‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 59 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VI

champ de l'écu dans le contre-sceau n" Ix de la planche S. En termes de blason , un lion doit être rampant, c'est-à-dire dressé sur ses pattes de derrière; il faut aussi que sa tête soit vue deprofd. Le léopard, au contraire, doit être passant, c'est-à-dire marchant sur ses quatre pattes ; sa tête est vue de face ^ Pour décrire les armoiries du sceau n° 4 de la planche S, on dit (Notice CXIV) que le prince porte l'écu cFAn(fleterre , brisé d'un lambel de cinq pendants brochant sur le premier léopard. Les rois d'Angleterre portent trois léopards; mais les fds de rois, comme les cadets de famille, en adoptant les armoiries de leurs pères ou de leurs aînés, les distinguaient souvent par l'addition, l'altération ou le retranchement de quelque pièce; c'est ce qu'on appelle armoiries brisées. Quand les armoiries se brisaient par addition, on ajoutait de préférence une pièce qui n'altérait pas considérablement le blason principal ^. Ici la brisure est un lambel de cinq pendants, c'est-à-dire un fdet horizontal auquel se rattachent cinq traits verticaux. Le nombre des pendants varie dans les lambels depuis deux jusqu'à sept. On dit que ce lambel broche sur le premier léopard , parce qu'il passe sur le léopard et le recouvre en partie. Lorsqu'il y a au centre d'un écu écartelé un petit écu qui recouvre une portion des quatre quartiers, on dit que cet écu broche sur le tout; ou bien, après avoir énoncé les armoiries de ces quatre quartiers, on ajoute et sur le tout, d'Angleterre, de France, de Flandre, etc.; ce qui signifie qu'un écu aux armes d'Angleterre , de France ou de Flandre, recouvre une partie des armoiries représentées dans les quatre quartiers de l'écu principal. (Voyez la notice du sceau n° ^ de la planche N.) La croix est une des pièces qui admettent les modifications les plus nombreuses. On appelle croix potencée celle dont les branches se terminent en forme de T^, comme sur le sceau n° 2 de la planche K. Les petites croix qui sont placées entre les branches de la croix principale se nomment croisettes. Une croix cantonnée est celle qui donne place, dans l'intervalle de ses branches, à des figures accessoires: ainsi , dans le contre-sceau n° 2 de la planche K, la croix potencée est cantonnée de quatre croisettes; dans le haut du sceau n° 1 de la planche T, à la droite du roi, un ange soutient un écusson sur lequel est une croix cantonnée de quatre merlettes ^ On distingue, quoique confusément, dans le bas de cet écusson,

' Quand la lête d'un lion rampant est vue de minée en T. Ainsi le quatrième quartier de 1 eface, on dit que c'est un lion léopardé ; quand la cusson , dans le contre -sceau n" 3 de la planche tête d'un léopard passant est vue de profil, on dit S, porte une bande accompagnée de quatre coque c'est un léopard lionne. tices poiencées ; on dit en outre que ces cotices

2 On brisait par la bordure, le canton, le bâ- sont contre-potencées , parce que les potences sont

ton, le croissant, l'étoile, le besant, etc. opposées entre elles.

' Le mot potence s'emploie, non -seulement * La merlelte est un oiseau qui se représente

pour la croix, mais encore pour toute pièce ter- sans bec et sans pattes.

une cinquième meiiette placée au-dessous delà branche inférieure de la croix : c'est ce que l'on énonce par les mois accompacjnée d'une merïelte en pointe. Enfin , cette croix est dhc Jlorencée , parce que les branches se terminent par une fleur de lis. L'écusson placé à la gauche del'évêque, sur le sceau n" 9 de la planche Q, porte' trois croix viciées, cléchées et pommelées. Ces croix sont vidées, parce que leurs branches sont à jour et laissent apercevoir le champ de l'écu; cléchées, parce que les extrémités s'évasent à peu près comme la poignée d'une clef; pommelées, parce qu'elles se terminent par de petites boules ou pommes. On nomme aigle au chef-parti , une aigle qui a deux têtes ^ (Voyez l'aigle qui occupe le champ de l'un des écussons du sceau n" 12 de la planche 0.) Dans le sceau n° 2 de la planche Q, la fasce est retraite , parce quelle ne touche qu'un des bords de l'écu "'^; elle est abaissée, parce qu'elle est au- dessous du milieu de l'écu. Sur le même sceau , on voit à la droite de l'évêque une pièce héraldique représentant une espèce de prunier ou de cerisier sauvage nommé crécjiuer en termes de blason. Charcjè , se dit des pièces principales comme le pal, la fasce, la croix, les lions, etc., sur lesquelles sont placées des pièces accessoires : sur le sceau n° 5 de la planche P, par exemple, on voit un écu dont le chef est chargé de trois losanges. Le mot charcjé, qui s'applique à une pièce, ne s'emploierait pas pour le champ de l'écu. On ne dirait point: Charles F portait un écu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or; il faudrait dire : Charles F portait d'azur à trois jleurs de lis d'or.

Il est inutile d'avertir que ces courtes indications ne peuvent dispenser le lecteur de recourir à des ouvrages spéciaux sur le blason. On peut consulter la Science héraldique, par Marc Vulson de la Colombière (1 vol. in-f°, Paris, 16/i/i); la Vraye et parfaite Science des armoiries, par Geliot, augmentée par P. Palliot (1 vol. in-f°, Paris, 166/i); la Nouvelle Méthode raisonnée du blason, par P. G. F. Ménestrier (1 vol. in-12, Lyon, lyS/i); la Nouvelle Méthode raisonnée du blason, ou l'Art héraldique du P. Ménestrier, mise dans un meilleur ordre et augmentée de toutes les connaissances relatives à cette science, par M. L**' (1 vol. in-8°, Lyon, 1770). Ge traité anonyme est sans contredit plus méthodique et plus complet que celui du P. Ménestrier. Ges diflereuts ouvrages fournissent non -seulement l'explication des règles et des termes du blason, mais encore un assez grand nombre de renseignements sur

1 On trouve aussi le mot éployé, pour désigner l'écu , 011 dirait qu elle est alezée; le mot péri s em-

l'aigle à deux têtes; mais ce terme s'applique plus ploie dans le même sens pour le bâton. On dit,

ordinairement aux oiseaux dont les ailes sont par exemple, un bâton péri en bande. Une croix

étendues. est alezée quand aucune de ses branches ne touche

- Si elle ne touchait ni l'un ni l'autre bord de les bords de l'écu.

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