PARTIE IV. — CHAPITRE VI
dustrie humaine, c'est-à-dire les vêtements, les armes, les outils, les bâtiments, etc.
Les images empruntées par les armoiries étaient, comme on le voit, aussi nombreuses que variées; on en multipliait encore les combinaisons en variant la couleur du champ de l'écu et celle des figures. Il n'est pas rare de rencontrer des armoiries dont les pièces sont exactement semblables, et qui ne diffèrent que par la couleur. L'énonciation des couleurs est donc une des parties essentielles du blason. On les appelle émaux. Ce terme générique comprend cinq couleurs proprement dites, deux métaux et deux fourrures. Le rouge se nomme gueules; le bleu , azur; le vert, sinople ; le violet, pourpre; le noir, sable1. Les deux métaux sont l'or et l'argent, qui correspondent à leur teinte naturelle, le jaune et le blanc. Les pannes ou fourrures , sont le vair et Yhermine. Ces deux derniers émaux sont les seuls que l'on puisse reconnaître sur les anciens sceaux. Le vair se représente par des mouchetures pleines. (Voyez les caparaçons des chevaux sur les sceaux n05 3 , 5 et 6 de la planche L.) L'hermine a la forme d'une petite croix dont la branche inférieure est fort longue et se divise en trois rameaux. Le contre-vair et la contre-hermine se distinguent du vair et de l'hermine par des modifications de couleur qui ne peuvent paraître sur les empreintes des sceaux. C'est au commencement du xvne siècle seulement que l'on a commencé à représenter par des signes de convention les émaux des armoiries. Le gueules se figure par des hachures en pal; l'azur, par des hachures en fasce ; le sinople, par des hachures en bande ; le pourpre, par des hachures en barre; le sable , par des hachures en pal et en fasce , qui se rencontrent perpendiculairement; l'or, par des points; l'argent, par un fond blanc sans aucun trait. On chercherait vainement sur les anciens sceaux des indications analogues; si l'on y trouve quelquefois des hachures, c'est qu'elles ont été gravées pour l'ornement du sceau , et non pour en désigner les émaux. Il est prouvé d'ailleurs qu'au xve siècle on se bornait à énoncer les pièces des sceaux sans parler de leur couleur. En effet, les Bénédictins ont cité plusieurs extraits des registres du Châtelet, renfermant les déclarations faites par différentes personnes pour constater d'une manière authentique la révocation d un sceau qu'elles avaient perdu. Ces déclarations contiennent toutes la description exacte du sceau perdu; mais elles n'en mentionnent jamais les émaux2.
1 Le blason emploie en outre les mots naturel main, particulièrement pour le visage , les mains
et carnation. Aa naturel se dit des animaux, des et les pieds.
fleurs et des fruits représentés avec les teintes qui 2 Nous transcrivons une de ces déclarations d aleur sont propres; de carnation se dit dans le près le Nouveau Traité de Diplomatique. «Dixmême sens pour toutes les parties du corps hu- « sept novembre 1/U2, monseigneur Aleaume de
Il est donc impossible d'énoncer d'après les sceaux, les couleurs des armoiries , à moins de copier des traités de blason, qui ne peuvent en général avoir d'autorité que pour les faits contemporains. Or, comme l'hérédité des armoiries n'a pas empêché plusieurs familles de modifier les pièces de leur écu, il peut se faire aussi que des changements analogues aient eu lieu dans les émaux. C'est seulement dans les anciennes peintures et dans les textes des chroniqueurs contemporains que l'on peut trouver sur ce point des renseignements positifs. Quand les traités de blason n'ont pas puisé à ces sources , ils ne renferment que des probabilités. Cependant il est indispensable de les consulter, toutes les fois que la confusion d'une empreinte ne permet pas de distinguer nettement les pièces des armoiries : il arrive souvent, en effet, que les dessins des ouvrages modernes permettent de suppléer à ce qu'il y a d'incomplet dans une empreinte confuse ou mutilée.
Il nous reste à passer en revue quelques termes de blason que nous avons dû employer pour décrire les armoiries des sceaux reproduits dans la série des planches jointes à cet ouvrage. Les armoiries des rois de France ont varié jusqu'au xve siècle. En effet , on voit sur leurs contre-sceaux tantôt une seule fleur de lis, tantôt plusieurs. Quand il n'y a qu'une seule fleur de lis, on doit dire qu'elle est épanouie, si elle est garnie d'étamines, comme sur le contresceau n° 5 de la planche C. On voit plusieurs fleurs de lis sur le contre-sceau de Philippe le Hardi (Pi. E, n° 1), et sur celui de Louis le Hutin (Pi. F, n° 1); mais l'un ne porte que des fleurs de lis entières, tandis que sur l'autre il y en a plusieurs qui sont recouvertes en partie par les bords de l'écu : dans le premier cas, il faut énoncer le nombre et la disposition des pièces, et dire, par exemple , qu'il y a dix fleurs de lis posées quatre , trois , deux et une ; dans le second cas , le nombre des pièces est considéré comme illimité , parce que l'écu en porte autant qu'il peut en contenir. On doit dire , par conséquent, que les contre-sceaux de Louis VIII ( PI. D, n° 1 ) , de Louis X (Pi. F, nos 1 et 2 ) , de Charles VII (Pi. J, n° 2) , etc. , sont semés de fleurs de lis sans nombre, ou semés de France1. Le contre-sceau n° 1 de la planche J est aux armes de France proprement dites, parce qu'il porte trois fleurs de lis posées deux et une. La pièce principale du contre-sceau n° 2 de la planche M est un lion, tandis que l'on doit désigner sous le nom de léopard les trois animaux qui occupent le
« Bournon ville, chevallier, disant luy avoir esté « et son nom et surnom autour. A révoqué ledit
« prins, luy estant au Palais, son seel auquel il « seel. »
« y a un lyon rempant, et un timbre au-dessus où ] 11 est d'usage , en blasonnant , quand on ren-
« il y avoit deux cornes de bœuf et un lyon crois- contre des armoiries très-connues, de les désigner
« sant entre deux, et un gritlbn à un des coslez par le nom du pays ou de la famille qui les por-
« de l'écu, et à l'autre costé un homme sauvage , tait.