PARTIE IV.— CHAPITRE VII
id Q. (quod) svm (J. 229, an 1223, v. s.). On voit une croix cantonnée de quatre étoiles sur le contre-sceau de Hugues, évêque d'Orléans (J. 170, an 1 200) ; son successeur, Manassès, avait un contre-sceau en forme de losange, portant une croix florencée : tFVGiTE partes adverse (J. 170, an 1212). Sur le contre-sceau de Guillaume, la croix est accompagnée des mots : o crvx admirarilis [Ibid. an 1242). Plusieurs autres évêques d'Orléans firent graver le même signe sur leur contre-sceau. L'image de la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus ne se rencontre pas moins fréquemment sur les contre-sceaux des évêques de Paris. Le buste de S. Pierre paraît sur le contre-sceau de Jean, évêque de Poitiers: + sce. Petre ora pro nobis (J. 192, an 1249). On voit le même saint assis au revers du sceau de Hugues (J. 192, an 1 2 63) : + cathedra sancti Pétri. Gautier, son successeur, se fit représenter debout sur son contre-sceau; mais, sur le premier côté , il est agenouillé au-dessous des images de S. Pierre et de S. Paul : t s. fris, (fratris) Galteri d. ordie. [de ordine) Minorv. epi. Pictaven. — 9Trasigill. fris. Galteri epi. Pictaven. (J. 270, an 1281). Pierre, promu à l'évêcbé de Pdiodez vers l'an i3o2, fut nommé patriarche de Jérusalem en 1 3 1 k , et autorisé à conserver son évêcbé ; on trouve suspendue à un acte de 1 3 1 7 (J. kkK) une empreinte du sceau qu'il employait en cette double qualité. Le sujet principal est placé dans le centre du sceau , et entouré d'un cercle de quatorze lignes de diamètre ; il représente la visite des saintes femmes au tombeau de Jésus-Cbrist , l'ange leur annonçant la résurrection de notre Seigneur, et les gardes renversés à terre. L'espace compris entre ce cercle intérieur et la légende est occupé par des sujets accessoires. Quelques portions de la légende sont détruites; mais nous croyons qu'elle était ainsi conçue : t s. Pétri Di. gra. sce. Ierosolimitane ecclie. ppjarche. epi. Ruthn. On voit sur le contre-sceau de Pierre, évêque de Saintes, le buste de S. Pierre entouré de la légende: tv esPetrvs(J. 190, an 12 45). En 1281, celui de Geoffroy portait deux fleurs de lis et une main tenant deux clefs : t svscipe Dne. sw. tvv. [servum tuum) in bonv. (J. 270). Ce symbole rappelle aussi, comme on le voit, le patron de la cathédrale de Saintes, qui était dédiée à S. Pierre. Ce sont là, sans contredit, les contre-sceaux que l'on rencontre le plus ordinairement; aussi est-il indispensable, pour expliquer les sujets représentés sur les contre-sceaux des évêques, de connaître les saints sous l'invocation desquels sont placées les églises cathédrales.
4° Sceaux des prêtres pourvus d'offices, des simples prêtres et des clercs.
Les Bénédictins ne pensent pas que les doyens des cathédrales aient eu
des sceaux particuliers au xie siècle. Dans le siècle suivant, ils n'ont rencontré que le sceau d'Hervé de Montmorency, doyen de Paris en 1 189. « On y voit « seulement, disent-ils, le monogramme de son nom au lieu des armes que sa « maison portait alors. Le concile de Londres de l'an 1227, qui ordonne que « tous les ecclésiastiques constitués en dignité auront des sceaux authentiques, « y comprend les doyens ruraux; mais il ne fait nulle mention des doyens des « cathédrales; c'est sans doute parce que l'évêque était alors regardé comme le «supérieur immédiat de son chapitre, les exemptions des chanoines n'ayant « pas encore séparé le chef des membres. M. l'abbé Danse, chanoine de Beau- « vais, nous a communiqué le sceau de Raoul de Chanac, doyen de cette église « en 1 354; mais c'est un cachet portant l'écu de ses armes, et les simples cha- « noines en avaient alors de pareils. Nous n'avons donc point de preuves que « les doyens et prévôts des cathédrales aient eu ordinairement des sceaux au- « thentiques distingués du sceau commun des chanoines. Il n'en est pas de «même des officiaux1; leur sceau public était le plus souvent le buste de l'é- « vêque diocésain avec la crosse ou la mitre. Celui de l'omcialité de Nantes, en « 1 383 , est en ogive et représente l'écu des armes de l'évêque, surmonté d'une « mitre au sommet de laquelle paraît le haut d'une crosse. On lit autour : sîgil- « lum curie ojficicdis Nannetensis. Nous ne doutons point que les archidiacres, le « trésorier et quelques autres officiers des églises cathédrales n'aient eu leurs « sceaux propres. »
En ce qui concerne les archidiacres, on ne peut pas douter qu'ils n'aient eu presque tous des sceaux particuliers, au moins depuis le commencement du xnie siècle, pour régler les affaires du district qui leur était assigné dans le diocèse. Nous citerons, par exemple, les sceaux de Piaoul, archidiacre de Ponthieu en 1207 (J. 168); d'Adam, archidiacre de Paris en 1211 (J. 1 57) ; de Bernier, archidiacre de Beauvais en 12 i3 (J. 232); de Gautier, archidiacre de Brie en 1228 (J. 383), etc. Pour les trésoriers et les autres officiers, il serait difficile de prouver qu'ils avaient ordinairement des sceaux. Il est probable que les mêmes usages n'étaient pas suivis dans tous les diocèses; et peut-être devrait-on en dire autant des doyens des cathédrales. Les Bénédictins reconnaissent qu'Hervé de Montmorency, doyen de Paris, avait un
1 Cette observation des Bénédictins nous pa- Comme les Bénédictins disent que les sceaux des
raîtrait contestable si on l'appliquait aux sceaux officiaux étaient presque toujours à l'effigie de
des juges officiaux, et non à ceux des officialités. l'évêque, on peut en conclure qu'ils ont voulu
Rien de plus commun que les sceaux d'officiali- parler des sceaux d'officialités : on voit, en effet,
tés ; rien de plus rare , au contraire, qu'un sceau qu'ils citent à l'appui de leur observation le sceau
portant le nom de tel ou tel juge officiai ; nous ne de Vofficialitd de Nantes , et non le sceau particu-
nous rappelons pas d'en avoir remarqué un seul. lier d'un officiai.