PARTIE IV. — CHAPITRE VII
accordée à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon : Piotbertvs dvx Bvrgvndie. Un sceau de 1 102 représente Hugues II à cheval, armé d'une lance et portant un bouclier aux premières armes du duché de Bourgogne, c'est-à-dire bandé de six pièces et bordé ; ce sceau n'a pas de légende. « Le P. Chifflet dans sa Lettre « touchant Bèatrix , comtesse de Châlons, a donné, disent les Bénédictins, un « autre sceau de Hugues II, dans lequel il est représenté à cheval , tourné vers «la droite, portant un guidon chargé de l'écusson aux six bandes de Bour- « gogne, sans bordure; ce sceau est de l'an 1 106. Un troisième sceau, que le «P. Chifflet appelle le plus ordinaire, présente Hugues de la même manière « que le précédent , si ce n'est que le guidon porte les six bandes sans l'écu. Le « même auteur a fait graver un autre sceau du même duc, attaché à une charte de « l'an 1 1 3 1, où il est représenté tenant de la main droite son épée élevée, et de « la gauche son bouclier chargé de rais pommetés : ce qui doit être regardé plu- « tôt comme un simple ornement que comme les armes du duc. Ces trois der- « niers sceaux ont pour inscription : t sigillvm Hvgonis dvcis Bvrgvndie. » En 1 1 5o , Eudes II était représenté sur un cheval sans bride ni croupière , armé d'un fer de lance et portant un bouclier sans armoiries : t sigillvm Odonis dvcis Bvrgvndie. Hugues III fit graver sur son contre-sceau les armes du comté d'Albon , après son mariage avec Béatrix , comtesse d'Albon , qu'il épousa en 1 182 ou 1 1 83. Ces armes consistent dans un château rond et crénelé, au milieu duquel est une haute tour carrée, crénelée, éclairée par six fenêtres et accostée de deux autres tours rondes aussi crénelées, mais plus basses. On lit au milieu : palacivm viantis; et autour du contre-sceau : sigillvm Hvgonis comitis Albonii. Au premier côté du sceau, on voit Hugues à cheval, vêtu d'une cotte de mailles, tenant une épée levée de la main droite, et de la gauche un bouclier sans armoiries. Les Bénédictins ne parlent pas du sceau d'Eudes III (1193-1218). Les sceaux de Hugues IV (1218-1272 ) et de Robert II (1272 -i3o5) sont reproduits sous les nos 5 et 7 de la planche M. « Hugues V (i3o5- 1 3 1 5) est représenté à cheval, disent les Bénédictins, mais « tourné vers la gauche. Il tient d'une main une pique ou guidon , et couvre « son corps de l'écu de Bourgogne. Au contre-scel , plus petit que le premier « côté du sceau; il est assis portant l'épée de la main droite, et ses armoiries « de la gauche. De l'un et de l'autre côté on lit : sigillvm Hvgonis dvcis Bvr- « gvndie. » Le sceau d'Eudes IV a trois pouces de diamètre, et porte pour légende : sigillvm Odonis dvcis Bvrgvndie; l'écu et le caparaçon du cheval sont aux mêmes armes que sur le sceau de son père Robert II. L'empreinte de ce sceau suspendue à un acte de i348 (J. 2^7) ne porte pas de revers; mais les Bénédictins parlent d'un contre -sceau aux armes de Bourgogne, sur lequel
on lisait : t sigillvm dvcis Bvrgvndie contani. Eudes IV prenait le titre de contanus, comme époux de Jeanne, comtesse de Bourgogne, fille de Philippe le Long. Cette princesse est représentée debout entre deux écussons, l'un aux armes du duché de Bourgogne, l'autre semé de France : s. Iohanne filie reg. Fracie. dvcisse Bvrgvdie. Philippe Ier, dit de Rouvre, succéda en 1 347 à son aïeule Jeanne, dans le comté de Bourgogne, auquel il réunit le duché du même nom, en i35o, à la mort d'Eudes IV. Philippe de Rouvre mourut en 1 36 1 , et le duché de Bourgogne fut réuni à la couronne. En 1 363 le roi Jean le donna en apanage à Philippe le Hardi, son quatrième fils, qui élevait depuis deux ans des prétentions sur le comté de Bourgogne, et le réunit à ses autres domaines en i384- Les éditeurs du Trésor de Numismatique ont publié quatre sceaux équestres de Philippe le Hardi; deux de ces sceaux ont des légendes en majuscule gothique; les deux autres en minuscule. Comme ils présentent beaucoup d'analogie avec les sceaux reproduits sous les nos 2 , 3 et 4 de la planche N, nous n'entreprendrons pas de les décrire; nous nous bornerons à indiquer le nombre et la disposition des écus ajoutés dans le champ. Sur les deux sceaux dont les légendes sont en majuscule, on voit quatre écus dans le champ : ce sont les écus d'Artois, de Flandre, de Boureogne - Comté et de Rethel. Dans l'un des sceaux les écus d'Artois et de
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Flandre sont placés derrière le prince; celui de Bourgogne- Comté, au-dessous de la tête du cheval ; celui de Rethel (portant deux râteaux en fasce) est dans le bas du champ. Dans l'autre sceau les écus de Bourgogne - Comté , d'Artois et de Flandre sont placés derrière le duc, celui de Rethel est audessous de la tête du cheval. Sur un des types dont la légende est en minuscule gothique, les quatre écus sont rangés horizontalement derrière le prince et dans l'ordre suivant : Rethel, Bourgogne-Comté, Artois et Flandre1. Enfin, dans le quatrième sceau, il n'y a plus que trois écus2 dans le champ (Bourgogne-Comté, Artois et Flandre) rangés tons trois derrière le prince. Une empreinte de ce dernier type existe aux Archives du Royaume (J. 249) au bas d'un acte de i4o3; en voici la légende : « s. Phi. régis Fran- « coru. filii ducis Burgudie. comit. Flandrie Arthesii z. Burgudie. palatini « dniq. de Salinis et de Machlinia. » Au revers on voit l'écu écartelé aux armes des deux Bourgognes, timbré d'un casque qui a pour cimier une fleur de lis; cet écu est accompagné à dextre des écus de Bourgogne-Comté et d'Artois, et
1 Nous indiquons l'ordre de ces écus de clexire 2 Ce type, où l'on ne retrouve plus l'écu de à séneslre, en sorte que l'écu de Rethel est le plus Rethel, fut probablement gravé en i3o,2; c'est éloigné du prince, et l'écu de Flandre le plus alors que Philippe le Hardi céda le comté de Rerapproché, thel à Antoine , son second fds.