CHAPITRE PREMIER
NOMS ET CLASSIFICATION DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE SCEAUX ET DE CONTRE-SCEAUX.
Les Romains employaient pour sceller leurs lettres des anneaux qu'ils nommaient simplement annuk, ou qu'ils désignaient d’une manière plus précise en ajoutant l'une des épithètes signatorü, sigillaricu et cerographi. Cicéron, dans sa troïsième Catilinaire, a employé dans le même sens le mot signum, qui était encore très-usité au vi‘ siècle, mais qui, dans la suite, sans perdre entièrement cette signification , sentendit plutôt des croix destinées à remplacer les signatures, des monogrammes, et peut-être même des parafes. Le mot signaculum avait les mêmes acceptions. Quoique bulla s'applique le plus souvent aux sceaux des papes, et en général aux empreintes de métal, plutôt qu'à celles de cire, cependant ce terme a été aussi employé pour désigner toute espèce de sceaux : «Les recueils de M. Argelati, disent les Bénédictins, nous «ont fait connaître un édit de l’empereur Henri VII, donné l'an 1311, où le «sceau est nommé bulla cerea.» Du 1x° au xu° siècle, on a désigné de temps en
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temps par le mot bulla les sceaux des rois de France, ceux de quelques grands seigneurs, et surtout ceux des prélats et des chapitres. Les Grecs avaient deux expressions différentes pour l'empreinte du sceau (Boima), et pour l'instrument avec lequel on faisait cette empreinte (Boumorrpior ) : la matière même de l'empreinte était souvent désignée par des mots composés, tels que XPUTGOUMOY , mouGeouAor, xnpGoumor (sceaux d'or, de plomb, de cire). S. Avit, évêque de Vienne, se sert dans une de ses épîtres du mot signalorium ; mais, de tous les termes qui ont été employés pour désigner les sceaux, le mot sigillum est celui dont on a fait le plus fréquent usage. Dès la plus haute antiquité on avait donné ce nom à l'empreinte du sceau; au 1x° siècle, on se servit quelquefois du même mot pour désigner le sceau lui-même, et du xi° au xu° on cessa d'employer le mot annulus, qui jusqu'alors avait eu la préférence. Plusieurs textes, cités par les Bénédictins, prouvent aussi que, pendant le moyen âge, les actes étaient souvent nommés sigillum 1, sigillatio ou sugillatio, de même que l’on appelait bulles les lettres des papes et les constitutions des empereurs. « Le sceau, disent les mêmes auteurs, tirait quelquefois sa « dénomination de la figure qu'il représentait. Manassès, archevêque de Reims, cratifia, en 1105, une donation faite à l'abbaye de Saint-Vincent de Laon, «en ces termes : Per imaginis nostræ impressionem in sæcula ratam constitur. Dans «le pays Messin, le sceau public pour burleter ou sceller les contrats s'appelait cbullette où burlette…... Au cinquième chapitre des Assises de Jérusalem, les «sceaux sont nommés coins. Un privilége, dit de Beaumanoir, doit être coigné «des coins dou seignor. L'an 1261, Beaudouin II, empereur de Constantinople, «donna un diplôme qui finit par ces mots: Seigné de nos imperiaux enseignes ; «cest-à-dire, scellé de notre sceau impérial ou de nos armes impériales. » Il est inutile d'avertir que dans les actes en langue vulgaire le mot sceau, qui s'écrivait scel, seel, saiel, etc., était aussi fréquemment employé que le mot sigillum dans les actes latins.
Sigillum est un terme générique qui s'appliquait à toute espèce de sceaux, mais dont le sens était souvent fixé d'une manière plus précise, suivant que l'on voulait désigner les sceaux publics ou secrets. On cite, par exemple, une charte dans laquelle l'empereur Henri IV annonce que son père a scellé un acte, non du sceau ordinaire, communt sigilo, mais du sceau secret, secreto. Toutefois, le mot commune ne paraît pas avoir toujours désigné le grand sceau ; voici, en effet, ce qu'on lit dans le Nouveau Traité de Diplomatique : « Quoi-
! De là cette expression du x siècle : sigil- ogpayid'ec pour désigner toute espèce d'actes; le lum millere où projicere, lancer une citation. mot saÿel, dans la langue vulgaire, avait la
Les Grecs ont aussi employé les mots cyfamæ et même signification.