‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 127 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

tenant la crosse et bénissant : Manasses Meldor. episcopvs. Thibaut, évêque de Paris, et Aniaury, évêque de Senlis, avaient, au contraire, des sceaux en ogive sur lesquels on les voit coilTés d'une mitre, assis, tenant la crosse et bénissant : t siGiLLVM Teobaldi Pahisiensis episc. — f siGiLLVM Amalrici Silvanectensis EPI. (S. 4i85, an iiSyj.En 1 169, Pierre, évêque de Paris (L. 1476), et Gautier, évêque de Laon (L. i4oo), étaient représentés debout et coifles d'une mitre cornue: t sigill. magistri Pétri Parisiensis episcopi; — sigillvm ^^

Galteri Lavdvnensis episcopi. Rotrou, archevêque de Rouen ( L. 1196, an 11 65), et Guillaume, archevêque de Sens [Ibid. an 1176), portent la

même coiffure; mais ils sont assis : Rotrodvs Dei gr magensis ar-

chiepc. ; — SIGILLVM W ILLELMI Senonensis archiepiscopi. Au rcvcis du sceau de Guillaume, on voit un buste de femme, avec cette légende : t secretvm mevm MiCHi. Hugues, archevêque de Sens, est représenté debout, tenant sa crosse de la main droite et un livre de la main gauche : sigillvm Hvgonis Senonis archiepiscopi (L. 1^76, an 1168). Gui est aussi debout; mais il tient sa crosse de la main gauche et bénit de la main droite; au contre-sceau, on voit un agneau et un étendard terminé par une croix : t sigillvm Gvidonis Senonensis archiepiscopi — t confirma hoc Devs (L. 1^76, an 1 187 ). Henri et Geoffroy, évêques de Senlis, sont aussi représentés debout et bénissant : f sigill. Henrici

SiLVANECTENSIVM EPI. (L. l^OO, an 1 I79); "l" SIGILL. GaVFRIDI SiLVANECTENSIS

episcopi (Ibid. an 1 199 ) ^

A compter de la fin du xii^ siècle, et pendant les deux siècles suivants, presque tous les sceaux d'évêques ont la forme de l'ogive. La plupart de ces prélats sont représentés debout, en habits pontificaux, donnant la bénédiction de la main droite et tenant une crosse de la main gauche. Quelques-uns tiennent leur crosse d'une main et un livre de l'autre. Les Bénédictins regardent comme assez ordinaire cet usage, qui remonte, en effet, à une haute antiquité"; mais nous présumons qu'il était tombé en désuétude dans la seconde moitié du xiif siècle ; le sceau qui nous en a fourni l'exemple le plus récent est celui de Gautier, évêque de Tournay (J. 332, an 1229). Il ne faut pas confondre les évêques qui tiennent un livre et une crosse avec ceux qui tiennent un livre seulement; ces derniers sont des évêques élus qui n'ont pas encore été sacrés. C'est ainsi qu'étaient représentés, en 1207, en 1266 et en 1270, Renaud, Ar-

^ La plupart des sceaux d'évêques que nous ^ Au x' siècle, S. Dunstan était représenté

venons de décrire nous ont été communiqués assis , tenant de la main droite sa crosse , et de

par M. Soilly, employé à la Section Domaniale , la main gauche un livre sur lequel étaient ins-

et par M. Castelnau fils , employé à la Section crits les mots Pax vobis. ( Voy. Nouv. Traité de

Historique. • Diplom. tom. IV, p. 2o5.)

niand et Laurent, évêques élus de Laon, du Puy et de Metz ( J. 206, 338 et

986) : SIGILL. PlENAYDI LaVDVN. ELECTl;ts. ArMANDI ELECTI AnICIENSIS ; t S.

Lavr. aplice. sed. not. m ELECTI PER GRAM. Iiiv. Xpi. (sicjîllum LaureiitH

apostolice sedis notarii Metensis electi per gratiam Jesii Christi). Au xif siècle on trouve à peu près autant d'évêques que d'archevêques qui sont représentés assis; au xnf et au xiv% les prélats qu'on voit assis sont presque toujours des archevêques ; mais il y a aussi des archevêques qui sont représentés debout. C'est vers le milieu du xnf siècle que l'on commence à trouver des évêques agenouillés devant les saints patrons de leur église; la partie supérieure du sceau d'Eudes, archevêque de Rouen, représente la Sainte Vierge assise, portant l'Enfant Jésus de la main gauche et tenant de la main droite un sceptre fleurdelisé ; de chaque côté on voit un ange portant un candélabre, et, dans le bas du sceau, l'archevêque agenouillé et les mains jointes : t s. Odonis Dei misera- TONE. PiOTiiOMAGN. ARCHIEPI. (J. 2 1 3 , an 12 56). Ccs sortcs de types se rencontrent plus souvent au xiv*" siècle; mais ceux qui représentent les évoques debout ou assis ont toujours été plus habituellement employés.

Les sceaux des évêques présentent, comme on le voit, peu de variété; cependant il en est quelques-uns qui méritent d'être signalés. Le surnom de Gautier de Coutances, archevêque de Rouen, est gravé sur son contre-sceau, qui représente l'Agneau et la Croix: s. Walteri de Constantiis (J. 21 3, an 1206). Les auteurs de la Gallia Christiana pensent que Robert II, archevêque de Rouen, ne portait pas le surnom de Poulain, Pullus ou Pnllanus; cependant un contre-sceau en ogive qui le représente debout, sans crosse et

sans mitre, porte pour légende: Robert olein, et nous croyons distinguer

avant Yo du second mot la trace d'un p qui compléterait le mot Polein. Le surnom de Pierre de Colmieu, élu en 12 36 archevêque de Rouen, se lit aussi au revers d'un sceau attaché à un acte de i2 38 (J. 212); ce contre-sceau porte un cygne entouré d'une double légende circulaire : notam fac viam ij\ QVA abvle. [amhulem] Dne. — s. Pétri de Colle medio. Voilà donc trois archevêques de Rouen qui, dans la première moitié du xiii'' siècle, ont fait graver leurs surnoms sur leurs contre-sceaux ^ Le contre-sceau de Pierre, archevêque de Pieims, représentait un roi joignant les mains devant un archevêque. Henri III réunissait au titre d'archevêque de Mayence celui d'archichancelier du Saint-Empire: . .. Rici Dei gra. sce.Magvnt. (sed. archiepi.) sac.Impii. p. Ger- MANiA... CHiCANC... [scicri Imperu per Germaniam archicancellaru). On voit sur cette empreinte un écu portant la roue que les archevêques de Mayence ont

' La légende du contre -sceau de Guillaume an 1216), fournit un exemple analogue : secredu Perche, évêque de Chàlons-sur-Marne (J. 899 , tvm Willelmi d. Ptico. [de Perlico).

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