PARTIE IV.— CHAPITRE VIT
cheval sont surmontés d'un griffon : s. Puarcippi rit REGIS FRACORU. Ducs AURELIANESIS. COITIS. VALESIE ET BELLIMOTIS.—COTRASIGILLV. PHILIPPI FILIT REGIS Fraconv. pvcis AVRELIANEN. (J. 358, an 1353). Blanche, sa femme, fille de Charles le Bel, est représentée debout entre deux anges portant deux écussons, l'un aux armes d'Orléans, l’autre semé de France {J. 358, an 1376): s. BLANCHE FILIE REGIS FRANCGIE Z. NAUARRE DUCISSE AURELIANENCIS COMITISSE Uaresie 7. Bezzemonris. Le sceau de Louis, fils de Charles, est à peu près semblable au sceau n° 8 de la planche L; seulement on ne voit pas de couronne dans le champ du sceau, qui est semé d’alérions et de coquilles : «s. Lu- «douici regis Francorum fil ducis Aurelian. comitis Valesie et Bellimotis. «super Ysaram.» Le contre-sceau n’a pas de légende; on y voit l'écu d'Orléans supporté par deux aigles, et timbré d'un casque qui a pour cimier une fleur de lis (J. 222, an 1401).
Mathieu II, comte de Beaumont, mort avant 1177, avait un sceau équestre portant pour légende : sierzzvm Marmer comimis ne Mowre. L’empreinte est trop confuse pour que l'on puisse distinguer si le bouclier porte des armoiries (J. 168, an 1170). Mathieu IIT, son fils, a employé au moins deux sceaux équestres. Le premier est suspendu à une charte de 1177 (J. 168), et porte au revers le sceau de sa femme Éléonore, depuis comtesse de Saint-Quentin et de Valois !; on ne distingue pas d'armoiries sur son bouclier. Sur le second sceau, qui est attaché à un acte de 1189 (J. 168 }, son bouclier porte un lion, qui parait également sur l'écu du contre-sceau : T siGizr. Maruer comrris DE BELLEMONTIS. — + s. MarHer comiT. BELLEMONT. Le contre-sceau de Jean, comte de Beaumont (J. 168, an 1217),est aux mêmes armoiries, mais il ne porte pas de légende; on lit sur le premier côté : Ÿ s. lomis. comrris BeLLimonris.
Les armoiries des comtes de Dreux paraissent avoir été fixées, dès l'origine, par Robert I”, tige de cette maison; les auteurs de Art de vérifier les dates affirment du moins qu'il prit pour ses armes léchiquier d'or et d'azur. Il céda le comté de Dreux, en 1184, à son fils aîné, Robert IT, qui employait en 1202 (J. 218) un sceau équestre sur lequel on le voit portant un bouclier échiqueté de six tires et bordé; l'écu marqué au contre-sceau est à seize points d'échiquier et bordé : sicrzz. comrris Rogenri Drocensis. — Ÿ CONFIRMA oc Devs. Pierre, second fils de Robert Il, employait, du vivant de son père
1 Nous avons déjà eu occasion de signaler ce alors comtesse de Valois ; ce sceau diffère donc de fait remarquable. Quoique ces deux empreintes celui qu'elle a employé dans la suite. Quant à soient trop confuses pour qu'on puisse en trans- Mathieu, il est possible qu'il ait eu, de 1183 à crire la légende, on reconnaît que Mathieu s'y 1185, un sceau sur lequel il prenait le titre de intitule comte de Beaumont. Éléonore n'était pas comte de Valois.
(J. 218, an 1212), un sceau équestre aux mêmes armoiries, mais brisées en chef à dextre d’un canton à trois fasces,de vair (ce sont les armes de sa mère Yolande de Coucy). Dans la légende principale il prend le titre de fils du comte de Dreux et de Braine, quoique sur le sceau de son père il ne soit pas fait mention de ce dernier comté : + sie. Perrr riz comruis Rogrr. Droc. 7. Brax. —Ÿ sEecrervu Perri. Robert IIT portait aussi lécu échiqueté et bordé, mais sur le caparaçon du cheval on voit un bâton en barre brochant sur un lion. Il avait épousé, en 1210, Éléonore, fille de Thomas, sire de Saint-Valery; il ajoutait donc ce nouveau titre à celui de comte de Dreux : s. Rogrr. comrris Droc. 7. nt scr. WaLErrGt (J. 218, an 1225). Le contre-sceau ne porte pas de légende. Éléonore avait aussi un contre-sceau sans légende portant l’écu échiqueté, mais sans bordure; on lit sur le sceau : s. Aanor. corrisse. Droc. DE. saxcTI WaLEeriG1 (J. 218, an 1225). Robert V était âgé à peu près de quinze ans, lorsqu'il succéda à son père, Jean IT, en 1309; l'année suivante il n’était pas encore chevalier, et n'avait pas de sceau équestre; l'empreinte suspendue à un acte de 1310 (J. 236) porte l'écu échiqueté et bordé, entouré d'une rosace à douze feuilles : + ….z (seel) RoBerr conte DE DREVES ESCVIER; il n'y a pas de contre-sceau.
Simon IV de Montfort succéda en 1181 à son père, Simon III, dans la seigneurie ou baronnie de Montfort Amaury. En 1195 ilsintitule seigneur de Montfort; le sceau suspendu à cet acte {J. 216) porte pour légende : Ÿ srGrr- Lvm Srmonis DE Monrerorri. Simon de Montfort y est représenté à cheval, sonnant de la trompe, et portant un bouclier sur lequel on voit un lion contourné à la queue fourchue; dans le champ, on distingue des arbrisseaux; deux levriers courent près du cheval. Ce sceau n'a pas de revers. En 1211 et en 1215 (J. 890, olim 838), il s'intitule seigneur de Montfort, comte de Leycester, et vicomte de Béziers et de Carcassonne; mais ces titres ne paraissent pas dans la légende: * srerzr. Simonis De Moxreronir. Il est représenté nu-tête, sonnant de la trompe, monté sur un cheval qui galope vers la gauche; derrière le cheval on voit un arbrisseau, et dans le bas un chien de chasse; l'écu du contre-sceau porte un lion contourné. On trouve au bas d’un acte de 1230 (J.241 ) le sceau de son fils Amauri VI: le bouclier, le caparaçon du cheval et l'écu du contre-sceau portent un lion à la queue fourchue : + siGizz. Amazricr comrris…. 1s { Montis) rorris. Les Bénédictins parlent d'un contre-sceau sur lequel on voyait l'oriflamme avec l'inscription Veritas.
Louis le Boiteux, comte de Clermont en Beauvoisis et sire de Bourbon, employait, en 1325 (J. 1 55), un sceau équestre dont le champ est losangé; son bouclier, le caparacon du cheval et le champ du contre-sceau sont semés de
PARTIE IV.— CHAPITRE VII. 153 France et brisés d'un bâton en bande; il tient une lance dans la main droite : Lupouicus comes Cr..…..rrs (Claromontis) nomnus Borsovnexsis. Louis le Bon, son petit-fils, duc de Bourbon, comte de Clermont et de Forez, pair et chambrier de France, est représenté debout, la tête nue, tenant une épée dans la main droite, la main gauche appuyée sur la hanche, vêtu d'une tunique à ses armes, dont les manches relevées au-dessus des coudes laissent apercevoir son armure; à sa droite est son bouclier {semé de France et brisé d’un bâton en bande) attaché à un pilier qui supporte aussi un. casque orné de la couronne ducale, et dont le cimier est formé par un bouquet de plumes de paon : ts. Ludovici ducis Borbonen. coitis. Claromonten. 7. Foren. paris 7. camerarii «Fracie.» Le champ du contre-sceau est aux mêmes armoiries : + coNrrasr- GILLUM MAGNI SIGILLI NOSTRI (J. 276, an 1394). Thibaut réunit, en 1125, le comté de Champagne au comté de Blois, dont il avait hérité en 1102; mais il ne prit jamais, dit-on, le titre de comte de Champagne. Il est nommé comte de Blois dans une charte dont la date est comprise entre les années 1130 et 1143 ($S. 2158); le sceau équestre suspendu à cet acte le représente tenant une pique de la main droite, et portant au bras gauche un long bouclier triangulaire, sur lequel on ne distingue pas d'armoiries, peut-être à cause de l’imperfection de l'empreinte: + sicir- TVMNRE -ATINT COMITIS (sigillum Teobaldi palatini comütis). Thibaut III ne prenait pas non plus le titre de comte de Champagne, mais celui de comte de Troyes, comme le prouve la suscription d'une charte de 1198 (J. 199) et la légende du sceau équestre attaché à cet acte : siG1z. THEOBALDI T'RECN. comrTIs PALATINT; son bouclier est aux armes de Champagne, qui ne paraissent que fort confusément sur l’écu marqué au contre-sceau : T SEGRETVM MEV. Micur. Son fils Thibaut IV, devenu depuis roi de Navarre, lui succéda en 1201, sous la tutelle de Blanche de Navarre, sa mère. Les Bénédictins annoncent que cette princesse eut un contre-sceau à ses armes depuis l'an 1206. Le sceau suspendu à un acte de 1210 (J. 199) porte en eflet au revers l’écu de Ghampagne avec cette légende : PASSAVANT LE MEILLOR; sur le premier côté, elle est représentée debout, la tête nue, tenant dans la main droite un rameau fleuri : SIGILLVM BLANCHE GOMITISSE TRECENSIVM PALATINE. Thibaut IV, avant de monter sur le trône de Navarre, avait un sceau équestre, dans le champ duquel paraît, au-dessous du cheval, l'empreinte d'une pierre antique; le champ du contre-sceau porte aussi l'empreinte d'une pierre antique de forme ovale, représentant une femme aïlée et demi-nue qui suspend une armure au-dessus
! Le bâton est placé en barre sur le caparaçon du cheval.
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de la tête de l'Amour: + siGiLz. THEOBALDI coMITIS CAMPANIE ET BRIE PALA- TINI. — Ÿ PASSAVANT LE MEILLOR (J. 199, mars 1226) !.
Hugues Il, comte de Rethel, est coiffé d'un casque à visière; il tient une épée de la main droite, et porte un petit bouclier, sur lequel on distingue deux râteaux posés en fasce, dont les dents triangulaires ressemblent aux pointes d'un émanché; l'écu marqué au contre-sceau est aux mêmes armoiries : + sicizivm Hvconis commis Recrresrensis. — Ÿ s. Hvconis comrris Recrresrensis (J. 387, an 1201, v. s.). Voyez ci-après l'article des comtes de Nevers.
Henri V, comte de Grandpré, a eu deux sceaux équestres qui diffèrent par le diamètre, la légende et les armoiries. Le premier, suspendu à un acte de 1213 (J. 199), a deux pouces et demi de diamètre : + sicizz. HENRICI COMITIS pe GrAND1 PRaTO; l'écu du contre-sceau porte trois fasces : T SEGRETVM EsT. En 1217 eten 1220 (J. 153 et 168), on trouve un sceau de trois pouces de diamètre, dont la légende est ainsi conçue : Ÿ siGrLLvm comiris HENRICI DE MAno pRATo; la légende du contre-sceau est la même que pour le contre-sceau précédent, mais l'écu porte six burelles; le bouclier du comte est aux mêmes armes.
Jean II, comte de Roucy et seigneur de Pierrepont, est monté sur un cheval galopant vers la gauche; il porte un bouclier cantonné en chef à dextre, mais on ne distingue rien sur le canton; les armoiries du champ de l'écu, qui sont fort confuses, paraissent être demande DE Rover pNi. DE PE- TREPONTE ; le mot secrervm se lit sur le revers autour d’un écu dont les armoiries sont indistinctes (J. 380, janvier 1227). Son petit-fils, Jean IV, porte un lion ? sur son bouclier et sur le caparaçon de son cheval (J. 165, an 1288): ARE omrris DE ROVGEIO DNI. Q. PETREPONTIS. — Ÿ OTRAS. GOMITIS DE ROVGEI0.
Béatrix, veuve de Guillaume I“, comte de Joigny, est représentée debout, coiffée d'une toque ronde, et tenant une fleur de lis de la main droite; l’écu du contre-steau porte une aigle? : +srGrivm Brarricis comrrisse Iovienracr —+secrervm (J. 199, février 1222). Agnès de Brienne, femme de Jean II, est représentée debout, la tête nue, tenant une rose dans la main droite; on voit
1 Une empreinte du même type est suspendue à un acte du mois de novembre 1214 (J. 199); Thibaut ne devait pas encore avoir quatorze ans accomplis: il en résulte que les mineurs avaient, dans certains pays, le droit de sceller. Get exemple est d'autant plus remarquable que Thibaut reconnaît, dans l'acte même, qu’il s'est engagé à rester sous la tutelle de sa mère jusqu'à ce qu'il ait atteint l’âge de vingtet un ans. Voici le passage
qui renferme cette déclaration : « Ego eidem do- «mino regi et domine matri mee concessi quôd “antequam habeam viginti unum annos non «exibo de ballio matris mee, nisi hoc fecero per «ipsam et de voluntate et assensu ipsius. »
? Ce sont les armoiries que le P. Anselme donne à Robert II, petit-fils de Jean IV.
5 Ce sont probablement les armes des anciens comtes de Joigny.
PARTIE IV:—=CHAPITRE- VII. 155 de chaque côté deux écussons; l'un porte une aigle, l'autre un lion sur un champ semé de billettes; l’écusson du contre-sceau est parti aux mêmes armoiries : s. AGNETIS DE BRENA COMITISSE DE IOIGNIAGO — SECRETV. AGNETIS COMITNIS.. Toréxract (J. 199, an 1306).
Thibaut II, roi de Navarre, accorda le comté de Rônay à son frère Henri le Gras, qui luisuccéda en 1270. Les armes de Champagne, brisées d’un lambel de cinq pendants, paraissent sur le bouclier de ce prince, sur le caparaçon de son cheval et sur l'écu marqué au contre-sceau : s. HeNRIGT FIL (regis Navarre) co- MiITis DE Ronasco. — + s. HenRicr riLir REGIS ARE. Blanche, fille de Robert d'Artois, son épouse, est représentée debout entre deux écussons, l'un aux armes de son mari, l’autre aux armes d'Artois; dans le bas du sceau, on voit les armes de sa mère Mahaut de Brabant : +5. BLANoHE comrrisse pe Rounaco. Ces deux sceaux sont attachés à une charte de février 1269 (J. 530).
Dom Calmet suppose qu'Albert ou Adelbert a porté le titre de duc de Lorraine de 979 à 1037, et il lui attribue un sceau dont les Bénédictins démontrent l'évidente fausseté. On ne connaît pas d'acte scellé par Gérard d'Alsace,
premier duc héréditaire de Lorraine. En 1078, Thierri, son fils, employait
un sceau équestre de trois pouces et demi de diamètre; la selle du cheval est fort simple; le duc tient une lance de la main droite, et de l'autre un bouclier ovale. Sur un sceau de 1132, un peu plus petit que le précédent, le duc Simon L” est représenté à cheval, avec des étriers et des éperons, tenant une lance de la main droite, et de l'autre un bouclier oblong ct pointu : + Sy- MON GRA. Dr. LOTHARINGORVM pvx ET MARGH1o. « Les ducs de Lorraine, disent les « Bénédictins, ont toujours été fort jaloux du titre de marquis où marchis !. » En 1144, Mathieu l* employait aussi un sceau équestre sur lequel il est représenté coïffé d'un bonnet pointu, et armé d'une épée; son bouclier triangulaire est chargé de trois bâtons en sautoir terminés par des fleurs de lis:
1 Ce titre de marquis n’a probablement pas été pris d’une manière aussi constante par les ducs de la basse Lorraine; il est facile en tout cas de distinguer leurs sceaux au titre de duc de Brabant. Henri le Débonnaire s'intitula, dans une charte de 1257, duæ Lotharingie et Brabantie; le sceau suspendu à cet acte est tellement mutilé qu'il ne reste rien de la légende du premier côté. On voit le lion de Brabant sur le caparaçon du cheval et sur le bouclier; le contre-sceau a environ deux pouces de diamètre; il représente le duc à cheval : il ne reste de la légende que ET MARGHI. . . . Jean I, fils de Henri le
Débonnaire, est représenté à cheval, la tête nue, un faucon sur le poing ; le lion de Brabant est dans le champ du sceau, derrière le cheval : # s1611LvM Toxannis DvciS LOTHARINGIE ET BRABANGIE; au revers de ce type, on trouve quelquefois l'empreinte d’une pierre antique, entourée des mots : SEGRETvM vais (J. 523 ,an 1269). En comparant plusieurs sceaux mutilés de Jean I], on reconnait que la légende du premier côté et celle du conire-sceau équestre étaient ainsi conçues : s. lomis. Der cra. pvais Loraar. BraganT. et LimvrG. (ou Lymburg). — s. lonis. Dvcis BRABANT. E1 MARGBIONIS IMPERY.
+ Marevs pvx er marco Lornaricorvm. Le cheval de Mathieu porte un rang de sonnettes au poitrail. On ne retrouve cet ornement que sur le sceau de Simon Il, son fils, dont voici la légende : + Simon pvx LOTHORINGIE MARCHIO. Un sceau de 1196 représente Ferry de Bitche à cheval, un mortier sur la tête, et portant un bouclier, sur lequel paraissent pour la première fois les trois alérions ; on les voit aussi sur l’étendard qu'il tient dans la main droite. Ces armoiries furent conservées par ses successeurs. Le sceau de Ferry de Bitche porte pour légende : + sierzzv. ni. Frinemier pe Brrris. Ferry de Bitche ne prend pas ici le titre de duc de Lorraine, qu'il n’a pu porter qu'après l'abdication de son frère, en 1205. Un sceau de 1208 représente Ferry Il monté sur un cheval dont le caparaçon traînant est orné d’un rang de six alérions: il ÿ en a trois seulement sur l’étendard , ainsi que sur l'écu du contre-sceau : io GILLVM FREDERIC *DVGIS LOTHORINGIE ET MARGHIONIS. — s. FREDERIC. Le sceau de Thibaut [* (1213-1220) a environ trois pouces et demi de diamètre ; le duc, monté sur un cheval sans caparaçon , est coiffé d’un mortier, et armé d'une pique à banderole; son bouclier ne porte que trois alérions; la légende ajoute au titre de duc de Lorraine celui de comte de Dachsbourg : Treo- BALDVS DVx LOTHORINGORVM MARGHIO coMES DE Dapor. Le sceau équestre de Mathieu IT (1220-1251) n'a pas tout à fait deux pouces de diamètre; le contresceau, qui est moitié moins grand, représente l'écu aux trois alérions : s. Ma- THEL DVGIS LOTHORINGIE ET MARGHIONIS. — + MarTnevs. Parmi les sceaux des ducs de Lorraine que nous avons eu occasion de voir aux Archives du Royaume, le plus ancien (sauf un sceau brisé de Mathieu 11) est celui de Ferry HI (J. 933, an 1264); il a trois pouces de diamètre. Le duc, monté sur un cheval galopant vers la gauche, tient de la main droite une pique ornée d'une longue banderole, et porte au bras gauche un bouclier, ayant pour armoiries une bande chargée de trois alérions; ces armoiries sont reproduites deux fois sur le caparaçon du cheval : s. FREDERIC D... HORINGIE ET MARC...NIS; le contre-sceau , qui n’a que deux pouces de diamètre, représente le duc monté sur un cheval sans caparaçon, qui salope vers la droite; il tient une épée et porte un bouclier aux mêmes armoiries : + siGILLVM SECRET. Dom Calmet a publié, d'après un titre de 1295 ou 1296, un autre sceau dont le revers représente l'écu de Lorraine; le premier côté porte pour inscription : SiGILLVM FREDERICI..... Lot... er marcmtonis. Thibaut Il est monté sur un cheval galopant vers la droite, dont la crinière s'élève en forme de panache : + siGiLivm TusoBazpr pycis LOTHORING. z. MarGHr. Dom Calmet n'a pas publié le contre-sceau de Thibaut IT. Le même auteur à fait graver un sceau de vingt-deux lignes de diamètre, qui représente Ferry IV monté sur un cheval galopant vers la gauche :
PARTIE IV. — CHAPITRE VIT. 157 Ts. FERRIDERIGI pvGIS LOTHORINGIE ET MARGH1IONIS. On voit une aigle dans le champ, derrière le duc. Nous présumons que c'est la gravure réduite d’un sceau de deux pouces trois quarts de diamètre, dont il existe aux Archives du Royaume une empreinte mutilée. Le sceau de Raoul (1328-1346) se distingue par l'aigle qui sert de cimier à son casque. Celui de Marie de Blois, sa femme, représente un écu parti de Lorraine et de Blois, supporté par deux hommes sauvages, et suspendu à un arbre; on voit dans le champ deux aigles, et au pied del'arbre deux lionscouronnés. On connaît troissceaux de Jeanl°, qui porta le titre de duc depuis 1 346 jusqu'en 1390 ou 1391.Le champ du sceau équestre est losangé et semé d'alérions; l'empreinte qui existe aux Archives du Royaume (J. 579, an 1367) ne laisse paraître qu'une partie de la légende, que nous complétons d'après la gravure de Dom Calmet: sierzLum Tonanis pucis LornoriGre. ET MARGHIONIS. On voit au revers l’écu de Lorraine : Ÿ CONTRASIGILLUM [oHANNIS pucis Lotto. Er MarGu. ! On trouve au bas d'un acte de 1378 (J. 986, olim 926) un sceau de seize à dix-sept lignes de diamètre, portant l'écu de Lorraine timbré d'un casque couronné, qui a pour cimier une aigle ; cet écu est placé entre deux griflons:s. lonis. vais Loror.z. MARCH. Enfin, Dom Calmet a publié, d'après un acte de 1373, un autre sceau à peu près semblable, mais sur lequel on ne voit pas de griffon: s. Tlomannis pvGiS LoToRINGIE. Charles Il est monté sur un cheval galopant vers la gauche; son casque à pour cimier une aigle; le-champ du contre-sceau est occupé par l'écu de Lorraine : «sigillum «Karoli ducis Lothoringie (et marchionis) — + contrasioillum Karoli ducis «Lothor. z. march.» Dom Calmet a publié un petit sceau de Charles II, à peu près semblable à celui de Jean; au lieu de griffons, ce sont des lions couronnés qui servent de support à l'écu de Lorraine. René d'Anjou (1431-1453) n'a probablement pas eu de sceau équestre; on voit, sur une gravure publiée par Dom Calmet, une couronne ducale au-dessus des armes d’Anjou-Sicile {trois fleurs de lis brisées d’un lambel de cinq pendants). L'inscription est précédée de la croix : Renarvs Ex Sicitia LILIIS GoRONATvs. Le champ du contre-sceau
de Lorraine est occupé par quatre écus orbiculaires aux armes de Hongrie, de Jérusalem, d'Anjou et de Bar; la croix de Lorraine sépare entre eux les mots de cette légende : AnDEGAvIS Bart Dvx Er PROVINGIÆ GOMES.
Nous n'avons trouvé aux Archives du Royaume que des empreintes mutilées du sceau de Thibaut Il, comte de Bar ; il portait à deux bars adossés, semé
1 L'inscription de ce contre-sceau n’est pas la 2? On appelle croix de Lorraine ou croix patriarmême dans Dom Calmet; nous la donnons plus cale, celle dont la branche verticale est renexactement, d'après une empreinte originale qui contrée par deux branches horizontales, et sert existe aux Archives du Royaume. ainsi de tige commune à deux croix.
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de croix au pied fiché; ces armoiries se voient sur son bouclier, sur le caparaçon du cheval et sur l'écu du contre-sceau (J. 208, an 1272): s. TaeoBaLDI (comitis Barri) pvcis — Ÿs. secrent comiris Barmi pvcis. Sur le sceau équestre et le contre-sceau de Henri Il, son fils, les trois branches supérieures des croix sont recroisetées : siciLLvm HENRICI coMrris BaARRI DVGiIs — Ÿ s. SECTI. comiTis BARRI DVCIS (J. 581, an 1301). Le sceau d'Édouard [® est aux mêmes armoiries; la légende du premier côté, qui est incomplète, se termine par le mot MiLiTis; on lit au revers: Ÿ CONTRAS. COMITIS DE BARRO ( 581, an 1334). Henri IV lui succéda en 1337, et mourut en 1344. Yolande de Flandre, sa veuve, qui épousa en 1353 Philippe de Navarre, comte de Longueville, employait en 1373 deux sceaux ronds, de deux pouces trois quarts de diamètre. On la voit debout entre deux écussons, soutenus chacun par un homme sauvage et une femme; deux autres femmes retiennent la draperie rattachée aux ornements gothiques qui règnent dans le haut du champ; un de ces types la représente croisant les bras; l’autre, étendant les mains vers les deux écussons, dont les armoiries sont les mêmes sur l’un et l’autre sceau. L'écusson placé à sa droite est écartelé (au 1*et au 4°, aux armes de Navarre; au 2° et au 3°, semé de France, brisé d’un bâton en bande, les deux quartiers supérieurs brisés d’un lambel de trois pendants) ; l'autre écusson est parti: le 1°, coupé (en chef, aux armes de Navarre ; en pointe, semé de France et brisé d’un bâton en bande); le 2°, aux armes de Flandre. Ce second écusson se retrouve sur les deux contre-sceaux ; l'empreinte sur laquelle il est entouré des symboles des quatre évangélistes porte pour légende : o7s. Yozar. D. FLADRES. CONTESSE. D. Bar z. Dame DE CasseL. On litsur l’autre contre-sceau : T grREs. YoLeT. p. FLAD.
corEesse. D. Bar D. Loc. (Longueville) z. Dame p. Cass. Les mêmes titres étaient probablement exprimés dans les légendes principales qui sont détruites (J. 581). En 1429, René d'Anjou, duc de Bar, marquis de Pont et comte de Guise, employait un sceau secret sur lequel on voit son écu timbré, supporté à dextre par un lion, à sénestre par une aigle; cet écu est écartelé au1®etau 4° d'Anjou, au 2° et au 3° de Bar, l'écu de Lorraine ! brochant sur le tout : «secretu. Renati ducis Barensis marchiois. Pontis comitis Guse. » (J. 983, olim 923.)
L'auteur de l'Alsace Ilustrée a publié quelques sceaux des comtes ou landgraves d'Alsace; il en donne trois d'Albert le Riche, comte de Habsbourg et landgrave de la haute Alsace (1180-1199). L'un de ces sceaux, attaché à une charte de 1186, représente Albert le Riche coiflé d’un casque à visière, tenant
1 Il n'était pas encore duc de Lorraine; mais il avait épousé, en 1419, Isabelle, fille aînée de Charles, duc de Lorraine.