PARTIE IV. — CHAPITRE V
sceaux des grands seigneurs; mais elle a été employée fréquemment par les évêques. «On la trouve, disent les Bénédictins, sur ceux des abbés dès le « XII*' siècle. Sur le déclin du xiii% quelques évêques ajoutèrent peu' lacjrâce du siège « apostolique, pour faire entendre qu'ils ne tenaient pas seulement l'épiscopat « de Dieu, mais encore du pape. Arnoul, évêque de Bamberg, donna dans cette «nouveauté. En 1287, il scella une bulle d'indulgences accordées dans le « concile de Wirtzbourg avec un sceau portant cette inscription : t Arnol- « DUS Dei et aplice. sed. gra. Babenbergen. EPS. Cette formule, qui ne re- « monte pas au-delà des temps scolastiques, et qui est rare sur les sceaux, doit « principalement son progrès à l'abolition des élections. » Au lieu de la formule (jratiâ Dei, on trouve quelquefois Dei miscratione , nutu Dei, etc. Ces variations dans les formules accessoires ne sont pas les seules que l'on remarque sur les sceaux. On trouve les mots papa, prœsul et patriarcha, employés comme synonymes d'episcopiis et iVai^chiepiscopus. Un des sceaux de Pépin le Bref, publié par Montfaucon dans les Monuments de la monarchie française, porte pour légende Pippiniis impcrator. Les Bénédictins fontobserver avec raison que les noms et les titres pris au commencement des chartes ne sont pas toujours les mêmes que ceux qui sont gravés sur les sceaux. « Il y a, disent-ils, dans les « archives de Notre-Dame de Chartres un acte passé entre Bouchard et Mat- « thieu de Marli, cjui vivaient sous le règne de Louis VIII. D. Bernard de «Montfaucon a publié leurs sceaux dans le second tome des Monuments de la « monarchie française. Bouchard est appelé Durchardiis dans l'acte et Biichar- ^^ dus dans le sceau. On y lit Buchardus dus. Malliaci et Matthœus de Malliaco, « et dans le sceau i\ y a. de Marliaco. C'est la remarque qu'a faite M. de Ga- «gnières; mais rien n'est plus commun dans ces temps-là, dit D. Bernard, « que ces variétés. On voit souvent un homme écrire diversement son nom « dans le même acte. » Il y a dans les différentes manières d'écrire un nom propre des changements qui peuvent s'expliquer par une erreur du copiste; ainsi, quand on lit dans un acte Rogerius de Mellento et sur le sceau Rogerius de Meulendo (J. 216), on peut supposer que l'écrivain n'a pas rendu la véritable orthographe du nom ; dans ce cas, il est probable que la légende du sceau est plus exacte que le texte du diplôme. Mais on rencontre souvent des différences qui ne peuvent être accidentelles. En voici quelques exemples que nous indiquons, en mettant en regard le texte des actes et la légende des sceaux :
(i2/i4, J. 216.) Conventus Sancte Katherine de Monte Rothomagi; — Capitiiluin Sancte Trinitatis de Monte Rothomagi.
(i2/j8, J. 20 3.) Guillermus Biiticiilarias ; — M^illermus Piscerna.