‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 176 sur 260 · tome III, page · texte numérisé non relu

tome III, page

XI. (Pi. II, n° 3.) «Codex membranaceus,olira Puteanus, et litteris uncia- « libus exaratus. Ibi continentur sancti Pauli epistolae, ut et epistola ad « Hebraeos. E regione adjuncta est interpretatio latina. Ex illo exemplari « triginta quinque folia, nefario cujusdam scelere, aliquot abhinc annis avulsa «sunt, quae comitis Oxoniensis Harleii, suo in litteras amore celeberrimi, « munificentiâ in pristinas sedes rediêre. Huncce codicem doctissimus Bernar- « dus de Montfaucon , argumento è litterarum forma ducto , septimo sseculo « exaratum esse suspicatur. » [Catal. de laBibl. du Roi.) — On lit en tête du manuscrit : « Ce volume, contenant trente-quatre feuillets arrachés ou coupés du « fameux et précieux manuscrit des épîtres de S. Paul par l'apostat et le scélérat

« Aymon , fut envoyé à M. l'abbé Bignon, au mois de 1729, par milord

«d'Oxford, seigneur anglois; il les avoit acheptés ou fait achepter du voleur « Haymon. » Les feuillets qui existent aujourd'hui portaient autrefois les numéros i46-i5o, 173 et 174, 178 et 179, 2 o5 et 206, 332-338, 357 et 358, 384 et 385, 449~46i. On les a depuis numérotés au crayon de 1 jusqu'à 34- Cette nouvelle pagination ne comprend pas l'ancien feuillet 1 49 , au bas duquel on lit : « Feuillet renvoyé de Hollande par M. Stofell, mars 1 720. » Voici ce que les Bénédictins disent de ce manuscrit : « Quoique D. Bernard de « Montfaucon ne l'ait mis qu'à la tête des manuscrits du vne siècle, il semble « qu'on peut , sans rien craindre , le placer au moins un siècle plus haut. Les « proportions et la netteté des caractères sont dignes des siècles les plus bril- « lants de l'empire. Le bon goût règne également dans le latin comme dans le « grec. Ces deux langues réunies annoncent un manuscrit fait en Occident, dans «des temps antérieurs au vne siècle, où la barbarie s'était déjà répandue de « toutes parts. Quand les esprits et les accents auraient été marqués de la pre- « mière main , ce ne serait pas une raison pour reculer si tard une écriture de « cette élégance. Mais ceux du manuscrit royal sont , non seulement d'une autre « main, mais elle paraît encore postérieure. C'est le sort de la plupart des ma- « nuscrits vraiment antiques. » [Nouv. Traité de Diplom. 1. 1, p. 691 et 692). « Ce « manuscrit vient de l'ancien monastère de S. Irénée de Lyon. Scaliger, dans « une lettre de l'an 1601 , écrite à Casaubon, se contente de lui donner une an- « tiquité vénérable. Il paraît du ve siècle ou vie au plus tard. Le texte, à deux « colonnes, est divisé par versets très-courts. Les premières lettres des alinéa « sortent de la perpendiculaire. Les mots ne sont point distingués , ni par des « espaces , ni par des points. On y voit des e pour des i et des t pour des d. Une « preuve de sa haute antiquité , c'est qu'on y met au nombre des livres canoni- « ques des ouvrages que l'église, dans la suite, n'a pas reconnus pour tels. C'est « ce qu'on voit à la page 168 , dans la stichométrie dont voici un extrait :

«Barnabae epist. ver. dcccl. (versus 85o.)

«Juhannis revelatio icc. (1200.)

« Actus apostolorum imc. (2600.)

« Pastorisversi (versus) nu. (4ooo.)

« Actus Pauli vers, iiidlx. ( 356o.)

« Revelatio Pétri cclxx. (270.)

« Ceux qui savent que le latin devint commun à Constantinople depuis que « Constantin y eut établi le siège de l'empire, et que le grec était en usage dans « les Gaules dès le temps de S. Irénée , doivent être embarrassés à décider si ces « deux exemplaires ont été écrits par des Grecs ou des Latins. M. Simon ne « balance pas à prononcer qu'ils n'ont pu être écrits par des Grecs. Les raisons « qu'il en donne ne sont rien moins que convaincantes. » [Ibid. tome III, pages i43 et 1 44--) — Les Bénédictins ajoutent, à la page \l\!\ au même volume : « Les corrections grecques de différentes mains, et en caractères onciaux inusités « en Occident, avec la version latine, semblent prouver que ce manuscrit vient « de Grèce, et même qu'il y a été conservé au moins jusqu'au ixe siècle. » Les savants auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique avaient, comme on vient de le voir, énoncé dans leur premier volume une autre opinion sur l'origine de ce manuscrit; mais ils persistent à le classer parmi les monuments du ve ou du vie siècle, malgré l'appréciation de D. Bernard de Montfaucon. Leur opinion se trouve exprimée de nouveau à la page 4i4 du IIIe volume : « Ce manuscrit, « disent-ils, paraît de la fin du Ve siècle. » S'ils n'avaient pas persisté dans leur sentiment d'une manière aussi positive, nous aurions dû nous borner à reproduire l'avis de D. Bernard de Montfaucon ; mais après avoir soigneusement examiné ce précieux manuscrit, il nous a paru qu'en le reportant à la fin du ve siècle les Bénédictins n'en avaient pas exagéré l'antiquité. Leur sentiment se trouve encore confirmé par l'extrême finesse du vélin, qui est quelquefois, comme dans le S. Prudence, entièrement percé par l'action corrosive de l'encre. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur sur sept pouces et demi de largeur.

XII. (PI. II, n° 4.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le titre de ce manuscrit, qui contient les épigrammes de S. Prosper. — Voici ce qu'en disent les Bénédictins : «On trouve marqué sur ce manuscrit, qu'il est « de la Bibliothèque de Sedan, et plus bas : Ex dono Christophori Justelh. Le nom « du lieu auquel ce manuscrit appartenait originairement a été gratté, en sorte « qu'il est très-difficile de le deviner. Nous croyons cependant y lire : Hic est

« liber Sancti Benedicti abbatis clicti Flonacensis monasterii. C'est sans doute un des « livres pillés par les Calvinistes pendant les troubles de leur prétendue réforme. « Il n'a que neuf pouces de hauteur et sept de largeur. Il renferme 106 épi- « grammes de S. Prosper, une pièce en vers adressée à sa femme, et un ouvrage « en prose, à la fin duquel on lit : Exphcit de seminatore verbi sermo pulcherrimiis. « Ce sermon est de S. Augustin. Chaque épigramme de son disciple a deux « chiffres, tant dans la table que dans le corps du manuscrit. Le premier annonce « le nombre de l'épigramme, et le second, celui des vers qu'elle contient. Tous « les titres et les sommaires placés à la tête du livre, et appelés capitules, sont en « lettres capitales. Les deux dernières pièces n'y sont pas annoncées. On trouve « dans le S. Prosper du Roi, ammoneo pour admoneo, et autres expressions sem- « blables usitées dans les manuscrits des Ve et VIe siècles. » (Nouv. Tr. de Dipl. tome III, pages 5o et 5i.) — Les Bénédictins accompagnent des remarques suivantes un fac-similé de ce manuscrit : « La seconde espèce d'onciale gallicane « élégante esta doubles traits, indistincte, et fait conjonction de lettres à la fin « des lignes. Telle la voit-on dans le S. Prosper de la Bibliothèque du Roi, ap- « partenant anciennement à celle de Fleury ou Saint-Benoît sur Loire. Dans les « six vers que nous donnons pour modèle , l'hexamètre est saillant, et le penta- « mètre rentrant, de la manière qu'on les écrit aujourd'hui. » [Ibid. page i5o,.) Ils font remarquer en outre « les lettres conjointes, l'N avec le T et Y M; les « abréviations sein pour sanclum, et a' pour que; le point quelquefois à Ici fin, « quoique fort rare; la barre horizontale pour Ym; » enfin la diminution des lettres dans le dernier mot d'un vers. En résumé, ils fixent au commencement du vie siècle l'âge de ce manuscrit.

XIII. (Pi. II, n° 5.) Quoique l'écriture de ce manuscrit soit parfaitement conservée , les marges du papyrus ont été endommagées par la vétusté. Mais le papyrus avait probablement la même dimension que le parchemin qui lui sert d'enveloppe , c'est-à-dire un pied de hauteur sur huit pouces un quart de largeur. Ce manuscrit vient d'être habilement restauré, et sera désormais préservé de toute altération. Les Bénédictins l'avaient jugé assez important pour en faire graver une page entière. Voy. la planche III du Nouveau Traité de Diplomatique, tome I, page 486. «Cette planche, disent-ils, est tirée d'un « manuscrit de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, manuscrit dont l'âge ne « saurait être reculé au delà du \f siècle. Pour en garantir les cahiers, au- « tant de feuilles de parchemin les renferment. En ce genre, la France n'a rien « de plus précieux ni de mieux conservé. On jugera de la beauté des caractères « et de leur antiquité par les exemples que nous en publions. Nous en avons

« exprès laissé subsister les fautes; quoique les plus grossières, comme amittere « pour admittere, eussent été corrigées par une main postérieure. Les i pour les « e, les e pour les i, les n pour les l, dans les verbes composés, y sont ordinaires. « On y trouve Yae, Yœ et Te muni d'une cédille; mais le premier est plus fréquent « et Yœ plus rare. Le point sur Yy est marqué avec assez d'exactitude. » (Ibid. pages 487 et 488.) — Mabillon parle aussi de deux manuscrits de S. Augustin, dans lesquels on avait employé à la fois le parchemin et le papyrus. « Primum occurrit « Petavianœ bibliothecae volumenin folio minori, varios sancti Augustini sermo- « nés complectens, novem quaternionibus constans : in quo intégra etiam nunc « scriptura perdurât. Sic autem compactus est liber , ut papyraceis foliis mem- « branea intermista sint, ita ut primus quaternio intra bina folia membranea « contineat unum papyraceum : secundus quinque papyracea, tertius quatuor « intra duo folia itidem membranea : quartus septem papyracea geminis mem- « braneis inclusa : et sic pro portione de caeteris. Alterum est exemplar quod « quondam fuit ecclesiœ Narbonensis; nunc verô pênes illustrissimam dominam «de Pbimarcone asservatur. Continet hic codex quasdam Augustini epistolas, « tractatus item ac sermones nonnullos; constatque septem quinquennionibus, « à quibus alii avulsi ac distracti sunt. Quilibet quinquennio continet unum « folium membraneum, et quatuor papyraceos seu corticeos membraneo inclu- « sos; habentque singula folia in altum pollices sexdecim, in latum novem « aut decem : omnia numéro tria et sexaginta, quindecim videlicet membranea, « corticeaverô quadraginta etocto. » [De re Diplomaticà , liber primus, cap. VIÏI, n° XI, pag. 35.) — En comparant le fac-similé de Mabillon et celui des Bénédictins, on reconnaît que le manuscrit de la bibliothèque de M. Petau n'est probablement pas le même que celui qui appartenait, du temps des Bénédictins, à l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Dans le Saint-Augustin de M. Petau, le corps d'écriture est un peu plus fin, les lignes sont un peu plus longues et un peu plus écartées. Quant au manuscrit qui avait appartenu à l'église de Narbonne, et qui avait seize pouces de hauteur, on ne peut le confondre avec celui de Saint-Germain des Prés, qui paraît n'avoir jamais eu plus d'un pied de haut. Il résulte de là qu'il était assez ordinaire d'employer simultanément le parchemin et le papyrus dans un même manuscrit. — En disant que l'âge de ce manuscrit ne saurait être reculé au delà du vie siècle, les Bénédictins semblent annoncer qu'il se rapproche plutôt du Ve que du vne. Après avoir examiné cette écriture avec le plus grand soin, nous avons cru devoir nous écarter un peu de cette appréciation sans sortir toutefois des limites du VIe siècle.

XIV. (PI. II, n° 6.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement

le titre de ce manuscrit, qui renferme des lettres de S. Avit. — Les Bénédictins accompagnent un fac-similé emprunté à ce manuscrit , des observations suivantes: « Remarquez Ye pour Yi et Yo pour Yu, comme dans les diplômes franco- « galliques. Si le P. Germon et ses partisans trouvent dans cette orthographe « irrégulière de quoi rendre les chartes suspectes , c'est peut-être parce qu'ils « n'ont jamais ouvert les manuscrits qui nous restent de la première race de « nos rois. Dans l'original, les mots de la première ligne sont séparés par des « intervalles considérables, au lieu que la séparation des mots du texte est nulle « ou fort peu sensible. On n'y aperçoit ni points ni virgules. « (Nouv. Tr. de Dipl. tome III, page 4^2 3.) Plusieurs feuillets de ce manuscrit sont presque entièrement mutilés. Ce qu'il en reste aujourd'hui sera préservé de toute altération, grâce au soin avec lequel on a restauré les débris de ce précieux monument. Les feuillets devaient avoir au moins un pied de hauteur et autant de largeur. En effet, l'écriture occupe un carré de dix pouces de côté. Les Bénédictins pensent que ce manuscrit approche beaucoup du temps de S. Avit, mort en 52 5. Le sens de cette phrase n'est pas tellement précis que nous pensions nous écarter beaucoup de l'appréciation de ces savants auteurs en reculant ce manuscrit jusqu'à la fin du VIe siècle.

XV. (PL III en entier et PL IV, nos i , 3 et 5.) «Fragmentum Apologetici « Gregorii Nazianzeni pro tegumento assutum huic codici. Séries Romanorum « pontificum à S. Petro ad Vigilium, sub quo hic codex scriptus estcirca ann.

« 54o Concilium Parisiense de Castroduni episcopatu. » (Catal. du fonds

de S. Germain.) — Ce précieux manuscrit est le plus ancien peut-être où l'on rencontre, sinon une date certaine, du moins des éléments qui peuvent en tenir lieu. Citons quelques observations présentées à cet égard par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. « C'est la plus ancienne collection de canons « qu'on connaisse. Elle nous vient de l'abbaye de Corbie. Ce précieux manuscrit « est haut de dix pouces et demi et large de huit. Il est couvert de deux plan- « ches de cœur de chêne ; mais on y a mis un dos de maroquin attaché avec « des clous de cuivre. Cette réparation n'a pas un siècle , comme le prouve le «parchemin gothique moderne, et le papier même avec lequel les planches « sont collées en dedans. A la tête est un cahier de l'Apologétique de S. Grégoire « de Nazianze, qui peut être de la fin du ixe siècle ou du commencement du « suivant. Le second, qui est proprement le premier, commence par un cata- « logue de papes qui finit à Vigile, mort l'an 555. Après Hormisda, la main et «l'encre changent; l'on se contente de marquer les années, sans faire mention « des mois ni des jours, et de plus , il y a un trait à la fin des jours de ce pape ,

« qui marque que le catalogue est terminé. Tout ce manuscrit, selon la première « suite des signatures, est de la même main qu'on voit finir à Hormisda. D'où « l'on conclut que cette portion du manuscrit aura été écrite vers l'an 52 4, peu « après la mort de ce pape. D. Mabillon veut que ce livre ait été écrit vers l'an « 54o. Les barbarismes et les solécismes n'y sont pas rares. Ce manuscrit passe « à des écritures de différentes grandeurs et de différents genres : de la capitale « à l'onciale, de l'onciale à la demi-onciale, et de la demi-onciale à la minus- « cule, de la minuscule à la cursive, sans aucune règle. Il paraît qu'on écrivait « cette collection à mesure que l'on recouvrait les canons et les autres pièces « que l'on voulait y faire entrer. Aux feuillets 1 65 et 1 68 on trouve la date de « la k ie année du règne de nosseigneurs, c'est-à-dire de nos rois; ce qui répond à « l'an 573 indiction VI, comme le porte encore cette date. Les enfants de Clovis « firent la conquête de la Bourgogne en 532 , ce qui donne la date de quarante «et une années, depuis cette conquête jusqu'au concile de Paris de 5y3. Mais « au lieu de XLI , il est plus naturel de lire XII , ce qui cadre exactement avec «l'année du règne des enfants de Clotaire. » [Nouv. Traité de Dipl. tome III, pages gh et p,5.) « On trouve au feuillet 162 la lettre circulaire que Childebert «écrivit aux églises de ses états. Le titre en onciale est alternativement rouge « et noir. Les mots régis nostri font voir que cette lettre a été transcrite dans le « manuscrit, du vivant de ce prince. Les autres preuves que ce manuscrit est « du vie siècle, au moins dans sa partie la plus considérable, ne permettent pas « de croire que ces mots aient passé du premier manuscrit dans les suivants. Au « feuillet 1 66, dans les signatures des évêques, on laisse un vide au dessous duquel «un prêtre signe pour l'évêque d'Orléans; puis on écrit en mérovingienne cur- « sive : Subscripta constitutio in basilicâ clomni Pétri, indictione supra scnptâ, Pari- « sius. La basilique dont il s'agit ici est celle de l'ancien monastère de S. Pierre, « qui prit dans la suite le nom de Ste Geneviève. La lettre des évêques au roi « Sigebert est en écriture onciale ; mais la salutation est en mérovingienne cur- «sive, et se termine ainsi uAnnis multis gloriam regni vestri potentia divina cum « omnifelicitate conservit, domne gloriosissime hac (ac) praecellentissime domne. Suivent « les signatures en onciale. Les salutations et les dates, en écriture mérovin- « gienne, prouvent que cette écriture, appelée barbare par le P. Germon, est « contemporaine à la plus belle onciale. Ces salutations et ces dates en cursive « pourraient faire soupçonner qu'on aurait dressé ces actes dans les conciles « mêmes, si de pareilles écritures ne se voyaient dans quelques lettres de S. Léon, «renfermées dans le même manuscrit.» [Ibid. page 1 84-) — «Les signatures « manquent à la plupart des cabiers, parce que le relieur malavisé a coupé la « marge inférieure de trop près. Les points perçants sont au delà du texte

« renfermé par les perpendiculaires. Les alinéa excèdent, et les horizontales « vont jusqu'au fond. L'y est sans point. Il y a beaucoup de notes de Tiron mal « faites et de corrections fort anciennes. Les lettres rouges ont été recouvertes «de métal. On a souvent récrit ou repassé la plume sur l'écriture, et comme « on ne l'a pas toujours fait fort exactement, cela la défigure quelquefois. H y a « plusieurs corrections qui paraissent du vne ou du vme siècle. Les omissions « rejetées au haut ou au bas de la marge portent à l'endroit h d, c'est-à-dire hic « die ou dicitur, et en marge, h l, hic lecje. F. K. signifie Fratres Karissimi. Au feuillet « 76, on voit au bas des pages des écritures presque indéchiffrables. Ces écri- « tures, avec quelques mots renversés qu'on trouve au feuillet 79, pourraient « faire douter si le vélin n'aurait pas servi à un manuscrit plus ancien. Mais il « paraît que ces écritures sont contemporaines à ce beau manuscrit du vie siècle. « Les capitules et les titres ne vont pas plus loin que le feuillet 92. Cependant «la même main continue jusqu'au feuillet 189. C'est qu'elle augmentait sa « collection à mesure qu'elle pouvait recouvrer quelques nouvelles pièces. « Il y en a de répétées, ce qui marque peu d'habileté dans l'écrivain. Au revers « du feuillet i3g finit l'écriture gallicane minusculo-cursive , et commence une « onciale anguleuse, où l'on voit de temps en temps des h minuscules. On peut « croire que tout ce qui suit a été écrit à proportion qu'on a pu recouvrer les «actes des conciles. Le premier est celui de Clermont, de l'an 535. Comme « depuis la première main les cahiers n'ont que des signatures récentes , il se « pourrait faire que ces cahiers auraient été transposés. On pourrait même con- «jecturer qu'ils auraient appartenu à d'autres manuscrits, si les noms des « papes n'avaient pas été ajoutés de la seconde main. Nous n'entrons dans ces « détails que pour faire toucher au doigt les divers moyens dont on peut se « servir pour discerner l'âge des manuscrits. » [Ibid. pages 298 et 299.) Il résulte de ce qu'on vient de lire qu'indépendamment du cahier de l'Apologétique de S. Grégoire de Nazianze, qui a été relié en tête de ce manuscrit comme pour lui servir de garde, cette collection de canons se compose de deux parties bien distinctes. La première et la plus ancienne, qui s'arrête à la moitié du folio verso 139, doit être considérée comme ayant été écrite après la mort d'Hormisdas, et avant celle de S. Jean Ier, son successeur, c'est-à-dire entre le 6 août 5a3 et le 18 mai 5 2 6. En effet, la liste de papes qui est en tête du manuscrit s'arrête à Hormisdas, en marquant la durée de son pontificat en années, en mois et en jours. Vient ensuite une liste supplémentaire qui s'arrête à Vigile, mort en 555, et dans laquelle on ne fait mention ni des mois, ni desjours. Or l'inspection du manuscrit prouve que les 1 39 premiers feuillets, et la première partie de cette liste de papes, sont de la même main. C'est à cette première

partie du manuscrit qu'ont été empruntés les trois premiers fac-similé de la planche III. — Les Bénédictins pensent qu'on écrivait cette collection à mesure que l'on recouvrait les pièces que l'on voulait y faire entrer. D'un autre côté , ils avertissent que les cahiers delà seconde moitié du manuscrit peuvent avoir été transposés, attendu qu'ils ne portent que des signatures récentes. En effet, les dix-sept premiers cahiers portent seuls des signatures de la première main ; le XVIIIe, dont les quatre premiers feuillets seulement sont de la première main , n'a pas été signé comme les précédents, parce que l'écrivain plaçait cette marque au verso du dernier feuillet de chaque cahier; mais, puisqu'il a écrit les quatre premiers feuillets, ce cahier fait nécessairement suite aux dix-sept premiers. Il en résulte que les écritures postérieures à 52 6 ne peuvent se trouver qu'à partir de la portion du XVIIIe cahier où la main change, c'est-à-dire à partir de la seconde moitié du folio verso i3o. Les feuillets qui complètent ce cahier portent les nos i4o, i4i , i4s et 1 43 . Les actes du concile de Clermont tenu en 535, et une liste des provinces des Gaules, ont été transcrits sur la seconde moitié du folio verso 1 39 et sur les trois feuillets suivants. Le folio recto 1 43 renferme un acte sans date, et que Bréquigny rapporte à l'année 588. [Epistola Frana, Pauh, etc.) Le verso de ce même feuillet est resté en blanc. Il en résulte que les cahiers suivants n'ont pas d'abord été écrits pour faire suite à la première partie du manuscrit. En effet, dans l'hypothèse contraire, on aurait continué la suite des actes sur le verso du feuillet i43. Quand on s'attache d'ailleurs au caractère de l'écriture , on reconnaît que le feuillet 1 43 n'offre pas plus de rapport avec celle du feuillet précédent qu'avec celle du feuillet suivant ; ce feuillet a donc été écrit après coup. Passons à l'examen de la seconde moitié du manuscrit. i° Après le feuillet 1 43 commence une nouvelle suite de cahiers qui s'arrête au feuillet 170, dont le verso est resté en blanc. 20 Les feuillets 171 à 178 forment un cahier isolé de ce qui précède et de ce qui suit: en effet, une portion du folio verso 1 78 est restée en blao.n 3° Du feuillet 179 au leuillet 2 2 4, la série des cahiers paraît établie dans un ordre rigoureux. 4° Vient enfin un dernier cahier d'une écriture onciale parfaitement régulière et qui n'offre aucun rapport avec les autres portions du manuscrit. La série des feuillets 143-170 renferme entre autres pièces les actes du concile de Paris tenu en 573. Les Bénédictins rapportent cette écriture à l'année même du concile. Cette portion du manuscrit a fourni le 5e et le 6e fac-similé de la plaoche III. Le cahier isolé, qui est composé des feuillets 171 à 178, a fourni le 4e facsimile de la planche III. Quand on compare l'écriture cursive qui se trouve à la fin des actes du concile d'Orléans, renfermés dans ce cahier, avec la date du concile de Paris reproduite sur ]a planche III, on ne balance pas à reconnaître

que le cahier du concile d'Orléans doit être antérieur; et comme ce concile est de 54 g , il est probable que la transcription en a été faite au moment même. C'est par ce motif que le fac-similé pris sur le feuillet 172 a été placé avant ceux des feuillets i65 et 166. On a vu d'ailleurs que ces deux portions du manuscrit étaient indépendantes, et que par conséquent elles avaient pu être transposées au moment de la reliure. La série des feuillets i79à224a fourni le 7e fac-similé de la planche III. Cette série est postérieure au cahier du concile d'Orléans, et les Bénédictins l'ont jugée de la fin du vie siècle. La disposition matérielle du manuscrit doit faire donner la même date au 2e fac-similé de la planche IV. Ce fac-similé est tiré du feuillet 170, qui complète le cahier du concile de Paris, et qui est par conséquent postérieur à 573. — L'âge de ce manuscrit est encore prouvé par plusieurs notes ajoutées postérieurement. L'une de ces notes est reproduite sous le n° 3 de la planche IV. Les Bénédictins l'ont jugée du commencement du vne siècle, et l'on ne peut leur reprocher d'en avoir exagéré l'antiquité. Enfin , des notes d'une autre main leur ont paru se rapporter au commencement du siècle suivant. De ce nombre est celle qui porte le n° 5 de la planche IV. — En résumé, ce volume renferme des écritures dont la date peut être fixée approximativement ainsi qu'il suit : i° de 523 à Ô26; 20 vers 549 ï 3° vers 573 ; 4° fin du vie siècle; 5° (pour les notes) commencement du viie et du vme siècle.

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