‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 57 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VI

le tranché ei\c taillé. La direction du Irait vertical qui forme le parti est indiquée parles lettres BAC ; celle du coupé, par les lettres FAG; celle du tranché, par les lettres DAI; celle du taillé, par les lettres EAH. En combinant ensemble le parti et le coupé, on forme Vccartelé proprement dit, qui divise l'écu en quatre carrés ou (juartiers. Le tranclié et le taillé réunis {ormeni V écartelé m sautoir, qui divise l'écu en quatre triangles dont les sommets se rencontrent au point A. Des quatre partitions réunies résulte le (jironné , qui divise Vécu en huit triangles. Au lieu d'être parti et coupé simplement, c'est-à-dire divisé en quatre quartiers ou écartelé, l'écu peut aussi être parti d'un et coupé de deux, parti de deux et coupé d'un, parti d'un et coupé de trois, etc. L'écu parti d'un et coupé de deux est celui qui est divisé verticalement en deux moitiés égales par la ligne BAC, et divisé horizontalement en trois parties égales par les lignes 0 0 etpp' : il se compose de six quartiers. Les lignes verticales / /' et m in combinées avec la ligne horizontale FAG , forment également six quartiers ; mais alors l'écu est parti de deux et coupé d'un. La ligne verticale BAC, combinée avec trois lignes qui diviseraient liorizontalement l'écu en quatre parties égales, formerait le parti d'un coupé de trois , et ainsi de suite.

Plusieurs points de l'écu ont reçu des noms particuliers. Le point x\, est le centre, le cœur ou Vahime; F, \c Jlanc clextre^ ; G, \c Jlaiîc sénestre; B, le point du chef; D, le canton dextre du chef; E, le canton sénestre du chef; C,la pointe; H, le canton dextre de la pointe ; I, le canton sénestre de la pointe. Quand il n'y a qu'une figure dans le champ de l'écu, et qu'elle occupe le point A, il est inutile d'en indiquer la position; mais si elle était entourée de plusieurs autres figures de forme différente, il faudrait dire qu'elle est placée au centre de l'écu ou en abîme. Lorsqu'une pièce se trouve par exemjDle au point B, on dit qu'elle est en chef; au point C , elle serait en pointe ; au point D , on dirait qu'elle est au canton dextre du chef, ou cantonnée en chef à dextre; placée en G, elle serait au flanc sénestre , etc. Deux ou plusieurs figures disposées dans la direction des lettres DBE, sont rangées en chef; comme FAG, elles sont en fasce; comme HCI, en pointe; comme BAC, en pal ; comme DAI, en bande; comme EAH, en barre. On dit que trois pièces sont posées deux et une quand elles sont rangées comme les lettres DEC; mais si elles occupaient les points BHI , elles seraient

^ La partie droite de l'écu est celle qui se sous les yeux l'image d'un écu, le côté dextre ou

trouve à la droite de la personne par laquelle il la droite se trouve placé à notre gauche, et réci-

est porté. On avait d'ailleurs affecté dans le prin- proquement , le côté sénestre répond à notre

cipe de voir dans l'écu une représentation du droite, c'est-à-dire que la droite et la gauche de

corps de l'homme ; on distinguait donc , indé- l'écu sont placées par rapport à nous comme le

pendamment du chef, le col , le cœur, le nom- seraient notre main droite et notre main gauche

bril, etc. Par conséquent , lorsque nous avons vues dans un miroir.

dites mal ordonnées. Quand elles sont comme les lettres DEHI , on les dit posées deux et deux ; comme BAC FAG, elles seraient en croix; comme DAI EAH, en sautoir; comme DEAC, en pairie ; enfin comme DBEGICHF, elles sont disposées en orle.

Les figures représentées sur Técu sont divisées en trois genres : les figures héraldiques , les figures naturelles et les figures artificielles. Les figures héraldiques se subdivisent en pièces honorables ou du premier ordre , et en pièces moins honorables ou du second ordre. Les pièces honorables ou du premier ordre sont le chef, la fasce, la Champagne, le pal , la bande, la barre , la croix, le sautoir, le chevron, le franc quartier, le canton , la pointe ou la pile , le giron, le pairie, la bordure, forle, le trescheur, Técu en abîme et le gousset. Ces pièces, quand elles sont seules et qu'elles ont leur grandeur régulière, occupent ordinairement le tiers del'écu, excepté le franc quartier, le canton et le giron. he chef occupe le tiers supérieur de l'écu, c'est-à-dire la portion située audessus de la ligne oo' ; ]a fasce est comprise entre les lignes oo' et pp' ; la Champagne est le tiers inférieur de l'écu. Le pal occupe le tiers de l'écu dans la direction verticale; la bande, dans la direction du tranché; la barre, dans la direction du taillé ; la croix , dans la double direction du pal et de la fasce : le sautoir, dans la double direction de la bande et de la barre. Le chevron descend du chef aux flancs dextre et sénestre de la pointe en s'ouvrant comme un compas. Le franc quartier est un peu moindre que le quart de Vécu , cependant il empiète sur la fasce; il est toujours placé en chef, à dextre ^ Le canton est un diminutif du franc quartier ; il peut être placé à dextre ou à sénestre, en chef ou en pointe. La pointe ou pile est un triangle isocèle dont la base s'appuie ordinairement sur la ligne inférieure de l'écu sans embrasser cette ligne dans toute sa longueur, et dont le sommet rencontre le haut de l'écu. Cependant les pointes sont quelquefois renversées: elles peuvent aussi se mettre en fasce, en bande et en barre. Le giron est un des triangles formés par le gironné : on dit le giron mouvant du flanc dextre quand sa base se confond avec la ligne comprise entre les points o p. Le giron peut être aussi mouvant du canton dextre ou sénestre, du chef à dextre ou à sénestre, du flanc sénestre; et enfin delà pointe à dextre ou à sénestre. Le pairie est une pièce en forme d'Y, dont les deux

^ C'est ce que Ton appelle le premier quartier quartiers serait celui des lettres D B E, H C L

de l'écu, quel que soit d'ailleurs le nombre de dans un écu parti d'un et coupé de deux, les quar-

ces quartiers. Ainsi, lorsque l'écu est simplement tiers seraient rangés comme les lettres D E, F G,

écartelé.le premierquartierestenchef à dextre;le HI. En d'autres termes, il faut toujours compter

second , en chef à sénestre; le troisième, en pointe les quartiers en commençant par les plus élevés,

à dextre; le quatrième, en pointe à sénestre. Dans et en allant du flanc dextre au flanc sénestre

un écu parti de deux et coupé d'un, l'ordre des de l'écu.

branches supérieures sont mouvantes des deux angles du chef, et se rencontrent au point A, où vient aussi aboutir la branche inférieure qui est mouvante de la pointe de l'écu : en d'autres termes , le pairie se compose de la moitié supérieure du sautoir et de la branche inférieure de la croix. La bordure doit suivre les contours de Técu et les recouvrir de manière à occuper de tous côtés à peu près la sixième partie du cliamp. Varie suit aussi les contours de l'écu , mais il est plus étroit que la bordure ; il en diffèfe d'ailleurs parce qu'il ne touche pas les bords de l'écu, dont il reste éloigné d'une distance égale à sa largeur. Le trescheur ou essonnier est un orle accompagné de fleurons ; il n'est pas rare de rencontrer un double trescheur. Vécu en abîme est un petit écusson dans le centre du grand. Le gousset diffère du pairie en ce qu'il est plein dans sa partie supérieure; par conséquent, il couvre entièrement la portion de l'écu que les deux branches supérieures du pairie laisseraient apercevoir.

Il s'en faut que la proportion de ces pièces soit toujours exactement observée, surtout dans les sceaux : le pal , la fasce, etc., employés même isolement, n'occupent pas toujours le tiers de l'écu. Souvent d'ailleurs quelques-unes de ces pièces sont doubles , triples , etc. : c'est ce qu'on appelle pièces rebattues ou rehattements. Le nombre des pals , des lasces et des bandes peut être de quatre au plus. Quand il y en a cinq, leur nom change: les pals deviennent des vergettes; les fasces, des burelles ; les bandes, des cotices. Plusieurs pièces changent encore de nom, lorsque, sans être rebattues, elles sont réduites au tiers de leur largeur : le chef, ainsi réduit, prend le nom de chef diminué ou comble ; le pal, celui de vergette ; la fasce, celui de devise ou fasce en devise; la bande, celui de cotice ou bâton en bande; la barre, celui de traverse ou bâton en barre ; la Champagne, celui de plaine; le chevron , celui d'étaie; le sautoir, celui de flancjuis ; la croix , celui de filet en croix. Les fasces, les bandes et les barres extrêmement diminuées et rapprochées deux à deux, se novuineui jumelles en fasce , jumelles en bande , etc. Quand elles sont rapprochées trois à trois, on les appelle tierces enfasce, tierces en bande, etc. Lorsque 5ur un écuqui serait, par exemple, large de six pouces, il y a trois pals d'un pouce de largeur, séparés entre eux par un pouce d'intervalle, on dit que l'écu esi paie de six pièces , c'est-à-dire qu'il est divisé verticalement en six parties égales. Si ces divisions équidistantes étaient lormées par des fasces , des bandes, des chevrons , on dirait que l'écu est fascé, bandé ^ chevronné de six pièces. Au lieu de se servir des mots paie , fascé , bandé, on dit vergeté, biirelé , coticé, toutes les fois que le nombre des divisions s'élève jusqu'à dix.

Les pièces moins honorables ou du second ordre, sont i" l'emftrtc/ie qui divise fécu en pal , en fasce ou en bande par de longs triangles enclavés l'un

dans Tautre^ ; 2" les points éfjuipoUés, qui sont neuf carrés rangés trois par trois, et disposés comme les cases d'un échiquier ; 3" ïéchiquier, qui est un diminutif des points équipollés, eiïéchicjiieté, qui est un diminutif de l'échiquier^; 4" les jrettcs ou le fretté, qui sont des bandes et des barres entrelacées au nombre de six^; 5° les losaïKjes, dont la forme est bien connue; 6° les fusées, qui sont des losanges étroites et allongées''; 7° les macles , qui sont des losanges dont le centre est percé aussi en losange; 8" les riistes , qui sont des losanges dont le centre est percé en rond; 9° les besants et les tourteaux^, qui sont des figures en forme de disque; 10" les hiUettes, qui sont des rectangles plus hauts que larges; quand elles sont plus larges que hautes, on dit qu'elles sont couchées.

Les pièces honorables sont susceptibles de recevoir plusieurs attributs qui modifient plus ou moins leur forme et leur position. A ces attributs correspondent autant de termes techniques dont l'explication nécessiterait souvent des gravures spéciales; il serait également impossible de faire connaître, sans le secours du dessin, la plupart des figures naturelles et artificielles. En effet, le blason ne se contente pas de nommer l'objet représenté; il en distingue aussi plusieurs détails accessoires qui ont leur nom particulier dans cette langue conventionnelle. A mesure que nous aurons occasion d'employer quelques-uns de ces termes techniques, nous essayerons de les faire comprendre par une courte définition. Contentons-nous, quant à présent, d'avertir que l'on entend ])ar fifjures naturelles celles qui représentent l'homme, les animaux, les plantes, les astres, les météores, les éléments, et quelques types créés par l'imagination des peintres et des poètes, comme les sirènes, les sphinx, les centaures, les harpies, etc. Les figures artificielles représentent tout ce qui est l'ouvrage de l'in-

' En d'autres termes, l'émanché présente à peu quinze points d'échiquier; quand il y a vingt

près l'aspect d'une lame de scie appliquée sur l'é- carreaux ou davantage, on dit que l'écu est échi-->

eu, dont le champ paraît dans les intervalles que quêté , en énonçant le nombre des tires ou rangs

laisse libre l'écartement des pointes de la scie. Il de carreaux dans le sens horizontal. Les figures

faut exprimer le nombre des pointes et des demi- peuvent être échiquetées comme f écu : pour em-

poinies de fémanché. Si de l'angle sénestre du ployer ce terme à l'égard des figures, il suffit qu'il

chef on mène une ligne au point B , que do l'angle y ait deux tires; s'il n'y en avait qu'une . on dirait

sénestredelapointe on en mène une autre aupoint qu'elles sont componées.

C, et que sur les lignes B A et A C on élève deux "' Le IreiUissé diffère des frettes en ce qu'il est

triangles isocèles dont les sommets aboutissent cloué à fintersection des bandes et des barres, aux points 0' et p', on dira que l'écu est énianché '' Lorsque l'écu est couvert en entier de lo-

en pal de deux pointes et deux demies. L'éman- sauges ou de fusées, on dit qu'il est losange ou

ché doit être au moins de deux pointes ou d'une fuselé. '

pointe et deux demies. ^ On ne peut distinguer sur les sceaux la diffé-

- Quand le nombre des carreaux qui partagent rence de ces deux figures , qui consiste en ce que

la surface de l'écu est supérieur à neuf et moindre les besants sont de métal, et les tourteaux de

que vingt, on dit qu'il y a par exemple douze ou coideur.

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