PARTIE IV. — CHAPITRE VII
sceau en 1 189; cet exemple n'est pas le seul que l'on puisse citer. En effet, nous avons rencontré le sceau de Piobert, doyen de Laon en 1 17 4 (L. î^oo); celui de Lébert, doyen d'Orléans en 122/i (J. 170); celui d'Alain, doyen de Saint-André d'Avranches en 12 56 (J. 46o); celui de Ponce, doyen de Saintes en 1275 (J. 729), etc. En examinant un grand nombre d'actes, peut-être arriverait-on à reconnaître que, dans certains diocèses, les doyens des cathédrales avaient des attributions qui leur imposaient l'obligation d'avoir un sceau. Nous avons même trouvé quelques sceaux de simples chanoines; nous citerons, par exemple, les sceaux de Piaoul de Pieims, chanoine de Paris en 12 i3 (J. 232); d'André, chanoine de Laon en 1228 (J. 383); de Terricus de Corbeil1, chanoine de Chartres en i23o (S. 2ii5); de Guillaume de Cussac, chanoine de Clermont en 1282 (J. 295), et de Martin de Vabre, chanoine de Maguelone en 1292 (J. 33g). Au nombre des officiers qui ont eu quelquefois des sceaux, on peut ranger les chanceliers des cathédrales; nous avons remarqué le sceau de Jean, chancelier de Paris en 1212 (J. 731), et celui de Nicolas de Bar2, chancelier de Noyon en 1260 (J. 229). Les sceaux des doyens des églises collégiales sont moins rares que ceux des doyens des cathédrales; mais nous ne pensons pas que tous ces doyens aient eu des sceaux particuliers; il est probable qu'ils employaient souvent le sceau du chapitre. Cependant dès le xne siècle, Henri, doyen de Guise, suspendit un sceau particulier à une charte non datée que l'on rapporte à l'année ii5i; cette empreinte en ogive représente une aigle perchée : +s. Henrici decani Gvsiensis (L. i4oo). Les Bénédictins ne pensent pas que les curés des églises paroissiales aient eu des sceaux avant le xni° siècle; encore ne pouvaient-ils s'en servir qu'avec le consentement des seigneurs du lieu. En 1238, le concile de Cognac décida, par son sixième canon, que chaque église paroissiale aurait un sceau exprimant le nom de la paroisse et non celui du curé. Toutefois plusieurs curés ont eu des sceaux particuliers; il en est de même des prêtres et des simples clercs. « Le sceau d'un ancien curé de Neuilly nous a été com- « muniqué, disent les Bénédictins, par M. Bonami, de l'Académie royale des « Inscriptions et Belles-Lettres. C'est une grande fleur de lis semblable à celle « du contre-scel de Philippe-Auguste. On lit autour : t s. Pétri pbri. de Now- «liaco; Sicjillum Pétri presbyteri de Nouliaco. On voit ici le mot presbyter pour « marquer un curé. Ce dernier nom devient commun dans les actes et sur les
1 Ce sceau représente une aigle à deux têtes ; 2 Cette empreinte en ogive représente la
c'est un des exemples les plus anciens de Temploi Sainte Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus, et
de cet emblème qui, dans la suite, devint fort placée entre deux bars, qui sont les armoiries
ordinaire. parlantes de ce chancelier.
« sceaux aux xive et xve siècles. On y voit quelquefois les images des curés en «habits sacerdotaux, disant la messe ou tenant le S. Ciboire. Un sceau en « ogive et du xive siècle offre l'effigie de S. Pierre bénissant un curé à genoux « et en surplis, avec cette légende : + s. Odonis de Briya presbiteri de Cau- « reto. Mais les sceaux des curés représentaient le plus ordinairement les saints « patrons ou titulaires de leurs églises. Ils servaient quelquefois de contre-scels « aux sceaux de la noblesse. Ceux des simples prêtres ne valaient qu'un témoin «au xme siècle; mais deux prêtres validaient un testament, s'ils y apposaient « leurs sceaux en présence et à la réquisition du testateur. Nous avons entre « les mains le sceau d'un prêtre du xme au xive siècle. Il y est représenté di- « sant la messe, avec cette inscription : t s. Hardoinus capellani presbiter. «En 1228, un simple clerc n'avait pas de sceau. Dans une contestation entre « l'abbaye de Sainte-Geneviève de Paris et celle de Saint-Maur-des-Fossés, «les arbitres furent le prieur de Saint-Martin-des-Champs, celui de Saint- « Eloi et Pierre de Buscaria, clerc. Or ce dernier fit mettre à la sentence le «sceau de l'officialité de Paris, parce qu'il n'en avait point qui lui fût propre, « (juia sigillum non kabeo. A la fin du xme siècle et au suivant, les sceaux des « clercs devinrent communs. Le cabinet de Saint-Germain-des-Prés en ren- « ferme plusieurs. Il y en a un en ogive dans le champ duquel est une aigle « à ailes déployées, avec cette légende : Sigillum Simonis de Gornai clerici. JNous « en avons un de forme ronde dans l'aire duquel on voit un pélican qui donne «son sang à trois petits qui paraissent sur leur nid, avec cette légende : s. « Piseti de Andeliaco clerici. Un autre en ogive et du même temps fait voir « un dragon portant deux cornes vers le dos avec une queue bouclée, et cette «inscription : sigillum Hadulfi d'Esquetot clerici. Un troisième sceau repré- « sente dans le champ un moine sur une chaise, qui enseigne deux enfants « moines, dont l'un est assis et l'autre debout. L'inscription porte : + s. Fur-
« CEI DICTI PlUTILLE CLERICI. »
Nous n'entreprendrons pas de décrire ces différentes classes de sceaux; en général, on n'y remarque pas d'attributs qui les distinguent entre eux. Plusieurs archidiacres sont représentés debout, tenant un livre sur leur poitrine; dans la seconde moitié du xnf siècle, ils sont souvent agenouillés devant l'image d'un saint patron. En 1273 (J. 728), Pierre Sorin, archidiacre d'Aunis, est représenté assis, montrant à deux enfants un livre sur lequel on lit le mot ave; au contre-sceau, on voit une plante entre deux colonnes: s. Pétri Sorini archidiaconi Aln. — t 9TRAS. P. Sorini. Alain, doyen de Saint-André d'Avranches, est représenté à genoux dans le bas d'un sceau en ogive; audessus de lui est l'image de S. André attaché sur la croix et encensé par un ange :