traité de Dipl. tome IIT, pages 94 et 95.) « On trouve au feuillet 162 la lettre circulaire que Childebert «écrivit aux églises de ses états. Le ütre en onciale est alternativement rouge «et noir. Les mots regis nostri font voir que cette lettre a été transcrite dans le «manuscrit, du vivant de ce prince. Les autres preuves que ce manuscrit est «du vi siècle, au moins dans sa partie la plus considérable, ne permettent pas «de croire que ces mots aient passé du premier manuscrit dans les suivants. Au «feuillet 166, dans les signatures des évêques, on laisse un vide au dessous duquel «un prêtresigne pour l'évêque d'Orléans; puis on écrit en mérovingienne cur- «sive : Subscripta constitutio in basilicd: domni Petri, indictione supra scriptà, Pari- «stus. La basilique dont il s’agit ici est celle de l'ancien monastère de S. Pierre, «qui prit dans la suite le nom de S' Geneviève. La lettre des évêques au roi « Sigebert est en écriture onciale; mais lasalutation est en mérovingienne cur- «sive, et se termine ainsi: Annis multis gloriam regni vestri potentia divina cum «omni felicitate conservit, domne gloriosissime hac (ac) praecellentissime domne. Suivent «les signatures en onciale. Les salutations et les dates, en écriture mérovin- «gienne, prouvent que cette écriture, appelée barbare par le P. Germon, est «contemporaine à la plus belle onciale. Ces salutations et ces dates en cursive « pourraient faire soupçonner qu'on aurait dressé ces actes dans les conciles «mêmes, si de pareilles écritures ne se voyaient dans quelques lettres deS. Léon, «renfermées dans le même manuscrit.» ({bid. page 184.) —« Les signatures «manquent à la plupart des cahiers, parce que le relieur malavisé a coupé la «marge inférieure de trop près. Les points perçants sont au delà du texte
«renfermé par les perpendiculaires. Les alinéa excédent, et les horizontales «vont jusqu'au fond. L'y est sans point. Il y a beaucoup de notes de Tiron mal « faites et de corrections fort anciennes. Les lettres rouges ont été recouvertes «de métal. On a souvent récrit ou repassé la plume sur l'écriture, et comme «on ne l'a pas toujours fait fort exactement, cela la défigure quelquelois. Il a «plusieurs corrections qui paraissent du vn° ou du vin* siècle. Les omissions «rejetées au haut ou au bas de la marge portent à l'endroit 4 d, c'est-à-dire hic « dic ou dicitur, et en marge, Al, hic lege. F.K. signifie Fratres Karissim. Au feuillet «76, on voit au bas des pages des écritures presque indéchiffrables. Ces écri- «tures, avec quelques mots renversés qu'on trouve au feuillet 79, pourraient « faire douter si le vélin n'aurait pas servi à un manuscrit plus ancien. Mais il «paraît que ces écritures sont contemporaines à ce beau manuscrit du vi siècle. «Les capitules et les titres ne vont pas plus loin que le feuillet 92. Cependant «la même main continue jusqu'au feuillet 139. C'est qu'elle augmentait sa «collection à mesure qu'elle pouvait recouvrer quelques nouvelles pièces. «Il y en a de répétées, ce qui marque peu d'habileté dans l'écrivain. Au revers « du feuillet 139 finit l'écriture gallicane minusculo-cursive, et commence une «onciale anguleuse, où l'on voit de temps en temps des minuscules. On peut «croire que tout ce qui suit a été écrit à proportion qu'on a pu recouvrer les «actes des conciles. Le premier est celui de Clermont, de l'an 535. Comme «depuis la première main les cahiers n’ont que des signatures récentes, il se «pourrait faire que ces cahiers auraient été transposés. On pourrait même con- «jecturer qu'ils auraient appartenu à d'autres manuscrits, si les noms des «papes n'avaient pas été ajoutés de la seconde main. Nous n'entrons dans ces «détails que pour faire toucher au doigt les divers moyens dont on peut se «servir pour discerner l’âge des manuscrits. » (Ibid. pages 298 et 299.) Il résulte de ce qu'on vient de lire qu'indépendamment du cahier de l'Apologétique de S. Grégoire de Nazianze, qui a été relié en tête de ce manuscrit comme pour lui servir de garde, cette collection de canons se compose de deux parties bien distinctes. La première et la plus ancienne, qui s'arrête à la moitié du folio verso 139, doit être considérée comme ayant été écrite après la mort d'Hormisdas, et avant celle de S. Jean I”, son successeur, c'est-à-dire entre le 6 août 523 etle 18 mai 526. En effet, la liste de papes qui est en tête du manuscrit s'arrête à Hormisdas, en marquant la durée de son pontificat en années, en mois et en Jours. Vient ensuite une liste supplémentaire qui s'arrête à Vigile, mort en 555, et dans laquelle on ne fait mention n1 des mois, ni des jours. Or l'inspection du manuscrit prouve que les 139 premiers feuillets, et la première partie de cette liste de papes, sont de la même main. C’est à cette première
FAC-SIMILE. — NOTICES. 291 partie du manuscrit qu'ont été empruntés les trois premiers fac-simile de la planche IT. — Les Bénédictins pensent qu’on écrivait cette collection à mesure que l'on recouvrait les pièces que l'on voulait y faire entrer. D'un autre côté, ils avertissent que les cahiers de la seconde moitié du manuscrit peuvent avoir été transposés, attendu qu'ils ne portent que des signatures récentes. En effet, les dix-sept premiers cahiers portent seuls des signatures de la première main ; le XVIIF', dont les quatre premiers feuilletsseulement sont de la première main, n'a pas été signé comme les précédents, parce que l'écrivain plaçait cette marque au verso du dernier feuillet de chaque cahier; mais, puisqu'il a écrit les quatre premiers feuillets, ce cahier fait nécessairementsuite aux dix-sept premiers. Il en résulte que les écritures postérieures à 526 ne peuvent se trouver qu'à partir de la portion du XVIII-cahier où la main change, c'est-à-dire à partir de la seconde moitié du folio verso 139. Les feuillets qui complètent ce cahier portent les n°* 140, 141, 142 et 143. Les actes du concile de Clermont tenu en b35, et une liste des provinces des Gaules, ont été transcrits sur la seconde moitié du folio verso 1 39 et sur les trois feuillets suivants. Le folio recto 143 renferme un acte sans date, et que Bréquigny rapporte à l'année 588. (Eprstola Franci, Paul, etc.) Le verso de ce même feuillet est resté en blanc. Il en résulte que les cahiers suivants n'ont pas d'abord été écrits pour faire suite à la première partie du manuscrit. En effet, dans l'hypothèse contraire, on aurait continué la suite des actes sur le verso du feuillet 143. Quand on s'attache d’ailleurs au caractère de l'écriture, on reconnaît que le feuillet 143 n'offre pas plus de rapport avec celle du feuillet précédent qu'avec celle du feuillet suivant; ce feuillet a donc été écrit après coup. Passons à l'examen de la seconde moitié du manuscrit. 1° Après le feuillet 143 commence une nouvelle suite de cahiers qui s'arrête au feuillet 170, dont le verso est resté en blanc. 2° Les feuillets 171 à 178 forment un cahier isolé de ce qui précède et de ce qui suit: en effet, une portion du folio verso 178 est restée en blao.n 3° Du feuillet 179 au feuillet 22/4, la série des cahiers paraît établie dans un ordre rigoureux. 4° Vient enfin un dernier cahier d'une écriture onciale parfaitement régulière et qui n'offre aucun rapport avec les autres portions du manuscrit. La série des feuillets 143-170 renferme entre autres pièces les actes du concile de Paris tenu en 573. Les Bénédictins rapportent cette écriture à l’année même du concile. Cette portion du manuscrit a fourni le 5° et le 6° fac-simile de la planche I. Le cahier isolé, qui est composé des feuillets 171 à 178, a fourni le 4° facsimile de la planche III. Quand on compare l'écriture cursive qui se trouve à la fin des actes du concile d'Orléans, renfermés dans ce cahier, avec la date du concile de Paris reproduite sur la planche III, on ne balance pas à reconnaître
que le cahier du concile d'Orléans doit être antérieur; et comme ce concile | est de 549, il est probable que la transcription en a été faite au moment même. C'est par ce motif que le fac-simile pris sur le feuillet 172 a été placé avant ceux des feuillets 165 et 166. On a vu d’ailleurs que ces deux portions du manuscrit étaient indépendantes, et que par conséquent elles avaient pu être | transposées au moment de la reliure. La série des feuillets 179 à 224 a fourni | le 7° fac-simile de la planchelIl. Cette série est postérieure au cahier du concile d'Orléans, et les Bénédicüins l'ont jugée de la fin du vr° siècle. La disposition matérielle du manuscrit doit faire donner la même date au 2° fac-simile de la planche IV. Ce fac-simile est tiré du feuillet 170, qui complète le cahier du Il concile de Paris, et qui est par conséquent postérieur à 573.— L'âge de ce l manuscrit est encore prouvé par plusieurs notes ajoutées postérieurement. | L'une de ces notes est reproduite sous le n° 3 de la planche IV. Les Bénédictins | l'ont jugée du commencement du vu‘ siècle, et l'on ne peut leur reprocher d'en avoir exagéré l'antiquité. Enfin, des notes d’une autre main leur ont paru se rapporter au commencement du siècle suivant. De ce nombre est celle qui porte le n° 5 de la planche IV.— En résumé, ce volume renferme | des écritures dont la date peut être fixée approximativement ainsi qu'il suit : 1° de 523 à 526; 2° vers 549; 3° vers 573 ; 4° fin du vr° siècle; 5° {pour les notes) commencement du vu et du vin siècle.
Il XVI. (PL IV, n° 1.) «S. Augustinus de opere monachorum,.......... «Excerpta ex historià Josephi vr vel vi sæculi. » — {Catal. du fonds de S. Germain.) — Les Bénédictins s'accordent avec cette estimation du catalogue, du 14 | moins en ce qui concerne la portion du manuscrit qui renferme les ouvrages | : de S. Augustin, et à laquelle est emprunté le premier Jac-sinule de la planche IV. On trouve en outre dans ce manuscrit une écriture mérovingienne qu'ils estiment du vu’ siècle, et un fragment de S. Hilaire qu'ils font remonter au v° ou au vi. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur sur sept pouces trois quaris de largeur.
XVII. (PI. IV, n° 4.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi conti-
«nentur sancü Hieronymi Commentariorum in Jeremiam libri sex. Is codex cha- «racteribus franco-gallicis sæculo, ut videtur, nono exaratus est.» (Cataloque de la Bibliothèque du Roï.) — Les Bénédictins regardent ce manuscrit comme beaucoup plus ancien, et tous les caractères de l'écriture ne permettent guère de douter que leur appréciation ne soit préférable à celle du catalogue. «Ce «manuscrit, disent-ils, a sept pouces de largeur et dix de hauteur. Il vient ori-
FAC-SIMILE. — NOTICES. 293 «ginairement de l'ancienne abbaye de Mici ou S. Mesmin”. Il contient les « Commentaires de S. Jérôme sur Jérémie. Les textes du prophète sont marqués ven marge par deux petites s, comme des guillemets souvent verts, mais déteints. Ces deux lettres Ab, traversées par une ligne horizontale, marquent «le texte hébreu. Excepté le second cahier et les pages 100 et 110 ?, dans ce «manuscrit, tout est du même temps, mais non pas de la même main. La plus «ancienne de toutes les corrections est celle qui est en encre verte. Elle paraît « du temps même du manuscrit. Il y a quelques sommaires en notes de Tiron. «Plusieurs feuilles du parchemin sont très-fines, et d'autres assez grossières. «Le manuscrit semble être beaucoup plus ancien que l'abbé Pierre. Les solé- «cismes sont trop fréquents, et l'orthographe trop irrégulière pour supposer «ce manuscrit du n° siècle, ni même de la fin du vi°, sous Charlemagne. On «n'aurait pas de peine à le faire remonter jusqu'au vn*. Quoi qu'il en soit, il est «antérieur au renouvellement des lettres arrivé sous le règne de ce premier
‘empereur français. » (Nouv. Tr. de Dipl. tome TT, pages 103 et 104.) —«Il \ «a dans ce manuscrit une assez mauvaise orthographe, des e pour des r, des & «pour des d, des c pour des q, des p pour des b, et des b pour des p. L'intervalle «entre les motsest très-petit. [l yen a d'aussi grandsentrelessyllabes et les lettres, «et ces espaces ne sont que d’un quart de lettre. Les premières lignes, qui font le «commencement du premier livre sur Jérémie, ont été d'abord écrites en rouge; « maiscommeelless'étaienteffacces, elles ontété récritesavec de l'encre ordinaire, « le tout en onciale…... Les corrections de ce manuscrit sont souvent faites en grat- «tant de mauvaises lettres. I] arrive assez souvent que le premier texte vaut mieux «que la correction... H y a de temps en temps, à la fin des pages, une moitié «de mot qu'on ne veut pas porter à la page suivante : mais ce n'est pas une
L «C'est ce qu'on trouve marqué en diverses « manières, et surtout en lettres capitales rusti- « ques du n° siècle. En voici la disposition : Hic « est paraît sur la marge supérieure de la première « page, liber sur la seconde, Sci Maximini sur la « marge latérale extérieure de la première page, « Micia sur la marge inférieure de la même page, « censis sur la seconde inférieure, monasterti sur «la marge latérale extérieure de la seconde page «en remontant. On lit au haut de la première « page de tout le manuscrit: Liber Sci Maximini « relectus à Petro abbate. C'est-à-dire que l'abbé « Pierre l'a corrigé. Cette écriture semble du x° «ou même du xr siècle. Cet abbé vivait sous « Louis le Débonnaire, comme on peut le voir
« dans le Gallia Christiana. » (Nouv. Tr. de Dipl. tom. Ill, page 103, note 1.
2 «Ces pages peuvent appartenir au x° ou xX° “siècle. En effet, les lettres des alinéa ne sont «point pour la plupart dans le goût du 1x°. Ce- « pendant, comme il existe de l'écriture de ce «siècle semblable à celle-ci, elle pourrait absolu- «ment en être. Ce qui nous confirme dans cette «pensée, c'est qu'il y a des lignes et des demi- « pages dans le texte qu'on ne ferait pas de diffi- «culté de donner au 1x° siècle. Cette sorte de «petite minuscule est sans doute cette petite écri- «ture qui faisait hésiter D. Mabillon sur celles « des 1x°, x° et xr° siècles, à cause de leur ressem- « blance. » (Ibid. page 104, note 1.)
«réclame. Au feuillet 216, on trouve une page entière restée en blanc à «cause que l'encre a un peu pénétré le vélin, qui est d'une extrême finesse. » (Ibid. page 178.)—Les Bénédictins font remarquer en outre que les liaisons de lettres sont fréquentes, que presque tous les points sont de la main des correcteurs, et qu'on ne se sert point de lettres capitales au commencement des noms propres.
XVIIL. (PI. IV, n° 6.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi conti- «nentur : 1° Codicis Theodosiani libri sexdecim; etc. 4° Julii Pauli sententia- <rum lbri quinque; sed et hic solæ interpretationes Breviarii Aniani. Is codex coctavo sæculo videtur exaratus. »(Catal. de la Bibl. du Roi.) —« Quoique ce «livre, disent les Bénédictins, ait appartenu à la Bibliothèque du Roi dès le «temps de Charles IX, Claude Du Puis en a été possesseur. Il paraît du vmr «siècle, mais antérieur à Charlemagne. Il a dix pouces de hauteur et sept «de largeur. C'est plutôt l'interprétation que le code des lois, qui ne pacraissent que quand elles sont les mêmes que l'interprétation... Dans ce «manuscrit du roi, les mots sont le plus souvent séparés, mais il en est beau- «coup qui ne le sont pas, ou qui le sont où ils ne doivent pas l'être. Ce dernier carticle est fréquent et très-remarquable. Les barbarismes et les solécismes «sont fréquents. Quoiqu’on trouve assez souvent un reste de mot au bas des “pages, ce ne sont point de véritables réclames : ce n’est que pour ne pas «rejeter une moitié de mot à une autre page. Ceci est fort ordinaire dans les «anciens manuscrits... Les titres de ce manuscrit sont en rouge. La formule « Dat. est aussi communément écrite en vermillon. Sur les rubriques, il y a «un vernis métallique qui paraît avoir été de plomb; mais souvent il a dis-
«paru.» (Nouv. Tr. de Dipl. tome III, pages 76 et 77.)
XD PAIN 10 0er 10.) « Heures de Charlemagne, manuscrit du «vin siècle sur peau de vélin. » (Catal. de la Bibl. du Louvre.) — Ce manuscrit a onze pouces et demi de hauteur sur huit pouces de largeur. Il renferme seize cahiers de huit feuillets chacun. Les quinze premiers cahiers portent une signature qui est marquée au bas du verso du dernier feuillet, Cette signature consiste, comme à l'ordinaire, dans la lettre Q suivie des chiffres romains I, Il, III, etc. Le dernier cahier, quoique n'étant pas signé , est de la même date et de la même main que les précédents. En eflet, le recto et le verso du premier feuillet, et une partie du recto du feuillet suivant, renferment la fin du corps de l'ouvrage, qui est la collection des évangiles de l'année. C'est sur le folio recto 2 de ce cahier qu'a été pris le fac-simile n° 7,
FAC-SIMILE. — NOTICES. 295 dont les trois premières lignes sont en onciale et conformes à l'écriture de tous les cahiers précédents. Toutefois on rencontre quelques titres en capitale, mais dont les caractères sont de moindre dimension que ceux de la dernière ligne du fac-simile n° 7. Ces titres sont en argent, tandis que le corps du manuscrit est en or. Au folio verso 2 commence un calendrier qui dure jusqu'au folio recto 5. Le fac-simile reproduit quelques lignes de ce calendrier, qui sont tirées du folio recto 4. Vient ensuite une table chronologique composée de onze colonnes qui occupent le verso du 5° feuillet et le recto du feuillet suivant. On trouve dans cette table : 1° Les années de Jésus-Christ, 2° les indictions, 3° les épactes, 4° les concurrents, b° le jour de la semaine correspondant aux kalendes de janvier, 6° le quantième de la lune à la même date, 7° le cycle lunaire des juifs, 8° le commencement du carême, 9° le terme pascal, 10° le jour de Pâques, 11° enfin le quantième de la lune correspondant à cette fête. Une seconde table disposée de la même manière occupe le verso du 6° feuillet et le recto du feuillet suivant. La première commence à l'année 779 et se termine à l’année 797; la seconde, qui comprend les dix-neuf années suivantes, se termine en 816. Dans la première table, en regard de l'année 781, le chiffre XVI, qui indique l'âge de la lune correspondant au jour de Pâques, est souligné en or, et ce trait va rejoindre une note marginale reproduite dans la planche IV, sous le n° 9, et conçue dans les termes suivants : « In isto anno fuit domnus rex Karolus ad Sanctum Petrum «et baptizatus est filius ejus Pippinus à domno apostolico.» C'est en eflet le 14 avril 781, la veille de Pâques, que fut baptisé, sous le nom de Pepin, Carloman, fils de Charlemagne et d'Hildegarde; Sur le verso du 7° feuillet, et sur le recto du feuillet suivant, se trouve la pièce de vers qui a fourni le Jac-simile n° 10, et qui fixe d'une manière positive la date du manuscrit. x En effet, on y voit que l'écrivain, nommé Godescalc, a entrepris ce travail par l'ordre de Charlemagne et d'Hildegarde, et comme il prie le Tout-Puissant de conserver leur vie, il en résulte que cette pièce de vers, qui termine le manuscrit, est antérieure à la mort d'Hildegarde, arrivée le 30 avril 782. L'addition relative au baptême de Pepin ferait supposer que ce manuscrit n'était pas terminé le 14 avril 781; cette écriture appartient donc aux huit derniers mois de l'année 781, ou au commencement de l'année suivante. M. Barbier, bibliothécaire-adjoint au Louvre, a eu l'obligeance de nous communiquer une notice curieuse dans laquelle il a réuni plusieurs détails relatifs à l’histoire de ce manuscrit. On nous saura gré de rapporter un extrait de cette notice, bien qu'elle ait déjà été imprimée dans un ouvrage que MM. Ch. Nodier, Taylor et Alph. de Cailleux ont publié sous le titre de Woyages pitto-
resques et romantiques dans l'ancienne France. Qu'il nous soit permis, en profitant de cette bienveillante communication, d'exprimer tous nos remerciments à M. Barbier, qui réunit deux qualités également essentielles dans un bibliothécaire : l'obligeance et l'instruction. «Ge manuscrit, connu sous le nom de «Livre d'heures de Charlemagne, a été écrit vers 781, par ordre de l'empereur «Charlemagne et de limpératrice Hildegarde; il a été donné par ce prince «à l'abbaye de Saint-Sernin à Toulouse, lors du voyage qu'il fit dans cette «ville pour se rendre auprès de son fils Louis, alors roi d'Aquitaine. Ce vo- «lume est orné de miniatures très-précieuses par leur antiquité. Le texte est «à double colonne, sur un fond pourpré, avec bordure, et orné d’arabesques ctrès-riches et très-variées. Il a été conservé à l’abbaye de Saint-Sernin, «dans un étui d'argent massif, jusqu'en 1793. À cette époque, l'étui fut volé, et «le manuscrit fut enlevé, avec beaucoup d'autres monuments précieux, et jeté «dans un magasin où étaient les parchemins destinés à être détruits ou ven- «dus. C'est dans ces circonstances que M. le baron de Puymaurin écrivit la «lettre que nous allons reproduire, et, d'après ses observations, ce monument «admirable des arts du vi siècle fut réintégré dans la bibliothèque de la «ville, qui en fit hommage à Napoléon, à l'occasion de la naissance du Roi «de Rome. Ce précieux volume, un des plus importants de ce genre, et un «des plus remarquables, par l'incomparable beauté de sa conservation, de «ous ceux qui existent dans les bibliothèques de l'Europe, appartient à celle «du Roi au Louvre. La lettre suivante, dont nous avons déjà parlé, est atta- «chée à la garde :
Toulouse, le 24 germinal an II de la République française. « Citoyens,
« Ayant retrouvé les notes dont feu mon père avait placé une copie en tête «du rare manuscrit connu autrefois dans la sacristie des reliques de Saint- «Sernin, je vous les envoye afin que ‘si par le hasard ce manuscrit, un des « plus rares par sa conservation et sa date du vin siècle, avait été égaré, ces «notes puissent vous donner des indications nécessaires pour le retrouver.
« Salut et fraternité.
Signé, Casmmir-Marcassus PUYMAURIN.
«P. 5. Ce manuscrit a été fait en 780, et a par conséquent 1013 ans d’an- «tiquité. Ilest digne d'être conservé dans votre Muséum. »
On trouvera aussi quelques détails relatifs à ce manuscrit dans l'ouvrage intitulé : Histoire des comtes de Tolose , par M. Guillaume Catel. L'auteur de cet
ouvrage a publié presque en entier (page 169) la pièce de vers qui termine le manuscrit.
XX. (PI. V, n° 1.) «Canonum collectio Dionysiü Exigui qualis ab Ha- «driano I tradita est Carolo Magno. 805.» {Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit a près de quatorze pouces de hauteur sur plus de neuf pouces de largeur. Les titres sont en rouge; il en est de même de quelques lettres initiales qui, en outre, sont quelquefois entourées d'un filet noir. Les signatures sont exactement marquées au verso du dernier feuillet de chaque cahier par la lettre q suivie d'un nombre exprimé en chiffres. On voit par la disposition du Jac- simile que ce manuscrit est à deux colonnes. « Tempus scripti codicis «indicat clausula, nempe, anno xxxvIr regnante domno Karlo imp., id est anno «Christi pcccv. Huic- canonum collectioni præmittitur elogium ejusdem «Caroli Magni quale editum est apud Sirmundum in tomo secundo Galliæ «conciliorum.» {De re Diplomaticä , page 360.) La date citée par Mabillon est inscrite au verso du dernier feuillet du manuscrit. Pour donner un échantillon du style de l'époque, nous la rapportons en entier avec la prière qui la suit : « Facto hunc libro in anno xxxvir regnante domno Karlo imp. Tu homo Dei «qui hunc librum legitis, orate pro me indignum peccatore; sed habeatis Deum «omnipotentem protectorem. Deo gratias. Amen. Finit. »
XXI. (PI. V, n° 2.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. [bi continenctur Rabani Mauri de Institutione clericorum libri tres; primi capita duo «priora desiderantur : ad hujusce codicis calcem accedunt versiculi ex quibus «ipsum anno Christi 819 perfectum absolutum et exaratum fuisse conjiciass » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — L'aspect général de l'écriture, l'emploi simultané de V'N capitale et de l’a minuscule, l'indistinction fréquente des mots, doivent faire regarder comme authentique la date que renferme ce manuscrit. Les titres offrent souvent l'aspect d’un rouge terne, parce que cette couleur a été recouverte d'une encre métallique qui a disparu en partie, et qui a perdu tout son éclat. Ce manuscrit a huit pouces dix lignes de hauteur sur six pouces quatre lignes de largeur.
XXI. (PL V, n° 3.) Ce manuscrit a près de dix pouces de hauteur sur sept pouces trois quarts de largeur. La couverture est ornée de sculptures en ivoire fixées par un encadrement en argent. C'est un missel qui paraît avoir appartenu à Drogon, fils naturel de Charlemagne et archevêque de Metz. On
trouve, à la fin du manuscrit, une pièce de vers latins dans laquelle sont énumérés les noms des prélats qui ont successivement occupé le siége de Metz.
Jam nunc tricenus pastorque octavus, herili . Auxilio fultus, trahit ad pia pascua vitæ Angelrammus oves ; quo tempore maximus armis Rex Carolus, sensu formâque animoque decorus, Ttaliæ accepit Christi de munere sceptrum.
Quos simul Excelsi, Stephano poscente beato, Protegat atque regat felices dextra per æyum.
Toutefois, on ne peut faire remonter l’âge de ce manuscrit au delà du temps de Drogon. En effet, les vers qu'on vient de citer sont suivis d'une liste, dont le titre est ainsi conçu. « Subter adnexi Kalendarum dies pandunt «qualiter præscripti pontifices Christi migraverint ad Christum.» Cette liste, qui semblerait ne devoir comprendre que les prélats nommés dans la pièce de vers qui la précède, ajoute, après le nom d'Angelramnus, celui de son successeur, Gundulfus, en indiquant le vu° des ides de septembre pour le jour de sa mort; et comme le nom de Gundulfus est écrit de la même main que la pièce de vers et la partie antérieure de la liste, on peut tout au plus présumer que la pièce de vers existait dans un manuscrit plus ancien, et qu'en la recopiant, on aura complété la liste des évêques par l'addition du nom de Gundulfus. Après le nom de Gundulfus, vient celui de Drogon, qui se distingue de tous les autres par une écriture onciale tracée en encre d'or. Cette circonstance suffirait pour établir que ce missel a été copié pour Drogon. Mais, ce qui doit lever toute espèce de doute à cet égard, c'est que la liste des évêques de Metz a été continuée par une main évidemment plus récente. D'ailleurs, quand même on ne voudrait pas tenir compte des formes de l'écriture, il suffirait de remarquer que la teinte de l'encre n’est plus la même, et que les lettres initiales des noms propres sont en rouge, au lieu d'être en or comme dans la première partie de la liste. Ces observations réunies, permettent d'affirmer que ce manuscrit a été copié dans l'intervalle qui sépare l'avénement et la mort de Drogon, c'està-dire de 823 à 855. — L'emploi de l'or dans les titres de ce manuscrit, la pureté des caractères, la belle qualité du vélin, l'ivoire sculpté qui orne la couverture, tout concourt à placer ce beau livre au rang des monuments les plus précieux du 1x° siècle.
XXIIL (PI V, n° 4.)«Sermo de glorià sancti Petri apostoli…..…… S. Au- «gustini de Doctrinà Christianà libri IV. Libro primo hujus operis preæfi-
FAC-SIMILE. — NOTICES. 299 «guntur versus Angilberti abbatis, qui hunc librum offert Ludovico regi; «item ali in fine de codem argumento. 1 vol. in-4° vel., 1x sæculi.» (Catal. du fonds de S. Germain.) — Get article du catalogue se trouve justifié par le passage suivant de Mabillon : «Complectitur hic codex Augustini libros de « Doctrinâ Christian, quos Angilbertus, abbas Corbeiensis, obtulit Ludovico «et Carolomanno regibus Francorum, filiis Ludovici Balbi, ut fusiüs ostendi «in Analactorum tomo secundo, ubi integros Angilberti versus exhibui. » (De re Diplomaticé, page 364.) —Comme Louis, fils de Louis le Bègue, n'a régné que de 879 à 882, la date de ce manuscrit se trouve fixée d'une manière tout à fait précise. [1 a près de neuf pouces trois quarts de hauteur sur six pouces un quart de largeur. Les titres offrent, en général, l'aspect d'un noir terne, parce que le vernis métallique qui les recouvre a perdu son éclat et cache presque entièrement la couleur rouge sur laquelle il a été appliqué.
XXIV. (PL VI, n° 1.) «Bible latine, achetée en 1757 pour la Sorbonne «par l'abbé Ladvocat. Elle forme un volume grand in-folio, dont l'écriture est «d’une beauté parfaite. Les capitales sont grandes et peintes de diflérentes «couleurs. Celle qui commence chaque livre est enclavée dans une vignette. « En tête des évangiles de S. Mathieu, S. Luc et S. Jean, on voit des vignettes «peintes sur un fond d'or et qui représentent chacun de ces évangélistes. On trouve, à la marge du volume, quelques notes écrites de la même main que «le corps de l'ouvrage, et qui ont souvent pour objet l'explication des mots
grecs. Îl està remarquer que, dans ce manuscrit, l'ordre des livres de la Bible n'est pas le même que dans les éditions. Le IV* livre des Rois est suivi immé- «diatement du prophète Isaïe. Ensuite viennent les grands et les petits pro-
phètes, à l'exception de Baruch, qui manque entièrement. On trouve ensuite
le livre de Job, les Psaumes, les livres Sapientiaux, les Paralipomènes,
Esdras, Tobie, Judith, Esther, les Machabées. Les Évangiles sont précédés des canons d'Eusèbe. A la fin de celui de S. Jean, on trouve une table de
toutes les leçons des évangiles qui se récitent aux différentes fêtes de l'année.
Les Actes des apôtres sont suivis des Epîtres canoniques. Ensuite vient l’Apo- I ]
calypse, puis les EÉpitres de S. Paul aux Romains, aux Corinthiens, aux
Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens et aux Colossiens. Ce manuscrit
est imparfait en plusieurs endroits. Il manque, au commencement, le pro-
logue de S. Jérôme sur l'Ancien Testament, et les trois premiers chapitres de 8 k
la Genèse... Rien n'indique d'une manière fixe l'époque à laquelle a été
copié ce manuscrit. Nous apprenons seulement, par des vers placés en tête «de la Genèse, qu'il a été copié par un nommé Degyxw, sans doute Grec de
«nation, par les ordres de l'abbé Odilon. Dans d'autres vers, l'écrivain souhaite «une longue vie et toutes sortes de prospérités au roi Charles. Je ne connais «d'autre abbé Odilon que celui qui fut créé abbé de Cluny l'an 994. D'après «cela, le roi dont il est question ici ne pourrait être que Charles de Lorraine «qui disputa le trône de France à Hugues-Capet, et mourut, suivant quelques «auteurs, en 992 ; suivant d'autres, en 994. Ce rapprochement nous donnerait «l'époque précise de la copie de notre bible. Mais on peut objecter : 1° qu'il cest peu croyable que dans l’abbaye de Cluny, qui faisait partie de la Bour- «gogne et qui dépendait de Henri, frère de Hugues-Capet, on eût osé recon- «naître Charles pour roi; 2° que le caractère de notre bible est, à coup sûr, «plus ancien que Fépoque de Charles de Lorraine, et qu'il ressemble parfaite- «ment à celui de la belle bible de Colbert, présentée à Charles le Chauve. «IL est donc probable que notre manuscrit a été copié par l'ordre d'un autre «Odilon, dont l’histoire ne parle pas.» (Catal. du fonds de Sorbonne.) — Il résulte de la citation qui précède que ce manuscrit a été composé pendant le règne de l’un des princes qui ont porté le nom de Charles. Nous ne pensons pas cependant qu'on puisse le faire remonter jusqu’au temps de Charles le Chauve. Mais il a paru que l’on pouvait concilier les données historiques, et celles que fournissent les caractères mêmes de l'écriture, en fixant l’âge de ce manuscrit au premier quart du x° siècle, période qui correspond au règne de Charles le Simple, détrôné en 923. Cette bible a près de quatorze pouces de largeur sur dix-huit pouces et demi de hauteur. Elle est écrite sur deux colonnes, en caractères plus grands que ceux du fac-simile, dont les quatre premières lignes représentent un sommaire des chapitres. L'écriture des sommaires, quoique plus fine, n'offre d'ailleurs aucune différence pour la forme des lettres.
XXV. (PL VI, n° 2.) «Sacramentale S. Gregorii ante annum 986 scriptum, « jubente Ratoldo abbate Corbeiensi. » (Catal. du fonds de S. Germain.)—On lit dans Mabillon (De re Diplomatica, p. 366) : « Ratoldi vocatur hic codex Gregoriani «sacramentarii, propterea quod Ratoldi jussu descriptus est. Fuit autem Ra- «toldus abbas Corbeïensis ; qui anno pcacezxxxv1 vivere desiit. Insertum est huic «codici kalendarium, in quo Ratoldi obitus idibus martii signatur disticho hic «expresso. » Le fac-simile de Mabillon reproduit ce distique, qui est ainsi conçu :
Abbatis domni stat mentio sacra Ratoldi, Istum qui fecit scribere quippe librum.
Mabillon fait remarquer que l'æ est rendu tantôt par l'e à cédille, tantôt par la et l'e séparés ou réunis. — Ce manuscrit a un pied de hauteur sur neuf
pouces trois quarts de largeur. Il est écrit avec une élégance remarquable. Quant à l’âge du manuscrit, il ne peut être fixé qu'approximativement. Heribaldus, prédécesseur de Ratold, était abbé de Corbie en 945; mais on ne connaît pas la date de sa mort.
XXVI. (PI. VI, n° 3.) «Recueil de canons des apôtres, des conciles et de «décrets des papes, divisé en douze livres. Cet ouvrage, dont l'auteur ne se «nomme pas, est adressé à l'archevêque Anselme. Ce manuscrit, dont l'écriture «est d’une grande beauté, a été achevé de copier, l'an 1009, par Rodolf, «d'après les ordres de Heimon, évêque de Verdun, regnante Henrico in regno « Lotharit, c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Henri IL. » (Catal. du fonds de Sorbonne.) —Ce manuscrit a près de quinze pouces de hauteur sur onze et demi de largeur. On trouve souvent dans les titres un grand nombre de lettres enclavées et conjointes. On voit, d'après le fac-simile, qu'il est écrit sur deux colonnes.
XXVIL. (PL. VI, n° 4.) «Remnüi Fannii tractatus metricus de ponderibus «et mensuris
… Genealogia regum Franciæ usque ad Henricum I deducta……. «Cyclus S. Hieronymi. x1 sæc.» (Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit présente, en effet, tous les caractères des écritures du xI° siècle. Mabillon pense qu'il a été composé sous le règne de Henri l°, qui est le dernier nommé dans une généalogie des rois de France transcrite sur le folio verso 110. Il résulte du fragment reproduit dans le fac-simile que cette généalogie a été composée dans l'intervalle qui sépare le sacre de Henri [* et son avénement définitif, c'est-à-dire de 1027 à 1031. En eflet, son avénement n'est constaté que par une addition postérieure, écrite d'une autre main vers l'an 1060. Ce manuscrit a près de treize pouces de hauteur sur neuf pouces et demi de largeur.
XXVIIL (PL VI, n° 5.) «Codex membranaceus, olim Carmelitarum Pa- «risiensium. Ibi continentur : 1° Sancti Hieronymi ad Eustochium epistola «de Virginitate servandàâ, etc... ; 18° Vita sanctæ Marcellæ: authore Hie- «ronymo. Is codex anno 1114 exaratus est. » (Catal. de la Bibl. du Ror.) —La date de 1114 est marquée à la fin du manuscrit, en capitales grecques semblables à celles du mot amen, qui commence la première ligne du fac-simile. Ce manuscrit a neuf pouces et demi de hauteur sur six pouces et demi de largeur.
XXIX. (PI. VI, n° 6.) «Codex membranaceus, quo continentur : 1° Sancti «Augustini sermo in dominicà sextà post Pentecosten, etc... 49° Sancti
«Auguslini sermo de eodem argumento. Is codex anno Domini 1138 exa- «ratus dicitur. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — La date de 1138 se trouve à la dernière page, en onciales coloriées : «Anno Domini mexxxv explicit liber «sermonum. » Ce manuscrit a treize pouces et demi de hauteur sur huit pouces trois quarts de largeur. L'écriture en est aussi régulière que bien conservée.
XXX. (PI. VI, n°7.) «Codex membranaceus, olim Mazarinæus. Ibi conti- «netur diurnale vetus; præfixæ preces, cum calendario in quo mentio fit de «duplici Toloni destructione, alia anno 1178, alia anno 1196. Is codex duo- «decimo sæculo exaratus videtur, » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — Si l'on ne consultait que le texte de la double addition relative aux deux destructions de Toulon, on devrait se borner à dire que le manuscrit est antérieur à 1196. En effet, on lit : prima destructio, secunda destractio , ete. ; mais la ligne où se trouve mentionnée la première destruction de Toulon porte les traces d’une note plus ancienne qui, après avoir été ajoutée au texte du calendrier vers 1178, aura été modifiée en 1196 par l'addition du mot prima. Les caractères de l'écriture qui règne dans le corps du livre viennent d’ailleurs confirmer cette supposition. Ce manuscrit a près de six pouces trois quarts de hauteur et un peu plus de
quatre pouces et demi de largeur.
XXXI. (PL VII, n° 1.) «Codex membranaceus, olim Sancti Martialis «Lemovicénsis. 1bi continentur: 1° De vità contemplativä libri tres, etc «9° Officium sancti Johannis Baptistæ; ad cujus calcem hæc reperias : Anno
«1209 fecit me ligare Bernardus Lier, armarius, et quatuor quaterniones ultimos , «qui antea non erant, adjunæit. Hujusce codicis pars prior sæculo decimo, «altera decimo tertio videtur exarata. » {Catal. de la Bibl. du Roi.) — Indépendamment de la note curieuse qui fixe la date à laquelle ce manuscrit a été relié, on trouve au bas du verso 261, auquel est emprunté le Jac-simile, la mention suivante : Hanc paginam scripsit Bernardus Ltert anno MCCI ab incarnatione Domain. Cette page renferme différentes notes séparées entre elles par des lignes irrégulières qui leur servent d'encadrement.
XXXIL. (PI. VIT, n° 2.) « Copia plurium epistolarum quorumdam paparum et “aliorum ad eos. Petrus Abelardus in Topica Aristotelis. 1 vol. in-folio vel. , XII cet xiv sæcul. » (Catal. du fonds de S. Victor.) — Dans l'introduction qui précède les ouvrages inédits d’Abélard, M. Cousin donne une notice détaillée de ce manuscrit (voyez pages xvm et suivantes). Il annonce que cet ouvrage ren-
ferme «au lieu de gloses séparées sur diverses parties de da Logique d'Aristote,
«un traité de logique parfaitement régulier et méthodique, où l'auteur parle en “son nom et pour son propre compte, mais en s'appuyant sur Aristote et sur « Boëce, et en adoptant les formes et les titres des principaux écrits dont se com- «pose l'Organum. » La portion du manuscrit qui renferme les œuvres d'Abélard nous à paru remonter au commencement du xnr' siècle. Elle est remplie d'abréviations qui présentent souvent de grandes diMicultés. Quelquelois aussi l'écrivain ne se contente pas d'abréger les mots, mais il désigne par des sigles les membres de phrases qui ont été employés précédemment. C'est ce que l'on peut remarquer dans la vingtième ligne du fac-simile. Ce manuscrit a un peu plus de dix pouces de hauteur et près de sept pouces de largeur.
XXXIII. (PI. VII, n° 3, 4 et 5.) « S. Augustini regula..….. Petri Abelardi de «dialecticà Hbri. Commentarius in psalmos. 1 vol. in-4° vel., x1r et xi1 sæcul. » (Catal. du fonds de S. Germain.) — Dans l'introduction qui précède les ouvrages inédits d'Abélard, M. Cousin donne une notice détaillée de ce manuscrit; (voyez pages x et suivantes). Les fac-simile 3, 4 et 5 sont tous empruntés à la portion du manuscrit qui renferme les œuvres d’Abélard, copiées par différents écrivains vers le commencement du x siècle. On y trouve, comme dans le manuscrit précédent, un grand nombre d'abréviations qui présentent souvent de graves difficultés. L'écriture reproduite par le fac-stmile n° 5 est d'une telle finesse, que l’on trouverait difficilement un modèle plus pénible à déchiffrer; d'autant plus que l'encre est d’une pâleur extrême. On voit que le fac-simile n° devrait commencer par un D majuscule qui n’a pas été exécuté. Ces lacunes, qui sont fréquentes dans les manuscrits, prouvent que l'écrivain du texte n'était pas toujours chargé de l'exécution des lettres initiales, lors même qu'elles ne devaient pas recevoir des ornements extraordinaires. Ce manuscrit a près de huit pouces un quart de hauteur sur cinq pouces un quart de largeur. Il est en général écrit sur deux colonnes.
XXXIV. (PL. VIT, fac-simile a.) « Codex membranaceus, olim Colbertinus. « bi continentur: 1° Anonymi tractatus de abaco, sive arithmeticä. . . 8° Chro- «nici Sigeberti Gemmeticensis fragmentum , etc. Hujusce codicis pars decimo, «pars decimo tertio, nonnulla decimo quarto sæculo, videntur exarata. » (Catal. de la Bibl. du Ror.) — C'est dans ce manuscrit {folio 2) que se trouvent les chiffres arabes les plus anciens que l'on connaisse à la Bibliothèque du Roi. La portion du manuscrit qui les renferme remonte au moins au commencement du xu° siècle. La première ligne du Jac-simile reproduit une série de chiffres séparés du texte, et marqués sur la marge supérieure du folio 2; les autres
chiffres sont dans le texte même. La série des chiffres de la marge ne présente que neuf caractères ; tandis que celle qui est dans le texte fournit deux signes pour chacun des chiffres 4, 5 et 6 :nous avons supprimé ceux qui ne présentaient pas de différences essentielles. On ne trouvera donc pas dans le fac-simile a le 8 de la seconde série ni le double caractère du 5 et du 6. Il est bon de faire observer que ces signes ne reparaissent plus dans la suite du traité d’arithmétique au commencement duquel ils sont cités. Le manuscrit 7193 a dix pouces de hauteur sur près de six pouces et demi de largeur.
XXXV. (PL. VII, fac-simile b.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. «Ibi continentur: 1° Anonymi tractatus algorismi de fractiontbus, sive metho- «dus calculandi minutias: præmittitur calendarium.….… 10° Formulæ colla- «tionum ecclesiasticarum. Is codex partim decimo quarto, partim decimo «quinto sæculo exaratus videtur. » (Gatal. de la Bibl. du Ror.) — Nous ne pensons pas qu'on doive admettre, au moins pour la première partie du manuscrit, l'appréciation du Catalogue de la Bibliothèque du Roï. En effet, on trouve au folio 25 une note postérieure au manuscrit, et qui est datée de l'an 1271. Cette note est relative à la consécration d’un cierge pascal. Elle fixe la date de cette cérémonie en indiquant l’année du monde, et l'année correspondante de lincarnation, de la passion, de la naissance de Philippe, roi des Français, de son règne, etc. Tous ces calculs se rapportent à l'an 1271. On trouve à la même page une note qui a été ajoutée par un autre écrivain en 1281. Les chiffres arabes empruntés à cette première partie du manuscrit remontent donc à la seconde moitié du xm° siècle. Le calendrier qui est en tête renferme aussi une addition d'une autre main, mais postérieure à celles qui viennent d'être citées. Cette note, écrite en regard du 14 du mois de mai, annonce qu'à cette date et en l'année 1333 a eu lieu une éclipse de soleil qui a commencé au premier coup des vêpres et qui a duré trois heures. Ce manuscrit a dix pouces et demi de hauteur et un peu plus de sept pouces de largeur.
XXXVI. (PL VII, fac-sinule c.) « Codex membranaceus, quo continentur «nomina stellarum secundüm longitudines et latitudines ab Henrico Selder «Tornaci verificatarum annis 1340 et 1367. Is codex sæculo decimo quarto «videtur exaratus. » ( Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit a neuf pouces et demi de hauteur et plus de huit pouces de largeur. Une main postérieure à inscrit des calculs astronomiques pour l’année 1420, à la suite de ceux du manuscrit primitif, qui appartient à la dernière moitié du x1v° siècle.
FAC-SIMILE. — NOTICES. 305 XXXVIL (PL VIT, fac-simile d.) «Codex chartaceus, olim Colbertinus. «Ibi continentur : 1° Descriptio instrumenti cujusdam astronomici, quod Sa- «phea vocatur: authore Joanne de Lineriis; accedunt ejusdem canones. «2° Turketi tractatus, qui horizon dicitur, editus à magistro Francone de «Poloniä; sive liber de nominibus partium instrumenti astronomici, quod di- «citur Turketus, et de ejusdem utilitatibus. 3° Opus cujus is est titulus: libri «duo de motibus planetarum per instrumenta manualiter mota: hujusce ope- «ris initio hæc antiquâ manu annotata reperias : Magister Henricus Arnault, «medicus Alemannus de Zuvolis, qui olim Divione domicilium eleqit, superiorem litcteram scripsit, et hunc librum suo labore compilavit, clarus scientié horologtorun ; «qu in œde beat Stephant Divionensis sepultus medià navi, plurimüum laudis sibt «reliquit anio 1460... Is codex sæculo decimo quinto exaratus videtur. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) —N résulte de la notice précédente que les deux livres sur les mouvements des planètes sont antérieurs à 1460; on trouve en outre dans le corps de l'ouvrage la preuve qu'ils sont postérieurs à 1427. Les chiffres empruntés à cette portion du volume appartiennent donc au second quart du xy° siècle. Le manuscrit 7295 a onze pouces de hauteur et près de huit pouces de largeur.
XXXVIII. (PI. VII, n° 6.) « Codex membranaceus, olim Mazarinæus. [bi «continetur Petri Rigæ, aliàs Petri de Rigâ, cantoris Remensis, Aurora, sive « historiæ veteris et novi Testamenti versibus redditæ. Is codex anno 1232 excaratus est. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — La date de 1232 se trouve à la fin de l'ouvrage. Ce manuscrit a huit pouces un quart de hauteur sur cinq pouces et demi de largeur. Il est remarquable par l'élégance de l'écriture. Les titres sont en rouge, et les grandes lettres sont alternativement en bleu avec ornements rouges, et en rouge avec ornements bleus.
XXXIX. (PI. VIT, n° 7.) « Le roman de Troyes. » (Catal. de l'Ancien fonds français.) —On lit sur la garde de ce manuscrit: « Romans de Troie composé par « Benoies de Seinte More ou Beneois de Seinte More d'après Dares le Phrygien cet Dictys de Crete. On trouve dans plusieurs vignettes de ce manuscrit l'aigle «impérial à deux testes d'argent. Le pere Menestrier observe, dans son Traité «de l'origine des armoiries, qu’il est difficile de marquer précisément le temps «et l'occasion de ces deux testes. Ce manuscrit donne une date: il est écrit «l'an 1264.» Cette date qui se trouve au dernier feuillet, est ainsi conçue: «Cist romanz fut escriz an l'an nostre Seignor mil et dos cenz et sexante et «IT anz o mois de may.» Ce manuscrit a neuf pouces de hauteur et six pouces
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un quart de largeur. On y trouve des vignettes et des lettres initiales dorées et coloriées; mais tous ces ornements sont grossiéremerit exécutés.
XL. (PI. VII, n° 8.) «Codex membranaceus, olim DD. de Noailles, Fran-
«ciæ marescalli. Ibi continentur : 1° Alani Insulensis liber de Planctu naturæ,
vprosâ et carmine, contra Sodomiæ crimen. 2° Ejusdem Anticlaudianus. Is
| «codex anno 1274 exaratus est. » { Catal. de la Bibl. du Ror.) — Le volume por-
ll tant le n° 3517 renferme deux manuscrits d'inégale grandeur. Le premier
| des deux ouvrages est celui auquel le fac-simile a été emprunté. Il se compose
| de vingt-neuf feuillets qui ont huit pouces un quart de hauteur et près de
six pouces de largeur. La date est marquée sur le feuillet 29 et ainsi con-
çue : «Explicit liber Alani de planctu nature actus anno Domini MCCLXX cquarto, anno indictionis secundo, primo kalendas junii. »
XLI. (PI VIT, 9.) «Codex membranaceus, olim Philiberti de la Mare. «Ibi continetur summa sermonum magistri Guidonis Lugdunensis de or- «dine Prædicatorum, quam scripsit Haimo de Megneio, curatus de Mericurià, «anno Domini 1283.»(Catal. de la Bibl. du Ror.) — Ce manuscrit se compose de cent neuf feuillets, qui ont huit pouces de hauteur et près de six pouces un
quart de largeur. C'est sur le dernier feuillet que la date est marquée. L'é- | criture est disposée sur deux colonnes; elle est remplie d'abréviations et manque d'ailleurs de régularité. On remarque dans ce volume, comme dans beaucoup d'autres manuscrits du même temps, la succession alternative de la couleur bleue accompagnée d'ornements rouges, et de la couleur rouge accompagnée d’ornements bleus, dans les grandes lettres qui sont en tête de chaque paragraphe.
pl. XLIL. (PI. VIIL) « La guerre des Albigeoïs en vers provençaux. Manuscrit in- | «finiment précieux, rare et curieux. Il est du x1v° siècle , écrit en lettres de forme, à | «longues lignes, et il contient cent vingt feuillets dont treize ornés de figures Îl «dessinées au simple trait. . . . Willielm ou Guillaume de Tudela, auteur de ce «roman, qui comprend la guerre des Albigeoïis jusqu'au siége de Toulouse par « Louis, fils de Philippe-Auguste, en 1219, nous apprend, aux 203° vers et sui- «vants, qu'il le commença en mai 1210 à Montalba (Montauban, ville de France | «dans le Quercy, bâtie en 1144 par Alphonse comte de. Toulouse), et il dit | «qu'il devrait en être bien payé, comme le sont les jongleurs que l'on com- «ble de présents en chevaux et en habits. » (Cataloque des livres de la Bibliothèque de feu M. le duc de la Vallière. Première partie, tome second, pages 161
et 170.) Le savant auteur de ce catalogue avait remarqué à la fin du manuscrit une note, en caractères cursifs, dans laquelle le copiste se félicite d’avoir terminé sa tâche. Mais il existe une autre note qui a presque entièrement disparu, et qui est relative à un prêt d'argent fait en 1335 au propriétaire du manuscrit. Cette copie est donc antérieure à 1335. D'ailleurs, si on en compare l'écriture avec celle du premier Jac-simile de la plancheIX,, on verra qu'elles offrent à peu près les mêmes caractères ; et comme ce Jac-simile reproduit une écriture de l'an 1304, on peut faire remonter le manuscrit du fonds la Vallière aux dernières années du xin° siècle, ou pour le moins aux premicres années du siècle suivant. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur et près de sept pouces de largeur; il est écrit avec une régularité remarquable. Les dessins qui ornent quelques-unes des pages ne manquent ni de pureté ni d'élégance. La planche VIT reproduit celui qui se trouve en tête de la page 81. Quoique ces dessins ne soient qu'au simple trait, l'emploi des couleurs n'a pas été complétement négligé dans ce manuscrit, On a pris soin, par exemple, de colorier tout ce qui est marqué en points dans la planche VIIT, c'est-à-dire la lettre initiale, les traits ondulés tracés à la fin de chaque vers et les crochets placés de distance en distance au commencement des lignes. Ces crochets, ainsi que les traits qui terminent les lignes, sont alternativement rouges et bleus. La collection des Documents relatifs à l'histoire de France s'est enrichie récemment, grâce à M. Fauriel, du texte et de la traduction de ce curieux manuscrit . Les personnes qui ne sont pas familiarisées avec la langue romane nous sauront gré de leur faciliter, par une citation empruntée à cet ouvrage remarquable, l'intelligence du fragment reproduit dans le fac-simile de la planche VII.
«Quand la cour du seigneur Pape, vrai chef de la religion, —est com- «plète, grande est la rumeur {qui s'y élève). — Là fut tenu le conseil et l’as-
«semblée — des prélats de l'église, qui avaient tous été convoqués ; — des car-
«dinaux et des évêques, des abbés et des prieurs, — des comtes et vicomtes de
«maint pays.— Le comte de Toulouse y assista avec son fils, avec ce bel «et bon (infant),— qui d'Angleterre est arrivé avec de jeunes compagnons, «— ayant traversé en France maints endroits périlleux, — bien et secrète- «ment guidé par Arnaud Topina. — Il est arrivé à Rome, la ville des choses «sacrées ; — le Pape a voulu qu'il füt réconcilié {avec l'église), — car jamais «de mère ne naquit garçon plus gracieux, — plus adroit, plus sage et de
1 M. Fauriel donne dans son introduction des chronique ne doit pas être attribuée à Guillaume détails fort circonstanciés sur ce manuscrit. Il de Tudela, mais à un jongleur habitant de Touprouve aussi (pages XVII et XXVII) que cette louse ou des environs.
Rs
«plus gentilles façons, —sans parler de son lignage, le plus noble qui soit «ou qui ait été, — en France, en Angleterre, (ou dans le pays) du comte « Alphonse. — Là fut aussi le comte de Foix, le preux et l'avenant. — | Le «comte de Toulouse et son fils) se jettent à genoux devant le Pape, — rede- «mandant les terres qui furent (celles) de leurs pères. — Le Pape considère «l'infant et son air ;—il connaît sa noble race, il sait les torts — de l'église et «du clergé, ennemis (du comte), —et il a le cœur si troublé de pitié et de «souci, — qu'il en soupire et en pleure de ses deux yeux. — Mais il n'y a là «ni droit, ni foi, ni raison qui servent aux (deux) comtes; — si ce n'est que «le Pape, qui est sage et prudent, — devant toute la cour, et en présence des
«barons, etc. ...»
Quoiqu'il nous appartienne moins qu'à personne de proposer une rectification dans un texte de langue romane publié par M. Fauriel, cependant nous serions tentés de croire que le premier vers pourrait être considéré comme indépendant du second, etque par conséquent il formerait à lui seul un sens complet. Les mots del senhor apostoli, au lieu de se rapporter au mot cortz, se rattacheraient au mot concilis, et l'on traduirait : «Quand la cour est com- «plète, grande est la rumeur, (qui sy élève). Là fut tenu le conseil du sei- «gneur pape, vrai chef de la religion, et l'assemblée des prélats, etc.» C'est d’après cette hypothèse que nous avons proposé pour ces deux vers une ponctuation qui ne cadre pas avec le sens adopté par M. Fauriel.
XLII. (PL IX, n° 1.) « Mazar. Le code en viel françois. » (Catal. de l'Ancien fonds français.) —Ce manuscrit a près de dix pouces et demi de hauteur et près de huit pouces de largeur. Les titres des principales divisions sont en rouge. Chaque cahier est exactement marqué d’une signature; mais les feuillets n’en sont pas numérotés. Le fac-simile qui est en tête de la planche IX reproduit la date de ce manuscrit, qui a été copié en 1304.
XLIV. (PI. IX, n° 2.) « Fiefs de la seigneurie de Plancy. 1 vol. in-4°, vél., «1823, original. » (Catal. du Supplément français.) —Ge manuscrit a neuf pouces trois quarts de hauteur sur sept pouces de largeur. Il renferme quelques écritures antérieures à 1323; mais la date indiquée par le catalogue est celle de la portion du manuscrit à laquelle a été emprunté le deuxième fac-stmile
de la planche IX.
XLV. (PL IX, n° 3.) « Codex membranaceus, quo continentur statuta sy- «nodalia ecclesiæ Sancti Flori : sequuntur statuta synodi provincialis sub Ful-
FAC-SIMILE. — NOTICES. 309 «crando, Bituricensi archiepiscopo, anno 1326 habitæ. Is codex anno 1342 «exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a sept pouces de hauteur sur quatre pouces de largeur. I est rempli d'abréviations qui en rendent la lecture souvent très-difficile; plusieurs feuillets sont d’ailleurs traversés par l'encre, dont les teintes sont quelquefois trop affaiblies pour se distinguer nettement. À certains endroits du manuscrit, ces teintes présentent un reflet verdâtre.
XLVI. {PL IX, n° 4.) «Codex membranaceus, olim Faurianus. Ibi conti- «netur missale secundüm usum cathedralis ecclesiæ sancti Stephani Lemovi- «censis. Is codex anno Christi 1359 exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) —Ce manuscrit a douze pouces et demi de hauteur sur huit pouces trois quarts de largeur. L'ordre des pages est marqué par des chiffres romains peints en rouge. Le folio 1 était précédé d'un calendrier dont il ne reste que quatre feuillets comprenant les huit derniers mois. Cette mutilation n’est pas la seule qu'on ait fait subir à ce manuscrit. En tête de la première colonne du texte on a coupé une lettre initiale qui était sans doute dorée ou coloriée: c'est au commencement de cette colonne que se trouve la date. On à également coupé les marges de plusieurs feuillets. Le copiste a varié, selon l'usage, la dimension des caractères pour mieux indiquer les divisions du texte. C’est par le même motif que certains mots sont peints en rouge.
XLVIL (PL. IX, n° 5.) « Le Miroir du monde, composé par un frère pré- «cheur, à la requête du roi de France Philippe. Nora. C'est sous un autre «titre la Somme le Roi, par Laurent Dubois, avec quelques différences dans « l'ordre des matières. Traité des profits spirituels des tribulations. 1 vol. in-4?, «vél., 1373. Lett. gr. miniat. » (Catal. du Suppl. français.) — Le Traité des profits spirituels commence au folio 161; le Miroir du monde se termine au folio 160, et c'est sur ce feuillet qu'est marquée la date reproduite sur la planche IX. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur et près de sept pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes remarquables, précédées d'une explication écrite en encre rouge. Les titres sont peints avec la même couleur, mais on a employé l'or pour orner la lettre initiale placée en tête de chaque division de l'ouvrage. Les cahiers portent au lieu de signatures des réclames encadrées dans des ornements tracés à la plume. Ce livre est écrit sur deux colonnes, qui sont espacées comme sur le fac-simile.
XLVIIL (PI IX, n° 6.) «Mazar. Le roman de Boece de consolation. » (Ca-
tal. de l'Ancien fonds français.) — Ce manuscrit a dix pouces de hauteur et près de sept pouces et demi de largeur. Il était destiné à recevoir des ornements qui n'ont été exécutés qu'à la première page, en sorte que les lettres initiales des divisions les plus importantes sont restées en blanc. Les cahiers portent des réclames au lieu de signatures. Cette traduction a été copiée en 1397, comme le prouve la date reproduite sur la planche IX.
XLIX. (PI. X, n° 1.) «Ouvrage tripartite de Jean Gerson. Brieve maniere «de confession pour jones gens. 1 vol. in-8°, vél., 1404. (Catal. du Supplément français.) — Ce manuscrit a cinq pouces trois quarts de hauteur sur quatre pouces de largeur. Il a été copié avec soin et régularité. La date est marquée au bas du verso du dernier feuillet.
L. (PI. X, n° 2.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi continetur «Breviarium ad usum ecclesiæ Meldensis. Is codex anno 1412 exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Ro.) — Ce manuscrit a quatre pouces de hauteur et environ trois pouces de largeur. La date se trouve placée à la fin du bréviaire; elle est suivie de quelques feuillets qui ont été écrits postérieurement. L'écriture de ce bréviaire est d’une extrême finesse et remplie d'abréviations. Ce qui ajoute encore à la difficulté du déchiffrement, c'est que le vélin est souvent traversé par l'encre.
LI. (PI. X, n° 3.) « Codex membranaceus, olim Colbertinus. [bi continetur «Pontificale ecclesiæ Autissiodorensis. Is codex Laurent, ejusdem urbis epi- «scopi, jussu anno 1436 exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Ror.) — Ce manuscrit a sept pouces un quart de hauteur sur cinq pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes remarquables par l'éclat du coloris et la pureté du dessin. L'écriture est très-régulière et parfaitement conservée. Les pages sont réglées en rouge pâle. Le copiste a numéroté chaque feuillet en chiffres romains sur le verso, mais ces chiffres ont été rognés en partie par un relieur qui a mutilé le manuscrit pour le dorer sur tranche.
LIT. (PI. X, n° 4.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi contine- «tur Breviarium Ruthenense : non pauca initio desiderantur. Is codex anno «1458 exaratus est. » {Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a cinq pouces et demi de hauteur sur trois pouces trois quarts de largeur. Il est écrit sur deux colonnes. Le copiste a numéroté chaque feuillet sur le verso en chiffres romains. La finesse de l'écriture et la multiplicité des abréviations
FAC-SIMILE. — NOTICES. all rendent souvent très-difficile la lecture de ce manuscrit. On doit s'attendre d'ailleurs à retrouver, les mêmes difficultés dans un grand nombre de bréviaires, où les copistes s’attachaient à renfermer beaucoup de matière dans un espace fort resserré. C'est surtout dans des manuscrits de cette espèce que l'emploi de l'encre rouge pour certains mots sert à éviter la confusion. Ainsi, la quatrième ligne, qui est incomplète dans la troisième colonne du fac-simile, se trouve remplie en entier sur le manuscrit; mais le mot Theronimi qui la termine, au lieu de faire suite au commencement de la ligne, se rattache au mot omelia qui se trouve à la fin de la ligne précédente. La relation de ces deux mots frappe de suite le lecteur, parce qu'ils sont écrits en rouge; comme cette différence de teinte ne devait pas être reproduite sur le fac-simile, on s'est abstenu de reproduire le commencement de la ligne.
LIT. (PL. X, n° 5.) « Codex membranaceus, quo continetur Breviarium ad «usum ecclesiæ Parisiensis : præmittuntur rubricæ et calendarium. Is codex «anno 1/72 exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a près de six pouces et demi de hauteur sur quatre pouces et demi de largeur. 1 renferme quelques grandes lettres dorées et colorites avec autant de goût que de richesse; un des feuillets présente aussi un encadrement remarquable; mais si des ornements de ce genre se rencontrent souvent dans les manuscrits, il serait difficile de trouver une écriture qui réunit à la fois autant de netteté, de finesse et d'élégance. Le copiste a réussi à produire des effets remarquables avec des combinaisons extrêmement simples. On peut citer par exemple les litanies des saints : toutes les lignes commencent par des S capitales peintes alternativement en bleu et en rouge, puis elles se terminent par des traits enluminés des mêmes couleurs. Il était difficile de répandre plus d'éclat et de variété par le mélange de ces deux teintes. Aussi l'artiste a-t-il eu grand soin de faire connaître son nom dans plusieurs parties du manuscrit. On lit au bas du folio verso 178 : « Explicit psalterium per me Johannem Spine Cori- «sopitensis diocesis. » On trouve une note du même genre au verso 415 : « Ex- «plicit hoc totum; pro Christo da michi potum. Anno millesimo cccc° Lxxrr° «per Johannem Spine. » Le nom de Jean de l'Épine se retrouve encore dans une note qui suit immédiatement celle-ci et qui nous apprend que ce livre, terminé le 23 juin 1472, a été exécuté pour maître Guillaume Goardet, du diocèse de Cornouaille. Enfin on trouve au bas du folio 198 quatre lignes en bas breton où le nom de l’auteur se trouve encore rappelé.
LIV. (PI. X, n° 6.) « La vie et mystère de S. Vincent, en vers et par per-
«sonnages. 1 vol. in-folio, papier, 1476.» (Catal. du Supplément français.) —Ce manuscrit a neuf pouces trois quarts de hauteur sur sept pouces et demi de largeur. L'écriture n'est pas disposée sur deux colonnes comme sur le facsimile. La date est exprimée au dernier feuillet dans une espèce de visa par lequel on permet de représenter ce mystère à Lyon.
LV. (PI. X, n°7.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ïbi continetur «missale Melodunense, duobus voluminibus constans : Is codex anno 1489 «exaratus est. » (Catal. de la Bibl. du Roï.) — Ce manuscrit a près de treize pouces trois quarts de hauteur sur neuf pouces un quart de largeur. Les lignes s'appuientsur des raies rouges, et les colonnes sont séparées par des perpendiculaires de la même couleur. Les divisions principales du manuscrit commencent par des lettres encadrées dans des vignettes; quant aux initiales d’un ordre
secondaire , elles sont alternativement peintes en or avec des ornements bleus,
ou en bleu avec des ornements rouges. Les titres sont marqués en rouge. Le copiste a numéroté les feuillets en chiffres romains, et cette pagination se continue dans le second volume, qui commence au folio 249. Ce volume devait se terminer par le folio 384; mais on a rejeté à la fin du manuscrit les cinq feuillets précédents, pour préserver une vignette représentant la passion. Audessous de cette vignette sont écrits, en couleur alternativement rouge et bleue, les vers suivants, qui renferment la date du manuscrit :
An quatre cens quatre vings neuf Mil deuant fut escript tout neuf
Ce present messel mot a mot
De la main frere [ehan Rigot Religieux du monnastere
De Saint Pere; et le feist faire
Pour le service de Dieu vng Bourgoys et marchant de Meleun Nommé par nom Pierre Malhoste, etc.
LVI. (PIX, n° 8.) «Codex membranaceus, quo continentur evangelia sin- «gulis anni diebus recitari solita. Is codex sumptibus et jussu Annæ de Francià, «ducissæ Borbonii et Averniæ, anno 1502 exaratus est. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit a onze pouces et demi de hauteur sur sept pouces trois quarts de largeur. Les titres sont écrits en rouge, et les lettres initiales sont ornées de vignettes.
LVIL. (PI. X, n° 9.)« Éphémérides pour l'an 1519 enluminées. » { Catal. de
FAC-SIMILE. — NOTICES. 315 l'Ancien fonds français.) — Ce manuscrit a dix pouces et demi de hauteur, et plus de sept pouces et demi de largeur. [se compose de dix-neuf feuillets seulement. Sur la première page, on trouve les indications relatives au comput, aux éclipses, et à la position des planètes. Vient ensuite un calendrier qui commence par deux pages d'observations sur l'hiver; des observations analogues sur les trois autres saisons de l’année sont placées avant le mois de mars, puis avant le mois de juin, et enfin avant le mois de septembre. Les feuillets intermédiaires sont consacrés au calendrier proprement dit, qui se compose de deux pages pour chaque mois. Toute cette première partie du manuscrit a été exécutée avec le plus grand soin. L'écriture est d'une régularité parfaite, comme on peut en juger par la première ligne du fac-simile. Chacun des feuillets est entouré d'encadrements richement ornés qui portent le cachet du style de la renaissance. Ces ornements ne se retrouvent pas sur les deux derniers feuillets, où l’on a mêlé quelques conseils de médecine à toutes les rêveries de l'astrologie judiciaire.
LVIIT. (PI. XI, n° 1.) « Codex corticeus, olim Barnabæ Brissonu. Ib1 con- «tinetur instrumentum Plenariæ Securitatis; de quo videndus Johannes Ma- «billonius de re Diplomaticä, p. 344; Supplementi, p. 55. Is codex anno 564 cexaratus dicitur.» (Catal. de la Biblioth. du Ro.) — Cet antique diplôme se composait au moins de quarante-cinq lignes, qui avaient chacune près de quatre pieds de longueur. Les quatorze premières lignes et les quinze dernières sont incomplètes (voyez Mabillon, De re Diplomaticä ; Supplementum , pages 73 et 76); au contraire les lignes 16 à 30 (ibid. pages 74 et 75) existent dans leur intégrité. Les personnes qui auraient entre les mains l'ouvrage de Mabillon reconnaîtront facilement, en jetant les yeux sur les quatre planches qu'il donne dans son Supplément, que les deux planches portant les n* 74 et 75 n'en forment réellement qu'une seule, puisque les seize lignes de a-planche 74 se continuent sur les lignes correspondantes de la planche 75, et que d’ailleurs, après avoir terminé la première ligne de la planche 75, on trouve la suite du sens sur la seconde ligne de la planche 74. 1 résulte de là qu'en rapprochant latéralement ces deux fragments on connait exactement la longueur des lignes, qui ont à peu près vingt-trois pouces sur chaque feuille isolée, et par conséquent quarante-six pouces dans leur intéorité. Dans l'original , d'ailleurs, cette portion de l'acte est écrite sur une même bande de papyrus; cette bande est la seule qui soit intacte. La feuille de papyrus qui renferme le commencement de l'acte ne présente guère que la seconde moitié des quatorze premières lignes. Le fac- simile de cette feuille est placé dans l'ouvrage de Mabillon à la page 73. La planche 76 reproduit
la feuille qui, probablement, terminait l'acte; mais on n’y trouve guère que la première moitié des quinze dernières lignes. C'est sur la sixième ligne de cette portion de l'original qu'a été gravé le premier fac-stmile de la planche XI. Trompé à la fois, et par un faux titre inscrit au revers de ce diplôme, et par une citation incomplète, et par l'antiquité même de l'écriture, Mabillon, qui n'avait pas encore vu l'original, le désigna dans la première partie de son ouvrage comme renfermant le testament de Jules César. Depuis il reconnut son erreur, et il s'empressa de la signaler avec une sincérité qui l'honore. Voici l'histoire de cette méprise telle qu'il l'a racontée lui-même : « Quartum deni- “que specimen est chartæ Plenariæ Securitatis in papyro ægyptiacà itidem scriptæ, quæ authentica in bibliothecà regià Fontis-Blaudi olim asservata «erat. Ejus specimen Petrus Hamo antiquarius, qui cujusvis ætatis varia spe- «cimina et alphabeta edere meditabatur, sub oculis Gosselini, Fontis-Blauden- «sis bibliothecæ tum curatoris, calamo sat accuratè expressit anno MDLXVI «apposito hoc fallaci titulo : C. Jul Ces. testamentum L. Pisone recitatum in «domo Idibu septembris. Quem titulum à tergo chartæ appositum fuisse idem «Hamo testatur. Qui hanc epigraphen opistographam adscripsit, Hamo an «quivis alius, id eo animo fecisse videtur, ut monumento lectu difficillimo, cejusve ectypo, sub falso Julii Cæsaris nomine pretium conciliaret, apposito «ad fraudem ipso die quo Julius testamentum fecisse à Suetonio dicitur. Id «de industrià factum esse non dubito; nam quisquis hanc inscriptionem ap- “posuit, ipsius chartæ contextum legere indubiè poterat, quippe qui ejus chavracteres haud imperitè imitatus est; et tamen, si eam legit, non Julii Cæsa- «ris testamentum, sed Gratiani chartam esse facilè intellexit, non idibu septem- «bris, (ita enim ex Suetonio scripsit ille, et quidem more antiquorum, qui «litteram in fine vocis et initio eamdem non geminabant) sed pridie iduum «Juliarum datam. ........ Istius porro chartæ, quam in appendice integram creferam, hæc summa est quod Gratianus, tutor cujusdam Stephani, profictetur se à Germano accepisse tertiam partem hereditatis, quæ Stephano “pupillo ex testamento competebat, in rebus tam mobilibus quäm immobili- «bus; idque actis publicis mandari curat. Hæc verd, quæ Charta Plenariæ «Securitatis à Brissonio aliisque dicta est, recitata memoratur imp. D. N. Jus- «tiniano PP. aug. anno tricensimo octavo Rav. P. C. Basili anno vicensimo tertio, cprid. iduum juliar. ind. duodecimé, Rav. ; quæ chronicæ notæ vulgaris æræ chri- «stianæ anno DLXIV conveniunt. » (De re Diplom., Supplem. page 55.)
LIX. (PL. XI, n° 2 et 5.) « Diplôme sur papier d'écorce, un peu endommagé, « d’un style barbare, donné à Clichy le X des calendes de juillet Yan XVI: du
FAC-SIMILE. — NOTICES. 315 «règne de Clovis IT, par lequel ce roi confirme à l'église de Saint- Denys les «libertés et les priviléges qui lui ont été accordés par Landri, évêque de Paris, «et ses coévêques. Après la souscription du roi, viennent en grand nombre «celles de plusieurs évêques et gens illustres. L'on voit au côté droit de cet «acte la place d'un sceau qui y était plaqué. Gravé dans Mabillon (De re Di- «plom. page 376), et transcrit ({bid. page 466). Transcrit aussi dans Félibien «(Histoire de Saint-Denys, Preuves, page 5), et dans Doublet, page 682.4 ({nventaire de la série K.) — Ce diplôme, qui est aujourd'hui encadré, a un pied et un demi-pouce de hauteur, sur deux pieds et près de dix pouces et demi de largeur. Il est collé sur parchemin; cette précaution a été prise depuis plusieurs siècles, comme l'atteste une note ancienne écrite au revers du parchemin, et qui se rapporte au diplôme de papyrus. L'acte sur parchemin qui a été employé pour cet usage paraît être une charte carlovingienne, autant qu'on peut en juger par quelques mots que laissent paraître les lacunes du papyrus. Le diplôme de Clovis IT est un de ceux dont le P. Germon a contesté l'authenticité; mais les Bénédictins ont victorieusement réfuté toutes ses chicanes. Il serait difficile de rencontrer un acte qui réunit autant de caractères de vérité. Les nombreuses signatures dont il est revêtu sont toutes originales ; l'écriture de l'acte est conforme à celle des monuments contemporains qui se sont conservés jusqu'à nous; enfin la trace du sceau concorde parfaitement avec les dimensions habituelles des anneaux mérovingiens. Il serait inutile de rapporter ici la longue controverse par laquelle Mabillon et les Bénédictins ont établi l'authenticité de cet acte. {Voyez ce qui a été dit à l'occasion du monogramme de Clovis Il, tome I, p. 557.) Nous croyons devoir seulement présenter une courte observation sur la date de ce diplôme. Mabillon l’a transcrite de la manière suivante : « Datum sub die X kal. julias an. XVI regni nos- «tri Clipiaco in Dei nomine fel.» Le chiffre XVI est douteux, parce qu'il existe une lacune dans l'original après le V. Il pouvait donc y avoir XVII aussi bien que XVI, puisqu'on n'est pas certain que l'assemblée de Clichy ait été tenue en 653 plutôt qu'en 654. (Voyez Nouveau Traité de Diplomat. tome I, page 552, note 1.) C'est à ce diplôme qu'a été emprunté l'alphabet n° 5 de
la planche XI.
LX. (PI. XI, n° 3.) « Vers 690. Rôle sur papier d'écorce, collé sur toile, «d'un style barbare, sans vestige de sceau, contenant un fragment du testa- «ment d'un magnat français dont la femme est nommée Chramnetrude, passé «à Artege, en Vexin, par lequel il lègue à l'église de Saint-Denys et à d'autres «églises plusieurs héritages situés en Vexin, au pays d'Évreux et ailleurs.
Lo.
«Transcrit dans Félibien (Histoire de Saint-Denys, Preuves, page 10, n° 14).» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme est aujourd’hui placé dans un cadre. Il a quatre pieds neuf pouces de hauteur sur un pied et un demi-pouce de largeur. I se termine par quelques souscriptions précédées d'une date ainsi conçue : Actum Artegtà villä pago Velcassino sub die et anno quo supra. Malheureusement la première partie de l'acte, à laquelle se réfère cette date, n'existe plus aujourd'hui. Félibien n’a pas expliqué pourquoi il suppose que ce testament a été fait vers l'an 690; mais les caractères de l'écriture ne contredisent nullement cette appréciation, et nous croyons par conséquent pouvoir le ranger parmi les monuments de la fin du vi siècle.
LXI. (PI. XI, n° 4 et 6.) «Diplôme sur parchemin, d’un style barbare, «ayant un reste de sceau plaqué, donné à Attigny, le 20 juin de la neuvième «année du règne de Childéric IT, par lequel Pépin, maire du palais, occupé à «rendre la justice, prononce, au profit de Fulrad, abbé de Saint- Denys, un «arrêt contre une abbesse nommée Ragane, qui s'était emparée d’une terre «dans le Talou, dont les propriétaires, Chairebault et Aïlerte, son épouse, «avaient fait, présent à l’église de Saint-Denys. (FéraBren, Histoire de Suint- « Denys, page 43.) Transcrit (fbid. Preuves, n° 34), et dans Mabillon {De re Dipl. «page 490, n°39). » (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme, dont l'encre a beaucoup pâli, est écrit sur un vélin d'une finesse remarquable, mais d’une forme irrégulière. En eflet, le haut de l'acte a dix pouces de largeur , et le bas n'en a guère que neuf; la hauteur est d'environ huit pouces et demi. Il y a entre la dernière ligne de l'acte et la date un intervalle de plus d'un pouce et demi où se trouvent la signature et le parafe du notaire ({ ÜUuineramnus recognovit). La date est remarquable par la double indication de la neuvième annte du règne, qui est exprimée d'abord en toutes lettres, puis indiquée par des chiffres dans lesquels entre l'épisème Baë. C'est à ce diplôme qu'a été emprunté l'alphabet n° 6 de la planche XI.
LXII. (PI. XII, n° 1.) «Octobre 782. Diplôme sur parchemin, muni d'un «sceau plaqué à moitié endommagé, donné à Héristal, au mois d'octobre de «l'an XIV° du règne de Charlemagne sur les Français, et de l'an VIIF sur les «Lombards, par lequel il confirme un échange de biens fait par Fulrade, abbé «ou archiprèêtre de Saint-Denys, avec Euphémie, abbé de Saint-Pierre de Metz. «Copié dans Mabillon (De re Diplom. page 501, n° 54), et dans Félibien «(Histoire de Saint-Denys, Preuves, page 4o, n° 59).» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme est écrit sur une feuille de vélin de forme irrégulière, dont la
FAC-SIMILE. — NOTICES. 51m
hauteur varie entre neuf et dix pouces; la largeur est d'environ un pied dix pouces. Il y a près de deux pouces de distance entre la dernière ligne de l'acte et la date. C'est dans cet intervalle que se trouve le monogramme placé entre le mot signum et les mots Caroli qloriosissinx regis. Le corps des lettres de | cette formule a environ neuf lignes de hauteur. À deux pouces à droite du li j mot regis se trouve le fragment du sceau, et après le sceau vient la formule | du notaire, Üuidolaicus ad vicem Radomis, accompagnée d’un parafe à droite ji duquel sont des notes de Tiron, dont l'inventaire donne la traduction sui- |. | vante : « Uuidolaicus in vicem Radonis recognovi et subsceripsi. Optulit Rado. » | |
LXIIL. (PI. XI, n° 7, et PI. XII, n° 2.) «23 janvier 839. Diplôme sur par- il «chemin, muni d'un sceau plaqué, donné à Attigny le X des kalendes de | À «février, l'an XXVI du règne de Louis le Débonnaire, par lequel cet empereur «confirme un échange de terreins au territoire de Meaux, fait entre Hilduin, «abbé de Saint- Denys, et Ermentrude, abbesse de Jouarre. Transcrit dans «Mabillon (De re Diplomat. page 525, n° 80), et dans Félibien (Histoire de « Saint-Denys, Preuves, page 59, n° 78).» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme est écrit sur une feuille de vélin d’une finesse et d'une blancheur remarquables ; la hauteur de cette feuille varie entre dix-neuf et vingt pouces; sa largeur est d'environ un pied dix pouces et demi. La ligne de la date est la seule dont la direction ne soit pas régulière; elle est séparée du corps de l'acte par un intervalle qui est d'abord de quatre pouces, et qui finit par se réduire de près d'un pouce. C'est dans l'espace intermédiaire qu'a été écrite
la formule du notaire : Glorius notarius ad vicem Hugonis recognovt, etc. Après cette formule se trouve le sceau, dont la conservation est parfaite, quoique l'inscription manque en général de relief.
LXIV. (PI. XIF, n° 3.) «21 juillet 877. Beau diplôme, muni d'un sceau «plaqué sain et entier, donné à Langres le XIT des kalendes d'août, indict. X, «lan XXX VIII du règne de Charles le Chauve en France, e e son empire
Van XXX VIII d gne de Charles le CI F ,etld pire,
«par lequel ce prince fait rendre au monastère de Saint-Denys le village de «Cellières ou Sopin-le-fort dans le Barroïs, sur la rivière d'Aube, lequel, par «la négligence des régisseurs, était tombé dans les mains du fisc royal. Transecrit dans Doublet, page 807.» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a près de deux pieds et demi de hauteur sur un pied sept pouces et demi de largeur.
Les lignes s'appuient sur des raies tracées à la pointe sèche ,'et séparées chacune par un intervalle d’un pouce et demi. L'intervalle entre la dernière ligne
de l'acte et celle du monogramme est un peu plus grand que sur le fac-simile.
En tête de chaque ligne, il y a une marge de près de deux pouces; la marge de la fin des lignes est moins grande et moins uniforme; la portion écrite de chaque ligne s'étend sur une longueur de seize pouces et demi environ. La raie sur laquelle s'appuie la formule du notaire est à trois pouces plus bas que l'annonce du monogramme; à la suite de cette formule se trouve le sceau, qui est entouré par des traits en forme de parafe, au milieu desquels on lit en pure minuscule : « Franco præpositus ambasciavit. » L'acte se termine par la date, qui est à près de deux pouces plus bas que la formule du notaire. Cette formule est écrite en lettres allongées, ainsi que la première ligne du diplôme; mais la hauteur de ces lettres est moindre que dans l'annonce du monogramme.
LXV. (PL. XII, n° 4.) «28 mai 917. Diplôme un peu maculé, muni d'un «sceau plaqué entier, donné à Attigny le V des kalendes de juin, indict. V, la « XXV° année du règne de Charles le Simple, par lequel ce prince, à la prière «de Robert, son parent, abbé, et des anciens moines de Saint-Denys, restitue «à ce monastère la terre de Lagny-sur-Marne, qui lui avait été donnée par «le roi Dagobert. { Voyez Félibien, Histoire de Saint-Denys, page 103.) Trans- « crit (Ibid. Preuves, page 79, n° 104 ) , et dans Doublet, page 814.» (Inventaire de la série K.) — Ge diplôme a un pied six pouces de hauteur sur un pied cinq pouces et demi de largeur. Les lignes s'appuient sur des raies tracées à la pointe sèche, et séparées par un intervalle de près d'un pouce. Après le texte vient la ligne du monogramme, puis celle de la formule du notaire, et enfin celle de la date, que les dimensions de la planche ont forcé de partager en deux. Le sceau est placé à la fin de la ligne occupée par la formule du notaire. On remarque, dans ce diplôme, l'emploi très-fréquent de l'e à cédille pour remplacer l'e.
LXVI. {PI XII, n° 5.) « Sans date ; vers 986. Beau diplôme, un peu endom- «magé, ayant la place d'un sceau plaqué, donné à Compiègne, par lequel «le roi Lothaire et Louis, son fils, à la prière d'Eliziard, évêque de Paris, con- «firment les terres et possessions du chapitre de l’église de Paris avec les au- «tels et les églises qui en dépendent, ainsi que le cloître, et autres priviléges «accordés au dit chapitre par les rois leurs prédécesseurs. Accompagné d’une ctrès-belle copie du xur siècle, d’un vidimus du roi Philippe le Bel en 1309, de «trois copies collationnées, et d'une copie imprimée. Enregistré en la Chambre «des Comptes, le 10 décembre 1740.» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a près de deux pieds trois pouces de hauteur sur un pied neuf pouces de lar-
FAC-SIMILE. — NOTICES. 319 geur. Les lignes s'appuient sur des raies tracées à la pointe sèche, et distantes entre elles de trois quarts de pouce. Cet intervalle donne la mesure de l’écriture allongée qui a été employée 1° pour la première ligne, 2° pour l'annonce du monogramme de Lothaire et de celui de son fils, 3° pour la formule du chancelier, 4° pour la date du lieu, qui est seule énoncée, Dans le reste de l'acte, l'écriture est partout conforme à celle du fac-simile. La diphthongue æ est tantôt exprimée par l'a et le séparés ou par l'e à cédille, tantôt remplacée par l'e simple. Ce diplôme est nécessairement compris dans l'intervalle qui s'est écoulé entre l'association de Louis V à la royauté et la mort de son père, c'est-à-dire, suivant l'Art de vérifier les dates, entre le 8 juin 978 et le 2 mars 986; mais il pourrait être considéré comme antérieur à l’année 983. En effet, Éliziardus obtint de Benoît VII la confirmation des priviléges qui avaient été accordés à son église; or Benoît VII est mort le 10 juillet 983, et sa confirmation, qui est datée du II des kal. de janvier, est du 30 décembre 982, au plus tard. Comme il est dit d'ailleurs dans cette confirmation qu'Éliziardus, arrivé à Rome, montra les donations faites par les rois pour assurer le repos de leurs âmes, il paraît probable que la donation de Lothaire et de son fils était du nombre de celles pour lesquelles l'évêque de Paris sollicitait l'approbation du souverain pontife. Ce diplôme serait donc compris entre les années 978
et 982.
LXVIL. (PI. XII, n° 6 et 6 bis.) «Bulle sur papyrus, collée sur parchemin. «Elle confirme à l'abbaye de Saint-Denys ce qui avait été réglé et ordonné par « Louis le Débonnaire et Charles le Chauve, pour la conservation, amélio- «ration et augmentation des biens et revenus à l'usage des religieux de ladite » «abbaye. » ( Inventaire de la série L.) — Cette bulle, munie d'un sceau én plomb pendant à une ficelle, est aujourd'hui placée dans un cadre. Elle a trois pieds sept pouces de hauteur sur onze pouces trois quarts de largeur. Les lettres de la première ligne ont près d'un pouce de hauteur. L'N du mot Micolaus est d'une forme singulière; c'est un U, accompagné d'un long trait vertical, qui part du haut de la branche gauche et qui descend de près de neuf lignes au-dessous de la lettre. L'I est enclavé dans VU, et l'O dans le C. Les e présentent la forme de deux o superposés, mais lo inférieur est beaucoup plus fort que l'autre ; ainsi, dans l'e initial du mot episcopus , qui est exprimé par les deux lettres ep, l'o inférieur a neuf lignes de hauteur, et l'o supérieur en à tout au plus deux. Ces formes extraordinaires ne se retrouvent pas du reste dans le corps de l'acte, qui a les caractères habituels de la cursive lombardique, comme on peut le voir d’après le fac-simile n° 6; mais la date commence par une conjonction de lettres
fort extraordinaire, qui a été représentée dans la planche XII, sous le n° 6 bis. Nous avons eu occasion de rapporter en entier, dans la liste alphabétique des princes souverains, à l'article de Nicolas I”, le texte de la date, qui répond au 28 avril 863. Cette bulle a été publiée par Doublet, page 454 ; voyez aussi Mabillon (De re Diplom. page ho).
LXVIIL. (PL XII, n° 7.) «1* décembre 1114. Bulle du pape Pascal II, «accordée à l'abbé et aux religieux du couvent de Saint-Victor-lès-Paris, portant «confirmation du pouvoir accordé aux dits religieux de nommer eux-mêmes ‘leur abbé, sans l’interposition d'aucune puissance séculière, et de la donation «de leurs biens, faite par Louis VI, roi de France, leur fondateur, savoir: «1° de la ville de Puiseaux, etc. » (Inventaire de la série L.) — Cette bulle a deux pieds un pouce et demi de hauteur sur un pied de largeur. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche, etdistantes entre elles de sept lignes. L'intervalle des deux premières raies est rempli par le corps des lettres de la première ligne, qui est en écriture fine, étroite, et très-allongée. La fin de la suscription, qui occupe le premier tiers de la seconde ligne, présente un mélange de capitale, d'onciale et de cursive. Le reste de l’acte offre une minuscule qui se rapproche de la cursive dans quelques lettres à traitsexcédants. Le commencement et la fin des lignes sont limités par deux perpendiculaires tracées à la pointe sèche; mais les dernières syllabes empiètent quelquefois sur la marge. Au reste, l'écriture de cette bulle ne s'écarte pas de celle que l’on rencontre dans les diplômes français de la même époque. On n’a donc reproduit, sous le n° 7 de la planche XII, que le cercle, la souscription du pape, et le mono- . gramme du Benevalete. La souscription du pape a conservé, dans le fac-simile, les mêmes proportions que sur la bulle; mais les dimensions de la planche ont forcé à réduire de moitié le diamètre du cercle et la hauteur du monogramme, en sorte que la superficie occupée ici par ces deux figures est quatre fois moindre que dans l'original. La souscription est à un pouce trois quarts environ de la dernière ligne du texte, et la date, qui occupe deux lignes, est placée trois pouces plus bas que la souscription. [a bulle de plomb qui accompagnait cet acte a disparu; il ne reste plus que les lacs de soie jaune qui avaient servi à la suspendre.
EXIX. (PI XIII, n° 1.) Ce fuc-simile a été reproduit d'après la planche LXVII du Nouveau Traité de Diplomatique, tome If, page 671. Les Bénédictins annoncent que ce modèle d'écriture cursive est tiré d'un diplôme accordé en 988 par Hugues Capet, à l'église de Sainte-Colombe de Sens. Nous n'avons pas
FAC-SIMILE. — NOTICES. 321 cru pouvoir nous dispenser de reproduire un échantillon de cette écriture si différente de celles que l’on rencontre dans les diplômes de la fin du x° siècle. Les Bénédictins, qui ont eu l'original entre les mains, disent qu'il avait vingt et un pouces de hauteur sur vingt-trois pouces de largeur. La date du jour (F nonas junit) renferme nécessairement une erreur : l'écrivain avait mis II où IV, puisqu'il n'y a que quatre jours de nones.
LXX. (PI. XIII, n° 2.) Voici la notice de Bréquigny sur ce diplôme. « Diploma « Hugonis Capeti, quo potestatem quam vocant Everam, monasterio Floriacensi «olim concessam, ab omni exactione immunem declarat, exceptis quibusdam «consuetudinibus Arnulfo, Arnulfi episcopi Aurelianensis nepoti, solvendis, «quamdiu viveret episcopus. Actum Parisius civitate publicè, anno dominicæ incar- «nations Dcccexœu tndictione VI, anno vu regnante gloriosissimo rege Hugone et «inclüo filio ejus Roberto. Mabill. acta SS. Benedict. sæculi vi, part. I, p. 34; ex «autogr. — Rec. des Hist. de France, tome X, p. 561; ex Mabill. » (Bréquieny, Tab. chron. des dipl. tome I, p. 492.) — Ce diplôme est écrit sur une feuille de parchemin qui a un pied dix pouces de hauteur , et dont la largeur, plus considérable dans le haut que dans le bas, varie entre quatorze pouces et demi et treize pouces et demi. Le parchemin est un peu déchiré dans deux endroits : il en résulte une lacune d’un demi-pouce dans la première ligne du diplôme, et une autre dans le mot signum, qui est en tête de l'annonce du monogramme de Robert. Le sceau qui accompagnait ce diplôme a disparu. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche. La première ligne est en lettres allongées, mais qui ne sont pas toutes de forme cursive; on y trouve aussi de la minuscule et de la capitale, ainsi que dans les annonces qui précèdent les deux monogrammes , et dont les caractères ont plus d'un pouce de hauteur. Quant à l'écriture du corps de l'acte, elle est reproduite dans le Jac-simile ; mais les dimensions de la planche ont forcé à scinder les lignes.
LXXI. (PI. XIII, n° 3.) «25 janvier 998. Beau diplôme, muni d’un sceau «plaqué un peu rogné, donné au monastère de Saint-Denys, le VIII des kal. de «février, indict. XI, l'an I‘ du règne du roi Robert, par lequel ce prince, à la prière de Vivien, abbé de Saint-Denys, confirme à ce monastère le don de «la ville et banlieue de Saint-Denys que lui a fait le roi Dagobert, et qui a «été ratifié par Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve ; de «plus, règle un différend important entre le dit monastère et Bouchard, sei- « gneur de Montmorency. Voyez Félibien, Histoire de Saint-Denys, page 117. «Transcrit, Ibid., Preuves, page 82, n° 109; et dans Doublet, page 822.
Il. LA
«Accompagné de quatre copies, une collationnée, et trois informes. Confirmé «et enregistré au Parlement, par arrêt du 8 février 1357, dont il y à une copie «informe. » (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a un peu plus de deux pieds de hauteur sur dix-huit pouces de largeur. Le vélin est d'une blancheur remarquable, un peu déchiré dans le bas et dans les plis. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche, et distantes entre elles d'environ neuf lignes. Les signatures ont été tracces toutes par l'écrivain de la pièce; elles sont, ainsi que la date, de la même écriture que le corps de la pièce, c'est-àdire conformes à l'échantillon que reproduit le fac-simile. Le copiste n’a employé un autre corps d'écriture que pour le monogramme (qui n’est d'ailleurs accompagné d'aucune annonce) et pour la première ligne du diplôme, où l'on remarque un mélange de capitale et d’onciale étroite et allongée; la lettre » est peut-être la seule qui affecte de temps en temps le caractère cursif. En tête de cette première ligne est une invocation dont les traits sont aussi confus que multipliés. Quant à la date de ce diplôme, il semble que lon doit plutôt la fixer au 25 janvier 997 qu'à l’année suivante. En effet, quand même l'indicüon XI ne pourrait convenir à l'année 997, l'an l° du règne de Robert conviendrait encore moins à l’année 998; mais il est reconnu que, dans les dates des diplômes de Robert, lindiction a été rarement marquée selon le calcul ordipaire; or, en supposant que l'on a pris pour point de départ de l'indiction l'année 312 au lieu de l’année 313, l'indiction saccordera avec l'an 997.
LXXII. (PL XUI, n° 4.) «1058. Beau diplôme, muni d’un sceau plaqué sain «etentier, donné à Paris la XXVIII' année du règne de Henri [”, par lequel «ce prince, à la prière de Hubert, abbé de Saint-Germain-des-Prés, autorise «les hommes de corps de ce monastère à témoigner en jugement contre les per- «sonnes libres. » (/nventaire de la série K.) — Ce diplôme a un pied neuf pouces de hauteur; sa largeur varie entre treize pouces et demi et douze pouces trois quarts. Le parchemin en est extrêmement épais. Quoiqu'il ait souffert de l'humidité, l'écriture s'est parfaitement conservée. Elle s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche, et distantes entre elles d’un pouce, comme l'indique le Jac-simile. La suscription qui occupe environ les deux tiers de la première ligne, est en caractères très-allongés, où l'on remarque un mélange de capitale, d'onciale et de cursive. Gette ligne est terminée par une écriture semblable à celle du corps de l'acte, c'est-à-dire conforme au Jac-simile. La même écriture règne dans la souscri ption du chancelier et dans la date, qui est placée trois pouces et demi plus bas que cette souscription. C'est au milieu de la souscription que se trouve le monogramme dans lequel on remarque labréviation us exprimée
par le signe 9. Le sceau est plaqué dans l'intervalle qui sépare la souscription du chancelier et la date.
LXXIIL. (PI. XIV, n° 1.) «25 février 1100. Diplôme élégant, muni d'un «large sceau plaqué, donné à Paris le VI des kal. de mars, lan XLIII du «règne de Philippe I‘, par lequel ce prince, du consentement de Louis son «fils et de la reine Bertrade, fait don d’une femme serve à l'église de Paris, «suivant la demande que lui en ont faite Foulques, doyen, et Waltramme, «chantre de la dite église. » (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a dix-huit pouces de hauteur sur onze pouces et demi de largeur. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche et distantes entre elles de neuf lignes. L'invocation de la Sainte Trinité qui occupe le commencement de la première ligne présente un mélange de capitale, d'onciale et de cursive; le corps des caractères a neuf lignes de hauteur. Quant au reste de l'acte, il est semblable au modèle du fac-simile; il faut en excepter toutefois le monogramme, dont les éléments se rattachent à l'écriture capitale. Au lieu d'être placé après le texte de l'acte, il est inséré dans le milieu de l'annonce : præcepimus sigillo et caractere (monogramme) nostri nominis honestari. La souscription du chancelier se termine par le monogramme de J. C; elle est placée à trois pouces et demi plus bas que l'annonce des témoins, qui fait suite au corps de l'acte. Le sceau, dont il n'existe que des fragments, avait été plaqué à droite et audessous de la souscription du chancelier. La date, qui vient immédiatement avant l'annonce des témoins, présente quelque difficulté pour la concordance des notes chronologiques. Nous pensons cependant que la date réelle de cet acte est plutôt le 24 février 1101 que le 25 février 1100. (Voy. la Liste alphabétique des princes souverains, à l'article de Pizippe I‘, tome I, page 350, r° colonne.)
LXXIV. (PL XIV, n° 2.) «1108. Très-beau diplôme, muni dun large «sceau plaqué sain et entier, donné à Paris la première année du règne de «Louis VI, dit le Gros, par lequel ce prince autorise les serfs du chapitre «de l’église de Paris à témoigner et à se battre en justice envers et contre «toute sorte de personnes tant libres que serves. Enregistré en la Chambre «des Comptes le 10 décembre 1740.» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a un pied neuf pouces de hauteur; sa largeur varie entre quatorze et quinze pouces. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche et distantes entre elles d'environ quatre lignes et demie. La minuscule reproduite par le Jac-simile règne dans tout le corps de l'acte, excepté dans la suscription et l'an-
rato
nonce du monogramme, où l'on trouve un mélange de capitale, d'onciale et de minuscule, Les caractères ont près de neuf lignes de hauteur dans la suscription, etsix lignes seulement dans l'annonce du monogramme. Cette annonce est placée dans un intervalle ménagé entre la dernière ligne de l'acte et la date, qui a été écrite deux pouces et demi plus bas. Le sceau est plaqué audessous de la date, à plus de quatre pouces et demi de la dernière ligne de l'acte. Le texte de ce diplôme, en n'y comprenant pas la suscription, l'annonce des témoins et la date, ne renferme qu'une seule abréviation dans vingt-quatre lignes qui ont toutes plus d'un pied de longueur.
LXXV. (PL XIV, n° 3.)« 11109. Diplôme muni d’un large sceau plaqué, donné «à Paris l'an XIT° du règne de Louis le Gros, et le VI° de la reine Adélaïde, par
«lequel ce prince confirme les priviléges du cloître de Notre-Dame de Paris vet y ajoute les maisons de Hubert de Senlis et d'Allegrain d'Étampes, cha- «noines de ladite église. Enregistré en la Chambre des Comptes le 30 dé- «cembre 1740.» (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a plus de deux pieds deux pouces de hauteur sur un pied de largeur. L'écriture sappuie sur des raies tracées à la pointe sèche. La première ligne présente comme à l’ordinaire un mélange de capitale, d'onciale et de minuscule dont les caractères étroits et allongés ont d'abord un pouce de hauteur et diminuent graduellement de près d'un demi-pouce. Dans le reste de l'acte l'écriture est semblable au fragment reproduit par le fac-simile, et les traits excédants des lettres s'y croisent de la même manière. Immédiatement après le corps du texte vient la date, qui occupe une ligne entière; les deux lignes suivantes sont remplies par la formule Astntibus, etc., et les noms des grands officiers; puis, après le nom du grand chambrier, à la fin de la seconde ligne, se trouve le monogramme du roi. Ce n'est qu'au commencement de la ligne suivante qu'est la formule data per manum Stephant cancellaru, Le sceau est plaqué au bas du parchemin à gauche; mais l'empreinte a été faite à contre-sens, de sorte que le roi a la tête en bas et les pieds en l'air.
LXXVI. (PI. XIV, n° 4.) 1124. Diplôme sur parchemin, dont le sceau est plaqué, et par lequel Louis VI confirme un ancien usage existant entre les serfs de trois villages ({Villæ-Nove, Moncü, Caloih) placés sous son autorité immédiate, et ceux de l’abbaye de Sainte-Geneviève. D'après cette coutume appelée befeht, les femmes serves épousant un homme serf suivent la servitude de leur mari, ainsi que les enfants qui naissent de ce mariage. Le texte de cet acte est transcrit presque en entier dans du Cange au mot Befeht. La date en est ainsi
FAC-SIMILE. — NOTICES. M) conçue: «Actum publicè Parisius an noincarnati Verbi M. C.XXIV, regni nostri «XVL » Ce diplôme a été réuni depuis peu à la série K. Il a près de dix-huit pouces de hauteur sur neuf pouces et demi de largeur. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche et distantes entre elles de neuf lignes. L’invocation de la Sainte Trinité, qui précède le texte de l'acte, présente un mélange de capitale et de minuscule étroite et allongée, dont la hauteur atteint à près d’un pouce. Cette invocation et la croix qui la précède occupent la moitié de la première ligne; l'autre moitié est restée en blanc. La seconde ligne, à l'exception des quatre derniers mots (iusticium ego Dai gratid), a été reproduite dans le fac-simule, qui est conforme à l'écriture du reste de l'acte. Le monogramme est tracé dans le corps même du texie, au milieu de la phrase qui lui sert d'annonce. La date est suivie de la formule Astantibus, etc. et de l'énumération des grands officiers. Un peu plus bas est la formule dat. per manum Sthephant cancellarir, et immédiatement en dessous le sceau plaqué dont la partie gauche n'existe plus.
LXXVIL. (PL. XIV, n° 5.) «1144. Diplôme donné à Paris l'an VIII du règne «de Louis VII, dit le Jeune, portant qu'à l'occasion de la translation des «reliques de S. Denys, il a donné au monastère de ce nom plusieurs droits «et revenus qu'il possédait à Cergy, Cormeilles, Trappes et aïlleurs, sy ré- «servant néanmoins le droit de gîte. Sceau pendant. Accompagné d'une copie «collationnée et de la copie d'un vidimus donné à Sens par S. Louis, en mars «1269. Voyez Félibien, Hist. de S. Denys, page 173. Transcrit, {bid., Preuves, «page 106, n° 135; et dans Doublet, page 868. » (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a un pied neuf pouces de largeur sur un pied quatre pouces de hauteur, non compris un repli d'un pouce et demi dans le bas de l'acte. L’écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche et dont le fac-simile indique la distance. Les mots Ego Ludouicus, etc., sont précédés de l'invocation de la Sainte Trinité. Cette invocation présente un mélange de capitale et de minuscule étroite et allongée, dont les caractères ont neuf lignes de hauteur. La première ligne comprend outre cette invocation et le fragment reproduit par le fac-simile, les mots manifestè cognouimus summa cura. Les lignes suivantes sont de la même longueur. La date et lénumération des grands officiers font corps avec l'acte; mais la formule data per manum Cadurci cancellari est à près de deux pouces et demi plus bas que la dernière ligne de l'acte, un peu au-dessus du repli. Les différentes syllabes de cette formule sont espacées de manière à occuper toute la largeur du parchemin. La première syllabe du nom du chancelier correspond à peu près au milieu de la ligne et se trouve
enclavée dans la partie inférieure du monogramme HLVDOVICVS. La courroie à laquelle le sceau est suspendu traverse le repli du parchemin à droite du monogramme et un peu plus bas.
LXXVIIL. (PI. XV, n°1.)« 1147. Lettres du roi Louis VIT, le Jeune, données à «Paris l'an XI de son règne, par lesquelles il ordonne que la taille qui se lévera «en son nom sur les terres de l'évêché de Paris, le siége vacant, n'excèdera pas « la somme de soixante livres. Le sceau, qui pendait à des lacs de soie jaune, a « disparu. » (Inventaire de la série K.) — Ce diplôme a plus de quatorze pouces de largeur sur un pied sept pouces de hauteur, sans compter le repli du parchemin dans le bas de l'acte. L'écriture s'appuiesur des raies tracées au crayon; la distance des lignes est la même que sur la gravure. Les passages reproduits dans ce fac-simile sont empruntés au corps de l'acte; mais la première ligne, ainsi que la formule du chancelier, présente un mélange de capitale, d'onciale et de minuscule étroite et allongée. Cette écriture a près d’un pouce de hauteur dans la première ligne et un peu plus d’un demi-pouce dans la formule du chancelier. Le monogramme (HLVDOVICVS) est placé entre la première et la seconde syllabe du nom du chancelier (Cadurci). La lettre H qui en forme pour ainsi dire le cadre a deux pouces de hauteur sur deux pouces un quart de largeur. H suffit de jeter un coup d'œil sur le fac-simile pour reconnaître que ce diplôme a été écrit avec autant de soin que d'élégance. On remarquera aussi que la date, commençant par actum, et l'énumération des grands officiers se rattachent au corps même du diplôme; la formule du chancelier en est au contraire séparée par un intervalle de deux pouces.
LXXIX. (PL XV, n° 2.) «1195. Lettres du roi Philippe-Auguste, données à «Paris l'an XVII de son règne, portant que Richard de Vernon, par ordre de «Richard, roi d'Angleterre, lui a donné en échange la châtellenie de Vernon «et la terre de Longueville, et qu'en contre-échange il a donné au dit Ri- «chard, en fief et à hommage lige par le service de cinq chevaliers, les seigneu- «ries de Montmeilland, Plaïlly, etc. » (/nventaire de la série K.) — Cette charte a sept pouces et demi de largeur sur dix pouces de hauteur, sans compter le repli du parchemin dans le bas de l'acte. L'écriture du Jac-simile a été employée dans tout le corps de l'acte; mais la formule data vacante cancellariä présente un mélange de lettres minuscules et de capitales à traits excédants dans le genre de l'A du mot actum et de V'N du mot nonagesimo, qui font partie de la première ligne du fac-simile. Un sceau en cire verte pend à des lacs de
FAC-SIMILE. — NOTICES. 327 soie Jaune et rouge. Le monogramme est placé entre le mot vacante et le mot cancellaria. On ne trouve pas sur le parchemin de raies tracées soit au crayon, soit à la pointe sèche.
LXXX. (PL XV, n° 3.) « À Paris, 1207. Lettres du roi Philippe- -Auguste, «de la XXVIT: année de son règne, confirmatives de la manumission donnée cpar Jean, abbé, et le couvent de Saint-Germain, à Milon d'Émant, leur « maire, à sa femme et à ses enfants; lequel Milon s'est démis de la mairie «d'Émant, moyennant que ceux de Saint-Germain lui ont donné la somme «de trois cent quarante livres provinoiïses. » (Note jointe à l'acte original.) — Cette charte, retirée depuis peu des cartons de Saint-Germain des Prés pour être réunie à la série K, a près de sept pouces un quart de largeur sur huit pouces un quart de hauteur, non compris le repli qui existe dans le bas du parchemin. Le corps de l'acte se compose de quatorze lignes semblables à celles que reproduit le fac-simile. Un pouce plus bas que la dernière ligne est la formule data vacante cancellariä, dont les caractères sont les mêmes, mais dont les syllabes sont espacées de manière à occuper avec le monogramme toute la longueur de la ligne. En tête de la ligne suivante, on lit: per manum fratris Garint. Le sceau, qui pendait à des lacs de soie verte et rouge, a été détaché.
LXXXI. (PI XV, n° 4.) « À Melun, 1225. Lettres du roi Louis VIII confir- «matives de l'acquisition faite par les religieux de Joyenval sur le juif Dieu- « donné du droit de tonlieu sur le pain à Paris. Le sceau a disparu. » (Inventaire de la série K.) — Cette charte a un peu plus de neuf pouces de largeur sur dix pouces de hauteur, non compris le repli qui existe dans le bas du parchemin. La première ligne ne se distingue des autres que par les traits excédants de quelques lettres; mais la formule du chancelier est en lettres du genre de VA initial du mot abbatie qui se trouve dans la seconde ligne du fac-simile. Cette formule est ainsi conçue: Data per manum Guarin Silvanectensis episcopt cancellaru. Le monogramme est placé entre les mots Guarini et Silvanectensis. Il est divisé en trois parties mdépendantes:: la première fournit les lettres LVD, la seconde l'O dans lequel est enclavé FT, la troisième se compose d'un C carré conjoint avec les lettres VS.
LXXXIL. (PI XV, n° 5.) «Juillet 1237. Accord entre Jeanne, comtesse de « Flandre et de Haïnault, et le châtelain de Lille, pour leurs droits respectifs. » (Inventaire de la série K.)— Cette charte a treize pouces de largeur sur neuf pouces de hauteur; mais elle a été mutilée dans le bas, et la dernière ligne de l'acte a
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disparu en partie. Toutefois on peut encore rétablir presque en entier le texte de la date : «Ge fu fait l'an de l’incarnation nostre Segneur m° cc° et trente «siet, el mois de... » L'inventaire indique en outre le nom du mois; mais le mot est trop incomplet pour qu'on puisse le déchiffrer exactement. Le sceau annoncé dans l'acte a disparu. L'écriture du fragment reproduit par le fac-simile est conforme à celle de tout le reste de l'acte, si ce n’est que la première ligne se distingue par quelques traits excédants qui ont souvent près d'un pouce de hauteur.
LXXXIIL. (PI. XVI, n° 1.) «À Longpont, janvier 1238. Lettres du roi Saint « Louis confirmatives d'un accord fait entre l'abbaye de Saint-Denys et Fas- «trede, avoué de la Flamangrie, sur les différends mûs entre les parties au «sujet des droits prétendus par ledit Fastrede dans l'étendue des villages de «la Flamangrie, etc. Scellées. Très-élégant original. » (/nventatre de la série K.) — Ce diplôme a un pied neuf pouces de largeur sur dix-huit pouces trois quarts de hauteur, sans compter un repli de deux pouces et demi qui existe dans le bas du parchemin. L'écriture, qui s'appuie sur des raies tracées au crayon, est partout la même que dans le fac-simile. Cet acte se compose de cinquantesix lignes qui ont chacune un pied huit pouces de longueur. Le sceau qui tient à l'acte est assez bien conservé; il est suspendu à des lacs de soie rouge. Il est inutile de faire observer que la date de janvier 1238 doit être considérée comme appartenant à l’année 1239.
LXXXIV. (PL. XVI, n° 2.) «À Melun, janvier 1258. Lettres du roi Saint « Louis, par lesquelles il exempte de tout péage l'abbaye de Saint-Denys. Le «sceau à disparu. Transcrites dans Félibien, Hist. de Saint-Denys, Preuves, «page 124, n° 17, et dans Doublet, page 908.» (Inventaire de la série K.) — Cette charte a dix pouces trois quarts de largeur et onze pouces de hauteur, sans compter le repli qui existe au bas de l'acte. L'écriture s'appuie sur des raies tracées à la pointe sèche. Le corps de l'acte est en tout conforme au fac-sim le; mais l'invocation, qui remplit la première ligne presque en entier, et la formule data vacante cancellariä présentent un mélange de capitale, d’onciale et de minuscule à gros traits d'un demi-pouce de hauteur; chaque mot est séparé par trois points en forme d'o disposés verticalement. Le monogramme placé au milieu de la formule data, etc., a près de trois pouces de largeur
sur un pouce et demi de hauteur. Le sceau, qui n'existe plus, était attaché à des lacs de soie rouge. L'acte est daté du mois de janvier 1258 et de la trentetroisieme année du règne, ce qui répond à l'an 1259.
LXXXV. (PL XVI, n° 3.) «A Paris, septembre 1268. Sentence arbitrale «rendue par le roi Saint Louis entre Thibault, roi de Navarre, comte de Cham- «pagne et de Brie, et Henri, comte de Luxembourg, d'une part, et Thibault, «comte de Bar, d'autre part, au sujet de l'inféodation de Ligny. Pareille pièce «datée de Paris en novembre 1268.» (Inventaire de la série K.) — Le fac-simile est emprunté à la sentence de novembre 1268. Cette charte a sept pouces et demi de largeur sur huit pouces un quart de hauteur, sans compter le repli qui existe dans le bas du parchemin. L'écriture s'appuie sur des raies tracées au crayon. Le fac-simile reproduit les trois premières lignes de la charte, dont
l'écriture est partout la même. Le sceau est attaché à une bande de parchemin.
LXXXVI. {PL XVI, n° 4.) «1283. Testament de Renaud de Nanteuil, évêque «de Beauvais, et inventaire de ses biens. Deux pièces. » (Inventaire de la série K.) — La pièce principale est le testament vidimé par l'official de Paris. Cet acte se compose de trois feuilles de parchemin cousues les unes à la suite des autres et scellées aux points de réunion. Ces trois feuilles ont ensemble près de cinq pieds de hauteur; leur largeur est de dix-neuf pouces et demi. L'écriture s'appuie sur des raies tracées au crayon. Cette écriture est partout la même que dans le fac-simile. Le vidimus est daté de l'an 1283, le jeudi après la fête de saint Nicolas d'hiver, ce qui répond au 9 décembre.
LXXXVIL (PL XVI, n° 5.) « À Paris, janvier 1282. Copie vidimée par le «prévôt de Paris, le 25 février 1287, de lettres du roi Philippe II le Hardi «confirmatives de la donation faite aux religieuses de Longchamp, par Jean « d'Harcourt, de vingt livres de rente, à prendre en celle de quatre-vingts livres «sur la prévôté de Pont-Audemer ; avec une autre copie vidimée par le même «en 1289, plus l'acte original en français de la dite donation par Jean d'Har- «court, chevalier, en juillet 1281. Les sceaux ont disparu. » (/nventaire de la série K.) — Le fac-simile est emprunté au vidimus daté de l'an 1287, le mardi après les brandons, ce qui répondrait au 25 février s'il s'agissait de l’année 1287 et non de l'année 1288 avant Pâques. Or, comme cette seconde bypothèse est plus probable, la date du mardi après les brandons correspond en 1288 au 16 février. Cette charte a huit pouces de largeur et sept pouces trois quarts de hauteur, sans compter le repli qui existe au bas de l'acte. La direction de la première ligne est marquée, ainsi que la marge, par une raie tracée à la pointe sèche. Cette écriture est partout la même que dans le facsimile.