‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 36 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE IV

exige beaucoup de temps et des connaissances toutes spéciales: on devait donc se borner à signaler ici quelques propriétés physiques qui peuvent se reconnaître à première vue et sans le secours de la science. La vérification de ces propriétés n'est pas sans importance. Que la cire des anciens soit devenue sèche et dure par l'action seule du temps, ou que ces qualités résultent de la nature même des éléments qui la constituent, toujours est-il que la présence d'une cire onctueuse et ductile, au revers d'un ancien sceau plaqué, devrait faire soupçonner qu'il a été frauduleusement détaché du diplôme original. La couleur de la cire peut aussi, comme on le verra dans la suite , fournir jusqu'à un certain point des indices de falsification.

On trouve très-souvent au bas des actes du xvie siècle des sceaux recouverts d'une feuille de papier que la pression du type a collée avec la cire. Comme les sceaux modernes sont en général très-minces et par conséquent très-fragiles , on employait ce moyen pour en assurer la conservation. Les Bénédictins ne font remonter cet usage qu'au commencement du xvie siècle; mais il existe aux Archives du Pioyaume un acte de Jean, comte de Boulogne et d'Auvergne, en date du 4 mars 1 385, auquel est suspendu un sceau de cire rouge recouvert d'un papier blanc , sur lequel le type a été directement appliqué. Les sceaux plaqués étaient plus ordinairement munis d'une feuille de papier que les sceaux pendants; cette précaution s'employait d'ailleurs plus généralement pour la cire rouge, qui était plus fragile que les autres; mais on rencontre plus d'une exception à cette règle. Nous citerons par exemple un sceau de la ville de Burgos, suspendu à un acte de 1 493, par lequel les habitants de cette ville s'engagent à observer un traité passé entre Ferdinand et Isabelle, d'une part , et le roi de France de l'autre. Ce sceau, attaché à des rubans de soie, est en cire verte; il représente, d'un côté, les remparts de Burgos; de l'autre, le buste d'Isabelle. Le sceau et le contre-sceau , qui sont d'égale grandeur, ont trois pouces neuf lignes de diamètre, et sont entièrement recouverts d'un papier adhérent à la cire. Le papier, après avoir reçu l'empreinte , a été doré au pinceau dans toute la partie du relief formé par les cheveux et la couronne de la reine1.

1 Le même carton (J. 606) renferme un acte par lequel les habitants cVAlmeria adhèrent au traité dont il vient d'être question. Une boîte de bois, suspendue au parchemin par des rubans verts, contient, au lieu d'une empreinte en cire, un papier rond sur lequel sont peintes les armoiries de la ville d'Almeria, qui sont d'azur à la croix alezée d'argent, à la bordure componée

des armes de Castille, de Léon, d'Aragon, de Sicile et de Grenade, quatre fois répétées. Ce sceau de papier peint avait probablement la même valeur qu'une empreinte de cire; il est du moins annoncé dans l'acte par la formule ordinaire : « In cujus rei testimonium has nostras « présentes litteras sigillari fecimus sigillo nostro « impendenti munitas. »

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