‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 130 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

dernière ligne. Cette bulle a un peu plus de dix-sept lignes de diamètre (J. 933, ohm 872 ). Les éditeurs du Trésor de Numismatique ont publié un sceau de deux pouces quatre lignes de diamètre, représentant une assemblée du clergé de France; la légende est en minuscule gothique et ainsi conçue : « s. concilii ecclesie Gallicane factura anno m0 cccc° xxiii0. » Nous ignorons à quelle occasion ce sceau a pu être employé; mais comme le P. Labbe n'indique pas de concile qui ait été tenu en France en 1^2 3, il est possible que ce type ait servi à une réunion purement politique.

3° Sceaux des évêques.

« Dans les premiers siècles, disent les Bénédictins, les évêques ne scellaient « qu'avec des anneaux dont les représentations étaient arbitraires. J'ai envoyé, « dit S. Augustin écrivant à Victorin, cette lettre cachetée d'un anneau où est gravée « la tête d'un homme qui regarde à côté de lui. La lettre que Clovis écrivit aux « évêques des Gaules après son expédition contre les Goths fait mention de « leurs anneaux. Les évêques y faisaient quelquefois graver leurs noms ou leurs « monogrammes. » Ces anneaux représentaient aussi fort souvent les patrons des cathédrales. Quoique plusieurs évêques aient eu dès le ixe siècle des sceaux proprement dits, cependant la plupart n'avaient alors que des anneaux. Au xe siècle on vit paraître sur plusieurs sceaux l'image et le nom des évêques. Cet usage, qui devint à peu près général dans la suite, ne fut complètement établi qu'à la fin du xne siècle. En effet, une bulle de plomb suspendue à une charte de 1064 par Quiriaque, évêque de Nantes, représentait les bustes de S. Pierre et de S. Paul séparés par une croix ; en 1076, on voyait, sur le sceau de Manassès, évêque de Pieims, la Sainte Vierge portant l'Enfant Jésus; enfin, Arnoul, archidiacre de Séez, et depuis évêque de Lisieux, blâmait, en 1 i3o, les prélats qui faisaient représenter leur image sur leurs sceaux. Toutefois il ne faut pas oublier que ce sont là des faits exceptionnels, et que depuis le< xie siècle jusqu'à la fin du xive, les types les plus ordinaires sont ceux qui représentent l'image des évêques. On les vit d'abord à mi-corps, ensuite assis, puis debout; quelquefois aussi agenouillés, quand une partie du sceau représentait l'image de quelque saint. Au XVe siècle, la plupart des évêques avaient abandonné cet usage, et ne faisaient plus graver sur leurs sceaux que des armoiries. Une citation empruntée au Nouveau Traité de Diplomatique fera connaître les causes qui ont amené ce changement. « Ce fut principalement au xive siècle « qu'en Allemagne les évêques et les abbés, princes ou issus des grandes mai- « sons, ajoutèrent à leurs effigies l'écu de leurs armes et celui de leurs églises,

« plaçant le premier à gauche et le second à droite. Après le milieu de ce siècle « au plus tard, les évêques de France commencèrent à sceller avec des cachets « ou petits sceaux, et à distinguer le grand du petit. C'est ce qui paraît par les «lettres de l'évêque de Langres, qui commencent et finissent ainsi : Nous v Guillaumes par la grâce de Dieu évoque et duc de Lancjres savoir faisons a touz ceulz « qui verront et orront ces présentes lettres, etc. En temoing de laquelle chose nous avons « mis nostre grant seel en ces présentes lettres faites et données a Bourt nostre chastel le « unzieme jour du mois d'aoust, ïan de grâce mil trois cens cinquante huit : presens ve- « nerables persones maistre, etc. Quelquefois les prélats scellaient avec leur grand « sceau et leur signet ou cachet tout ensemble. C'est ainsi que Pierre de la « Jugie, archevêque de Narbonne, mit l'un et l'autre aux lettres qu'il dressa «pour la convocation de son concile provincial. Elles finissent ainsi : Datum « sub sigillo nostro impendente et signeto in castro nostro de Montillis die prima mensis nfebruarii, anno nativitatis Christi 1 3 7^- H est difficile, dit Heineccius, de fixer « au juste le temps auquel les évêques ont cessé de se servir de grands sceaux « portant leur image. Ce savant donne pour certain qu'à peine voit-on en Al~ « lemagne un seul évoque faire usage de ces sceaux majestueux au commence- « ment du xve siècle. Ajoutons que les uns les ont quittés plus tôt et les autres «plus tard. Le grand sceau de l'archevêque de Mayence, qu'on appelait autre- « fois sceau de la majesté, représente encore, aujourd'hui comme autrefois, un «archevêque en habits pontificaux, assis sur un trône; mais on ne s'en sert « que pour sceller les lettres féodales. Depuis environ trois cent cinquante ans1, « les petits sceaux ou cachets ont ordinairement pris la. place des grands sceaux « des évêques, s'ils n'en ont pas entièrement aboli l'usage. Les petits sceaux « de diverses formes représentèrent d'abord des bustes d'évêques à demi-corps, «des saints patrons, des mitres, des crosses, des écussons surmontés de têtes « et de mitres, et des armoiries. Enfin, les seules armes des évêques ont banni « des sceaux toute autre représentation. » La description d'un certain nombre de sceaux servira de complément à ces règles générales.

Le plus ancien sceau reproduit par les Bénédictins est celui que Roricon, évêque de Laon, suspendit à un diplôme de 961; il était de forme ronde et représentait cet évêque à mi-corps, vêtu des habits pontificaux, la mitre en tête, tenant une crosse de la main gauche, et donnant la bénédiction de la

main droite : sigillv. Roriconis Dei gi\a Mabillon parle d'un sceau

appliqué par Walbert, évêque de Noyon, à une charte de 933; cette empreinte, de forme ovale, représentait l'évêque en habits pontificaux; l'inscription lui donnait le titre d'évêque de Noyon et de Tournay. « L'an 1076, disent

1 C'est-à-dire depuis le commencement du xvc siècle.

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