‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 129 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

iD Q. [(jiiod) svM (J. 229, an 1228, v. s.). On voit une croix cantonnée de quatre étoiles sur le contre-sceau de Hugues, évêque d'Orléans (J. 170, an 1 200) ; son successeur, Manasscs, avait un contre-sceau en forme de losange, portant une croix florencée : t fvgite partes adverse (J. 170, an 1212). Sur le contre-sceau de Guillaume, la croix est accompagnée des mots: o crvx admi- RABiLis [Ihid. an 1242). Plusieurs autres évêques d'Orléans firent graver le même signe sur leur contre-sceau. L'image de la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus ne se rencontre pas moins fréquemment sur les contre-sceaux des évêques de Paris. Le buste de S. Pierre paraît sur le contre-sceau de Jean, évêque de Poitiers: + sce. Petre ora pro nobis (J. 192, an 12 49). On voit le même saint assis au revers du sceau de Hugues (J. 192, an 1 268) : + cathedra sancti Pétri. Gautier, son successeur, se fit représenter debout sur son contre-sceau; mais, sur le premier côté , il est agenouillé au-dessous des images de S. Pierre et de S. Paul : t s. fris, [fratris) Galteri d. ordie. [de ordine) Minorv. epi. Pic-, taven. — 9TRASIGILL. FRIS. Galteri epi. Pictaven. (J. 270, an 1281). Pierre, promu à l'évêcbé de Rbodez vers l'an i3o2, fut nommé patriarclie de Jérusalem en i3i4, et autorisé à conserver son évêché; on trouve suspendue à un acte de 1817 (J. ^^[\) une empreinte du sceau qu'il employait en cette double qualité. Le sujet principal est placé dans le centre du sceau , et entouré d'un cercle de quatorze lignes de diamètre ; il représente la visite des saintes femmes au tombeau de Jésus-Christ, l'ange leur annonçant la résurrection de notre Seigneur, et les gardes renversés à terre. L'espace compris entre ce cercle intérieur et la légende est occupé par des sujets accessoires. Quelques portions de la légende sont détruites; mais nous croyons qu'elle était ainsi conçue : i s, Pétri Di. gra. sce. Ierosolimitane ecclie. priarche. epi. Piuthn. On voit sur le contre-sceau de Pierre, évêque de Saintes, le buste de S. Pierre entouré delà légende: tv es Petrvs(J. 190, an i245). En 1281, celui de Geoffroy portait deux fleurs de lis et une main tenant deux clefs : t svscipe Dne. svv. Tvv. (serviim tiimn) m bonv. (J. 270). Ce symbole rappelle aussi, comme on le voit, le patron de la cathédrale de Saintes, qui était dédiée à S. Pierre. Ce sont là, sans contredit, les contre-sceaux que l'on rencontre le plus ordinairement; aussi est-il indispensable, pour expliquer les sujets représentés sur les contre-sceaux des évêques, de connaître les saints sous l'invocation desquels sont placées les églises cathédrales.

4° Sceaux des prêtres pourvus d'oITices, des simples prêtres et des clercs.

Les Bénédictins ne pensent pas que les doyens des cathédrales aient eu

des sceaux particuliers au xi*" siècle. Dans le siècle suivant, ils n'ont rencontré que le sceau d'Hervé de Montmorency, doyen de Paris en 1 189. « On y voit « seulement, disent-ils, le monogramme de son nom au lieu des armes que sa «maison portait alors. Le concile de Londres de l'an 1227, qui ordonne que « tous les ecclésiastiques constitués en dignité auront des sceaux authentiques, « y comprend les doyens ruraux; mais il ne fait mille mention des doyens des « cathédrales; c'est sans doute parce que l'évêque était alors regardé comme le «supérieur immédiat de son chapitre, les exemptions des chanoines n'ayant «pas encore séparé le chef des memhres. M. l'abhé Danse, chanoine de Beau- « vais, nous a communiqué le sceau de Piaoul de Chanac, doyen de cette église « en 1 35^; mais c'est un cachet portant l'écu de ses armes, et les simples cha- « noines en avaient alors de pareils. Nous n'avons donc point de preuves que « les doyens et prévôts des cathédrales aient eu ordinairement des sceaux au- « thentiques distingués du sceau commun des chanoines. Il n'en est pas de « même des ofîiciaux ^ ; leur sceau public était le plus souvent le buste de Té- « vêque diocésain avec la crosse ou la mitre. Celui de l'officialité de Nantes, en « i383, est en ogive et représente l'écu des armes de l'évêque, surmonté d'une « mitre au sommet de laquelle paraît le haut d'une crosse. On lit autour : sigil- « him curie ojjicialis Nannetensis. Nous ne doutons point que les archidiacres, le « trésorier et quelques autres ofiiciers des églises cathédrales n'aient eu leurs « sceaux propres. »

En ce qui concerne les archidiacres, on ne peut pas douter qu'ils n'aient eu presque tous des sceaux particuliers, au moins depuis le commencement du xiii" siècle, pour régler les alTaires du district qui leur était assigné dans le diocèse. Nous citerons, par exemple, les sceaux de Piaoul, archidiacre de Ponthieu en 1207 (J. 168); d'Adam, archidiacre de Paris en 1211 (J. 167); de Bernier, archidiacre de Beauvais en 12 i3 (J. 232); de Gautier, archidiacre de Brie en 1228 (J. 383), etc. Pour les trésoriers et les autres officiers, il serait difficile de prouver qu'ils avaient ordinairement des sceaux. Il est probable que les mêmes usages n'étaient pas suivis dans tous les diocèses; et peut-être devrait-on en dire autant des doyens des catliédrales. Les Bénédictins reconnaissent qu'Hervé de Montmorency, doyen de Paris, avait un

1 Cette observation des Bénédictins nous pa- Comme les Bénédictins disent cjue les sceaux des

paîtrait contestable si on l'appliquait aux sceaux ofTiciaux étaient presque toujours à l'efligie de

des juges offîciaux, et non à ceux des officialités. l'évêque, on peut en conclure qu'ils ont voulu

Rien de plus commun que les sceaux d'offîciali- parler des sceaux d'offîcialités : on voit, en efTet,

tés ; rien de plus rare , au contraire, qu'un sceau qu'ils citent à l'appui de leur observation le sceau

portant le non) de tel ou tel juge officiai; nous ne de Xojficialité de Nantes , et non le sceau parlicu-

nous rappelons pas d'en avoir remarqué un seul. lier d'un officiai.

TARTIE IV. — CHAPITRE \1I. 225

sceau on i 189; cet exemple n'est pas le seul que l'on puisse citer. En effet, nous avons rencontré le sceau de Robert, doyen de Laon en 1 17/i (L. i/ioo); celui de Lébert, doyen d'Orléans en 12 2 4 (J. 170); celui d'Alain, doyen de Saint-André d'Avranclies en 1266 (J. 46o); celui de Ponce, doyen de Saintes en 1275 (J. 729), etc. En examinant un grand nombre d'actes, peut-être arriverait-on à reconnaître que, dans certains diocèses, les doyens des catbédrales avaient des attributions qui leur imposaient l'obligation d'avoir un sceau. Nous avons môme trouvé quelques sceaux de simples clianoines; nous citerons, par exemple, les sceaux de Raoul de Reims, chanoine de Paris en 12 i3 (J. 282); d'André, chanoine de Laon en 1228 (J. 383); de Terriens de Corbeil \ chanoine de Chartres en 1 2 3o (S. 2 1 1 5); de Guillaume de Cussac, chanoine de Clermont en 1282 (J. 290), et de Martin de Vabre, chanoine de Maguelone en 1292 (J. 339). Au nombre des officiers qui ont eu quelquefois des sceaux, on peut ranger les chanceliers des cathédrales; nous avons remarqué le sceau de Jean, chancelier de Paris en 1212 (J. 731), et celui de Nicolas de Bar ^ chancelier de Noyon en 1 260 (J. 229). Les sceaux des doyens des églises collégiales sont moins rares que ceux des doyens des cathédrales; mais nous ne pensons pas que tous ces doyens aient eu des sceaux particuliers; il est probable qu'ils employaient souvent le sceau du chapitre. Cependant dès le xif siècle, Henri, doyen de Guise, suspendit un sceau particulier à une charte non datée que l'on rapporte à l'année 1 1 5 1 ; cette empreinte en ogive représente une aigle perchée : t s. Henrici decani Gvsiensis (L. i^oo). Les Bénédictins ne pensent pas que les curés des églises paroissiales aient eu des sceaux avant le xuf siècle; encore ne pouvaient-ils s'en servir qu'avec le consentement des seigneurs du lieu. En i238, le concile de Cognac décida, par son sixième canon, que chaque église paroissiale aurait un sceau exprimant le nom de la paroisse et non celui du curé. Toutefois plusieurs curés ont eu des sceaux particuliers; il en est de même des prêtres et des simples clercs. « Le sceau d'un ancien curé de Neuilly nous a été com- « muniqué, disent les Bénédictins, par M. Bonami, de l'Académie royale des « Inscriptions et Belles-Lettres. C'est une grande fleur de lis semblable à celle « du contre-scel de Philippe-Auguste. On lit autour : t s. Petri prri. de Now- «LiACO; Sicjillum Petri preshyteri de NouUaco. On voit ici le mot prcshyter pour « marquer un curé. Ce dernier nom devient commun dans les actes et sur les

^ Ce sceau représente une aigle à deux tètes ; - Cette empreinte en ogive représente la

c'est un des exemples les plus anciens de l'emploi Sainte Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus , el

de cet emblème qui, dans la suite, devint fort placée entre deux bars, qui sont les armoiries

ordinaire. "^ parlantes de ce chancelier.

« sceaux aux xiv" et xv'' siècles. On y voit quelquefois les images des curés en «habits sacerdotaux, disant la messe ou tenant le S. Ciboire. Un sceau en « ogive et du xiv*^ siècle ofl're l'effigie de S. Pierre bénissant un curé à genoux «et en surplis, avec cette légende : t s. Odonis de Briya presbiteri de Cau- « RETO. Mais les sceaux des curés représentaient le plus ordinairement les saints « patrons ou titulaires de leurs églises. Ils servaient quelquefois de contre-scels « aux sceaux de la noblesse. Ceux des simples prêtres ne valaient qu'un témoin «au xuf siècle; mais deux prêtres validaient un testament, s'ils y apposaient « leurs sceaux en présence et à la réquisition du testateur. Nous avons entre « les mains le sceau d'un prêtre du xnf au xiv" siècle. Il y est représenté di- « sant la messe, avec cette inscription : t s. Hardoinus capellani presbiter. « En 1228, un simple clerc n'avait pas de sceau. Dans une contestation entre « l'abbaye de Sainte-Geneviève de Paris et celle de Saint-Maur-des-Fossés, «les arbitres furent le prieur de Saint-Martin-des-Cbamps, celui de Saint- « Eloi et Pierre de Buscaria, clerc. Or ce dernier fit mettre à la sentence le «sceau de l'officialité de Paris, parce qu'il n'en avait point qui lui fût propre, « f/wîa sujiUam non habeo. A la fin du xnf siècle et au suivant, les sceaux des « clercs devinrent communs. Le cabinet de Saint-Germain-des-Prés en ren- « ferme plusieurs. Il y en a un en ogive dans le champ duquel est une aigle « à ailes déployées, avec cette légende : SigiUiiin Swionis de Gornai clenci. Nous « en avons un de forme ronde dans faire duquel on voit un pélican qui donne «son sang à trois petits qui paraissent sur leur nid, avec cette légende : s. « PisETi de Andeliaco clerici. Un autre en ogive et du même temps fait voir « un dragon portant deux cornes vers le dos avec une queue bouclée, et cette « inscription : sigillum Piadulfi d'Esquetot clerici. Un troisième sceau repré- « sente dans le champ un moine sur une chaise, qui enseigne deux enfants « moines, dont f un est assis et f autre debout. L'inscription porte : i s. Fur-

« CEI DICTI FiUTILLE CLERICI. »

Nous n'entreprendrons pas de décrire ces différentes classes de sceaux; en général, on n'y remarque pas d'attributs qui les distinguent entre eux. Plusieurs archidiacres sont représentés debout, tenant un livre sur leur poitrine; dans la seconde moitié du xuf siècle, ils sont souvent agenouillés devant fimage d'un saint patron. En 1278 (J. 728), Pierre Sorin, archidiacre d'Aunis, est représenté assis, montrant à deux enfants un livre sur lequel on lit le mot ave; au contre-sceau, on voit une plante entre deux colonnes: s. Pétri So- RiNi ARCHiDiACONi Aln. — t QTRAs. P. SoRiNi. Alain, doycu de Saint-André d'Avranches, est représenté à genoux dans le bas d'un sceau en ogive; audessus de lui est f image de S. André attaché sur la croix et encensé par un ange :

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