PARTIE IV.— CHAPITRE VI
champ de l’écu dans le contre-sceau n° 4 de la planche $. En termes de blason, un lion doit être rampant, c'est-à-dire dressé sur ses pattes de derrière ; il faut aussi que sa tête soit vue de profil. Le léopard, au contraire, doit être passant, c'est-à-dire marchant surses quatre pattes; sa tête est vue de face”. Pour décrire les armoiries du sceau n° 4 de la planche $, on dit (Notice GXIV) que le prince porte l'écu d'Angleterre, brisé d’un lambel de cinq pendants brochant sur le premier léopard. Les rois d'Angleterre portent trois léopards; mais les fils de rois, comme les cadets de famille, en adoptant les armoiries de leurs pères ou de leurs ainés, les distinguaient souvent par l'addition, l'altération ou le retranchement de quelque pièce; c'est ce qu'on appelle armoiries brisées. Quand les armoiries se brisaient par addition, on ajoutait de préférence une pièce qui n'altérait pas considérablement le blason principal ?. Ici la brisure est un lambel de cinq pendants, c'est-à-dire un filet horizontal auquel se rattachent cinq traits verticaux. Le nombre des pendants varie dans les lambels depuis deux jusqu'à sept. On dit que ce lambel broche sur le premier léopard, parce qu'il passe sur le léopard et le recouvre en partie. Lorsqu'il y a au centre d'un écu écartelé un petit écu qui recouvre une portion des quatre quartiers, on dit que cet écu broche sur le tout ; ou bien, après avoir énoncé les armoiries de ces quatre quartiers, on ajoute et sur le tout, d'Angleterre, de France, de Flandre, etc.; ce qui signifie qu'un écu aux armes d'Angleterre, de France ou de Flandre, recouvre une partie des armoiries représentées dans les quatre quartiers de l'écu principal. (Voyez la notice du sceau n° 4 de la planche N.) La croix est une des pièces qui admettent les modifications les plus nombreuses. On appelle croix potencée celle dont les branches se terminent en forme de T°, comme sur le sceau n° 2 de la plancheK. Les petites croix qui sont placées entre les branches de la croix principale se nomment croisettes. Une croix cantonnée est celle qui donne place, dans l'intervalle de ses branches, à des figures accessoires: ainsi, dans le contre-sceau n° 2 de la planche K, la croix potencée est cantonnée de quatre croisettes; dans le haut du sceau n° 1 de la planche T, à la droite du roi, un ange soutient un écusson sur lequel est une croix cantonnée de quatre merlettes *. On distingue, quoique confusément, dans le bas de cet écusson,
! Quand la tête d’un lion rampant est vue de face, on dit que c’est un lion léopardé; quand la tête d’un léopard passant est vue de profil, on dit que c'est un léopard lionné.
? On brisait par la bordure, le canton, le bàton, le croissant, l'étoile, le besant, etc.
5 Le mot potencé s'emploie, non -seulement pour la croix, mais encore pour toute pièce ter-
minée en T. Ainsi le quatrième quartier de l'écusson , dans le contre-sceau n° 3 de la planche S, porte une bande accompagnée de quatre cotices potencées ; on dit en outre que ces cotices sont contre-potencées, parce que les potences sont opposées entre elles.
4 La merlelle est un oiseau qui se représente sans bec et sans pattes.
une cinquième merlette placée au-dessous de la branche inférieure de la croix : c'est ce que l'on énonce par les mots accompagnée d'une merlette en pointe. Enfin, cette croix est dite florencée, parce que les branches se terminent par une fleur delis. L'écusson placé à la gauche de l’évêque, sur le sceau n° 9 dela planche (O7 porte trois croix vidées, cléchées et pommetces. Ces croix sont vidées, parce que leurs branches sont à jour et laissent apercevoir le champ de lécu; cléchees, parce que les extrémités s'évasent à peu près comme la poignée d’une clef; pommetées, parce qu'elles se terminent par de petites boules où pommes. On nomme aigle au chef-part, une aigle qui a deux têtes !. (Voyez l'aigle qui occupe le champ de l’un des écussons du sceau n° 12 de la planche O.) Dans le sceau n° 2 de la planche Q, la fasce est retraite, parce qu'elle ne touche qu'un des bords de l’écu ?; elle est abaissée, parce qu'elle est au - dessous du milieu de l'écu. Sur le même sceau, on voit à la droite de l'évêque une pièce héraldique représentant une espèce de prunier ou de cerisier sauvage nommé créquier en termes de blason. Chargé, se dit des pièces principales comme le pal, la fasce, la croix, les lions, etc., sur lesquelles sont placées des pièces accessoires : sur le sceau n° à de la planche P, par exemple, on voit un écu dont le chef est chargé de trois losanges. Le mot chargé, qui sapplique à une pièce, ne semploierait pas pour le champ de l'écu. On ne dirait point : Charles V portait un écu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or; 1 faudrait dire : Charles V portait d'azur à trois fleurs de lis d'or.
Il est inutile d'avertir que ces courtes indications ne peuvent dispenser le lecteur de recourir à des ouvrages spéciaux sur le blason. On peut consulter la Science héraidique, par Marc Vulson de la Colombière (1 vol. in-f°, Paris, 1644); la Vraye et parfaite Science des armoiries, par Geliot, augmentée par P. Palliot (1 vol. in-f°, Paris, 1664); la Nouvelle Méthode raisonnée du blason, par P. C. F. Ménestrier {1 vol. in-12, Lyon, 1754); la Nouvelle Méthode raisonnée du blason, ou l'Art héraldique du P. Ménestrier, mise dans un meilleur ordre et augmentée de toutes les connaissances relatives à cette science, par M. °°” {1 vol. in-8°, Lyon, 1770). Ce traité anonyme est sans contredit plus méthodique et plus complet que celui du P. Ménestrier. Ces différents ouvrages fournissent non-seulement l'explication des règles et des termes du blason, mais encore un assez grand nombre de renseignements sur
! On trouve aussi le mot éployé, pour désigner l'écu, on dirait qu’elle est alezée; le mot péri s'eml'aigle à deux têtes; mais ce terme s'applique plus ploie dans le même sens pour le bâton. On dit, ordinairement aux oiseaux dont les ailes sont par exemple, un bâton péri en bande. Une croix étendues. est alezée quand aucune de ses branches ne touche
2 Si elle ne touchait ni l'un ni l’autre bord de les bords de l'écu.