PARTIE IV. -CHAPITRE VI
branches supérieures sont mouvantes des deux angles du chef, et se rencontrent au point A , où vient aussi aboutir la branche inférieure qui est mouvante de la pointe de Vécu : en d'autres termes , le pairie se compose de la moitié supérieure du sautoir et de la branche inférieure dé la croix. La bordure doit suivre les contours de l'écu et les recouvrir de manière à occuper de tous côtés à peu près la sixième partie du champ. Vorle suit aussi les contours de l'écu , mais il est plus étroit que la bordure ; il en diffère d'ailleurs parce qu'il ne touche pas les bords de l'écu , dont il reste éloigné d'une distance égale à sa largeur. Le trescheur ou essonnier est un orle accompagné de fleurons ; il n'est pas rare de rencontrer un double trescheur. Vécu en abîme est un petit écusson dans le centre du grand. Le gousset diffère du pairie en ce qu'il est plein dans sa partie supérieure ; par conséquent, il couvre entièrement la portion de l'écu que les deux branches supérieures du pairie laisseraient apercevoir.
Il s'en faut que la proportion de ces pièces soit toujours exactement observée, surtout dans les sceaux : le pal , la fasce, etc., employés même isolément, n'occupent pas toujours le tiers de l'écu. Souvent d'ailleurs' quelques-unes de ces pièces sont doubles , triples , etc. : c'est ce qu'on appelle pièces rebattues ou rebattements. Le nombre des pals , des fasces et des bandes peut être de quatre au plus. Quand il y en a cinq, leur nom change: les pals deviennent des vergettes; les fasces, des burettes ; les bandes, des cotices. Plusieurs pièces changent encore de nom, lorsque, sans être rebattues, elles sont réduites au tiers de leur largeur : le chef, ainsi réduit, prend le nom de chef diminué ou comble ; le pal, celui de vergette ; la fasce, celui de devise ou fasce en devise; la bande, celui de cotice ou bâton en bande; la barre, celui de traverse ou bâton en barre ; la Champagne, celui de plaine; le chevron , celui iïétaie; le sautoir, celui deflanauis; la croix, celui de filet en croix. Les fasces, les bandes et les barres extrêmement diminuées et rapprochées deux à deux , se nomment jumelles en faste , jumelles en bande , etc. Quand elles sont rapprochées trois à trois , on les appelle tierces en fasce, tierces en bande, etc. Lorsque sur un écu qui serait, par exemple , large de six pouces, il y a trois pals d'un pouce de largeur, séparés entre eux par un pouce d'intervalle, on dit que l'écu est paie de six pièces , c'est-à-dire qu'il est divisé verticalement en six parties égales. Si ces divisions équidistantes étaient formées par des fasces , des bandes , des chevrons , on dirait que l'écu est fascè, bandé, chevronné de six pièces. Au lieu de se servir des mots paie, fascè, bandé, on dit vergeté, burelé , coticé, toutes les fois que le nombre des divisions s'élève jusqu'à dix.
Les pièces moins honorables ou du second ordre, sont i° Xèmanché qui divise l'écu en pal , en fasce ou en bande par de longs triangles enclavés l'un
dans l'autre1; ia les, points équipollés, qui sont neuf carrés rangés trois par trois, et disposés comme les cases d'un échiquier ; 3° l 'échiquier, qui est un diminutif des points équipollés , et Yéchiqueté, qui est un diminutif de l'échiquier 2; l\° les frettes ou le fretté, qui sont des bandes et des barres entrelacées au nombre de six5; 5° les losanges, dont la forme est bien connue; 6° les fusées, qui sont des losanges étroites et allongées4; 70 les macles, qui sont des losanges dont le centre est percé aussi en losange; 8° les rustes, qui sont des losanges dont le centre est percé en rond; 90 les besants et les tourteaux5, qui sont des figures en forme de disque; io° les billettes, qui sont des rectangles plus hauts que larges; quand elles sont plus larges que hautes, on dit qu'elles sont couchées.
Les pièces honorables sont susceptibles de recevoir plusieurs attributs qui modifient plus ou moins leur forme et leur position. A ces attributs correspondent autant de termes techniques dont l'explication nécessiterait souvent des gravures spéciales ; il serait également impossible de faire connaître, sans le secours du dessin, la plupart des figures naturelles et artificielles. En effet, le blason ne se contente pas de nommer l'objet représenté; il en distingue aussi plusieurs détails accessoires qui ont leur nom particulier dans cette langue conventionnelle. A mesure que nous aurons occasion d'employer quelques-uns de ces termes techniques, nous essayerons de les faire comprendre par une courte définition. Contentons-nous, quant à présent, d'avertir que l'on entend par figures naturelles celles qui représentent l'homme, les animaux, les plantes, les astres, les météores, les éléments, et quelques types créés par l'imagination des peintres et des poètes, comme les sirènes, les sphinx, les centaures, les harpies, etc. Les, figures artificielles représentent tout ce qui est l'ouvrage de l'in-
1 En d'autres termes, l'émanché présente à peu quinze points d'échiquier ; quand il y a vingt près l'aspect d'une lame de scie appliquée sur l'é- carreaux ou davantage , on dit que l'écu est échicu, dont le champ paraît dans les intervalles que quêté , en énonçant le nombre des rires ou rangs laisse libre l'écartement des pointes de la scie. 11 de carreaux dans le sens horizontal. Les figures faut exprimer le nombre des pointes et des demi- peuvent être échiquetées comme l'écu : pour empoinles de l'émanché. Si de l'angle sénestre du ployer ce terme à l'égard des figures , il suffit qu'il chef on mène une ligne au point B , que de l'angle y ait deux tires; s'il n'y en avait qu'une , on dirait sénestre de la pointe on en mène une autre au point qu'elles sont comportées.
C , et que sur les lignes B A et A C on élève deux 5 Le treillissé diffère des frettes en ce qu'il est
triangles isocèles dont les sommets aboutissent cloué à l'intersection des bandes et des barres, aux points 0 et p, on dira que l'écu est émanché 4 Lorsque l'écu est couvert en entier de lo-
en pal de deux pointes et deux demies. L'éman- sanges ou de fusées, on dit qu'il est losange ou
ché doit être au moins de deux pointes ou d'une fuselé. pointe et deux demies. 5 On ne peut distinguer sur les sceaux la diffé-
2 Quand le nombre des carreaux qui partagent rence de ces deux figures, qui consiste en ce que la surface de l'écu est supérieur à neuf et moindre les besants sont de métal, et les tourteaux de que vingt, on dit qu'il y a par exemple douze ou couleur.