‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 90 sur 283 · PARTIE IV. — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VIL

xiv* siècle. La même observation paraît devoir sappliquer aux actes dressés au nom de l’un de ces évêques en particulier; au contraire, les mots sacrosanctæ Romanæ ecclesiæ cardinales servent de conclusion dès le commencement du x siècle à la suscription des chartes dans lesquelles interviennent les évéques, les prêtres et les diacres cardinaux. Les sceaux des évêques cardinaux ne diffèrent pas en général de ceux des autres évêques. Conrad, évêque de Porto et de Sainte-Rufine en 1220, et Hugues, évêque d'Ostie et de Velletri en 1224, sont représentés assis, la mitre en tête, tenant leur crosse de la main gauche, et bénissant de la main droite; Odon, évêque de Tusculum en 1245, Jean, évêque de Porto et de Sainte-Rufine en 1270, et plusieurs autres évêques du xrr° siècle, sont représentés debout; Pierre, évêque de Préneste en 1307, Bernard, évêque de Porto et de Sainte-Rufine en 1317, et Jean, évêque de Préneste en 1379, sont agenouillés sous une niche qui occupe la partie inférieure du sceau, et l’on voit au-dessus de leurs têtes des saints, des martyrs, la Sainte Vierge, ou Jésus-Christ attaché sur la croix.

Les sceaux des prêtres et des diacres cardinaux sont en général plus variés. Quelques prêtres, il est vrai, sont représentés debout, la mitre en tête, et les mains élevées comme un officiant lorsqu'il prononce Dominus vobiscum ! ; nous avons trouvé aussi un sceau sur lequel un diacre est représenté debout, la mitre en tête, et tenant un livre contre sa poitrine; mais la plupart des prêtres et des diacres cardinaux faisaient graver sur leurs sceaux des images destinées à rappeler le titre particulier de leur cardinalat. Ainsi une croix patriarcale occupe le champ du sceau de Léon, prêtre cardinal du titre de Sainte-Croix de Jérusalem; la lapidation de saint Étienne, saint Laurent étendu sur un gril, les Apôtres recevant le Saint-Esprit qui descend sous la forme d'une colombe, l’Archange terrassant le Dragon, saint George monté sur un cheval au galop, sont les emblèmes qui servent d'explication aux légendes suivantes : t s. Ro. Det Gra. 7. sGr. Step. 1. CELIO MONTE PBRI. GARDIN. (sigillum Robert Dei gracia tituli sancti Stephant in Celio monte presbiteri cardinals) ; Ÿs. rRis. (fratris) Gvinonis mr. scr. Lavr. IN Lvc. (Lucina) PBRI. GARD.; S. FRIS. AniBaLDr Dr. Gr. mr. Basin. (basilice) xu1 ApLor. (apostolorum) PRBRI. GARD. Ts. RICGARDI SANGTI ANGELI DIAGONT CARDINALIS; S. (GOTTIFRIDI SCI. GEORGII AD UELV. AVREV. (velum aureum) praG. CARD. Sur ce dernier sceau, l'image de saint George

à la règle générale. En effet, Étienne, évêque qu'il fut nommé au cardinalat (J. 154 et 361).

de Paris, et Jean, évêque de Beauvais, furent 1 C'est ce que l'on remarque, par exemple, sur nommés cardinaux en 1368, et remplacés im- deux sceaux suspendus à une charte donnée en

médiatement dans leurs évêchés; en 1376, Jean 1204 par deux prêtres cardinaux, légats du perdit également le titre d'évêque d'Amiens dès Saint-Siége (S. 5223).

est surmontée du buste de saint Pierre, au-dessus duquel on lit dans le champ: scs. PETR. ; les mots scs. GrorGrus se lisent aussi dans le bas du sceau, au-dessous du cheval de saint George. Ges légendes accessoires se rencontrent fréquemment; sur le sceau de Léon, prêtre cardinal du titre de Sainte-Croix de Jérusalem, on voit dans le champ les lettres grecques À Q; il y a en outre-une inscription sur chacune des branches horizontales de la croix: Ins. Na. Rex Iv. (Jesus Nazarenus reæ Judeorum); imaco Ic. (Jesus) Dur. Pour déchiffrer ces légendes, il est important de connaître les titres affectés à chacun des cardinaux; on trouvera à cet égard tous les renseignements nécessaires dans le Dictionnaire de Moreri, au mot Cardinal. Cet article reproduit une partie des explications données par du Cange sur l'origine des cardinaux, et renferme en outre, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, la liste des promotions faites depuis l'année 1119.

2° Sceaux des conciles.

Les conciles n'ont probablement pas eu de sceau commun avant le xv° siècle. « Les copies des actes de la conférence tenue à Carthage l'an 411 furent scel- «lées, disent les Bénédictins, du sceau du président et des évêques gardiens. « Chaque évêque, au xrv° siècle, apposait son sceau aux actes des conciles. Ce- «lui de Château-Gontier, tenu en 1336, en fait foi. Pierre, archevêque de «Tours, le conclut ainsi : /n quorum omnium testimonium siqillum nostrum, unà «cum siqullis suffraganeorum nostrorum ad hoc præsentium et consentientium, preæsenti- Cbus duximus apponendum. On voit par cette formule, qu'on retrouve à la fin «des conciles d'Avignon de lan 1337 et de Noyon de 1344, que les évêques, «au lieu de signer les actes, se contentaient souvent d'y apposer chacun leurs

HOUR ee Le premier concile général qui se soit servi d’un sceau com- «mun est celui de Constance, commencé le 15 novembre 1414 et terminé le «22 avril 1418. Heineccius a publié ce sceau d'après Hermand van-der-Hardt. » On y voit les têtes de saint Pierre et de saint Paul séparées par deux clefs posées en sautoir ; la légende est aïnsi conçue : SIGILLUM SAGROSANGTI GONGILIT CIVITATIS Coxsranriensis. Les actes du concile de Bâle, dont l'ouverture se fit le 23 juil- | let 1431, furent scellés d’une bulle de plomb représentant le pape, les cardi- We |

naux et les autres prélats réunis ; au centre de la bulle, on voit le Saint-Esprit descendant sous la forme d’une colombe, et dans le haut, Jésus-Christ bénissant l'assemblée ; le champ du revers est occupé par une légende divisée en cinq lignes horizontales et surmontée d’une croix : SAGRO— SGA. GENE-—RALIS

SINO — DVS Basi— LiENsIs ; une autre croix est marquée au-dessous de la

Page 1