‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 107 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

de Toulouse scellèrent toujours en plomb les chartes qu'ils donnaient pour leurs domaines du marquisat de Provence et du comtat Venaissin. « Ces «princes, disent les Bénédictins, scellaient de leur sceau ou anneau en 1126, « et l'on voit qu'ils avaient une croix pour armes en 1171, ainsi qu'il est mar- « que dans un vicUmus d'une de leurs cliartes de cette année. » Constance, sœur de Louis le Jeune, mariée, en 1 154, à Ralmond V, comte de Toulouse, employait un sceau rond dont le revers a, comme la face principale, deux pouces un quart de diamètre. Elle est représentée, d'un côté, assise sur un siège à dossier, tenant de la main droite une croix, et de la main gauche un globe surmonté d'une fleur de lis; près de sa tête, on voit à sa droite un soleil, et à sa gauche un croissant de lune. Au revers, elle est assise sur un cheval au trot, et tient dans la main droite une espèce de sceptre fleurdelisé : tsiGiLLVM

CONSTANCIE DVCISSE NaRBONE MARCHESIE tsiGILLVM CoNSTANCIE COMITISSE

Tfiolose (S. 2189). Les Bénédictins décrivent, d'après un acte de 1228, un sceau que RaimondMI employait encore en 12^2 (J. 3o5). Sur le premier côté, le comte est représenté assis, tenant de la main droite une épée placée en travers au-dessus de ses genoux, et portant de la main gauche un château à trois tours; près de sa tête, à droite, est un croissant de lune, et à gauclie un soleil. Au revers, il est monté sur un cheval qui galope vers la gauche; il tient dans la main droite une lance, et porte au bras gauche un bouclier sur lequel on voit la croix de Toulouse, qui paraît aussi sur le caparaçon du cheval; un soleil se trouve dans le champ du contre-sceau, en avant du comte, et un croissant de lune derrière sa tête. Ce contre-sceau, qui est de même grandeur que le premier côté, a près de trois pouces de diamètre : ts. Raimvndi Dei gra. comitis Tolose march. Puicie. ; au revers, le mot Provincie n'est pas abrégé. On trouve au bas d'un acte de 1246 (J. 3o3) une bulle de plomb qui présente à peu près les mêmes détails que celle dont Raimond de Saint- Gilles se servait en 1088; maisles deux côtés portent une légende : t s. R. comitis— t s. Venaissini.

En 1227, Bernard V, comte de Comminges, employait un sceau à double face de même grandeur; on voit sur une empreinte mutilée qui existe aux Archives du Royaume (J. 298) qu'il portait sur son bouclier une croix pattée; nous transcrivons les deux légendes d'après une gravure de Dom Yaissette :

t SIGILLVM BeR. . .DI DeI GRACIA COMITIS CoNVENNARVM f DeVS IN ADJVTORIVM

MEVM INTENDE DoMiNE AD. ME FESTiNA. On voit aussi un écu portant

Raimnndi est suivi du chiffre romain III. Dom des chartes, et sur laquelle existaient les traces du Vaissette en a fait graver une qui était suspen- même chiffre : il en résulterait que Raimond VI due à un acte de 1210, déposé alors au Trésor se disait troisième du nom.

une croix pattée sur le sceau secret de Bernard Vï, son fds : s. secreti B. comitis

CONVENARV. (J. 3o6, SLÏi I2I12).

Piaimond Pelet, comte d'Aleth, est représenté, d'un côté, armé cVune épée et monté sur un cheval au pas; de l'autre, il tient une lance ornée d'une banderole, et son cheval est lancé au galop: sgillvm [sùjiUvm] Piaimvndi Peleti COMITIS — is. ... .M Raimvdi. Peleti comitis (J. 890, ohm 838, an 1217).

Raimond Bérenger IV, devenu comte de Provence en 1209, portait les armoiries d'Aragon, comme petit-fds du roi Alfonse, qui s'était emparé de la Provence en 11 67. Il employait, en i2 3/i (J. 61 1), un sceau à double face de même grandeur; d'un côté, il est représenté tenant un étendard, et de l'autre armé d'une épée; le cheval, qui galope vers la gauche, est couvert d'un caparaçon aux armes d'Aragon : t sigillvm Raimvndi Berengeri — tcoMiTis Provincie. Béatrix de Savoie, femme de Raimond, est représentée la couronne en tête, tenant une fleur de lis de la main droite, et assise sur un cheval qui marche vers la gauche; le contre-sceau a, comme la face principale, plus de deux pouces trois quarts de diamètre; on y voit un écu portant une aigle au vol abaissé : i s. comitisse vxoris R. Beng. comitis et march. Pvincie. et comitis FoRCALCHARi — t ARMA COMITIS Saravdie ET MARCHis. Ithalie. Ce sccau, attaché à une charte de 1266 ( J. 178), est sans doute celui que Béatrix avait employé avant la mort de son mari.

Les sceaux des comtes de Foix sont presque tous gravés dans l'Histoire de Languedoc de Dom Vaissette; nous croyons par conséquent pouvoir nous dispenser d'en donner la description.

s II. SCEAUX DES NOBLES QUI ONT PORTÉ LES TITRES DE VICOMTE, DE SEIGNEUR, DE CHEVALIER, d'ÉCUYER, ETC.

En 1 180 (J. 168), Edève, dame de Moncy ou Moucy, employait un sceau rond d'un pouce trois quarts de diamètre, sur lequel on voit une main tenant une fleur de lis; son nom est écrit dans l'acte Edevia Monciaci; on lit sur le sceau : + s. Hedeve de Monci ^ Hugues, vicomte de Châteaudun, monté sur un cheval qui trotte vers la gauche, et coiffé d'un casque auquel se rattachent des lambrequins, tient de la main droite une épée levée au-dessus de sa tête, et porte au bras gauche un long bouclier triangulaire sur lequel nous croyons distinguer une aigle au vol abaissé : t sigillvm Hvgonis viscecomitis de Castri- DVNO (J. 168, an 1189). Ermansanz, vicomtesse de Sens, avait, en 1190, un

^ Les leUres de cette inscription sont fort es- mot n'est probablement pas abrégé, et qu'on pacées, et rien n'eût été plus facile que de graver pourrait considérer la légende comme étant en Monciaco au lieu de Monci; il en résulte que ce langue vulgaire.

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