‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 37 sur 260 · COULEUR DES SCEAUX DE CIRE · texte numérisé non relu

COULEUR DES SCEAUX DE CIRE

Depuis l'origine delà monarchie jusqu'à la fin du xie siècle, le sceau royal a été appliqué la plupart du temps sur une cire de couleur blanchâtre. La surface de ces empreintes est souvent brunie par une couche de poussière plus ou moins épaisse qui fait corps avec la cire l ; mais l'intérieur du sceau est généralement d'un blanc terne. Les empereurs d'Allemagne ont employé fréquemment la cire blanchâtre depuis Otton Ier jusqu'à Frédéric IV; mais, dans le même pays, les nobles et les ecclésiastiques ne s'en servirent habituellement que jusqu'au 111e siècle : c'était même une espèce de prérogative au xve siècle que de sceller en cire blanche. « Frédéric IV, disent les Bénédictins, ayant « créé un duc de Modène et de Reggio, lui accorda le privilège de sceller en «cire blanche, comme faisaient depuis longtemps les princes de l'empire.» En France, sous la troisième race, l'usage de la cire blanchâtre était encore assez ordinaire au xne siècle pour les sceaux des rois , des ecclésiastiques et des nobles. Les Bénédictins le constatent par différents actes de Louis le Gros, de Guillaume, archevêque de Reims, au xne siècle; de Thibaut, comte de Blois, en 1186; de Richard, abbé de Compiègne, en 1199. Le testament de Raymond VI, comte deToulouse, fait en 1209; des actes de 1269, 1271 et i3o7, déposés à la section historique des Archives du Royaume; enfin, un arrêt du parlement de Paris, rendu en i4o3 et scellé en cire blanche, prouvent que cette couleur n'a jamais été entièrement abandonnée.

«Parce que le jaune est naturel à la cire, disent les Bénédictins, Wilthe- «mius, Ruddiman, Leyser et quelques autres célèbres diplomatistes ont cru « que cette couleur a été celle des sceaux les plus antiques ; mais Dom Mabil-

1 Les couches de poussière qui se déposent à la surface des sceaux finissent souvent par acquérir une grande dureté. Il est probable que cette poussière se combinait avec une substance grasse ou huileuse, qui pouvait être assez abondante lorsque l'empreinte n'avait pas encore vieilli. Ce mastic est trop adhérent à la cire pour qu'il soit possible de l'enlever en le grattant. Il suffit quelquefois d'employer une brosse un peu dure imbibée d'eau; souvent il est nécessaire de la tremper dans une préparation connue sous le nom d'eau seconde. Lorsque par ce moyen on ne réussit pas à nettoyer

parfaitement le sceau, il faut verser sur l'empreinte de l'eau seconde en assez grande quantité pour qu'elle recouvre entièrement la couche de poussière adhérente à la cire; au bout de dix minutes cette couche est ordinairement assez détrempée pour que l'action de la brosse la détache entièrement. Toutes les fois qu'un sceau doit être moulé , il est indispensable de le nettoyer parfaitement, si l'on veut obtenir une empreinte exacte; souvent même cette précaution est nécessaire pour aider au déchiffrement des légendes dont le relief a disparu.

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