‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 73 sur 283 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

vair sont surmontés d'un chef chargé d'une fleur de lis au pied nourri. Les deux sceaux n'ont pas de revers; ils portent pour légende : 1° + s. Gvinonis DE SCO. PAYLO MiLrris ; 2°+5s. [AQVE DE CHASTELLON FIL LE CONTE DE SAINT Por. On retrouve le lambel de cinq pendants sur le sceau de Jean, successeur de Gui IV (J. 376, an 1340) : + s. lomannis DE CasrELLI0E. corris. scr. Pavir. Sa femme, Jeanne de Fiennes, est représentée debout sous une niche gothique ; à sa droite est l'écusson de Saint-Paul; à sa gauche, celui de Fiennes, portant un lion : s. IonANNE DE FiIENLIS CoMITISSE sr. PAUL.

Ide succéda, en 1173, dans le comté de Boulogne, à Mathieu d'Alsace, son père. En 1191,au plus tard, elle avait épousé en quatrièmes noces Renaud de Dammartin; l'écu de son mari et le sien ? forment le revers d’un sceau en ogive (J. 238, en 1201) sur lequel on la voit debout, portant un faucon sur le poing gauche : sIGILL. ÎDE COMITISSE Boronie. Les armes de Dammartin paraissent seules sur le bouclier et sur le contre-sceau de son mari; les deux faces sont d'égale grandeur : sicizvm REINALDI GOMITIS BoLonIE ; au revers, le mot sigillum est remplacé par secretum (J. 238, an 1204). Philippe, frère de Louis VIIT, portait semé de France au lambel de trois pendants; on voit sur le contre-sceau une grande fleur de lis, dontla partie supérieure sépare les lettres PH ; la légende du sceau ne lui donne que le titre de fils du roi de France. On litsur le sceau de Mathilde, sa femme : + siGrzzvm Mazrinis vsoris Paicirpr Fit REGIS FRANGIE; les armoiries de son mari sont marquées au contre-sceau, qui est sans inscription (J. 238, an 1236). Alfonse, depuis roi de Portugal, portait un bouclier parti (à dextre, semé de châteaux; à sénestre, à trois fasces fleurdelisées, brisées d'une bordure); ces armes sont répétées sur le caparaçon du cheval, mais l’écu du revers est parti (à dextre, semé de France; à sénestre, fascé de six pièces) : ALFONSVS FILIVS REGIS PorrV@aLiE GOMES BoLonie (J. 597, an 1241). Le comté de Boulogne passa, en 1260, aux comtes d'Auvergne.

Guillaume III, comte de Ponthieu, a employé un sceau équestre avec un contre-sceau d’égale grandeur (J. 731, an 1212); son bouclier porte quatre bandes; l’écu marqué au revers du sceau n’en porte que trois. Le contre-sceau de Marie, sa fille, porte au revers une fleur de lis, et pour légende, le mot secretum. Les armes de Ponthieu, telles que les décrivent les traités de blason, paraissent sur le bouclier et sur le contre-sceau de Simon de Dammartin , premier époux de Marie; mais ces armes peuvent être celles de Dammartin *.

1 Ces armoiries furent celles des seigneurs de l'autre porte deux tourteaux en chef; ce contre- Leuze; une fleur de lis au pied nourri est celle sceau, qui est aussi en ogive, n’a pas d'inscription. dont les pointes inférieures sont retranchées. 5 Ponthieu portait trois fasces ; et Dammartin,

2 Le premier écusson est fascé de six pièces; fascé de six pièces.

Nous n'avons pas rencontré le sceau de Jeanne, fille de Marie et de Simon; à sa mort, le comté de Ponthieu passa dans la maison d'Angleterre.

Il existe peu de sceaux des ducs de Normandie ; le plus ancien que les Bénédictins aient eu occasion de rencontrer était suspendu à une charte de l'an 1013, accordée à Dudon, chanoine de Saint-Quentin. Richard IT y était représenté en buste, nu-tête, revêtu de la chlamyde, tenant de la main droite une lance, et de la main gauche un bouclier:+ Ricarpvs nvrv Der Comes. « Le «sceau de ce prince est attaché, disent les Bénédictins, par une longue cour- «roie de cuir, dont chaque lanière entre huit fois séparément et en mon- «tant dans le parchemin, et enfin une neuvième fois. Là, les deux bandes «se réunissent et sont attachées au diplôme au moyen d'un seul nœud.» Richard IT ne scellait pas toujours ses diplômes; ses successeurs Richard II, Robert I* et Guillaume Il, se contentaient souvent d'y mettre leur monogramme ou une croix, avec l'empreinte d'un cachet ou estampille trempé dans l'encre. On ne connaît qu'un sceau de Geoffroi d'Anjou, duc de Normandie ; les deux faces le représentent monté sur un cheval; il tient d'un côté un étendard , et de l’autre une épée. Les Bénédictins annoncent qu'on ne peut lire de l'inscription que Goffridus sur le premier côté, et Normannorum sur le revers. Nous avons parlé ailleurs des rois d'Angleterre et des princes français qui ont été ducs de Normandie. {Voyez l'article premier de ce chapitre , $ 1 etai)

Philippe ou Philippette, troisième femme de Raoul IT, comte d'Eu , est représentée debout entre deux étoiles, tenant une fleur de lis de la main droite : SIGILLM. PuiLippe vxornits Rapvzrt comiris Avr. Le contre-sceau est en Ogive, mais moins allongé que le sceau : on y voit un écu coupé d’un (échiqueté en chef, burelé en pointe) et surmonté d’une fleur de lis : + conrrasr@Lv. Pai- LIPPE (J. 192, an 1 246). Les mêmes armes paraissent au contre-sceau de Marie, fille de Raoul, avec cette inscription singulière : Ÿ SIGILLV. CONTRASIGILLI. Sur le premier côté, elle prend le titre de comtesse d'Eu; elle est représentée debout; à sa gauche, on voit deux quintes-feuilles'; de l’autre côté, un petit chien s'élance comme pour saisir la fleur de lis qu'elle tient dans la main droite (J. 190, an 1256).

Au commencement du xv° siècle, la terre de Mortain fut érigée en comté en faveur de Pierre, fils de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce prince portait écartelé (au 1° et au 4°, de Navarre; au 2° et au 3°, d'Évreux, c’est-àdire semé de France, brisé d’un bâton en bande) :« le seel Pierre filz de roy de «Nauarre conte de Mortaing.» Ce prince est représenté tenant son épée de la

! On appelle quinle-feuille une fleur à cing feuilles, et quarte-feuille celle qui en a quatre.

PARTIE IV.— CHAPITRE VII 149 main gauche et portant son bouclier au bras droit. Le caparaçon du cheval et le contre-sceau, qui n'a pas de légende, sont aux mêmes armes que le bouclier (J. 619, an 1404).

S. Louis donna , au mois de mars 1269, les comtés d'Alençon et du Perche à Pierre, son cinquième fils. Le bouclier de ce prince porte trois fleurs de lis brisées d’une bordure; le caparaçon de son cheval est également bordé, mais semé de fleurs de lis sans nombre; l'éeu marqué au contre-sceau porte avec la bordure six fleurs de lis, posées trois, deux et une: Ÿ s. Perrt FILIT REGIS FRANCOR. COMITIS ÂLENCONIS Z. GARNOT.—CONTRAS. PETRI FILIT REGIS FRANGOR. Jeanne de Châtillon, sa femme, est représentée debout, la tête couronnée, vêtue d’un manteau doublé de vair, et tenant une fleur de lis de la main droite ; à sa droîte est l’écusson de France, brisé d’une bordure ; à sa gauche, l'écusson de Châtillon, à trois pals de vair surmontés d’un chef; le champ du contre-sceau est occupé par un écu échiqueté de six tires, cantonné d'hermines en chef à dextre : Ÿ s. IoHANNE GOMITISSE ALENCONIS ET GARNOTEN. — gs. lons. FILIE COMITIS BLESEN. Ces deux sceaux sont attachés à une même charte du mois de novembre 1271 (J. 727); c'est donc à tort que l'Art de vérifier les dates rapporte à l'an 1272 le mariage de Pierre d'Alençon. En 1290 (J. 175) Jeanne employait un autre sceau dont la légende ajoute à ses anciens titres celui de dame d’Avesnes ; l'écusson placé à sa droite porte six fleurs de lis au lieu de trois, et celui du contre-sceau est parti {à dextre, semé de France et bordé; à sénestre, aux armes de Châtillon). Charles IT, frère de Philippe de Valois, portait semé de France et bordé; ces armes sont marquées sur son bouclier, sur le caparaçon de son cheval et sur l'écu du contre-sceau : st&iLLum Karozr UALESIE COMITIS ALANCONIE... — Ÿ CONTRASIGILLVM KAROLI MiLITiIs (J.227, an 1344). PierreIl est représenté debout, tenant de la main droite une épée, et soutenant de la main gauche un écu semé de France et bordé; les draperies d’un large pavillon occupent le champ du sceau : «s. Pierre conte dA- «lencon et du Perche...» Un écusson aux mêmes armoiries, supporté par deux lions léopardés, occupe le champ du contre-sceau : « Ÿ gtres. Pierre cote. «dAlencon segn. de Fougieres z. vicote. de Beaumont. » (J. 151, an 1380.)

Philippe le Bel donna, en 1307, le comté d'Évreux à Louis, son frère, fils de Philippe le Hardi. Le bouclier de ce prince et le caparaçon de son cheval sont semés de France, brisés d’un bâton en bande; le sceau porte pour légende: siGILLVM Lvpovicr riz REGIS FRAN.. comiris EBroïcEnsis. (Trésor de Numism. ) 11 résulte de cet exemple, et de plusieurs autres sceaux qui ont déjà.été cités, que les princes conservaient le titre de fils de roi longtemps après la mort de leur père. Philippe le Bon, fils de Louis, réunit le comté d'Évreux au trône

de Navarre, dix ans après son mariage avec Jeanne, fille de Louis le Hutin. Éléonore, fille de Raoul le Vaillant, succéda, en 1183, à sa sœur Isabelle, dans le comté de Valois; deux ans après, elle céda la propriété de ce comté à Philippe-Auguste, et s'en réserva seulement l’usufruit; elle continua donc à prendre le titre de comtesse de Valois; elle était en outre comtesse de Saint-Quentin. Un sceau suspendu à un acte de 1194 {J. 163 ) la représente debout, la main droite appuyée sur la hanche, et portant un faucon sur le poing gauche; au contre-sceau on voit un lion : SIGILLVM ÉLIENOR COMITISSE sc. Qvinrint Er VALESIE. — Ÿ secRETVM Eutenor. Charles, fils de Philippe le Hardi, fut investi du comté de Valois en 1285. Il a employé deux sceaux équestres dont les armoiries sont les mêmes (semé de France et bordé). Le premier porte pour légende : s. Karozr REGIS FRAGIE. FL cOMITIS VALESIE z. ALESONIS. — Ÿ cons. Karozr comrris ANDEGAvIE À (J. 171 et 164, ans 1294 et 1296); on dit sur le ‘second: + s. Karozr REGIS FRaNCIE FILIT COMITIS VALESIE 7. ANDEGAV. — + GONT. s. KAROLI COMIT. ALENC. 7. CARNOT. Qi 164, an 1325). a employé aussi un sceau secret portant un écu à six fleurs de lis, brisé d'une bordure et entouré d’une rosace (J. 163, an 1308). Marguerite d'Anjou, sa première femme, est représentée debout sous une niche gothique; aux colonnettes latérales est suspendu de chaque côté un écusson, l'un aux armes de son mari, l’autre à celles d'Anjou; l'écusson du contre-sceau est parti aux mêmes armes:.s. MarGar. REG. Sici. FIL. WAL. ALENC. z. AÂDEG. COMITISSE. — Ts. MARGARETE FILIE REGIS CEGIL. (J. 171, an 1294). Catherine de Courtenai, seconde femme de Charles de Valois, porte une couronne, et tient un sceptre en qualité d'impératrice de Constantinople; à sa droite sont les armes de son mari; à sa gauche, on voit un écusson portant une croix cantonnée de quatre annelets entourant un croisillon, et accompagnés chacun de quatre fleurs de lis; lécu du contre-sceau est parti aux mêmes armoiries : s. KATHE- RINE DEI GRA. IMPA..... MITISSE VALES....... 1, -KaTH- “Dr. GRA: TPATE: (imperatrisse) Consrarin. Ac VaL. coMrris. (J. 410, an 1303). Mahaut, fille de Gui de Châtillon, troisième femme de Charles de Valois, est aussi représentée debout entre deux écussons, l’un aux armes de son mari, l’autre à celles de Châtillon : s. MarmiLpis comrrisse VaLesiE er Carwoten. (J. 164, an 1319). Philippe, cinquième fils de Philippe de Valois, brisait l’écu semé de France d'un lambel de trois pendants; ces armoiries sont répétées sur le caparaçon du cheval et sur l’écu du contre-sceau; le champ du sceau est semé de quartes-feuilles et de têtes de léopards; le casque du prince et la tête du

Avant son mar iage avec Marguerite d'Anjou il devait avoir, sinon un autre sceau, du moins un autre contre-sceau

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