‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 64 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VI. lui · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VI. lui

«frontières du pays Messin. Ce fut vers l'an i3/io que le roi Edouard III « mit au bas de son écu, sous les armes de France et d'Angleterre écartelées, ce « cri que l'on y voit encore : Dieu et mon droit, pour exprimer sa confiance en «Dieu et dans la justice de sa cause. » Cette devise a pu être inscrite sur la bannière et sur le bouclier d'Edouard III ; mais elle n'a pas été gravée sur le sceau de ce prince. Il en est de mêine du fameux cri de guerre de Montjoye ou Mon joie ^ Saint Denys.

^ Les deux versions que nous venons de rapporter d'après les Bénédictins sur Tinterprétation de cet ancien cri de guerre des rois de France ne sont point les sçules qui aient été proposées : il y a plus; on n'est même pas d'accord sur l'orihograplie de la première partie de celle devise. Nous citerons donc le commencement d'un acte dans lequel on trouve le mot ou plutôt les mots mon joye comme nom du vaisseau que montait S. Louis à son départ pour la dernière croisade. « Cerlum sit presentibus et futuris quod die Mar- ■< lis que fuit post festum sancti lohannis Baptiste, " anno Domini millesimo ducenlesimo septuage- "simo, in porlu Aquarum Mortuarum , in navi

«que vocatur LA MON lOYA, dixit et precepit • dominuS Ludovicus rex Francoruni, etc.» La distinction des mots mon et joya résulte : i" de l'intervalle qui les sépare dans l'acte; 2° de la forme de Yi ou du j qui se prolonge au-dessous de la ligne ; on se rappelle que cette circonstance indique ordinairement un i ou un j initial. Enfin ce texte prouve que le mot mon s'écrivait sans t : il semble donc qu'on ne doit pas le traduire par le mot montagne, comme l'ont proposé quelques interprètes. — Le mardi après la S. Jean -Baptiste correspond en 1270 au i" juillet; la charte est datée du mois de décembre suivant (J. 296).

Page 1