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marquées sur le sceau et sur le contre-sceau : on peut voir d'un côté les armes propres d'un seigneur, et de l’autre celles de sa mère ; une femme alliait souvent les armes de son mari avec celles de son père'. Enfin les nombreuses variations des armoiries des rois de France prouvent que l'on ne se faisait pas scrupule de varier le nombre et la disposition des pièces de l'écu : quoique Charles V passe pour avoir fixé définitivement les armes de France en réduisant les fleurs de lis au nombre de trois, on retrouve encore les fleurs de lis sans nombre au revers de l'un des sceaux que Charles VIT employait en l'absence du grand. (Voyez PI. J, n°2.)
Les acquisitions de domaines, les alliances, les brisures des puinés, n'étaient pas les seules causes qui pussent faire varier les armoiries d’une famille. « Les princes souverains, disent les Bénédictins, ont souvent donné leurs armes «aux seigneurs qu'ils affectionnaient particulièrement. On metau nombre des «plus anciennes concessions d'armoiries, celle que fit Richard I‘, roi d'Anglecterre, en faveur de Geoffroy de Troulart, sire de Joinville. M. de la Curne de «Sainte-Palaye croit que ce seigneur avait mérité d'être fait chevalier de la «main de Richard, qui en même temps lui avait donné ses armes, et que le «sire de Joinville en avait parti son écu.en les joignant à celles de sa famille. «C'est par un semblable motif de reconnaissance et de respect, ajoute le sa- «vant académicien, que le prince d'Antioche, âgé de seize ans, suivant Join- «ville, écartela ses armes de celles de S. Louis qui le fit chevalier , et que «plusieurs villes de France portent en chef les armes du roi, comme les car- «dinaux portent aussi celles du pape dont ils sont créatures.» Une action d'éclat amenait souvent un changement dans les armoiries. Les plumes d’autruche et la devise Ich dien (je sers) n'ont paru, dit-on, dans les armoiries des princes de Galles, que depuis la bataille de Crécy, où le fils d'Édouard III s'empara de cet emblème qui formait les armes du roi de Bohême. Le blason d’un seigneur pouvait aussi être altéré en signe de honte et de punition : c'est ainsi que Jean d’Avesnes, qui avaitinjurié, en présence de S. Louis, sa mère Marguerite, comtesse de Flandre, fut condamné à porter le lion de ses armes morné, c'està-dire sans langue et sans ongles ?. Le P. Ménestrier supposait que les dignités
: Quelquefois elle se contentait de porter les crelum (J. 224, an 1233). La même charte a été
armoiries de son mari ou celles de sa propre fa- scellée par Henri d’Avaugor, dont le contre-sceau mille. Ce dernier usage est constaté par le contre porte pour légende : Sub scuto meo esl meum sesceau de Marguerite, femme de Henri d’Avaugor. crelum.
Le champ de ce contre-sceau est occupé par un ? Un lion qui.montre la langue est dit lam-
écu portant six pièces (qui paraissent être des passé; celui qui a des ongles est un lion armé, écussons) rangées trois, deux et une : la légende on se sert dans le même sens du mot onglé. Ces est ainsi conçue : Sub sculo palris mei est meum se- expressions s'appliquent à plusieurs animaux.