‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 87 sur 283 · PARTIE 1V.— CHAPITRE VIT. 199 $ ÎL SGEAUX DES COMMUNES · texte numérisé non relu

PARTIE 1V.— CHAPITRE VIT. 199 $ ÎL SGEAUX DES COMMUNES

Au commencement du v° siècle, les villes de l'empire avaient un sceau public; mais il est probable que cet usage tomba en désuctude après l'invasion des Barbares. Les Bénédictins ne regardent pas comme authentique le sceau que la ville de Liége aurait reçu, selon Baronius, de S. Hubert, son premier évêque, mort au plus tard en 730. « L’extrême rareté des sceaux au vin «siècle, disent les Bénédictins, ne permet pas de croire que les villes en aient «eu alors de publics. Les plus anciens ne sont que du xu' siècle. L'établisse- «ment des communes, à la fin du x1‘, et sous le règne de Louis-le-Gros, est la «véritable époque des sceaux publics des villes. Outre les sceaux authen- «tiques, elles en ont pour les causes. Nous avons lu dans un mémoire imprimé «que la ville de Dourlens, en Picardie, depuis l'établissement de la commune, «a toujours eu un sceau distingué pour la jurisdiction, appelé le scel aux causes. « Par le conseil du premier officier municipal de la ville de Metz, on y établit «en 1380 un sceau pour les bourgeois; il fut appelé burlette ou bullette dans le «langage du pays.» Cet usage peut avoir été imité par un certain nombre de villes ; mais nous ne pensons pas que ce soit un fait général.

I n'est pas de sceaux qui offrent autant de variété que ceux des communes ; ils représentent tantôt l'image du saint patron que les habitants honoraient d'une dévotion particulière, tantôt les remparts et les tours qui les protégeaient contre la tyrannie des seigneurs voisins. Les villes commerçantes adoptaient volontiers pour emblèmes des ancres, des barques ou des vaisseaux. Souvent c'est le maire qui est représenté debout sur les remparts ou monté sur un cheval de bataille ; ailleurs, on le voit assis et rendant la Justice, ou entouré des échevins et délibérant sur les intérêts qui lui sont confiés. Ces types représentent aussi les armoiries particulières de la commune, ou celles du seigneur dont elle reconnait l'autorité; quelquefois enfin on y trouve des emblèmes destinés à rappeler le nom dela ville. Nous allons décrire quelques sceaux qui viendront à l'appui de ces indications générales.

La moitié supérieure du sceau de la ville de Leyde! représente S. Pierre assis sous une niche gothique; de chaque côté, sous une niche latérale, on voit un ange agenouillé ; plus bas, les huit jurés à genoux adorent le saint ; au-dessous des jurés, le maire ou préfet (sculietus) est aussi représenté à genoux; le contre-sceau représente S. Pierre assis, donnant la bénédiction :

! Les sceaux de villes sont très-remarquables voir citer quelques-uns de ceux que l'on possède en Hollande et en Belgique; nous avons cru de- aux Archives du Royaume.

S. SCVLTETI OCTO IVRATOR. Z. COMVNITATIS DEN —Ÿ SECRETVM OPPIDI DE LEYDEN (Por ran 1375). La ville de Munikendam employait, en 1275 (J. 5h ), un sceau sur lequel on voit un moine debout; derrière lui, sont deux vaisseaux ; en 1309 (J. 522), un des vaisseaux était remplacé par un lion : Ÿ siGILLvM SCABINORVM VILLE DE MoNEkEREDE. Un écusson portant une ancre accostée à dextre d’un soleil, et à sénestre d’un croissant de lune, occupe le champ du sceau de la ville de Muyden ; lécusson du revers porte un lion : Ÿ SIGILLVM ScaBINORvM DE Movpa — Ÿ siGizLvm DE Mvpa (J. 522, an 1309). Le sceau de Dordrecht a trois pouces et demi de diamètre ; il représente des remparts surmontés d'une haute tour crénelée : Ts1GrLLVM oprpanorvu iN Durpreucr (J. 41, an 137). On voit, sur le sceau de la ville de Roulers, l'archange S. Michel, terrassant le dragon; il tient d’une main une longue épée terminée en Croix; de l'autre, un bouclier portant trois bâtons fleurdelisés mouvants du centre de l'écu: + s. scapinor. er comvnrraris RoLLARIENGIS (J. 553, an 1309). Le sceau de la ville de Dam (J. 541 , an 1275) représente un vaisseau en pleine mer; le capitaine commande une manœuvre ; deux matelots semblent occupés à hisser deux pavillons placés lun à l'avant, l'autre à l'arrière; un troisième matelot grimpe dans Îles cordages; au revers, on voit Jésus-Christ cruciñé et deux saintes femmes debout près de la croix : Ÿ SIGILLVM SGABINORVM ET BVRGENSIVM DE Dam — Ÿ conrRasiGILLVM DE Dam. Un homme guidant une barque avec un aviron occupe le champ du sceau de la ville de Nieuport: Ÿ sIGILLVM DE Novo Portv (I. 535, an 1237). On voit sur le sceau d'Ypres une croix de Lorraine, accostée de deux aigles au vol abaissé (J. 532, an 11099). La ville de Courtrai employait, en 1199 (J. 532), un sceau rond sur lequel on voit un buste d'évêque donnant la bénédiction; en 1237 (J. 535), l'évêque est représenté debout sur un sceau en ogive !, qui a trois pouces trois quarts de hauteur sur deux pouces un quart de largeur : + siGiLLvmM scaBiNonvm Corrra-

cexsivm. La ville d'Yssendick employait, en 1275 (J. 541), un petit sceau ovale portant l'aigle à deux têtes. Le sceau de la ville de l'Écluse représente la Sainte Vierge assise, et près d'elle l'Enfant Jésus debout; dans le bas du sceau, on voit les eaux de la mer; le même sujet est reproduit sur le contre-sceau :

TS. SCABINORVM ET COMBGENCIVM. (cumburgencium) VILLE DE LAMMINSFLIET— ŸCON-

TRASIGILLVM VILLE DE Lamminsrzier ?. Le sceau de la ville de Hulst représente

VASTES nes : Je nee. 2 3 à à ë ! Nous ferons observer en passant qu'il est loriginedu mot Lamminsfliel une explicationdont

assez rare de rencontrer des sceaux de villes qui nousne garantissons pas l'exactitude :« On nomma aient la forme de l'ogive. « d'abord ce lieu Lammens - Vliet, du nom d’un

2? Ce sceau est suspendu à une charte de 1309 « Anglais nommé Lambert, que Grammaye qua- (J. 553) dans laquelle la ville de l'Écluse est nom- «life fossoyeur : à Lamberlo fossore Anglicano

mée villa de l'Escluse. La Martinière présente sur « Lammensuliet appellati. »

PAROI = CHAPINDR' EAU 201 S. Willebrord debout entre deux cierges et donnant la bénédiction : + srezz. SCI. WILLEBRORDI SCABINORVM DE Hvisr PATRON (J. 535, an 1237). La ville de Gand avait, en 1275 (J. 541 }s un sceau représentant S. Jean-Baptiste debout, sous une niche gothique, et encensé par deux anges placés aux deux côtés de la niche; le contre-sceau porte le lion de Flandre : + s. sancrr Tonannis Bap- TISTE CIUIVM GANDENSIVM PATRONI AD LEGATIONES — SECRETVM LEGATIONVM GAN- DENSIVM. Sur un sceau de 1300 (J. 54/4), on voit encore S. Jean-Baptiste debout, mais les deux anges occupent deux niches latérales et tiennent un livre au lieu d’un encensoir ; la légende est à peu près la même. Le mot legationes indique-t-il un sceau qui ne servait que pour les relations extérieures? c’est ce qui semble résulter de la nature des actes scellés de ces deux empreintes; dans ce cas, la ville de Gand aurait eu un autre sceau pour les actes ordinaires. Le sceau de la ville d'Alost représente un guerrier debout, portant la main gauche sur la poignée de son épée, et tenant de la main droite un étendard sur lequel on voit une épée : SIGILLVM SCABINORVM ET BVRGENTIVM DE ALOST (J. 535, an 1237). C'est probablement comme symbole du commerce que la ville d'Oudenarde avait fait représenter sur deux sceaux, dont l'un servait en 1237 (J. 535), l'autre en 1309 (J. 552), une espèce de havresac fermé par une courroie et surmonté d'une banderole en forme d’anse. Sur le premier sceau, on voit une patère à côté du havresac; sur le second, il y a de chaque côté une espèce de verre à pied, beaucoup plus élevé, etsurmonté d’une tige fleurdelisée. Voici les deux légendes : 1° sIGILLV. BVRGENS. DE AVDENAR..; 2° S. SCABINOR. ET

BVRGENS. ALDENARDENSIVM. Le sceau de la ville de Grammont, en 1244 (J. 537 ), représentait une montagne surmontée d'une croix : siGiLLVM DE Monte GHerAvDI. Le même sujet fut ensuite gravé sur le revers d'un sceau qui servait en 1270 (J. 541), et dont la face principale représente le portail d'une église : S. SCABINOROM (sic) GERALDIMONT—S.SECRETT. On voit sur le sceau de Tournay une tour flanquée de deux tourelles : Ÿ siiLLvm commvnre DE Tornacro (J. 528, an 1288). Un poisson occupe le champ du sceau de Dunkerque : siGILLVM DE Dvnrerka (J. 535, an 1244). Le sceau de Gravelines représente S. Willebrord debout, dans une barque conduite par un matelot : Ÿ siGiLLVM s. WiLLIBRORDI DE NEVPORT AD GRAVENIGES (RP 537, an 1244). On voit sur le sceau de Bourbourg S. Jean-Baptiste, vêtu d'une peau de chameau : SIGILLVM BVRGENSIVM DE Bro- BvrG; les mots sc. lons. se lisent dans le champ sur une banderole tenue par le saint (J. 535, an 1237). Un écu portant une croix de vair occupe le champ du sceau de la ville de Bailleul : + sicrc. scaginNorvu DE BELLA ! (J. 535, an 1237). En 1199 (J. 532), le sceau de Lille portait une grande fleur de lis; cet em- ! Au lieu de Bella, il y a dans l'acte Baillolium.

blème était répété sur le contre-sceau. En 1237 (v.s.J. 535), la feuille dextre de la fleur de lis était surmontée d’un lion contourné ; mais le contre-sceau ne portait qu’une fleur de lis: Ÿ SIGILL. SCABINORVM ILLENTIVM — Ÿ ET 1VRATORvM. Le sceau de Cambrai représente, d'un côté, une vue de la ville; de l'autre, l'aigle à deux têtes : Ÿ siGrLLVM CAMERACE civrraris — À GLAvIS CAMERAGE GIvITATIS. (Trés. de Numism). En 1293, la ville de Maubeuge employait un sceau dont le champ était couvert en tous sens par les branches d’un arbrisseau; un autre type servait en 1322 : il portait quatre lions posés deux et deux, accompagnés de deux aïgles au vol abaissé, l'une en chef, l’autre en pointe; une crosse posée en bande brochant sur les deux lions : Ÿ GEST LI SAIAVS DE LE FRANKE VILLE DE MAusvecr; la légende du premier sceau ne diffère que par l’abréviation du mot franke, qui est écrit frake (Trés. de Numism.). Le sceau de la ville d’Aire porte un griffon sans ailes; au revers, il y a une aigle : Ÿ SIGILL. MAIORIS ET SCABINORVM DE ÂRIA — Ÿ ET COMMYNITATIS (J. 535, an 1199). Le maire de Montreuil ést représenté à cheval, le casque en tête, tenant une épée de la main droite, et portant au bras gauche un long bouclier triangulaire; au revers, on voit une grande fleur de lis accompagnée de quatre petites : Ÿ sierLLvM maromis coMMvnIE MonsreroLi—#sreLe. secreri Mosrerozt (]J. 236, an 1210). Le maire d’Abbeville est monté sur un cheval au trot; il est armé d’une épée, vêtu d'une cotte de mailles et coiffé d'un casque pointu; son bouclier porte un rais avec une escarboucle en cœur; c'est ce que l’on nomme rais d'escarboucle : sien. Lvm MAIORIS COMMVNIE ABBATISVILLE (Trés. de Numism.). Le maire de Corbie est aussi représenté à cheval, l'épée à la main, mais sans casque et sans bouclier (J. 627, an 1228); celui de Ham ne porte ni casque, ni épée; peut-être a-t-il un bouclier très-rapproché du corps : + sIGILLVM MAIORIS 7. IVRATOR. OMVNTE HamEN sis (J. 627, an 1223). « Vers la fin du xrr° siècle, disent les Bénédictins, le sceau «de la commune d'Amiens montre dans le champ une sorte d'ornement nommé «affiquet en langage du pays. Le centre est une rose d'où (LA MorLière, Antiq. «d'Amiens, Liv. 1, p. 82) partent, en Jorme de rayons aboutissant à la circonfé- «rence, six têtes de marmousets mi-partes d'autant de fleurs de lis, environnées de «celle inscriplion : SIGILLUM CIVIUM AMBIANENSIUM. Le contre-scel est une simple « fleur de lis, avec cette légende : secRerTuM meum mir. Les six têtes représentent «sans doute le maire ou mayeur et les échevins ! ou officiers municipaux d'A-

* Le sceau de Troyes (J. 195, an 1232) re- tion, * siazLvm conuvus Divioms, occupe un présente aussi les têtes des douze jurés disposées cercle concentrique au premier, et dans le centre en cercle; le maire, assis, occupe le centre du on voit le maire à cheval. Le champ du sceau de SCeAU : SIGILLVM MAIORIS ET IVRATORVM COMMVYNIE Meulan est occupé par douze têtes posées quatre,

Trecensis. Sur le sceau de Dijon, il y a vingt têtes cinq et trois, et surmontées d’une fleur de lis : qui forment le cercle extérieur du type; l'inscrip- sierLLvm concronis ne Mevzenr ( Trés. de Num.).

PARTIE IV. — CHAPITRE VIL 203 «miens, et les six fleurs de lis marquent leur autorité. » Le maire de Péronne est monté sur un cheval au galop, le casque en tête et l'épée à la main ; derrière lui, un homme debout le montre au doigt; au contre-sceau, on voit une fleur de lis : Ts. maroRIS ET COMMYNIE DE PERONA — Ÿ ovsros s1@ILut (J. 421, an 1336). Le maire de Ponthoïle est aussi à cheval, armé de toutes pièces; nous croyons distinguer sur son bouclier un château surmonté de deux croisettes; au revers, est un écu aux armes de Ponthieu, qui sont trois bandes : si@iz. MAGORIS DE PVNTOELES — secret vM MEvM. L'acte de 1230 (J. 395) auquel tient cetteempreinte est dressé au nom du maire, des échevins et de toute la commune de Pontoiles ; le sceau est annoncé à la fin de l'acte comme un sceau commun, sigillum nostrum ; par conséquent il ne faudrait pas le considérer comme le sceau particulier du maire, bien que ce titre soit seul exprimé dans la légende. Nous croyons que des sceaux de cette nature sont de véritables sceaux de communes; un maire qui aurait eu un type particulier n'aurait pas manqué d'y faire graver son nom. Le maire de Saint-Riquier est monté sur un cheval au galop et armé d'une massue; au revers, on voit le buste de S. Riquier: srart- LVM GOMVNIONIS. Cr. Ricart—+capvr sr. Ricrrarit (J. 237, an 1291). Le maire de Roye est monté sur un cheval au pas, tenant de la main droite un bâton armé de pointes de fer, et portant au bras gauche un bouclier; au contresceau, on voit un lion: Ÿ SIGILLVM MAIORIS ET IVRATORVM ROIE — Ÿ SEGRETVM SIGILLVM COMYNIE. RoIE (J.627, an 1228). On trouve au bas d’un acte de 1228 (J. 627) un sceau en ogive qui doit remonter à la formation de la commune de Laon, vers l'an 1112. Le maire est représenté debout, levant la main droite comme pour prêter serment, et appuyant la main gauche sur la lame d’une épée appliquée contre son corps; le contre-sceau, qui représente un oiseau, n'est pas aussi ancien Ÿ : SIGILLVM PAGI LAVDVNENSIS — Ÿ SECRETVM GONSILII. Nous ne connaissons pas d'autre exemple du mot paqus employé dans l'inscription d'un sceau de commune. Le maire de Soissons est représenté debout, armé de toutes pièces et entouré des échevins ou des habitants: sie1LLvM Sves- SIONENSIS COMMYNIE (J. 627, vers 1228). « Le sceau de la ville ou de l'échevinage «de Reims, ancien de près de quatre cents ans, exprime peut-être, disent les « Bénédictins, l'excellence et l'abondance des vins de Champagne, par le cep «de vigne qu'on voit dans l'aire. On litautour : Ÿ seG. scaBINOR. REMEN. ; c'est-à- «dire sigillum scabinorum Remensium. » Le sceau de Rouen porte un léopard, et le contre-sceau une grande fleur de lis accompagnée de quatre petites : + sten.- LVM COMMVNIE vRBis RorHomagt (J. 212, an 1262). Selon les Bénédictins, la face principale du sceau servait au commencement du xrn° siècle. Un léopard lionné occupe le champ du sceau de Verneuil : Ÿ SIGILL. COMMVYNIE CASTELLI

204 ÉLÉMENTS DE PALÉEOGRAPHIE.

VernoLu (J: 627, an 1228). On voit sur le sceau de Pontoise un pont, et dans le fond, des bâtiments; le contre-sceau représente le maire à cheval; il n°y a d'inscription que sur le premier côté : Ÿ SIGILLV. MAIORIS ET PARIVM COMMYNIE Powrisaresiu. (S. 4196, an 1190). Le champ du sceau de la ville de Mantes est occupé par une plante à cinq feuilles : Ÿ siciLLVM commvnie MEDvNTE — + MepowrA (J.392). On trouve au bas d'un acte de 1259 (J. 385), une empreinte un peu confuse du sceau d'Asnières; on y distingue un ‘personnage debout entre deux ânes cabrés : T SIGILLVM GOMMYNIE DE Asnieres. Le maire de Pomponne est représenté à cheval, armé d'une longue lance : Ÿ sIGILLVM Marons PyMPyNIENSIS GOMVNIE (J. 627, an 1228). Au xmi' siècle, la ville de Strasbourg employait un sceau de trois pouces et demi de diamètre, représentant des bàtiments; on voit, sur le premier plan, la Vierge assise sous une niche à trois arceaux, qui portent pour inscription ce vers cité dans l'Alsace illustrée : Virgo roga prolem quûd cives servet et urbem'; la légende du sceau est ainsi Conçue : Ÿ SIGILLVM BVRGENSIVM ARGENTINENSIS qviraris (Trés. de Numism.). Le champ du sceau de Mulhouse porte une roue de meule : Ÿ s. vNIVERSITATIS DE Mvzuvsex (Jbid.). Le maire de Chaumont est représenté debout, l'épée à la main ; à ses côtés et derrière lui, on voit les remparts et les bâtiments de la ville : Ÿ SIGILLVM MAIORIS ET PARIVM COMMVYNIE CALVIMONTIS (S. 2160, an 1211). Le sceau de Nuits représente une croix placée au- dessus de deux étages de colonnes reposant sur un piédestal; de chaque côté s'élève un noyer; le nom de cet arbre rappelle celui de la ville : + sierLzvm rorivs viversirarrs opipi Noyensis (J. 515, an 1399). Le sceau et le ‘contre-sceau de la Rochelle sont d'égale grandeur; on voit d’un côté le maire à cheval, de l'autre un vaisseau : Ÿ SIGILLVM MAIORIS DE ROGHELLA=—TSIGILLVM COMVNIE. DE ROCHELLA (J. 183,

an 1437). Le sceau de Clermont, en Auvergne, représente la Sainte Vierge à mi-corps, tenant une fleur de lis de la main droite. On lit dans le champ :

sca. M. (Suncta Maria), et dans le cercle : + s1GILLV. RETPVBLICE CLAROMONTENSIS (J. 273, an 1255). Le sceau de Riom porte, sur le premier côté, une grande fleur de lis; au revers, on voit la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus : + sicrzuv.

COMMVNIE RioMI— À AVE Mania (J. 273, an 1283). Une grande fleur de lis oc-

cupe aussi le champ du sceau de la commune d'Aurillac; le contre-sceau porte

une coquille : Ÿ siGILLVM comvNis. AVRELIAGENSIS (J. 271, an 1284). Lesceau

de Mauriac représente, d'un côté, quatre consuls assis; de l’autre, on voit un

saint que nous croyons être S. Benoît; les légendes sont en partie détruites:

+ + ILLV. . . .LVM VILLE DE MAVREGCIS— sIGNVM SANGTI. . . . . . MAv... QUE AA = Gette inscription renfermait plusieurs abré l'altération de l'empreinte d’après laquelle la gra-

viations qu'il est impossible d'indiquer à cause de vure a été exécutée.

PARTIE IV. — CHAPITRE VII. 205 an 1284). « Le sceau de la ville de Lyon, en 1208, disent les Bénédictins, « portait cette légende : SIGILLUM COMMUNE UNIVERSITATIS ET COMMUNITATIS LUGD. » Un sceau de deux pouces et demi de diamètre, représentant un pont, des édifices et, dans le centre, une croix chargée d’une fleur de lis, servait en 1271

(J. 262); la légende est en partie détruite : s. vnivsrrams. .. .1ET PPLI... viraris Live. {Sigillum universitatis. . .... et populi cwitatis Lugdunensis). Un

acte de 1320 (J. 268) est scellé d'une autre empreinte de trois pouces de diamètre; la croix qui surmonte le pont est placée entre une fleur de lis et un lion couronné; au contre-sceau, un lion couronné, tenant dans sa gueule une fleur de lis, est placé entre deux bâtiments au-dessous desquels coule une rivière : T'SIGILLVM COMVNE. VNIVSITATIS . . . . . . AT. LVGD. — Ÿ S. SECRETI VNIVERSITATIS Lvcp. Périgueux, comme beaucoup d’autres villes, a été longtemps divisé en deux parties distinctes : la cité et le bourg. Ces deux communes avaient leur sceau particulier. Le sceau de la cité porte une aïgle au vol abaïssé : T sicrzzvu MAIORIS GONFRATRIE PErraGonic. (J. 627, an 1204). Le sceau du bourg représente le maire debout, armé d'une épée, et portant un bouclier sur lequel on voit une croix; au contre-sceau, un évêque (probablement S. Front) tient une crosse de la main gauche et donne la bénédiction de la main droite : + sierLLvm BVRGENSIVM DE PETRAG. ... Ÿ SEGRETVM DE PerraGoRIs (J. 627, an 1223). En 1200, la cité et le bourg réunisemployaient un sceau commun dont il n'existe aux Archives du Royaume qu'une empreinte mutilée , représentant d'un côté les remparts de la ville, de l'autre S. Front, assis. On voit sur le sceau de Marmande des portes fortifiées placées en croix, et sur le contre-sceau, la croix de Toulouse : Ÿ siciLLvu concu DE MarmanDa (J. 306, an 1243). Le sceau et le contre-sceau de Bayonne sont de même grandeur; le premier côté représente des remparts et une église, au-dessous de laquelle on lit : sca. Maria ; le revers porte un léopard couronné! brochantsur trois chênes : sIGILLUM CoMuNIE. crurraTis BaroxE—BENEDIGTUS Qui UENIT IN NOMINE Domini. ( Trésor de Numism.). Le sceau et le contre-sceau d'Agen sont de même grandeur ; on voit d'un côté les remparts de la ville, de l'autre une aigle au vol abaissé : + sir... .. CIVITATIS AGENNI-— Ÿ SIGILLVM COMVNITATIS. CIV. . . ... NNI (J. 164, an 1324 }. Le sceau de la ville de Penne, près Agen, représente des remparts surmontés de deux plumes (Penna) ; le contre-sceau , qui est de même grandeur, porte la croix de

Toulouse : + s. comvNnIs. PENNE AGENENGIS — Ÿ SIGILLVM GONCILIT PENNE AVE ? ! La province de Guyenne avait pour armoi- mot Agenencis; cependant on trouve quelquefois ries un léopard couronné. à la suite d’une légende principale une inscrip- ? Il est possible que le graveur ait mis par er- tion accessoire qui renferme le commencement

reur ave au lieu des trois premières lettres du de la Salutation angélique.

(J. 305, an 1243). I est très-ordinaire de rencontrer, dans le Midi, des sceaux de ville dont les deux faces sont de même grandeur, et dont l'une porte la croix de Toulouse, placée sur un écu ou sur le champ même du sceau. Nous citerons par exemple les villes de Moissac, Port-Sainte-Marie, Moncuq, Verdun, Mézin, Castel-Sarrasin et Lauzerte. Le premier côté du sceau de Moissac représente une vue de la ville : Ÿ siGrLL. DE comvnr. conso Mo... .1. —* sr- GILLVM DE vico sant Petri! (J.305, an 1243). C'est la croix de Toulouse qui occupe le premier côté du sceau de Port-Sainte-Marie; au revers, on voit la Sainte Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus : Ÿ siGILLVM coNcrL—* BEATE MARIE DEL Porr (J. 306, an 1243). Une montagne placée entre deux fleurs de lis et surmontée d'un château forme le premier côté du sceau de Moncugq; les deux côtés portent pour légende : + s. DEL comvnaL. DE Mowcvc (J. 305, an 1243). On voit une porte flanquée de deux tours sur le sceau de Verdun; la même légende est aussi répétée sur les deux côtés: ŸSIGILLVM VNIVERSITATIS VERDVNI (J. 305, an 1242). Le revers du sceau de Mézin représente la tête de S. Jean- Baptiste et un bras armé d'une épée: Ÿ s. comvniranis. MEDrGINI — Ts. san lomannis Barriste (J. 305, an 1243). Un château occupe le premier côté du sceau de Castel-Sarrasin : Ÿ SIGILLVM coMvNis. consizir — ŸCAsTRI SARRAGENT (J. 305,an 1243). Enfin, le sceau de Lauzerte représente des remparts : + sr- GILLVM CAPITVLI DE LAVZERTA — Ÿ SIGNVM DOMINI GOMITIS. ....« (J. 305, an 1243). Nous ne connaissons qu'une empreinte mutilée du sceau de Toulouse; il représentait d'un côté des remparts, de l'autre l'Agneau et la Groix (J. 305, an 1242). Cet emblème paraissait aussi au revers de deux types employés par la ville de Narbonne, et dont il n'existe aux Archives du Royaume que des empreintes mutilées. On voit cependant que le premier côté représentait la Sainte Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus. En 1219 (J. 31 o), la légende était ainsi conçue :Ÿ SIGILLVM PAGIS CIVIVM NARBONENGIVM—AGNvs Der QVI TOLLIS PEC- CATA MVDI. DONA NOB. PAGEM. En 1243, on trouve un autre sceau qui ne devait présenter que des différences peu importantes. Le bourg de Narbonne a employé deux types à peu près semblables. Voici ce qui reste de la légende sur une empreinte mutilée suspendue à un acte de 1219: ..,.LLvm pacis NarB. . —...QYVI TOLLIS PECCATA MONDI DONA.... En 1236 (J. 311 Le le mot burgt faisait partie de la légende du premier côté ; ce sceau peut donc être le même que celui dont les Bénédictins citent l'inscription d’après un acte de 12 78 : Sigillum consulum burgi Narbonæ. Le sceau de Pamiers représente, d’un côté, un château; de l’autre, le martyre de S. Antonin couché dans une b arque : Ÿ si-

! La légende de ce contre-sceau semble annoncer qu'autrefois il y avait à Moissac, comme à Périgueux, une cité et un bourg.

PARTIE IV.— CHAPITRE VII. 207 GILLUM CONSVLVM ÂPAMIE—Ÿ SIGNVM PASSIONIS SANGTI ANTONINI (J. 336, an 1267). Sur le premier côté du sceau de Peyrusse, on voit quatre consuls assis sur un banc; un château occupe le champ du revers: + SIGILL. GOMVNIS. CONSILII DE PerRvera — TimaGvo casTELL1 DE PErrvora (J. 305, an 1243). Le sceau d’Amilhau porte, d’un côté, un griflon; de l'autre, un long bouclier triangulaire aux armes d'Aragon: Ÿ s1....svzarvs (sigillum consulats) Autrravr —sicriv. R. ARAGON. comrris Ba... GtE (Barchinonensis et Provincie). Ge sceau, suspendu à un acte de 1243 (J. 305), doit remonter, comme on le voit, au règne d'AIfonse Il, roi d'Aragon et comte de Provence (1196-1209). Le sceau de Puylaurens représente un arbre planté sur une montagne | entre un croissant de lune et un soleil : s.consvzvu Ponn Lavrenru (J. 305, an 1242). Le sceau de Fanjeaux porte la croix de Toulouse : Ts. consvLvm b£ Fano Tovis ({bid). « Saint « Louis, disent les Bénédictins, donna aux consuls de la cité et du château des «Arènes de Nimes un sceau particulier, surlequel furent gravés ces mots : Si- «qillum consulum nobilium castri Arenarum. Les consuls des Arènes avaient de- «mandé ce sceau pour distinguer leur communauté de celle des consuls de «la ville, qui en avait un dès l'an 1226.» Ce dernier sceau représente les quatre consuls debout : .. GrLLYM consvivu civrraris Nemavs.. (J. 335). Les villes de Marseïlle, de Tarascon et d'Avignon scellaient en plomb. Le sceau de Marseille représente, d'un côté, les remparts de la ville; de l'autre, S. Victor, nimbé, armé d’une épée, portant un bouclier sur lequel on voit une croix, et monté sur un cheval qui foule aux pieds un monstre : Ÿ AGTIB*. IMEN- SIS. URBS FVLGET MASSILIENSIS— + MASSILIAM UERE VICTOR CIUESQ. TVERE (J. 308, an 1237). On voit sur le premier côté du sceau de Tarascon, les remparts de la ville, et au revers, la Sainte Vierge assise : siGrLLvm consvzvm T'arasconis; la légende du contre-sceau est trop confuse pour être déchiffrée (J. 310, an 1231). «Bouche nous apprend, disent les Bénédictins, qu'en 1222 le sceau en plomb «des consuls d'Avignon avait quatre têtes en demi-figures d'hommes, vêtus «d'un manteau boutonné sur une épaule, avec l'inscription : + Sigillum con- «sulum Avenionensium, et de l'autre, une aigle éployée avec ces lettres G. E. R. «F. À. L. C. V.S.» En 1226 (J. 309), la ville d'Avignon avait un sceau re- . présentant, d’un côté, un pont et des bâtiments ; de l’autre, une aigle au vol abaissé : Ÿ SIGILLVM COMVNIS. AUINIONENSIS — + AQVILA.

1 Le mot podium, d'où vient le mot Puy, désigne souvent une montagne dans le latin du

moyen àge. .

$ II. sGEAUX DES BOURGEOIS.

«Les bourgeois, arüsans et autres particuliers, chez les Grecs et les Ro- «mains, avaient des sceaux, disent les Bénédictins, pour sceller les testaments, «les lettres, les vases, les briques et les marchandises. De simples particu- «liers d'Antioche avaient des cachets qui leur étaient propres, au temps de «l'épiscopat de S. Mélèce, en 361. Le Digeste et les Instituies font souvent «mention des sceaux du testateur et des témoins. Mais l'usage du sceau a été «longtemps inconnu aux particuliers parmi nous. D. Mabillon estime qu'il un'était pas encore établi l'an 1122. Guillaume Nicolson, dans sa Biblio- «thèque historique d'Angleterre, soutient, au contraire, que les sceaux furent «communs à tout le monde aussitôt après la conquête des Normands, en 1066; «mais à peine les seigneurs normands et anglais en avaient-ils alors. Les «chartes parties endentées et les chirographes y suppléèrent souvent dans les «xr, xu° et xt siècles... Sur le déclin du xrm° siècle on voit des personnes «de la plus vile condition avoir des sceaux en Normandie. Dans les pays voi- «sins, ces sceaux particuliers n'auraient pas fait foi, puisque Philippe de Beau- «manoir exige, pour la validité d’un testament, qu'il soit scellé du scel autentique «ou de pluriex sceaux de nobles persones de religion qu portent sceaux. Aux xiv° et «xv° siècles, le droit d'avoir des sceaux était si peu attaché à la noblesse que «les simples bourgeois jouissaient du même privilége, parce que peu de per- «sonnes sachant écrire, l'authenticité des actes dépendait proprement de l'ap- «position du sceau. De là vient que les simples trompettes de la garnison de la cité de «Carcassonne donnaient des quittances de leurs gages SOUS LEUR SGEAU, comme on voit «par les originaux de l'an 1344 qui nous restent encore (Vaxsserre, Hist. de Lang. «tome IV, p. 516). La propriété des sceaux n'était plus dès lors une marque «de noblesse. De là vient qu'en Bretagne on trouve plusieurs bourgeois, sur la «fin du xv° siècle, qui avaient des sceaux et des armes. En Allemagne, les «particuliers commencèrent à se servir de sceaux au siècle précédent. En Angleterre, on ajoutait le sceau public quand le privé n'était pas assez connu. «M. Du Cange cite plusieurs chartes du xv' siècle scellées des sceaux des maires «de villes, parce que les sceaux des particuliers au nom desquels ces actes «étaient passés étaient inconnus à la plupart du monde. In cujus rei lestimoenium præsenti scripto sigillum meum apposui, et quia sigillum meum quam pluri- «bus est incognitum, ideo sigillum majoratäs ville Oxoniensis præsentibus appont

«procuravi. Le détail des diverses figures représentées sur les sceaux des parti-

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