‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 25 sur 283 · F1 Î È PL · texte numérisé non relu

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«cription et les figures de plusieurs sceaux de plomb des empereurs Otton IT, «Henri I*, Henri II, Gui, et des princes normands qui régnèrent dans la « Pouille, et dans plusieurs autres parties de l'Italie au xr° siècle et depuis. M. Du «Cange indique un nombre considérable de bulles de plomb pendantes aux «diplômes des anciens rois de Sicile. L'usage des sceaux de plomb a été extré- «mement rare dans la France septentrionale. Nous ne connaissons aucun de «nos monarques de la troisième race qui s'en soit servi. Il n’en est pas de même « des rois d'Espagne et de Sicile. En 1204 Pierre d'Aragon fit sceller en plomb «les coutumes de Montpellier. Don Ferdinand, roi de Castille et de Tolède, «après avoir réglé une contestation, donna deux chartes pour être gardées par «les parties respectives; et, afin qu'elles n'eussent plus de différend, ül fit «sceller les deux pièces de sa bulle de plomb. On trouve un modèle de cet acte «dans la Bibliothèque universelle de la Polygraphie espagnole. Il est daté de «l'ère maczxxxr, c'est-à-dire de l'an 1243 de J.C. Theudicius, duc de Spolète, «se servait d'un sceau de plomb en 781. Les doges de Venise, les comtes, les «seigneurs de Montpellier et les villes, aimaïent aussi à s'en servir; mais l'em- «pereur Manuel ôta aux doges le privilége de sceller en plomb, que les empecreurs grecs précédents leur avaient accordé. Dès l'an 1064 la république de «Lucques fut gratifiée du droit d'user d'un semblable sceau, par le pape «Alexandre Il, comme si un pareil privilége eût été bien important. On con- «naît une bulle de plomb pendante à un acte de Guillaume VI, seigneur de «Montpellier, sur laquelle était représenté, d'un côté, un homme assis sur «une chaise, jouant de la harpe, avec cette légende autour : Siercr. Gvizr. « DOMINI DE MONTEPESSVLANO ; et, de l’autre, un chevalier armé de toutes pièces, «sur un cheval de bataille, tenant un bouclier dans sa main, sur lequel pa- «raissait un besant avec la même inscription. Il paraît, par une charte de l'an «1146, que Raymond, comte de Tripoli, scellait en plomb. Heineccius rap- «porte plusieurs exemples de pareils sceaux des villes d'Italie et d'Allemagne. «En Languedoc les plus anciens sceaux pendants au bas des diplômes furent «en plomb. Celui de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, pendant «à la charte qu'il donna en 1088 , en faveur de l’abbaye de Saint-André d’A- «vignon, en est la preuve. Dom Vaissette observe que les comtes de Toulouse «scellèrent toujours depuis en plomb les chartes qu’ils donnèrent pour leurs «domaines situés dans l'étendue de leur marquisat de Provence, ou du comitat « Venaissin. Les autres chartes qui concernaient le reste de leurs domaines « furent scellées en cire, soit avec le grand , soit avec le petit sceau. Aux xur° et «x1v° siècles, dans la France méridionale, les seigneurs particuliers faisaient «sceller en plomb leurs contrats. Nous en avons vu cinq ou six en original

PARTIE IV. — CHAPITRE IV. 19 «munis de la bulle de plomb du vendeur. C'était alors une des fonctions des «notaires publics d'attacher ces bulles avec des cordons, des lacets et des fils «de chanvre de différentes couleurs. Afin de rendre les actes plus authentiques, «on en Ôtait quelquefois les sceaux de cire pour y mettre des bulles de plomb. «En 1186 Hugues de Baux, vicomte de Marseille, avait confirmé par un acte «toutes les donations que ses prédécesseurs avaient faites à la commanderie de « Trinquetaille, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Cette charte de confir- «mation n'avait été scellée qu'en cire ; mais, en 1209, il fit mettre à la place «son sceau de plomb, par un notaire et en présence de plusieurs témoins ; «ainsi qu'il est porté dans l'acte dont l'original est à Arles, dans les archives de «l’ordre de Malte. »

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