PARTIE IV. — CHAPITRE VII
Henri VI fit graver un type à peu près semblable au sceau n° l\ de la planche H; mais au lieu de deux fleurs de lis ce sont deux écussons couronnés qui surmontent les côtés du trône. Celui qui se trouve à droite est aux armes de France; l'autre est écartelé (au icr et au k% de France; au ie et au 3e, d'Angleterre). Le contre-sceau n'a que quinze lignes de diamètre; un ange placé derrière les deux écussons tient le sceptre et la main de justice. Si Henri VI n'a pas employé d'autre sceau, il est le seul des successeurs de Guillaume le Conquérant qui n'ait pas eu un contre-sceau équestre.
Edouard IV s'est servi au moins de deux sceaux; ils ont un peu plus de quatre pouces de diamètre , et chaque contre-sceau est de même dimension que la face principale. L'un de ces types paraît avoir été réservé pour les actes qui concernaient la France , et l'autre pour ceux qui concernaient l'Angleterre. En effet , le titre de roi de France précède , sur le premier sceau , le titre de roi d'Angleterre : « + Edwardus Dei gra. rexFracie. et Anglie et dominusHibernie. » On lit sur le second : « Edwardus Dei Gra. Rex Anglie et Francie et dns. « Hibernie. » Le mot Edwardus est le seul qui commence par une lettre majuscule dans la première légende; dans la seconde, au contraire, toutes les initiales sont majuscules; il faut en excepter toutefois le mot et, qui est rendu par un signe abréviatif. Indiquons maintenant quelques autres détails qui peuvent servir à distinguer ces deux sceaux. Les colonnettes qui font partie des ornements du trône divisent le champ du premier sceau en cinq parties inégales : celle du centre est occupée par le roi ; dans chacune des deux parties latérales les plus voisines , on voit un léopard à moitié accroupi, et au-dessus, un écusson écartelé comme sur les sceaux précédents ; les deux extrémités latérales sont occupées de chaque côté par un héraut d'armes. Sur le second sceau, on voit deux léopards accroupis dans la partie centrale à droite et à gauche du roi. Audessus de ces léopards se trouvent deux niches étroites ; l'une, qui est à droite du roi, renferme la Sainte Vierge ; l'autre est occupée par un guerrier. On retrouve plus loin , de chaque côté , les deux écussons placés au-dessus de deux léopards ; mais ces léopards sont couchés. Enfin , deux hérauts d'armes occupent les extrémités latérales comme dans le sceau précédent.
Une empreinte moulée que l'on attribue à Edouard V présente beaucoup d'analogie avec le premier sceau d'Edouard IV; mais la légende ne renferme pas d'abréviation : « + Edwardus Dei gracia Rex Anglie et Francie et dominus « Hibernie. »
Richard III employa un type exactement semblable, si ce n'est que le diamètre en est peut-être un peu moindre; au contre-sceau, le roi est dressé sur ses étriers et soutenu, comme Edouard V, par une selle fort élevée.
Henri VII a employé pour l'Angleterre un sceau à peu près semblable à celui dont Edouard III se servait pour les affaires de France : « Henricus Dei gra. « rex Anglie et Francie et dominus Hibernie; » ce type a quatre pouces de diamètre. Le sceau de France a un demi-pouce de moins; les parties latérales du champ sont occupées par les ornements gothiques du trône, dont la base et le sommet pénètrent dans le cercle de l'inscription. Ce type est donc facile à distinguer de celui que Henri VI avait fait graver d'après le sceau n° k de la planche H. Quant au contre-sceau, il est à peu près semblable à celui de Henri VI.
Henri VIII a employé trois sceaux différents. i° On trouve au bas de différents actes, dont le plus récent est du i5 avril i533 (J. 65o, 920 et 922), des empreintes produites par le type qui servait à son père pour les affaires d'Angleterre; il avait seulement fait ajouter dans le champ du contre-sceau une grande fleur de lis en avant de la tête du cheval. 20 Le sceau suspendu à un acte donné à Calais, le 28 octobre 1 532 (J. 65 1), se distingue suffisamment par les caractères de la légende, où la capitale de la renaissance remplace la minuscule gothique, et par le titre de défenseur de la foi, qui précède celui de seigneur d'Irlande : Henricvs octav*. Dei gra. Anglie et Francie rex fidei defensor et domina Hibernie. 3° Enfin on trouve, au bas d'un acte de 1 546, un sceau de cinq pouces et demi de diamètre, dont la légende est également en lettres capitales: Henric octavs. (octavus) Dei gratia Anglie Francie et Hibernie rex fidei defesor. et i. ( in ) tera. ecclesle Aglicane. et Hibernice svpremv. ca. . . (caput). Le sceau d'or suspendu par Henri VIII au traité de Londres est décrit dans la notice du dernier fac-similé de la planche XVII.
2° Sceaux des rois d'Ecosse et d'Irlande.
L'histoire des rois d'Angleterre est si intimement liée à la nôtre qu'il était indispensable de décrire leurs sceaux avec quelques détails ; pour ce qui concerne ceux des rois d'Ecosse et d'Irlande, nous nous bornerons à transcrire les observations présentées par les Bénédictins dans le quatrième volume de leur ouvrage.
« Il est fort vraisemblable qu'en Ecosse on ne fit nul usage des sceaux pour « authentiquer les actes publics avant Malcolm III, qui commença à régner l'an « 1057. A l'exemple des Anglo-Saxons, les Écossais assuraient la vérité de leurs « chartes en faisant écrire au bas, par des notaires, les noms des témoins avec « des croix. Duncan, qui monta sur le trône en 1094, est le premier des rois « d'Ecosse qui ait ajouté un sceau aux noms des témoins précédés de croix. Il