‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 132 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

tenant la crosse et bénissant : Manasses Meldor. episcopvs. Thibaut, évêque de Paris, et Amaury, évêque de Senlis, avaient, au contraire, des sceaux en ogive sur lesquels on les voit coiffés d'une mitre, assis, tenant la crosse et bénissant : t sigillvm Teobaldi Parisiensis episc. — t sigillvm Amalrici Silvanectensis epi. (S. 4i85, an 1 1 57). En 11 59, Pierre, évêque de Paris (L. 1 A76), et Gautier, évêque de Laon (L. i4oo), étaient représentés debout et coiffés d'une mitre cornue : + sigill. magistri Pétri Parisiensis episcopi; — sigillvm Galteri Lavdvnensis episcopi. Rotrou, archevêque de Rouen ( L. 1196, an 11 65), et Guillaume, archevêque de Sens [Ibid. an 1176), portent la

même coiffure; mais ils sont assis : Rotrodvs Dei gr magensis ar-

chiepc. ; — sigillvm Willelmi Senonensis archiepiscopi. Au revers du sceau de Guillaume, on voit un buste de femme, avec cette légende : + secretvm mevm michi. Hugues, archevêque de Sens, est représenté debout, tenant sa crosse de la main droite et un livre de la main gauche : sigillvm Hvgonis Senonis archiepiscopi (L. 1 476, an 1168). Gui est aussi debout; mais il tient sa crosse de la main gauche et bénit de la main droite; au contre-sceau, on voit un agneau et un étendard terminé par une croix : + sigillvm Gvidonis Senonensis archiepiscopi — t confirma hoc Devs (L. 14.76, an 1 187 ). Henri et Geoffroy, évêques de Senlis, sont aussi représentés debout et bénissant : + sigill. Henrici Silvanectensivm epi. (L. î^oo, an 1179); — t sigill. Gavfridi Silvanectensis episcopi [Ibid. an 1 199) l.

A compter de la fin du xne siècle, et pendant les deux siècles suivants, presque tous les sceaux d'évêques ont la forme de l'ogive. La plupart de ces prélats sont représentés debout, en habits pontificaux, donnant la bénédiction de la main droite et tenant une crosse de la main gauche. Quelques-uns tiennent leur, crosse d'une main et un livre de l'autre. Les Bénédictins regardent comme assez ordinaire cet usage, qui remonte, en effet, à une haute antiquité2; mais nous présumons qu'il était tombé en désuétude dans la seconde moitié du xme siècle ; le sceau qui nous en a fourni l'exemple le plus récent est celui de Gautier, évêque de Tournay (J. 332, an 1229). Il ne faut pas confondre les évêques qui tiennent un livre et une crosse avec ceux qui tiennent un livre seulement; ces derniers sont des évêques élus qui n'ont pas encore été sacrés. C'est ainsi qu'étaient représentés, en 1207, en 12S6 et en 1270, Renaud, Ar-

1 La plupart des sceaux d'évêques que nous 2 Au xe siècle, S. Dunstan était représenté

venons de décrire nous ont été communiqués assis , tenant de la main droite sa crosse , et de

par M. Soilly, employé à la Section Domaniale, la main gauche un livre sur lequel étaient ins-

et par M. Castelnau fils , employé à la Section crits les mots Pax vobis. ( Voy. Nouv. Traité de

Historique, Diplom. tom. IV, p. 2o5.)

mand et Laurent, évêques élus de Laon, du Puy et de Metz ( J. 206, 338 et

986) : sigill. Pienavdi Lavdvn. electi; t s. Armandi electi Aniciensis ; + s.

Lavr. aplice. sed. not. M electi per gram. Ihv. Xpi. (sigillum Laurentii

apostolice sedis notarii Metensis electi per gratiam Jesu Christi). Au xne siècle on trouve à peu près autant d'évêques que d'archevêques qui sont représentés assis; au xme et au xiv% les prélats qu'on voit assis sont presque toujours des archevêques ; mais il y a aussi des archevêques qui sont représentés debout. C'est vers le milieu du xme siècle que l'on commence à trouver des évêques agenouillés devant les saints patrons de leur église; la partie supérieure du sceau d'Eudes, archevêque de Rouen, représente la Sainte Vierge assise, portant l'Enfant Jésus de la main gauche et tenant de la main droite un sceptre fleurdelisé ; de chaque côté on voit un ange portant un candélabre, et, dans le bas du sceau, l'archevêque agenouillé et les mains jointes : f s. Odonis Dei miseratone. Rothomagn. archiepi. (J. 2i3, an 1256). Ces sortes de types se rencontrent plus souvent au xive siècle; mais ceux qui représentent les évêques debout ou assis ont toujours été plus habituellement employés.

Les sceaux des évêques présentent, comme on le voit, peu de variété; cependant il en est quelques-uns qui méritent d'être signalés. Le surnom de Gautier de Coutances, archevêque de Rouen, est gravé sur son contre-sceau, qui représente l'Agneau et la Croix: s. Walteri de Constanths (J. 21 3, an 1206). Les auteurs de la Gallia Christiana pensent que Robert II, archevêque de Piouen,, ne portait pas le surnom de Poulain, Pullus ou Piillanus; cependant un contre-sceau en ogive qui le représente debout, sans crosse et

sans mitre, porte pour légende: Rorert olein, et nous croyons distinguer

avant l'o du second mot la trace d'un p qui compléterait le mot Polein. Le surnom de Pierre de Colmieu, élu en 12 36 archevêque de Rouen, se lit aussi au revers d'un sceau attaché à un acte de 12 38 (J. 212); ce contre-sceau porte un cygne entouré d'une double légende circulaire : notam fac viam in qva abvle. (ambulem) Dne. — s. Pétri de Colle medio. Voilà donc trois archevêques de Rouen qui, dans la première moitié du xme siècle, ont fait graver leurs surnoms sur leurs contre-sceaux1. Le contre-sceau de Pierre, archevêque de Reims, représentait un roi joignant les mains devant un archevêque. Henri III réunissait au titre d'archevêque de Mayence celui d'archichancelier duSaint-EmjDire: . .. rici Dei gra. sce.Magvnt. (sed. archiepi.) sac. Impii. p. Germania... CHiCANC... [sacri Imperii per Germaniam archicancellarii). On voit sur cette empreinte un écu portant la roue que les archevêques de Mayence ont

1 La légende du contre-sceau de Guillaume an 1216), fournit un exemple analogue : seckedu Perche, évêque de Chàlons-sur-Marne (J. 399 , rv.u Willei.mi d. Ptico. [de Per(ico).

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