II. Q
m ELEMENTS DE PALEOGRAPHIE.
( 1 2 1 5, J. 193.) Theobaldus de Castello Novo; — Theobaldus de Novo Castro.
(i2o5,J. 168.) Guido de /îupe; — Guido de Rocâ.
(1220, J. i53.) Henricus Grandis Prati; — Henricus de Magno Prato.
( 1 199, J. 1 78.) Arturus cornes Richcmundi; — Arturus cornes Divitis Collis.
L'abbaye de Sainte-Catherine de Rouen avait d'abord été placée sous l'invocation de la Sainte-Trinité. L'ancien nom existait encore sur le sceau, quoiqu'il ne fût plus employé dans les actes; c'est par la même raison que le sceau de Sainte-Geneviève de Paris portait pour légende : « Sigillum sancti Pétri et u sancte Genovefe virginis. » Le second exemple n'aurait rien de remarquable, s'il ne renfermait que les variantes Guillermus et Jf illermus; en effet on rencontrera fréquemment Wido, Walterus, etc., au lieu de Guido, Gualterus, etc.; mais il était moins ordinaire de substituer l'un à l'autre des mots tels que Buticùlarius et Piscerna, surtout lorsque ces mots constituaient comme ici un surnom de famille. On remarque dans les quatre derniers exemples des substitutions analogues qui portent sur des noms de lieu; il est donc permis de croire que les surnoms ont plus ou moins varié pendant longtemps, ou du moins qu'ils étaient fixés seulement dans la langue vulgaire, et que, pour les exprimer en latin, on pouvait en altérer la forme, pourvu qu'on en conservât la signification. Nous citerons à l'appui de cette opinion quelques autres exemples d'une date plus récente :
( 1 2^6, J. 1 78.) Robertus de Malo leporario; — Robertus de Maulevrer.
( 1 203, L 226.) Radulfus de Pede coclo; — Radulfus de Fié cuet.
( 1 28/1, J. 2 1 1 .) Beginaldas dictus de Ense; — Renaute de l'Epee.
( i38o, J. 2/12.) Henri abbé de Prières; — Henricus abbas de Precibas.
Il résulte des deux premiers exemples que Ton rencontre au xiii*" siècle des surnoms en langue vulgaire sur des sceaux dont la légende est d'ailleurs en latin; la forme latine n'était donc pas celle qui servait habituellement pour les surnoms. Dans le troisième exemple, la légende est entièrement en langue vulgaire; dans le dernier, c'est au contraire le sceau qui est en latin. Il est inutile d'avertir que les inscriptions latines n'ont jamais cessé d'être employées sur les sceaux. Quant aux légendes qui ne renferment aucune trace de latin , nous n'en avons pas rencontré d'exemple tout à fait incontestable avant le xiii*' siècle; nous citerons ici deux des sceaux les plus anciens que nous ayons remarqués. L'un est suspendu à un 9cte de 1288 (J. 197); il porte pour légende : S. Airart de saint Remei. L'autre sceau est celui de la commune d'Arguel ou Argueil en Normandie; il représente un cerf entouré de cette inscription : i S. av maire dArgvel (J. 895, an laSo). Pendant la se-