PARTIE IV. — CHAPITRE VI
«frontières du pays Messin. Ce fut vers l'an i34o que le roi Edouard III « mit au Las de son écu, sous les armes de France et d'Angleterre écartelées, ce « cri que l'on y voit encore : Dieu et mon droit, pour exprimer sa confiance en « Dieu et dans la justice de sa cause. » Cette devise a pu être inscrite sur la bannière et sur le bouclier d'Edouard III ; mais elle n'a pas été gravée sur le sceau de ce prince. Il en est de même du fameux cri de guerre de Montjoye ou Mon joie ' Saint Denys.
1 Les deux versions que nous venons de rapporter d'après les Bénédictins sur l'interprétation de cet ancien cri de guerre des rois de France ne sont point les seules qui aient été proposées : il y a plus; on n'est même pas d'accord sur l'orthographe de la première partie de cette devise. Nous citerons donc le commencement d'un acte dan s lequel on trouve le mot ou plutôt les mots 77ion joye comme nom du vaisseau que montait S. Louis à son départ pour la dernière croisade. « Cerlum sit presentibus et futuris quôd die Mar- « tis que fuit post festum sancti Iohannis Baptiste, « anno Domini millesimo ducentesimo septuage- «simo, in portu Aquarum Mortuarum , in navi
«que vocatur LA MON IOYA, dixit et precepit • dominus Ludovicus rex Francoruni, etc. » La distinction des mots mon etjoya résulte : i° de l'intervalle qui les sépare dans l'acte; 2° de la forme de l'ï ou du j qui se prolonge au-dessous de la ligne ; on se rappelle que cette circonstance indique ordinairement un i ou unj initial. Enfin ce texte prouve que le mot mon s'écrivait sans t : il semble donc qu'on ne doit pas le traduire par le mot montagne, comme l'ont proposé quelques interprètes. — Le mardi après la S. Jean-Baptiste correspond en 1270 au ier juillet; la charte est datée du mois de décembre suivant J. 2o5).