‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 139 sur 260 · S II. SCEADX DU CLERGÉ REGULIER · texte numérisé non relu

S II. SCEADX DU CLERGÉ REGULIER

i° Sceaux des abbés , des prieurs et moines.

Mabillon pense que les plus anciens sceaux d'abbés ne sont pas antérieurs au xie siècle; mais les Bénédictins en font remonter les premiers exemples au moins jusqu'au siècle précédent. Ils citent Burchard, abbé de Saint-Gai, qui employait en 973 un sceau où le patron de l'abbaye était représenté à mi-corps. Comme ils ne donnent pas la légende du sceau, on peut supposer que ce type était plutôt celui de l'abbaye que celui de l'abbé. La même observation s'appliquerait à quelques autres exemples cités par les mêmes auteurs, notamment au sceau employé en iii4 par Adam, abbé de Saint- Denys, sceau qui représentait S. Denys titulaire de cette grande abbaye, et qui devait être celui dont la gravure est représentée sous le n° 4 de la planche P. En effet, c'est en 1174 seulement que Guillaume, abbé de Saint-Denys, statua , dans un chapitre général des religieux de son abbaye, qu'à l'avenir les abbés auraient un sceau distinct de celui de la communauté. Pendant le cours du xne siècle, la même mesure fut prise dans plusieurs monastères. Dès n38, Hugues IV, abbé de Saint-Germain des Prés, avait un sceau distinct de celui de l'abbaye, comme le prouve un chirographe dressé en son nom dans lequel on lit : « Kartae verô per médium cyrographum divisée partem nos- « tro et beati Germani sigillo firmatam sibi reservaverunt ; partem Stephani

1 Cette chapelle du château de Montferrand 2 Les trois premiers mots se lisent sur le pre-

fut érigée en collégiale; le chapitre se composait mier côté; nous avons suppléé la fin de la léde douze chanoines. gende à l'aide du contre-sceau.

«et Amalrici sigillis corroboratam nobis retinuimus. » (L. 1196.) Les Bénédictins ont reproduit, d'après Schannat, le sceau de Pùchard, qui devint abbé de Fulde dans le premier quart du xie siècle. Ce type avait deux pouces un quart de diamètre; l'abbé, représenté à mi-corps, la tête nue, tient une crosse de la main droite et un livre de la main gauche : t Puchardvs abbas. Il y avait donc, dès le commencement du xie siècle, des abbés qui employaient des sceaux portant leur nom et leur effigie. Toutefois cet usage n'était pas encore universellement suivi, même au xif siècle. Haimon , abbé d'Ambournai, déclare, en i i3o, que son prédécesseur Didier n'avait point de sceau. Jusqu'au xiie siècle, on ne trouve pas de chartes scellées par les abbés deCorbie; Nicolas II, qui succéda en 11^2 à Piobert, est peut-être le premier abbé qui ait eu un sceau; quant à l'abbaye, elle n'en avait pas encore; mais le pape Alexandre III accorda aux moines de Corbie (de 1172 à 1181) un sceau qui fut dès lors nécessaire pour authentiquer les actes de la communauté. ( Voyez Mabillon, Ann. Bened. tom. VI, pag. 4^7. ) Ainsi quelques abbés de Corbie ont eu un sceau lorsque la communauté n'en avait pas encore; à Saint- Denys au contraire c'est le sceau de la communauté qui est le plus ancien. Quoiqu'on ne puisse rien affirmer à cet égard , il est probable qu'en général les sceaux d'abbayes sont plus anciens que ceux des abbés. Au xme siècle, la plupart des chartes portent à la fois le sceau de l'abbé et celui de l'abbaye; Mabillon annonce que cette double garantie était probablement nécessaire pour la validité des actes. Il faut cependant excepter de xette règle les engagements contractés par certaines abbayes où il était d'usage de n'employer qu'un sceau commun à l'abbé et à la communauté.

Les sceaux des abbés ont beaucoup d'analogie avec ceux des évêques, soit par leur forme , soit par les images qu'ils représentent. Il est probable que les sceaux ronds s'employaient encore assez fréquemment dans la première moitié du xne siècle. Tel est celui dont Gérard, abbé de Longpont, se servait en 1 1 53 ( S. 2 199); l'empreinte n'a pas plus de quinze lignes de diamètre; il est représenté debout, la tête nue, tenant la crosse de la main gauche et un livre de la main droite : t sigillv. Girardi abbatis Longipontis. On trouve au bas d'un acte non daté une empreinte mutilée du sceau de Henri , qui gouverna l'abbaye de Fécamp de 1 i4o à 1 188 ou 1 189; le type devait avoir la forme de l'ogive, ou au moins d'un ovale très-allongé; Henri est représenté assis, tenant la crosse de la main droite et un livre de la main gauche. A compter des dernières années du xnc siècle, il est extrêmement rare de rencontrer un sceau d'abbé qui n'ait pas la forme de l'ogive. Les deux premiers sceaux de la planche P peuvent donner une idée de l'aspect que présentent la

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