‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 77 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

f RlCHARDVS DVX NORMANNORVM ET AQVITANORVM ET COMES AnDEGAVORVM. Un

autre sceau de Richard , un peu plus petit que le précédent, a trois pouces et demi de diamètre. Sur le premier côté, à droite de sa tête, on voit un croissant de lune , et à gauche le soleil. Au revers , il est coiffé d'un casque à visière surmonté d'un cimier en forme d'éventail; on voit sur son bouclier trois

léopards : t Ricardvs D.... atia rex A.... — + Ricardvs vm et Aqvita

comes Andegavorvm. Un acte du 3i octobre 1198 (J. 918) a été scellé avec ce type. Enfin, les Bénédictins citent, d'après l'Histoire de l'abbaye deSaint- Ouen , un troisième sceau qui avait plus de quatre pouces et demi de diamètre, et au revers duquel on voyait sur le bouclier du roi deux lions rampants.

11 existe aux Archives du Royaume (J. 628) une empreinte mutilée du sceau que Jean-sans-Terre employait comme comte de Mortain. Il est représenté à cheval, portant un bouclier sur lequel on voit trois léopards. Voici ce qui

reste de la légende : lvm Iohannis filti régis Anglie do Au revers, on

lit, secretvm Iohannis, autour d'un petit contre-sceau de forme ovale, sur lequel est représenté un buste. Devenu roi, il employa un sceau de trois pouces huit lignes de diamètre. On ne voit sur le premier côté ni le croissant, ni le soleil; au revers, son bouclier porte les trois léopards, qui parurent dans la suite sur tous les sceaux des rois d'Angleterre. Dans les légendes, on trouve les mots Anglie, Normannie, Àavdtame et Andegavie au lieu de Angloram, Normannorum , etc. ; enfin , l'inscription du premier côté se termine par les mots dominvs Hirernie , qui paraissent pour la première fois sur le sceau royal d'Angleterre. Isabelle, sa femme, a employé un sceau en ogive sur lequel on lit:

illvm Isabel. coMiTissE Glocestrie et Moret.... Cette empreinte moulée a

deux pouces de largeur sur trois de hauteur. Devenue reine , elle employa un sceau en ogive d'environ deux pouces et demi delargeur sur plus de trois pouces et demi de hauteur. D'un côté, elle est représentée debout , tenant de la main droite un sceptre et portant un oiseau sur le poing gauche; au revers, elle tient de la main gauche une croix surmontée d'un oiseau. Les deux empreintes sont d'ailleurs presque identiques, mais les inscriptions ne sont pas les mêmes: Isabel. Di. gracia regina Anglie dna. Hibernie. — Isabel. dvcissa Normanor. Aqvit. comit. Andegavor. Elle employait le même sceau en 1226, dix ans après la mort de son mari.

Le premier sceau de Henri III est remarquable par le croissant qui s'élève au-dessus de sa couronne ; les ornements qui surmontent le globe servent de support à une croix qui entre dans le cercle de l'inscription , entre l'N et l'R du mot Henricus. On voit au bas du trône deux lions. Au revers, le visage du roi est caché par la visière du casque, qui est aussi surmonté d'un croissant.

Les inscriptions, sauf quelques légères différences (l'Yau lieu de l'I dans Hibernia, etc. ) , sont les mêmes que sur le sceau de Jean-sans-Terre. Ce type servait encore le 9 février 12 5o, (J. 918). La même année (J. 629), Henri III employa un sceau à peu près semblable à celui qui est reproduit sous le n° 1 de la planche S l. C'est pour la première fois qu'on voit paraître un trône à dossier sur le sceau royal d'Angleterre.

Edouard Ier, avant d'être roi, employait un sceau équestre dont le revers, d'égale grandeur, portait l'écusson d'Angleterre, brisé d'un lambel de cinq pendants : f Eadwardvs primogenitvs et hères domini régis Anglie — sigillum Eadwardi filii Henrici illustris régis Anglie (J. 629, an 1269). Pendant son règne, il ne paraît pas avoir employé d'autre sceau que celui dont nous donnons la gravure (voy. PI. S, n° 1). Eléonore de Castille,sa première femme , s'est servie d'un sceau en ogive, sur lequel on la voit debout, tenant de la main droite un sceptre , et la main gauche ramenée sur la poitrine ; dans le champ du sceau, sont les armes de Castille et de Léon. Le contre-sceau, qui est d'égale grandeur, est occupé par l'écusson d'Angleterre suspendu à un arbre, comme sur le contre-sceau d'Eléonore de Guyenne. Le contre-sceau de Marguerite de France , seconde femme d'Edouard Ier , se distingue par les deux fleurs de lis qui surmontent l'écusson d'Angleterre. Sur le premier côté, elle est représentée debout entre deux écussons, l'un semé de France , l'autre portant un lion. Les inscriptions de ces deux sceaux énoncent d'un côté le titre de reine d'Angleterre , et de l'autre ceux de dame d'Irlande et de duchesse d'Aquitaine.

Edouard II , avant d'être roi , a employé un sceau dont le premier côté est aux armes d'Angleterre , brisées d'un lambel de cinq pendants brochant sur le premier léopard (J. 632 , an 1299). La légende , en partie détruite , se termine par illustris régis Ang... Cette empreinte a deux pouces trois quarts de diamètre; celle du contre-sceau n'a pas tout à fait un pouce ; elle représente en petit le sujet delà face principale, mais la légende est en langue vulgaire : tLE seel Edward ki Dev gard. On trouve au bas d'un acte de i3o3 (J. 633) un sceau équestre dont la légende est ainsi conçue : Edwardus illvstris régis Anglie filivs. Le contre-sceau, qui a comme la face principale près de trois pouces un quart de diamètre, est occupé par les armoiries du sceau précédent; mais, au lieu d'être gravées sur le champ, elles sont renfermées dans un écusson entouré d'une rosace à huit arcs : Edwardvs princeps Wallie comes Cestrie et Pontivi. (Voyez, pour le sceau royal d'Edouard II et pour celui de sa femme, les Notices CXII et CXIII.)

1 On trouve au bas d'un acte de 1263 (J. 63o) avoir environ six lignes de moins que celui des une empreinte mutilée, dont le diamètre devait deux sceaux précédents.

Edouard III a employé, avant d'être roi, le sceau n° 4 de la planche S. (V oyez la Notice CXIV.) Pendant le cours de son règne il s'est servi au moins de six types différents. i° Un acte du 11 avril 1827 (J. 63 A) est scellé d'une empreinte qui ne diffère du sceau n° 2 de la planche S que par la fleur de lis ajoutée au-dessus de chacun des deux châteaux qui sont dans le champ. 20 Les derniers éditeurs de Rymer ont fait graver en tête du premier volume du règne d'Edouard III un sceau l dans le champ duquel on voit de chaque côté du trône trois léopards ; le haut de la tête du roi touche à la croix placée au commencement de la légende, qui ne diffère de celle du sceau précédent que par l'orthographe du dernier mot (Aquitannie au lieu de Aquitanie). Ce type a pu être employé dès la fin de l'année 1 3 2 7 et pendant les trois années suivantes. 3° On trouve une nouvelle empreinte au has d'un acte du 3o mars 1 33 1 (J. 635); elle a quatre pouces de diamètre. Le trône est pour la première fois surmonté d'un arceau. Les deux colonnettes les plus rapprochées du roi entrent dans le cercle de l'inscription, et séparent en deux parties, l'une le premier mot, l'autre le dernier mot de la légende (Ed-wardvs, Aqvitan-ie). Dans le champ, on voit une fleur de lis de chaque côté du trône. Ce type aura probablement servi jusqu'en i33y , époque à laquelle Edouard III prit le titre de roi de France. 4° C'est probablement vers l'année 1 33y que ce prince fit graver un type dont les Archives du Royaume ne possèdent qu'une empreinte moulée qui a quatre pouces deux lignes de diamètre. Il y a près d'un pouce de distance entre la tête du roi et le cercle de l'inscription ; cet intervalle est occupé en partie par une niche massive que supporte l'arcade centrale sous laquelle est placé le roi. A droite et à gauche du roi, on voit une arcade latérale plus étroite , et ensuite une espèce de tourelle; la portion du champ qui reste libre est occupée de chaque côté par un écusson écartelé (au ieretau 4e, semé de France; au 2e et au 3e, aux armes d'Angleterre). La légende est en partie détruite, mais on peut en rétablir le texte : Edwardus Dei gracia rex Francie et Ancjlie dominus Hybernie et dux Aquitanie. Le champ du contre-sceau est semé de petites fleurs de lis. 5° On trouve au bas d'un acte du 26 juillet i35i (J. 634) une empreinte de près de quatre pouces un quart de diamètre , sur laquelle deux écussons aux mêmes armoiries sont suspendus sous deux niches latérales qui se rattachent aux ornements du trône; le champ du contre-sceau n'est plus semé de fleurs de lis; la légende suffit d'ailleurs pour distinguer ce nouveau type, qui a été employé au moins jusqu'en 1372 (J. 64a), et probablement jusqu'à la fin du règne d'Edouard III : t Edwardvs Dei gracia rex Francie et Anglie et dominvs Hibernie. 6° Un grand nombre d'actes relatifs à l'exécution du

1 L'empreinte moulée qui existe aux Archives a près de quatre pouces de diamètre. « i5

114 ÉLÉMENTS DE PALÉOGRAPHIE, traité de Brétigny ont été scellés en i36o et pendant les années suivantes (J. 638 à 642) avec un sceau particulier, sur lequel Edouard III ne prenait pas le titre de roi de France, quoique d'ailleurs on y retrouve deux écussons écartelés aux mêmes armoiries que sur les deux sceaux précédents : « Edwardus « Dei Gracia Rex Anglie Dns. Hibernie et Acquitannie. » Toutes les lettres initiales de cette légende, excepté dans le mot et, sont en majuscule gothique; mais le corps des mots est en minuscule. Les ornements du trône sont plus multipliés que dans les sceaux précédents. A la droite du roi est la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus ; à gauche, pour pendant, se trouve un guerrier, dont le bouclier porte une croix; aux extrémités latérales du sceau, on voit de chaque côté un héraut d'armes placé sous une niche en ogive ; il y a aussi un personnage assis sous l'arceau central de la niche qui surmonte la tête du roi , et qui pénètre , ainsi que la base du trône , dans le cercle de l'inscription. Le sceau secret de Philippe de Hainaut, femme d'Edouard III , a près de deux pouces de diamètre. Le champ est occupé par une rosace qui entoure un écusson écartelé (au ier et au 4e, aux armes d'Angleterre; au 2e et au 3e, portant quatre lions posés deux et deux) . La légende est en partie détruite sur l'empreinte moulée qui existe aux Archives du Pioyaume : * secretum si

Philippe De. . . . egine Anglie. Le Prince Noir, fils d'Edouard III, a employé un sceau de majesté avec un contre-sceau équestre de même grandeur que la face principale : s. Edwardi primogeniti régis Angl. principis Aqvitannie et Wallie dvcis Cornvale et comitis Cestrie. Ce type, dont une empreinte est suspendue à un acte de i366 (J. 642) , a dû être gravé en i362 , lorsque Edouard III érigea en faveur de son fils le duché de Guyenne en principauté d'Aquitaine; on y voit deux plumes d'autruche (voy. ci-dessus, p. 98).

Richard II a employé les deux derniers sceaux d'Edouard III, en se contentant de modifier la légende. Sur le cinquième sceau , il substitua Ricardvs à Edwardvs; mais sur le sixième l'inscription fut changée en entier : « Ri- « cardus Dei Gracia Rex Francie et Anglie et Dns. Hibernie. » Ce dernier sceau paraît avoir servi exclusivement pour les actes datés de Calais. Le sceau secret de Richard, suspendu à un acte de i3o,6 (J. 644) porte un écusson timbré d'une couronne et supporté par deux léopards; de chaque côté , on voit une banderole, derrière laquelle s'élève une plume ; les armoiries sont les mêmes que sur les deux précédents : « Secretum Ricardi Régis « Francie et Anglie. » L'empreinte a un peu plus de deux pouces de diamètre. Henri IV a employé: i° le second sceau de Richard, en substituant Henricusk Ricardus; i° le sceau de la planche T. Ces deux sceaux ont servi également à Henri V. (Voyez la Notice CXV.)

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