‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 121 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VIL

GILLUM CONSVLVM ApAMIE 1 SIGNVM PASSIONIS SANCTI AnTONINI (J. 336, an I267).

Sur le premier côté du sceau dePeyrusse, on voit quatre consuls assis sur un banc; un château occupe le champ du revers: f sigill. comvnis. consilh de Petrvcia — tiMAGVO cyvsTELLi DE Petrvcia (J. 3o5 , an 12^3). Le sceau d'Amilhau porte, d'un côté, un griffon; de l'autre, un long bouclier triangulaire aux armes d'Aragon: t si. . . . svlatvs {^sigilliim consulatus) Amiliavi — sigillv. R. Aragon, comitis Ba. . .cie [Barchinonensis et Provincie). Ce sceau, suspendu à un acte de i243 (J. 3o5), doit remonter, comme on le voit, au règne d'Alfonse II, roi d'Aragon et comte de Provence (i 196-1209). Le sceau de Puylaurens représente un arbre planté sur une montagne ^ entre un croissant de lune et un soleil : t s.consvlvm Podii Lavrenth (J. 3o5, an 1242). Le sceau de Fanjeaux porte la croix de Toulouse : t s. consvlvm de Fano Iovis [Ibid). « Saint « Louis, disent les Bénédictins, donna aux consuls de la cité et du château des «Arènes de Nîmes un sceau particulier, sur lequel furent gravés ces mots: Si- « (jiilum consulam nobilium castri Arenanim. Les consuls des Arènes avaient de- « mandé ce sceau pour distinguer leur communauté de celle des consuls de «la ville, qui en avait un dès l'an 1226.» Ce dernier sceau représente les quatre consuls debout : . . gillvm consvlvm civitatis Nemavs. . (J. 335). Les villes de Marseille, de Tarascon et d'Avignon scellaient en plomb. Le sceau de Marseille représente , d'un côté , les remparts de la ville ; de l'autre , S.Victor, nimbé, armé d'une épée, portant un bouclier sur lequel on voit une croix, et monté sur un cheval qui foule aux pieds un monstre : f actib^. imensis.LRBS FVLGET Massiliensis — f Massiliam uere Victor ciuesq. tvere (J. 3o8, an 1237). On voit sur le premier côté du sceau de Tarascon, les remparts de la ville, et au revers, la Sainte Vierge assise : sigillvm consvlvm Tarasconis; la légende du contre-sceau est trop confuse pour être déchiffrée ( J. 3 1 o, an 1 2 3 1 ). «Bouche nous apprend, disent les Bénédictins, qu'en 1222 le sceau en plomb « des consuls d'Avignon avait quatre têtes en demi-ligures d'hommes , vêtus «d'un manteau boutonné sur une épaule, avec l'inscription: t Sujillum. con- « sulum Avenionensiiim , et de l'autre, une aigle éployée avec ces lettres G. E. Pi. «F. A. L. C. V. S. » En 1226 (J. 309), la ville d'Avignon avait un sce.au représentant, d'un côté, un pont et des bâtiments; de l'autre, une aigle au vol abaissé : t sigillvm comvnis. Auinionensis — + aovila.

^ Le mot podium, d'où vient le mot Puy, désigne souvent une montagne dans le latin du moyen âge.

s II. SCEADX DES BOURGEOIS.

« Les bourgeois, artisans et autres particuliers, chez les Grecs et les Ro- « mains, avaient des sceaux, disent les Bénédictins, pour sceller les testaments, «les lettres, les vases, les briques et les marchandises. De simples particu- (I liers d'Antioche avaient des cachets qui leur étaient propres, au temps de « l'épiscopat de S. Mélèce, en 36 1. Le Digeste et les Institutes font souvent '< mentio4i des sceaux du testateur et des témoins. Mais l'usage du sceau a été « longtemps inconnu aux particuliers parmi nous. D. Mabillon estime qu'il « n'était pas encore établi l'an 1122. Guillaume Nicolson, dans sa Biblio- " thèque historique d'Angleterre, soutient, au contraire, que les sceaux furent « communs à tout le monde aussitôt après la conquête des Normands, en 1 066 ; « mais à peine les seigneurs normands et anglais en avaient-ils alors. Les " chartes parties endentées et les chirographes y suppléèrent souvent dans les

« xi% XII' et XIII' siècles Sur le déclin du xiii'' siècle on voit des personnes

« de la plus vile condition avoir des sceaux en Normandie. Dans les pays voi- « sins, ces sceaux particuliers n'auraient pas fait foi, puisque Philippe de Beau- « manoir exige, pour la validité d'un testament, qu'il soit scellé du scel autenticjue « ou de phinex sceaux de nobles persanes de religion qui portent sceaux. Aux xiv*" et « xv*" siècles, le droit d'avoir des sceaux était si peu attaché à la noblesse que «les simples bourgeois jouissaient du même privilège, parce que peu de per- « sonnes sachant écrire, l'authenticité des actes dépendait proprement de l'ap- '( position du sceau. De là vient que les simples trompettes de la (jarnison de la cité de <i Carcassonne donnaient des cjuittances de leurs gages sous leur sceau, comme on voit ^'parles originaux de l'an ^^^^ cjui nous restent encore (Vaissette, Hist. de Lang. "tome IV, p. 5 16). La propriété des sceaux n'était plus dès lors une marque « de noblesse. De là vient qu'en Bretagne on trouve plusieurs bourgeois, sur la «fin du xv"" siècle, qui avaient des sceaux et des armes. En Allemagne, les " particuliers commencèrent à se servir de sceaux au siècle précédent. En Angle- «' terre, on ajoutait le sceau public quand le privé n'était pas assez connu. « M. Du Gange cite plusieurs chartes du xv'^ siècle scellées des sceaux des maires «de villes, parce que les sceaux des particuliers au nom desquels ces actes « étaient passés étaient inconnus à la plupart du monde. In ciijus rei testimo- « nium prœsenti scripto sigdliim meiim apposiii, et quia sigilliim mciim quàm pluri- « bus est incognitum, ideo sigilliim majoratûs villœ Oxoniensis prœsentibus apponi ^iprocuravi. Le détail des diverses figures représentées sur les sceaux des parti-

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