PARTIE IV. — CHAPITRE VII
« les Bénédictins, Manassès, archevêque de Pieims, donna une charte en faveur « du monastère de Saint-Basle, et la fit sceller de son sceau en placard. Il représentait la sainte Vierge portant l'Enfant Jésus sur son bras gauche, avec « cette inscription : Manassès Remorum arckiprœsul. Geoffroy, évêque d'Angers, « employa, l'an 1096, un sceau où S. Maurile, évêque de cette ville, était re- « présenté levant la main droite pour donner la bénédiction, et tenant la crosse « de la gauche, avec cette inscription : S. Maurihus Andegavensis episcopus. On « ne manque pas de sceaux du xie siècle où les images des évêques mêmes sont « représentées. Hugues Ier, évêque de Besançon, est figuré sur le sien, tenant sa « crosse de la main droite et un livre de la main gauche. On voyait sur le sceau «de Daimbert, archevêque de Sens, son image, avec cette légende : + Daim- « bërt. Di. gra. archiep. Le prélat y paraissait donnant la bénédiction et te- « nant la crosse delà main gauche. On a un diplôme de Heriman, évêque de «Metz, dont le sceau pendant porte son image. Odon ou Eudes, évêque de «Bayeux, au rapport de Hickes, était représenté, d'un côté de son sceau, en « habits pontificaux, et de l'autre, en habit de comte de Kent, dont son frère, « Guillaume le Conquérant, l'avait mis en possession. » Le sceau appliqué par Hilgot, évêque de Soissons, au bas d'une charte de io85 (L. 1^69), a la forme de l'ogive; il représente ce prélat debout, tenant la crosse de la main
gauche et bénissant de la main droite : t Hilgotvs D vm eps.
[Dei gratia Suessionum episcopus). Une charte non datée, que l'on rapporte à l'année 1088 (S. 2206 ), est scellée du sceau pendant de Richard, archevêque de Bourges, mort en 1092 ou 1093. Cette empreinte, en cire jaune et de forme circulaire, n'a pas tout à fait deux pouces de diamètre; l'archevêque, assis, tient la crosse de la main gauche et donne la bénédiction de la main droite : metropolitanvs Bitvris primax Aqvitanvs. Le même archevêque a suspendu un sceau en ogive à une charte datée de la vingt-neuvième année du règne de Philippe Ier (S. 2206), ce qui revient à l'année 1088 ou 1089; il est représenté sur ce type à peu près de la même manière que sur le sceau précédent, mais la légende n'est pas la même : Ricardi archiepiscopi Bi-
tvricensis. Cette charte se termine par un cercle à double circonférence; l'aire du cercle est traversée par des courbes irrégulières qui se croisent en tous sens; on lit entre la double circonférence les mots : metropolitanus Bituns primax Jquitanus. A la fin du xie siècle, Fulcon, évêque de Beauvais, employait un sceau en ogive représentant un saint prélat nimbé, probablement S. Lucien : sigillum Fulconis (epi) Beluacensis1 (S. 2 2Ôo). Le sceau de Hugues, évêque
1 La lettre U, au lieu du V, se rencontre rarement sur les sceaux antérieurs au xmc siècle. 11. 28
de Soissons, était également en ogive; on en trouve une empreinte mutilée
suspendue au bas d'un acte de 1096 ( L. 1196 ).
Un sceau de cire Manche, en ogive, suspendu par une lanière de cuir, représente S. Geoffroy, évêque d'Amiens, debout et les mains jointes : t sigillv. Godefridi Ambianensiv. epi. (S. 1/U9, an 1 io4, v. s. ). Nous avons déjà eu occasion de signaler ( chap. IV ) la forme du sceau de Gualon , évêque de Paris ; on en trouve une empreinte plaquée au bas d'une charte de 1 108 (S. 1827 ); la légende commençait probablement par le mot sigillum ( sigillv ); les mots suivants se lisent sans difficulté : Gvalonis Parisiensis episcopi. Gerbert, évêque de Paris, est représenté debout et les mains jointes, sur un sceau en ogive suspendu à une charte de 1122 (L. 1/176): t sigill Parisiensis epi. Une empreinte mutilée, plaquée au bas dune charte de 1126 (L. 1196), représente Henri, archevêque de Sens, debout, les mains ramenées sur la poitrine, et tenant sa crosse de la main gauche : . . . . cvs Di. gra.
Senonensis arc Barthélémy, évêque de Laon , est représenté de la
même manière sur un sceau en ogive suspendu à une charte de 1 1 3 h (L. 1 l\oo] : t sigillvm Bartolomei Lavdvnensis episcopi. Une lanière de cuir , du fil et des lacs de soie réunis servent d'attaches à un sceau d'Etienne, évêque de Paris, mort en 1 i4o. Cette empreinte, d'un rouge brun, est suspendue à une charte non datée, qu'une note moderne rapporte à l'année 11 33. Le type, en forme d'ogive, avait à peu près trente-deux lignes de hauteur sur seize lignes de largeur; mais la cire ajoutée aux deux extrémités donne à l'empreinte près de quatre pouces de hauteur ; la couche de cire a plus d'un pouce d'épaisseur dans la partie centrale; la légende ne renferme pas d'abréviations (L. 1476). Samson, archevêque de Reims, et Goslin, archevêque de Soissons, sont représentés debout, tenant la crosse de la main gauche et donnant la bénédiction de la main droite. Samson porte une mitre terminée par deux cornes ; Goslin est coiffé d'une simple calotte : sigillv. Sansonis Di. gra. Remorvm ar. . .; — sigillvm Gos. . . . Svessionis epi. ( L. î^oo, an 11 45). Ces deux sceaux pendants sont en ogive ; la cire est d'un rouge brun. Sur un sceau pendant de 1 1 53 (S. 2199), Ansculfe, évêque de Soissons, est représenté avec une mitre semblable à celle de Samson ; on remarque deux croix dans la légende : + sigillvm Anscvlfi t Svessionensis epi. Ce sceau est aussi en ogive. Celui de Nicolas, évêque de Cambray, est de forme ronde; il a un peu moins de deux pouces de diamètre ; ce prélat est représenté assis, comme Maurice de Sully, sur un pliant terminé par des têtes d'animaux : t sigillvm Nicholai Dei gratia Cameracens. epi. (L. i4oo, an 11 56). Le sceau de Manassès, évêque de Meaux, est de forme ronde; on le voit à mi-corps, coiffé d'une simple calotte,