‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 89 sur 283 · L. SCEAUX DU CLERGÉ SÉGULIER · texte numérisé non relu

L. SCEAUX DU CLERGÉ SÉGULIER

1° Sceaux des cardinaux

Mabillon a passé sous silence les anciens sceaux des cardinaux; Heineccius se contente de dire qu'ils employaient autrefois des types ronds ou ovales, imprimés sur de la cire rouge. Les Bénédictins ont reproduit, d’après ce dernier auteur, le sceau de Nicolas de Cusa, promu au cardinalat en 1448; mais ils ne citent pas de sceaux des siècles précédents, et n'essayent pas d'en fixer l'origine. Ils font remarquer seulement qu'au commencement du xv° siècle, et sans doute longtemps auparavant, les cardinaux avaient, outre leurs sceaux publics, des sceaux secrets, dont l'existence est constatée par un acte du 14 mai 1408. On ne peut guère douter que les cardinaux n'aient été obligés d’avoir des sceaux publics, du moment où le droit délire le souverain pontife leur fut exclusivement attribué. Plusieurs textes cités par du Cange prouvent que le collége dés cardinaux était complétement organisé avant l'année 1060; il se composait alors, 1° des sept évêques, d'Ostie, de Porto, de Sainte-Rufine ou Silva-Candida?, d’Albano, de Sabine, de Tusculum ou Frascati, et de Préneste ou Palestrine; 2° d'un certain nombre de prêtres et de diacres cardinaux. En 1224, quatre de ces évêques, six prêtres et cinq diacres écrivirent à Louis VIII, pour l'engager à remettre en liberté le comte de Flandre; cet acte, déposé au Trésor des chartes (J. 533), ne fut scellé que par un évêque, un prêtre et un diacre; mais il résulte du passage suivant que les autres cardinaux avaient aussi des sceaux : «Quia verd non est de consue- «tudine quôd omnium nostrüm sigilla eidem imprimantur scripture , nec ali- «quibus litteris nisi privileguis duntaxat apostolicis subscribamus, sigillis prio- «rum nostrorum Hugonis Hostiensis episcopi, Leonis titulo sancte crucis in « Jerusalem presbiteri, Octoviani sanctorum Sergüi et Bachi diaconi, cardina- «Jium, presentem cartam fecimus communiri.» Ces trois sceaux sonten cire

! Nous ne parlerons pas des bulles de plomb des plus remarquables dans la Liste alphabétique des papes: les modèles de la planche U suffisent pour princes souverains. pes à 2 Cet évéché ns Cal faire connaître ce genre de types; nous avons Cet évéché fut réuni en 1120 par Calixte Il

d'ailleurs décrit quelques-unes des bulles les à l'évêché de Porto.

jaune. Il existe aussi (J. 538, an 1245) un sceau en cire jaune d'Odon, évêque de Tusculum; mais à partir de 1270, tous les sceaux de cardinaux que nous avons rencontrés au Trésor des chartes sont en cire rouge. Au xiv'siècle, cette cire rouge était quelquefois appliquée sur un moule de cire jaune; dans les deux siècles suivants, on la plaça aussi au fond d’une boîte. Ces empreintes ont presque toutes la forme de l'ogive; nous n’en avons rencontré que trois qui fussent rondes. La première est suspendue à une charte qui remonte à la première moitié du xn° siècle, et dont la date ne peut être antérieure à 1130, ni postérieure à 1143. Cet acte fut scellé par Thibaut, comte de Champagne et de Blois, par Raoul, abbé de Saint-Pierre de Lagny, et par Ives, prêtre cardinal du titre de Damase, qui était alors légat du Saint-Siége en France. Ives est représenté à mi-corps sur cette empreinte, qui n’a que quatorze lignes de diamètre : + [vois can. mrrvzr Damwasi s1Gnv (S. 2158). Les deux autres empreintes sont beaucoup plus récentes : l'une est du milieu du xiv° siècle, l’autre du milieu du xvr.

Comme la dignité de cardinal était attachée aux sept évêchés dont il a été question tout à l'heure, les titulaires se sont dispensés pendant longtemps de la mentionner sur leurs sceaux, et souvent même dans les actes. Le sceau de Conrad, évêque de Porto et de Sainte-Rufine, porte pour légende : Ÿ sreizz. Coxrant Porrvex. Er sce. Rvrie æpi. (J. 337, an 1 220 ); dans l'acte, il ne prend pas non plus le titre de cardinal. Ce titre est également omis dans des chartes d'Odon, évêque de Tusculum en 1245; de Raoul, évêque d'Albano en 1269; de Gérard, évêque de Sabine en 1200, et de Bernard, évêque de Porto et de Sainte - Rufine en 1317. En 1352, au contraire, Gui, évêque de Porto et de Sainte-Rufine, s'intitule cardinal de la sainte église romane, et le mot cardinalis termine la légende d’un sceau rond, dont le champ est occupé par un écu ayant pour armes un gonfanon, et pour supports deux anges (J. 237). En 1379, Jean, évêque de Préneste, employait un sceau en ogive où le titre de cardinal était aussi exprimé: s. lomannis DEt GRAGIA EPISGOPr PENESTRINI caR- DINALIS (J. 207). Il est donc probable que l'usage d'inscrire ce titre sur les sceaux n'a été adopté par les évêques cardinaux? que dans le courant du

! I n'est toujours question ici que des prélats mé évêque cessait de faire partie du collége des titulaires de l’un des évêchés auxquels la dignité cardinaux, et qu'un évêque nommé cardinal se de cardinal était attachée de plein droit. On ne démettait de son évéché. Cependant il paraît cite pas d'autres évêques qui aïent été promus prouvé qu'à la fin du xr siècle, Guillaume ne au cardinalat avant le pontificat d'Alexandre IL. cessa pas d'occuper le siége de Reïms lorsqu'il eut Dom Vaissette affirme qu'au x1r° siècle, et même été nommé, par Alexandre III ou par Clément III,

au x1v*, la dignité de cardinal était incompatible prêtre cardinal du titre de Sainte-Sabine; mais avec celle d'évêque, en sorte qu'un cardinal nom- on peut considérer ce-fait comme une exception

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