CXLV
Anno Domini mrllesimo quingentesimo XIII" et die octava mensis junii, personaliter constitutus. . . .
Ad censum annuum unius carlarenchie frumenti
mensure censualis dicti capituli cum direclo dominio , etc., et
cum jure vestiendi, etc. Quem censum solvere promiserunt
sub obligacione dicti campi et fructuum in eodem excrescendorum,
etc., et juraverunt, etc., solvere anno quolibet, in festo beali
Michaelis arcangeli, tantum quantum, etc.; reddere dampna,
elc ; renunciaverunt voluerunt, etc., sine monicione eHicencia, etc. Testibus .
Sequitur ténor dictarum commissionum :
Henricus octavus, Dei gracia Anglie et Francie rex , fidei defensor, et dominus Hibernie, Omnibus ad quos présentes litlcrc pervenerint , salutem. Scia- (is quod
' j «J ^4n9^ ^ <**«**- «£/Vn* V — $ /iv<l *Cc 4t**wi
__^«*fe
An* ctmt) tsrot ctœj Wtgcuad co&tttr i^rftumte outwwtf wwptetttr/ajtt&o roogte Jwtt ftfif njtmj (^eyHwW ' jtaSwftte tmm^t *§cOT/% , t*m«lww imWamw Jwtficcttur % cnfatt
PHo«
£—} c*»vi- cm cwfrtt i-f/o Ie» Tî*C^t9x>oc> — c-v-— x- " u.vc*vvvy jcy
^C v ^-^~p~S) ^>*^vO rv>i«-~~ ^ ^^d.^^ ^o-*-~~on
.^^*-£e^~e~£ <v^^^-€^ Ç**~~f-3fôUD .__, ^vS xO o^o— *X
Çtfenue Ottuulhtô a£> quoôpttfettteêfutot jmietimtit, ôaftttcm ©tut
NOTICES
SUR LES MANUSCRITS ET LES DIPLOMES d' APRÈS LESQUELS ONT ETE GRAVES
LES FAC-SIMILE
I. (PL I, n° 1.) «Liber psalmorum qui vocatur psalterium sancti Germani « putaturque sancto Germano usui fuisse. Codex VI circiter saeculi membra- « naceus, litteris uncialibus aureis et argenteis. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Voici dans quels termes les Bénédictins décrivent ce précieux monument : « Le manuscrit de l'abbaye de S. Germain des Prés 661 est le célèbre psautier « gallican qu'une ancienne tradition nous apprend avoir été à l'usage de « S. Germain, évêque de Paris, mort le 28 mai 576. Ce manuscrit est un des « plus rares et un des plus précieux qui soient en Europe. Il a dix pouces de « hauteur et huit et demi de largeur, 291 feuillets, 36 cahiers et trois feuillets « de plus. Chaque cahier est régulièrement de huit feuillets. Ces cahiers sont « marqués par des nombres placés à la marge inférieure , vers le fond du « livre : caractères des plus anciens manuscrits. Sur chacun de ces nombres « il y a une barre — qui désigne une abréviation. Le vélin en est teint de «pourpre violet un peu cendré, et l'écriture est en lettres onciales d'argent; « mais on y observe régulièrement d'écrire le nom de Dieu en lettres d'or. Si « ce n'est après ce saint nom, on n'y voit ni points ni virgules. Les mots ne « sont point divisés. Le Diapscdma en lettres d'or est toujours comme en titre « isolé, sans qu'il y ait rien avant ou après dans la même ligne. Souvent on « aperçoit en marge une R tranchée par une ligne horizontale. Cela signifie « apparemment que le verset qui y répond est l'antienne que le peuple devait « répéter. H y a nombre de psaumes qui n'en ont point, et quelques-uns qui « en ont deux. C'est qu'on changeait d'antienne ou de répons. Ainsi cette Rr « barrée voudra dire Responsoriam. Ce signe paraît deux fois dans le psaume « Misereatur , au verset : Confiteantur tibi populi , Deus, confiteantur tibi populi om- « nés. L'écrivain aura répété l'R parce que le même verset, qui était effectivement « le répons, se trouve répété. On lit à la tête de ce manuscrit la notice qu'en a « donnée Dom Jacques Dubreuil1 en i56o. 11 a été, dit-il, longtemps gardé au
1 « Ce savant prieur de Saint-Germain-des-Prés « boravi, lababo pour lavabo , benenum pour vene- « remarque que l'écrivain emploie souvent le b « num, deborant pour dévorant, adjubet pour adju- « pour le v : brebi pour brevi, laborabi pour la- « vet; le v pour le b : davit pour dabit, provasti
« trésor parmi les reliques, et de là transporté à la bibliothèque en faveur des «gens de lettres. En 1269, le sacristain de S. Germain des Prés nomme dans « le catalogue des reliques confiées à sa garde le psautier de S. Germain. » Nous n'ajouterons rien à cette notice , si ce n'est que les lettres d'argent ont pris une teinte noirâtre et plombée comme dans la plupart des manuscrits où ce métal a été employé ; mais la régularité des caractères supplée à l'indécision des teintes de l'encre métallique , et la lecture de ce manuscrit ne présente guère d'autres difficultés que celles qui résultent de l'indistinction des mots.
IL (PI. I, n° 2.) «Codex membranaceus , olim DD. de Noailles Franciae « marescalli. Ibi continentur evangelia quatuor ad usum Caroli Calvi Franco- « rum régis et imperatoris : praemittuntur sancti Hieronymi prologus et Euse- « bii canones, cum ejusdem epistolâ ad Carpianum fratrem ; subjectum verô « capitulare evangeliorum per anni circulum recitandorum. Is codex nono « saeculo exaratus videtur. « [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit, remarquable par l'élégance et la pureté des caractères, a près de huit pouces trois quarts de hauteur, sur un peu plus de six pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes et des lettres coloriées. La concordance des évangélistes est marquée en marge par des lettres abrégées ou conjointes. Une M onciale surmontée d'un T, qui souvent fait corps avec elle, sert ordinairement à indiquer les passages de S. Mathieu. Des caractères analogues désignent les trois autres évangélistes.
III. (PL I, n° 3.) Le catalogue du Supplément latin ne désigne ce manus-
« pour probasli,verva pour verba, narravo pour nar- « rabo , vobes pour boves; Ye pour Fi : iniellege pour « intellige, delaculo pour diluculo, delectum pour « dilectum, fortes pour forlis, grales pour gratis; « Yi pour Ye : sedis pour sedes, delisli pour delesti, « infilicitas pour infelicitas, omnis pour omnes, pin- « nas pour pennas; Yo pour l'a : gressos pour gres- «sus, laiibolum pour laiibolum, laco pour laça, « trocident pour Irucideni ; Ya pour Yo : cibus pour « cibos , salvas pour salvos , incula pour incola, sa- « cerdus pour sacerdos. L'écrivain n'emploie qu'un « u pour deux : manam pour manuum , equs pour « equus, iniqum pour iniquum. Il écrit par un seul • i les mots où il en faut deux : proiciamus , proi- « cientes , pour proj iciamus , projicienlcs; deiciant , « abiciet , subiciens, pour dejiciant , abjiciel, mb-
« jiciens. On trouve dans ce psautier du milieu « du vic siècle :fili \>ourJilii; inlumina, inrideant, « cordaudatio, gigans, aput ; conteraisli, pour con- « trivisti, et sasam pour sursum. Trouve-t-on une « orthographe plus bizarre dans les diplômes des « VIe et vu0 siècles ? Le P. Germon a pourtant osé « faire servir l'inconstance et la barbarie de l'or- « Ihographe de ces temps-là au dessein qu'il avait « de rendre suspects ces monuments. Mais il s'est « déshonoré lui-même par les efforts qu'il a faits « pour prouver que dans les manuscrits conteni- « porains on observait une orthographe régulière « Cela n'a pas empêché le nouvel éditeur du P. • » Daniel de renouveler une prétention si mal fon- « dée. » [Nouveau Traité de Diplomatique , tome 111, page 1 63 , note 1.)
crit que par la note Evangelistarium. L'abbaye Saint-Germain des Prés possédait autrefois des évangiles dont les caractères, à en juger par les planches du Nouveau Traité de Diplomatique , étaient parfaitement semblables à ceux du volume qui existe aujourd'hui à la Bibliothèque du Roi. Nous avons reconnu toutefois que ce sont deux manuscrits différents; mais la conformité de l'écriture est tellement frappante qu'ils doivent avoir été copiés, non -seulement dans le même siècle et dans le même pays , mais probablement par le même écrivain. Les Bénédictins ont estimé le manuscrit de Saint- Germain du vtiic ou du ix° siècle, c'est d'après leur autorité que nous assignons la même date aux évangiles que possède la Bibliothèque du Roi. On y trouve des vignettes d'un style barbare, et des lettres coloriées dans les endroits les plus importants. Les lettres initiales ordinaires sont en noir et entourées de points rouges. L'écrivain entourait également de points rouges les trous du parchemin. L'inspection du fac-similé suffit pour prouver que ce manuscrit renferme des lettres de formes très -variées.
IV. (Pi. I, n° 4, i" partie.) Le catalogue du Supplément latin ne désigne ce manuscrit que par le mot Virgilius. Il renferme les œuvres de Virgile accompagnées d'une glose interlinéaire et marginale. Le texte et la glose sont de la même main , et présentent tous les caractères de l'écriture lombardique. Ce manuscrit paraît être du xc siècle. Il a un pied de hauteur sur huit pouces de largeur. Il serait difficile de trouver une écriture plus régulière et mieux conservée. C'est M. Champollion qui a bien voulu nous indiquer ce manuscrit remarquable.
V. (PI. I, n° 4, 2e partie.) «Codex membranaceus, olim Tellerianus. Ibi « continentur : i° Anonymi tractatus de arte grammaticâ : desideratur ini- « tium; 2° Anonymi scholium de rvthmis, etc. . . .; 3° Glossae vocabulorum quo- « rundam latinorum. Is codex longobardicis characteribus sœculo, ut videtur, « octavo exaratus est. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Quoique nous ayons emprunté fort peu de chose à ce manuscrit, cependant nous citerons ce qui en a été dit par les Bénédictins. Leur notice montrera que par un examen scrupuleux on arrive souvent à déterminer l'âge d'un manuscrit d'une manière positive. « La hauteur de ce manuscrit est de près de dix pouces et sa largeur « de sept. Le premier cahier manque. Les signatures sont en chiffres marqués « sur la première page de chaque cahier, ce qui se rencontre rarement dans « les anciens manuscrits. On trouve dans celui du Roi une table chronolo- « gique à douze colonnes. La ire marque les années bissextiles; la 2e celles de
«l'incarnation; la 3e l'indiction; la 4e les épactes; la 5e les concurrents; la «6e l'année du cycle lunaire; la 7e le commencement du carême; la 8e les «années communes et embolismiques; la 9e le quatorzième de la lune pas- « cale; la 10e les fériés du quatorzième de la lune pascale; la 1 ie le dimanche «de Pâques; la 12e le jour de la lune auquel tombe ce dimanche. Cette table «fait l'année 787 bissextile. C'est l'année 788 selon l'Art de vérifier les dates. « La table, après avoir fait l'année 82 4 bissextile, met le bissexte en 827, puis « en 832. En 879 nulle épacte où l'Art de vérifier les dates marque 29. » [Nouveau Traité de Diplomatique, tome III, page 76.) « Ce manuscrit renferme vers la «fin un petit écrit portant pour titre : Quotas sit annus ab incarnatione Domini, « avec plusieurs autres pièces concernant le comput. Il commence par l'an « DCCLXXVIII. Les premiers cahiers paraissent un peu plus anciens que le « 38e, qui contient ce calcul. La même main continue sans aucun changement «jusqu'à DCCCXVI. Depuis DCCCXVII inclusivement jusqu'en DCCCXXV, «aussi inclusivement, les I, II, III, IV, V ou VI derniers chiffres sont d'une « autre main. Ainsi ils ont été ajoutés après coup. D'où s'ensuit qu'on acheva «d'écrire le manuscrit en 816. » [Ibid. page 357-)
VI. (Pi. I, n° 4» 3e partie.) «S. Augustinus in Pentateuchum. IX sseculi. « Figures. » ( Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit, d'une écriture irrégulière , n'a fourni qu'un petit nombre d'additions à l'alphabet lombardique extrait du Virgile portant le n° 771 du Supplément latin.
VII. (PI. I, n° 4, 4 e partie.) « Glossarium antiquissimum quod putatur An- «sileubi. 2 vol. in-folio maximo, VIII sœculi, litteris longobardicis. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit a un pied neuf pouces de hauteur sur près de quatorze pouces de largeur. Les Bénédictins le placent au vme ou au ixe siècle. Nous serions porté à croire qu'il est plutôt du ixe. En effet, l'écriture lombardique est souvent remplacée par une minuscule Caroline dont la régularité ne saurait convenir au vme siècle; et comme cette écriture occupe des feuillets entiers dans le corps de l'ouvrage, on ne peut supposer qu'ils ont été intercalés. Nous avons d'ailleurs remarqué , au moins dans un endroit , qu'un de ces feuillets est écrit d'un côté en lombardique et de l'autre en Caroline; ce qui prouve que le travail de cette transcription immense avait été partagé entre deux écrivains , comme cela se pratiquait souvent pour les ouvrages de longue haleine. Il est inutile de dire que les lettres reproduites d'après ce manuscrit dans notre première planche sont empruntées à des feuillets d'écriture lombardique. On remarque dans ce manuscrit un grand
nombre de lettres grises, non -seulement pour les initiales des mots, mais encore pour des mots entiers auxquels l'auteur avait consacré dans son dictionnaire un article de quelque importance. Les Bénédictins font remarquer la substitution assez fréquente de Ye sans cédille à la diphthongue œ , et ils en concluent avec raison qu'on a tort de signaler la suppression de cette diphthongue comme un caractère distinctif des écritures du xne siècle et des siècles suivants. Voici ce qu'ils ajoutent dans une autre partie de leur ouvrage sur cet ancien dictionnaire : « D. Rivet ne dit rien autre chose de ce manuscrit sinon « que S. Isidore est le dernier auteur qu'on y trouve cité, et qu'il paraît plus « ancien que ceux dont il venait de parler, quoique tous du ixe siècle, et même « de la fin du huitième. Il fut donné en 1680 par M. Joli, chantre de la cathé- « drale de Paris, à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Une note postérieure « à sa donation porte que M. de Caseneuve , dans ses Origines , cite souvent « le glossaire d'Ansileubus , évêque goth , auteur peu connu. Sur les termes v armoiries , mouton, quai, les citations de ce Monsieur se rencontrent, dit-on, « dans le glossaire. D'où l'on conjecture que c'est son Ansileubus. Catel cite « aussi le glossaire d'Ansileubus ou d'Angileubus, qu'il avait copié sur un ma- « nuscrit de l'abbaye de Moissac. Mais les termes rapportés par cet auteur «prouvent que les manuscrits 12 et i3 de Saint- Germain en sont différents. « Quelques notes écrites dans le même glossaire, il y a plus de deux cents ans, «le donnent encore avec moins de fondement à Papias, puisque, suivant la « chronique d'Albéric, il florissait au milieu du xie siècle. » [Nouveau Traité de Diplomatique, tome II, pages 83 et 84.)
VIII. (Pi. I, n° 5.) « Codex membranaceus , olim Colbertinus. Ibi conti- « nentur : i° Paschasii Piadberti, etc.; 20 Ildefonsi opusculum de azimo; 3° Ilde- « fonsi, episcopi Toletani, tractatus de perpétua virginitate B. Mariae Virginis: « prœmittitur Gomesani presbyteri prœfatio in eumdem tractatum; k° Versi- « culi dicendi ante lectum episcopi : finis desideratur. Is codex saeculo nono ex- « aratus videtur. » (Gâtai, de la Bibliothèque du Roi.) — Le fac-similé a été extrait du manuscrit qui renferme les œuvres d'Ildefonse , c'est-à-dire de la seconde portion du volume portant le n° 2 855. Ce manuscrit a sept pouces et demi de hauteur sur cinq pouces et demi de largeur. Le traité sur la sainte Vierge est écrit en caractères wisigothiques d'une admirable régularité. On y rencontre quelques lettres ornées. Les Bénédictins n'ont cité qu'un très-petit nombre de manuscrits wisigothiques, et leurs modèles ont été gravés presque tous d'après des fac-similé qu'ils avaient reçus d'Espagne. Cependant il était important de représenter un alphabet dont on pût garantir l'exactitude; c'est ce que nous
avons pu faire, grâce à l'obligeance de M. Guérard, qui a Lien voulu nous
indiquer ce curieux manuscrit.
IX. (Pi. II, n° 1.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi continentur : « i° Aurelii démentis Prudentii liber Cathemerinon; i° Ejusdem apotheosis; « 3° Ejusdem bamartigenia; 4° Ejusdem psycbomachia; 5° Ejusdem ex libro « 7repi <;Te<p<ivù)v kymni quinque, primus martyribus Hemiterio et Chelidonio : « secundus B. Laurentio : tertius Eulaliœ virgini : quartus XVIII martyribus « Cœsaraugustanis : quintus B. Vincentio; finis desideratur. Is codex sexto sas- « culo videtur exaratus. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.} — L'estimation du catalogue imprimé de la Bibliothèque du Roi s'éloigne beaucoup du jugement porté par Mabillon et adopté par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. « D. Mabillon juge ce précieux manuscrit au moins du IVe siècle, et par « conséquent du temps du poète chrétien. Ce livre a un pied de hauteur et
« un demi-pouce de plus de largeur i Il a 58 feuillets sous trois suites de
«signatures en chiffres, accompagnées de la lettre a. Il y en a d'abord six, « ensuite dix, enfin trois, plus six feuillets. Plusieurs feuilles manquent, etc. «Les signatures sont toujours au bas et au fond du manuscrit, comme dans « les plus anciens. C'est la variété des ouvrages qui les fait répéter. Car tout « est de la même main , si ce n'est trois feuillets à la fin en écriture onciale à « double trait, ronde et très-élégante; le tout de vélin très-fin et souvent en- « dommage par l'encre corrosive. Les titres des livres sont répétés au haut de «chaque feuillet, si ce n'est ceux qui sont de la première suite des cahiers, « peut-être à cause que les pièces changent souvent. Les mauvaises lettres sont « corrigées ou effacées par un ou deux traits. Les mots expongés ont un point « sur chaque lettre. Quelquefois on ne laisse pas d'effacer ces lettres ou de les « barrer. Peu de fautes dans ce manuscrit, et encore viennent-elles des copistes. « L'orthographe est bonne. Nous n'appelons pas mauvaise orthographe b pour «p dans scnpta, etc. Il y a beaucoup de lettres liées, non-seulement à la fin, « mais encore dans le corps des poésies. On trouve même des M. Ces lettres «liées tendent souvent un peu à l'écriture onciale, mais non pas à la minus- « cule. Les lettres conjointes ne sont si fréquentes qu'à cause des vers qu'on «veut finir. On marque au haut de chaque pièce, en marge, de quelle sorte «de vers elle est composée, et pour cela on se sert d'écriture demi-onciale. « Enfin on voit en marge quelques S en forme de G. Il serait difficile de trou- « ver réunies autant de notes caractéristiques des plus anciens manuscrits. »
1 II paraît que les relieurs ont considérable- d'hui que onze pouces de hauteur sur neuf pouces ment diminué ce manuscrit, qui n'a plus aujour- quatre lignes de largeur.
(Nouv. Traité de Diplomatique , tome III, pages 60 et 61.) Tout en adoptant l'opinion des auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, nous ne nous dissimulons pas quelle peut être controversée ; mais comme le catalogue imprimé rajeunit en général les manuscrits sur l'âge desquels il peut exister quelques doutes , il ne faut pas s'étonner qu'il soit en dissentiment avec les Bénédictins sur l'appréciation d'un manuscrit qui remonte à un temps où les termes de comparaison deviennent si rares.
X. (Pi. II, n° 2.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le
titre de ce manuscrit, qui contient les œuvres de S. Cyprien. — Voici ce qu'en
disent les Bénédictins : « Ce manuscrit a neuf pouces de haut et sept de large.
« Il est composé de deux parties dont la première renferme les œuvres de S. Cy-
« prien, et la seconde le psautier en grec et en latin ; le tout, excepté quelques
« titres , en onciale indistincte et à deux colonnes. D. de Montfaucon , dans une
« notice écrite de sa main, estime la première partie d'environ le vne siècle, et
«juge du vie ou vne la seconde. Pour ne parler ici que du S. Cyprien, il nous
« paraît être du ive ou ve siècle. Du moins en porte-t-il tous les caractères. Le
« vélin en est extrêmement fin et d'une grande blancheur. Chaque page est
« divisée en deux colonnes renfermées entre deux perpendiculaires. L'écriture
« est très-indistincte. Les textes des livres saints sont marqués par des lignes
« rentrantes en deçà des perpendiculaires. Dominus est ordinairement abrégé
«par Dms, note de la plus haute antiquité. L'écriture a des déliés très-fins.
« Ses lettres sont rondes, demi-détachées et demi-anguleuses. Les T ont pres-
« que la forme de 1T. Les M finales sont exprimées par i--~i ou co au bout de
« la ligne. Le a veut dire que, et dmi est écrit pour domini. Les titres et les ex-
« plicit sont en lettres onciales rouges et noires alternativement. Les trois pre-
« mières lignes des titres sont rouges et souvent plombées. Les cahiers portent
«leur signature sur la dernière page, à un demi-pouce du fond, en lettres
«onciales, sans aucun ornement. On ne trouve en lettres capitales que le nom
«de Cœcilii Cypriani dans les titres, encore quelquefois est-il en onciale mêlée
« de capitale , ou en pure onciale. Les Y sont sans points. Les F n'ont que
« comme deux points de traverse. Les T et les L sont presque comme des I. Nuls
« points, sinon ceux qu'on a insérés après coup. Les moitiés de mots d'une ligne
« sont généralement portées à l'autre. On ne remarque presque point de fautes
« d'orthographe , ni d'abréviations, excepté quelques finales. Le mot Christi est
« écrit XPI. En un mot, notre manuscrit de S. Cyprien n'en cède point aux évan-
« giles de S. Eusèbe pour les caractères d'antiquité. » (Nouv. Traité, de Diplom.